Pour le Service civique dans l’enseignement supérieur

Acteur important du volontariat en France, Animafac a contribué, dès 2001, à de nombreux travaux de réflexion sur le sujet que ce soit au sein du conseil national de la vie associative, de la commission présidée par Martin Hirsch sur la politique de la jeunesse ou aujourd’hui en tant que membre du comité stratégique de l’Agence du service civique.

Depuis 2007, Animafac a accueilli près de 2000 volontaires, principalement des étudiants, qui se sont investis dans les différentes associations étudiantes de son réseau.

Parce que les établissements d’enseignement supérieur accueillent chaque année en leur sein la moitié des 18-25 ans, il nous semble essentiel qu’ils s’engagent en faveur d’une citoyenneté active des étudiants.

Outre l’intérêt non négligeable pour les étudiants, le développement du Service Civique au sein de l’enseignement supérieur représente également une opportunité de :

> développer les liens entre les établissements et leur territoire ;
> renforcer l’attractivité des établissements d’enseignement supérieur ;
> améliorer l’intégration des étudiants dans les universités ;
> dynamiser l’animation des campus.

Pour répondre à l’ensemble de ces objectifs ainsi qu’à la mission première d’Animafac de favoriser le développement des initiatives étudiantes, Animafac propose aujourd’hui deux pistes d’actions pour développer le Service Civique dans l’enseignement supérieur.

Janvier 2015

Animafac se positionne sur le service civique universel promis par le Président de la République François Hollande.

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Juin 2013

Animafac est auditionné par la Conférence des Présidents d’Université sur la question du Service civique dans l’Enseignement supérieur.

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Les établissements d’enseignement supérieur, prescripteurs de l’engagement

Il s’agirait tout d’abord de s’assurer que chaque étudiant, au cours son parcours universitaire, soit informé de l’existence du Service Civique et de l’intérêt que représente cette expérience. Pour ce faire, les établissements peuvent mettre à la disposition des étudiants davantage de documentation concernant le Service Civique, notamment lors des temps dédiés à l’engagement (forums associatifs par exemple). Des rencontres entre volontaires et étudiants pourraient également être imaginées afin de permettre une sensibilisation par les pairs plus efficace.

La sensibilisation par les pairs, une démarche éprouvée par notre réseau : à travers de nombreuses actions de prévention ou de sensibilisation, Animafac a su démontrer depuis 1996 l’intérêt de la sensibilisation par les pairs en ce qu’elle permet une plus grande proximité et un langage adapté au public concerné.

 

Permettre aux étudiants de s’engager durant leurs études

Il nous semble important aujourd’hui que les établissements facilitent l’intégration d’une période de Service Civique dans leurs cursus. Longtemps considéré comme concurrentiel aux études, l’engagement peine encore aujourd’hui à être pleinement encouragé par la communauté universitaire. La linéarité des études est ainsi intériorisée par certains étudiants comme une condition de leur réussite, ces derniers redoutant qu’une année de césure pénalise la suite de leur parcours.

Or, l’expérience du Service Civique peut représenter un formidable complément au cursus universitaire. Il peut en effet permettre tout à la fois de mettre en pratique son savoir théorique et de connaître une première expérience préprofessionnelle.

Nous proposons par exemple que soit étudiée la mise en œuvre d’un dispositif de sélection anticipée pour la rentrée universitaire de l’année suivante. Un étudiant terminant son M1 en 2013-2014 pourrait se voir accepté en M2 pour la rentrée 2015-2016 et ainsi consacrer son année universitaire 2014-2015 à une mission de Service Civique.

 

Compléter utilement des emplois du temps parfois allégés

Les établissements peuvent développer une communication particulière en direction des étudiants redoublants qui n’ont plus que quelques crédits à valider. Leur emploi du temps étudiant, allégé, permet une bonne articulation avec un Service Civique qui, parce qu’il est indemnisé, peut lever les freins financiers à l’engagement.

