Le service civique dans l’enseignement supérieur : oui, mais…

Le jeudi 20 juin 2013, Animafac a été reçu par la Commission de la vie de l’étudiant et des questions sociales de la Conférence des Présidents d’Université. Cette audition a été l’occasion de présenter les propositions du réseau sur le développement du Service Civique au sein de l’enseignement supérieur.

 

Animafac s’investit depuis de nombreuses années dans le volontariat en France et accueille chaque année plus de 300 volontaires en Service Civique. Fort de cette expertise, Animafac plaide pour le développement de ce dispositif dans les universités, sous plusieurs conditions.

L’accueil de volontaires en Service Civique présente un intérêt évident pour l’établissement d’accueil comme pour les jeunes. Ce dispositif peut en effet permettre aux universités de dynamiser l’animation de leur campus, de donner plus d’ambition à certains projets portant sur des enjeux essentiels comme la diffusion des savoirs ou encore de renforcer les liens avec leur territoire. Mais il s’agit pour cela de permettre réellement aux étudiants de s’engager durant leurs études et de créer les conditions nécessaires à la réalisation de leur mission.

Changer les mentalités sur les années de césure

Parce que l’engagement représente encore souvent, aux yeux de la communauté universitaire, un risque pour les résultats scolaires, de nombreux étudiants intériorisent la linéarité des études comme une condition de leur réussite. Les années de césure sont perçues comme pénalisantes pour la suite de leur parcours. Nous invitons au contraire les établissements à favoriser les années de césure, notamment pour les étudiants souhaitant réaliser une mission de Service Civique.

 

Dans cette optique, nous proposons de :

– mettre en œuvre un dispositif de sélection anticipée pour la rentrée universitaire de l’année suivante. Un étudiant terminant par exemple son M1 en 2013-2014 pourrait ainsi se voir accepté en M2 pour la rentrée 2015-2016 et se consacrer pendant un an à une mission de Service Civique ;

– faire évoluer les critères du calcul de l’allocation de moyens des établissements pour lesquels un étudiant en césure est aujourd’hui considéré comme un étudiant en échec ;

– inviter les étudiants redoublants, lorsqu’ils n’ont plus que quelques crédits à valider et un emploi du temps étudiant allégé, à réaliser un Service Civique qui, parce qu’il est indemnisé, peut lever les freins financiers à l’engagement.

 

Ne pas fragiliser le tissu associatif des campus

Il convient par ailleurs de développer, dans chaque établissement susceptible d’accueillir des volontaires, une réflexion sur les missions de Service Civique qui seront proposées. Animafac plaide pour l’instauration d’une commission associant les différents acteurs de l’établissement (syndicats du personnel, représentants étudiants, représentants des enseignants mais aussi associations étudiantes) et au moins un acteur reconnu du Service Civique. Il est en effet indispensable de tenir compte du contexte de l’établissement, et notamment du dynamisme de son secteur associatif. L’objectif du Service Civique doit bien être de susciter de l’engagement et non de fragiliser l’existant.

De la même manière, il est impératif d’être attentif à l’articulation des missions de Service Civique avec l’emploi étudiant. Le mélange des genres nuirait à la fois au Service Civique (dont le principal écueil serait d’être perçu comme du sous-emploi) et à la lutte contre la précarité étudiante (dont l’emploi étudiant peut être un élément de réponse).

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