Pour l’année de césure des étudiants

Depuis deux ans, Animafac mène une réflexion sur le droit à la césure des étudiants. Le réseau a porté une série de propositions auprès d’acteurs institutionnels afin de faire valoir ce droit reconnu chez nos voisins européens et fréquent dans les cursus des grandes écoles. En voici les points essentiels.

En France, pour reprendre les termes de Cécile Van de Velde, les jeunes doivent « se placer », ce qui laisse peu de place à l’autonomie, à la recherche de soi, à l’expérimentation de projets et/ou de trajectoires. La France est d’ailleurs le pays où l’âge moyen des inscrits de l’enseignement supérieur est le plus faible : il est de 21,5 ans, contre 26,6 au Danemark, 26 au Royaume-Uni et 25,5 ans en Suède. Notre pays impose un modèle de réussite unique au sein duquel il faut obtenir une licence en 3 ans, un master en 5 ans et être inséré professionnellement à 23 ans. Les parcours atypiques sont stigmatisés au lieu d’être valorisés, ce qui peut créer un sentiment d’échec très fort chez un grand nombre d’étudiants.

Dans les autres pays européens, les phases de transition entre emploi, études et autres expériences sont mieux tolérées. Le principe des années de césure, notamment, y est mieux accepté. Celles-ci sont considérées comme un temps de construction personnelle qui est aussi formateur que les études.

Novembre 2015

Publication du kit d’action pour la césure.

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Juillet 2015

Obtention d’une circulaire encadrant l’année de césure à l’Université, effective dès la rentrée 2015.

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Mai 2015

Animafac publie une étude sur les jeunes et la césure. 51% des répondants aimeraient prendre une année de césure dans leur parcours.

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Mars 2015

Animafac lance une campagne décalée pour le droit à la césure.

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Juillet 2014

Animafac et la FAGE unissent leurs efforts pour porter le droit à la césure lors de la Conférence sociale.

 Printemps 2013

Animafac est reçu par la Conférence des Présidents d’Université (CPU) et y porte le droit à la césure pour les étudiants.

Premier rendez-vous avec le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à ce sujet.

Pour la reconnaissance d’une « césure-engagement »

Animafac soutient l’idée d’une « césure engagement ». La sémantique a ici tout son sens car parler de césure-engagement serait un formidable signal adressé aux milliers d’étudiants qui s’engagent déjà chaque année. De manière plus opérationnelle, il s’agirait d’un moyen de reconnaître et de valoriser l’engagement de celles et ceux qui souhaitent faire une pause d’un an dans leurs études pour s’y consacrer pleinement. Il s’agit ici de reconnaitre les expériences de bénévolat ou de volontariat menées en France ou à l’étranger comme des temps de construction de parcours.

Les droits associés à la césure

Afin que la césure soit accessible au plus grand nombre, les étudiants concernés doivent conserver certains droits, quelle que soit la « nature » de leur année de césure. Les étudiants en césure devraient pouvoir conserver le statut d’étudiant et les avantages qui lui sont associés : sécurité sociale, accès aux services universitaires tels que les bibliothèques, les bureaux de vie étudiante ou les services d’information et d’orientation, etc.

Sur la question particulière du droit à la bourse, nous pensons que la décision doit revenir aux étudiants lorsque cela est réglementairement possible. Ceux-ci disposent actuellement de 7 droits à bourse sur l’ensemble de leur scolarité dont 5 peuvent être utilisés en licence et 3 en master.

De même, les parcours des étudiants doivent être sécurisés : les étudiants doivent pouvoir bénéficier à l’avance du droit de s’inscrire dans l’année supérieure lorsque le passage est conditionné à l’obtention de la moyenne et d’une sélection anticipée lorsque le passage est soumis à une sélection (Master 2 notamment).

Pas de césure meilleure qu’une autre

Animafac croit aux vertus de l’éducation non formelle. Par conséquent, même si accorder un statut particulier aux étudiants est plus sécurisant (dans le cas d’un stage ou d’une mission de service civique par exemple), la césure ne doit pas être normative : que les étudiants souhaitent s’engager bénévolement au sein d’une association pendant un an ou faire le tour du monde, nous recommandons de ne pas juger les raisons de leur césure. Il ne doit pas exister de distinction sur la « qualité » des motivations émises par les étudiants.

Aussi, a minima, si un établissement refuse à un étudiant le fait de faire une césure, nous demandons à ce que sa décision soit motivée.

Mesurer l’impact de l’année de césure sur les parcours de vie

Afin de mieux connaître les parcours de vie des étudiants qui ont fait une césure, en amont et en aval de cette dernière, Animafac souhaite que des indicateurs objectifs soient créés.

En France, nous ne disposons d’aucune donnée statistique sur la césure. De telles statistiques permettraient, pourtant, de mesurer des effets pertinents sur le court et long terme, tels que le taux de réussite scolaire ou  le taux d’insertion professionnelle d’étudiants qui ont fait une césure. La création d’indicateurs spécifiques qui recenseraient les étudiants en césure permettraient en outre que ces derniers ne soient pas considérés comme décrocheurs ou en échec par leurs établissements sous prétexte d’avoir obtenu une licence en 4 ans plutôt qu’en 3.

Toutes les informations sont sur cette page.

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Par mail : cesure[at]animafac.net

Par téléphone : 01 42 22 15 15

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