 

Les établissements d’enseignement supérieur en tant que structure d’accueil

Précision méthodologique : Il convient de développer dans chaque établissement susceptible d’accueillir des volontaires une réflexion sur les missions de Service Civique qui seront proposées. Animafac plaide pour l’instauration d’une commission associant les différents acteurs de l’établissement (syndicats du personnel, représentants étudiants, représentants des enseignants mais aussi associations étudiantes) et au moins un acteur reconnu du Service Civique. Il est en effet indispensable de tenir compte du contexte de l’établissement, et notamment le dynamisme de son secteur associatif.

L’objectif du service civique doit bien être de susciter de l’engagement et non de fragiliser l’existant.

 

Développer les liens entre les établissements et leur territoire

Alors même que les universités tentent de s’ouvrir sur leur territoire, celles-ci font encore trop souvent office de « citadelles imprenables » pour une partie de la population qui entretient un rapport compliqué avec l’institution « scolaire ». Les étudiants eux-mêmes ont un rôle à jouer dans ce changement de représentation.

Différentes missions de Service Civique pourraient en effet être imaginées pour réaliser des actions à destination d’un public ordinairement extérieur à l’université.

À l’instar du festival Libres comme l’art, expérimenté par Animafac en 2009, ou du festival Ici et demain, mis en place par la Mairie de Paris, l’organisation d’événements culturels spécifiques pourraient par exemple contribuer, d’une part, à valoriser la création artistique étudiante, et, d’autre part, à faire se découvrir deux mondes qui se connaissent mal.

D’autres volontaires pourraient également contribuer à donner corps à la mission des universités de diffusion de la culture et de l’information scientifique et technique auprès des publics qui en sont éloignés en travaillant à la valorisation de la recherche, en organisant des visites de labos et des actions de vulgarisation scientifique, en lien avec les doctorants et les associations de diffusion des savoirs du campus.

 

Développer les liens entre le secondaire et le supérieur

Parmi les causes qui expliquent les difficultés rencontrées par certains étudiants arrivant dans le supérieur, la faiblesse de la synergie entre le lycée et l’enseignement supérieur a été largement évoquée durant les Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Des volontaires pourraient ainsi être mobilisés pour présenter l’université et son fonctionnement à des élèves du secondaire en les accueillant sur les campus et en leur faisant visiter les installations, ou en réalisant des présentations dans les lycées pour leur faire part de leur expérience et les aider à préparer au mieux cette transition.

 

Dynamiser l’animation des campus et renforcer leur attractivité

L’absence de vie et d’animation sur les campus incite de nombreux étudiants à déserter l’université sitôt leurs cours achevés. Comment alors créer un sentiment d’appartenance à la communauté universitaire ? Les travaux de l’Observatoire de la Vie Etudiante et du sociologue Stéphane Beaud ont mis en évidence l’importance de l’acculturation à l’université. Les étudiants qui ne se créent pas d’habitudes universitaires, restent peu sur les campus en dehors des heures de cours, fréquentent moins que les autres la bibliothèque universitaire, réussissent moins bien leurs études et tendent à revoir leurs ambitions professionnelles à la baisse. Les étudiants issus des familles populaires, qui conservent un fort ancrage dans leur cercle social antérieur, sont particulièrement pénalisés par ce phénomène.

Pour toutes ces raisons, selon les besoins et en accord avec les différentes forces en présence, une université qui ne dispose pas d’association d’accueil pour les étudiants internationaux pourra par exemple proposer une mission pour l’accueil et l’accompagnement de ces derniers. Des missions pourraient également être pensées pour booster la vie culturelle ou la vie associative sur les campus : coordination d’un festival culturel inter-associatif, coordination d’une pré-rentrée associative ambitieuse afin de promouvoir l’engagement, semaines thématiques, etc.

Développer l’animation des campus va par ailleurs permettre de renforcer l’attractivité d’un établissement. En favorisant l’organisation d’événements directement coordonnés par des étudiants, un établissement va rappeler à ses étudiants (ainsi qu’aux futurs) qu’ils sont acteurs de leur campus, forces de propositions et qu’ils évoluent dans un environnement dynamique.

Contactez-nous

Coordinatrice du Service civique : Myriam Bourgeois

Par mail : mbourgeois[at]animafac.net

Par téléphone : 09 73 87 22 30

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