Les assos étudiantes et le numérique : Animafac s’engage

Animafac s’engage dans une année résolument numérique. Des outils et des événements sur le numérique et les assos vous seront proposés toute l’année. Pour mener à bien ce chantier, il nous fallait un duo de choc. C’est dans cette interview croisée que nous vous les présentons : Pierre, en charge du chantier numérique chez Animafac et co-créateur de l’asso Strasweb et Baptiste, vice-président d’Animafac & directeur de publication et de rédaction du magazine Maze Magazine.

Les étudiants sont-ils vraiment des digital natives ?

Baptiste : Pendant longtemps, il a été facile de classer tous les membres de la même classe d’âge dans une nouvelle génération : les “digital natives”. En fait, on s’est aperçus avec le temps que tout était beaucoup plus complexe que ça et que cette notion n’existait tout simplement pas ! Cette mythologie contemporaine cache beaucoup de réalités différentes et la fracture que l’on peut ressentir entre “celles et ceux qui maîtrisent” et “celles et ceux qui ne maîtrisent pas”  n’est pas qu’une question d’âge. Donc pas d’inquiétude si vous ne vous retrouvez pas dans ces images d’une jeunesse “hyper-connectée”.

Le renforcement des formations dans les différents domaines du numérique, que ce soit au niveau des outils ou de la stratégie à adopter est donc un besoin réel des associations étudiantes.

 

Quand on parle de numérique, on imagine tout de suite que c’est un sujet très technique. Comment allez-vous rendre ça intéressant et accessible ?

Pierre : On s’imagine souvent que les débats autour du numérique ne concernent que les geeks ou les personnes qui travaillent dans l’informatique mais c’est un truc qui impacte tous les aspects de nos vies ! Nos téléphones, nos avions ou même nos réfrigérateurs sont des ordinateurs ! C’est pour ça que des gens commencent à penser que des connaissances en informatique peuvent permettre de comprendre le monde, au même titre que la sociologie ou la biologie.

On ne veut pas s’adresser à des spécialistes ! On s’intéresse surtout aux usages que nous faisons du numérique et comment ceux-ci modifient notre quotidien. On utilise presque tous un ordinateur ou un smartphone dans notre travail, nos études ou nos associations et il nous semble intéressant de voir comment ça influe sur nos manières de travailler, d’étudier et de s’engager.

C’est pourquoi on s’intéresse à des aventures originales comme celle de Marc-Antoine Colaciuri qui est parti 3 mois à New-York sans internet, sans ordinateur et sans téléphone portable et qui nous a raconté son expérience lors de notre Université d’été en septembre.

Internet est aussi une formidable opportunité de dialoguer, c’est pourquoi on a envie d’utiliser le Web comme support pour communiquer avec les étudiants et surtout leur donner la parole ! Pour ça on a des projets comme les Fac’Stories qui seront enregistrées en public dans les campus et diffusées en direct sur YouTube.

 

Est-ce que ça veut dire qu’Animafac va devenir une asso de geeks ?

Baptiste : On va en effet peut-être plus parler de numérique qu’avant ! Pour autant, comme l’a dit Pierre, le numérique est partout aujourd’hui et Animafac s’est déjà doté de projets qui s’y rapportent. Prenons l’exemple du MOOC “Créer et développer son association étudiante”, que nous produisons avec les Crous. La diffusion de cette formation en ligne nous permet de toucher plus d’associatifs étudiants, des personnes qui peuvent être dans des villes où le tissu associatif étudiant n’est pas intense, ou qui ne peuvent tout simplement pas y participer en raison de contraintes diverses. Peut-être aussi n’y avaient-elles pas pensé.

 

Pourquoi Animafac s’intéresse maintenant au numérique ? Avec quelles actions concrètes ?

Baptiste : Animafac s’est engagé avec différents partenaires, dont la Ligue de l’Enseignement, sur un grand, très grand chantier numérique. Ce qui va nous intéresser spécifiquement, c’est l’articulation entre le numérique et la citoyenneté étudiante qui pourra prendre forme via différents projets. Le numérique est désormais incontournable et en dehors du domaine économique dans lequel on voit tous les changements qu’il apporte, la citoyenneté est également au coeur de tout cela. On en a déjà un aperçu aujourd’hui : la maîtrise des outils numériques va, de plus en plus, être nécessaire pour être et se voir comme un.e citoyen.e engagé.e. C’est un projet ambitieux au service de l’ensemble des associations étudiantes, donc de tous les étudiants.

Pierre : On va travailler principalement sur deux axes. Le premier va consister à outiller les associations étudiantes qui souhaitent intégrer le numérique dans leurs pratiques. Pour ça, on va créer des guides pratiques à destination des associations pour les aider à utiliser des outils web pour s’organiser, gérer leurs projets, communiquer, etc.

On compte aussi mettre en place des événements et des formations à destination des associations sur ces thématiques. Un premier exemple qui arrive bientôt est un événement qu’on organise avec la Fonda, le Labo ESS et la Fing sur la thématique Comment agir dans un monde connecté ?. Ça sera des ateliers pour montrer aux bénévoles comment le numérique peut amener de nouvelles manières de s’engager.

Le second axe sur lequel on va travailler a pour but d’encourager et d’accompagner les initiatives étudiantes en faveur de l’éducation au numérique. On est en train de recenser les initiatives du genre sur les campus et l’idée sera ensuite d’identifier les pratiques qui sont reproductibles et de développer des projets similaires dans d’autres villes étudiantes.

Ça pourra prendre la forme d’un accompagnement des associations locales qui portent ces projets, de missions de Service civique mises en place dans les universités ou encore de partenariats avec d’autres acteurs, comme on l’a fait avec les Trophées Educnum de la CNIL.

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