En tant que réseau national d’associations étudiantes, Animafac a été auditionné dans le cadre de la consultation nationale sur l’Education artistique et culturelle organisée par le ministère de la Culture et de la Communication. Lancée le 21 novembre dernier par la ministre Aurélie Filippetti, cette consultation doit permettre « à tous les jeunes, sur tous les territoires, d’accéder à l’art et à la culture, de la petite enfance à l’université ».

 

Animafac tient à remercier particulièrement l’association L’Envolée Bleue et son président Arthur Lemasson qui nous ont aidé à la rédaction de cette contribution.

 


 

 

Animafac est composé de nombreuses associations agissant dans tous les champs culturels. Ainsi, en 2011-2012, près du tiers des associations affiliées à notre réseau déclaraient réaliser des actions culturelles. Cependant, au sein de notre réseau la thématique « Culture » renvoie à des structures protéiformes : compagnies théâtrales, radios campus, associations de promotion de danse traditionnelle, organisateurs de festivals ou encore associations productrices de court-métrages.

 

Animafac défend la place et le rôle des associations culturelles étudiantes

 

Les associations étudiantes jouent un rôle important dans l’accès des jeunes à l’art et à la culture dans la mesure où elles offrent un espace de visibilité et d’expression à la jeune création artistique.

 

Elles constituent de fait un terrain de jeu infini pour les pratiques amateures. Qu’il s’agisse de théâtre, de musique ou d’arts plastiques, l’association est une structure souple qui s’adapte aux projets de ses membres. L’association culturelle offre ainsi à tout étudiant motivé l’opportunité de devenir acteur dans le champ culturel qui l’intéresse, souvent pour un coût relativement modéré (à l’inverse de pratiques culturelles qui trop souvent restent inaccessibles).

 

Elles contribuent également à produire une offre culturelle, le plus souvent gratuite, sur les campus ou en dehors.

 

Par ailleurs, en complément d’une université qui dispense généralement un savoir très théorique sur les arts et la culture, les associations culturelles étudiantes constituent des espaces d’apprentissage, offrant aux étudiants une palette très large de formations : cours de théâtre ou de danse, initiation au montage audiovisuel, orchestres universitaires, etc.

 

Elles représentent enfin un espace de découverte et de valorisation d’œuvres expérimentales ou d’arts mineurs et se posent bien souvent comme des défricheurs de talents, en complément d’institutions (universitaires comme culturelles) qui valorisent plutôt des artistes et des œuvres reconnus.

 

Nos propositions

 

Faire vivre la culture à l’université

 

• Améliorer l’accès à des locaux de répétition et de représentation au sein des campus : les associations culturelles étudiantes, si elles se voient aujourd’hui plus facilement attribuer des subventions pour les aider dans la réalisation de leurs projets (via les Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes , le programme Culture-ActionS, etc.) peinent encore bien souvent à trouver des locaux de répétitions et des lieux de représentation au sein des universités (et en dehors…). Il serait souhaitable que les établissements d’enseignement supérieur ouvrent plus largement les espaces existants sur les campus (amphithéâtres par exemple) à des associations étudiantes, y compris le soir et le week-end. Cela nous semble d’autant plus essentiel qu’une vie culturelle dynamique contribue à renforcer l’attractivité et le rayonnement d’un établissement.

 

Œuvrer à une meilleure collaboration entre les services culturels des universités et les associations culturelles étudiantes (ex : certaines universités s’appuient sur « leurs » associations pour organiser des scènes ouvertes au sein des campus).

 

Organiser des événements de promotion et de valorisation de la création artistique étudiante à l’échelle des territoires

 

S’il existe déjà différents tremplins pour la « jeune » création artistique, il nous semble important de valoriser plus spécifiquement la « création artistique étudiante ». Particulièrement dynamique, elle représente en effet un atout dans les territoires qu’il s’agit de valoriser auprès des institutions locales et du grand public.

 

Pour que ce type d’événement corresponde au mieux à son objet, il devrait être directement piloté par les associations étudiantes culturelles. La forme que pourrait prendre ces événements sera éminemment dépendante du contexte local et des porteurs locaux du projet.

 

Les objectifs :

– Valoriser la création étudiante auprès du grand public

– Toucher un public plus diversifié en « sortant » les associations étudiantes des campus

 

Le format : une journée festive de démonstration artistique, de rencontre entre les associations culturelles étudiantes et le grand public.

 

L’expérience « Libres comme l’art » : une expérimentation de ce type d’événement a été menée sur Paris en 2009. Un comité de pilotage d’une dizaine d’associations étudiantes culturelles, coordonné par Animafac, a ainsi organisé un événement interassociatif qui a rassemblé plus de 2 000 spectateurs à la Bellevilloise.

 

L’organisation : dès le mois d’octobre, des comités de pilotage pourraient voir le jour dans une dizaine de villes universitaires. Composé d’associations étudiantes, ils se réuniraient tous les 15 jours pour définir le projet à mener. Une fois le projet défini, il s’agirait d’intégrer à celui-ci les acteurs territoriaux (DRAC, universités, CROUS, collectivités locales…), chacun apportant une aide financière ou matérielle (mise à disposition de salles, prêt de matériel, aide à la communication…).

 

Un comité de pilotage national donnerait le cadre global de la démarche, ferait remonter les informations sur l’avancement des projets locaux et faciliterait les contacts entre les porteurs du projet et les partenaires locaux.

 

Soutenir les associations étudiantes organisatrices d’événements culturels

 

De nombreuses associations étudiantes sont spécialisées dans l’organisation d’événements culturels. Cependant, celles-ci peinent trop souvent à se faire reconnaître, alors même qu’elles sont composées d’un vivier non négligeable de futurs professionnels du monde de la culture.

 

  • Créer des « cartes blanches » aux associations étudiantes dans des établissements culturels publics

Laisser des étudiants investir et détourner des lieux institutionnels ; tel serait le pari de cette opération. Pendant une semaine, ces derniers seraient chargés de réaliser l’ensemble de la programmation d’un établissement culturel, apportant un regard souvent neuf sur la culture, ainsi que leur propre public (des jeunes et des étudiants) qui fréquentent assez peu ces lieux.

 

  • Réaliser des actions de mise en réseau entre associatifs étudiants et professionnels de la culture

Objectif : accompagner des responsables associatifs étudiants vers la professionnalisation

Les associations organisatrices d’événements culturels sont également composées de potentiels futurs professionnels de la culture. Pourtant si cette expérience constitue un véritable temps d’acquisition de compétences, celle-ci reste encore trop peu reconnue par les professionnels du secteur culturel.

 

Ce type d’échanges, qui pourrait prendre la forme de soirées de networking avec des temps de « speed connecting » et des ateliers-débats sur différentes problématiques, permettraient aux jeunes associatifs de rencontrer des professionnels du secteur et à ces derniers de prendre la mesure de la richesse et de la diversité des initiatives étudiantes en matière de production et de diffusion culturelles.

Soyons sociaux
Réagir c'est agir