Notre vision du Service civique

Depuis 2010 Animafac propose des missions de Service civique. Avec la montée en charge de ce dispositif et l’augmentation du nombre de missions il nous a semblé important de réfléchir et réaffirmer notre vision du Service civique. C’est pourquoi, une commission composée de membres du Conseil d’administration et de salariés d’Animafac a travaillé toute l’année pour promouvoir et garantir des missions de Service civique de qualité dans l’ensemble de notre réseau d’associations. Vous trouverez dans ce manifeste tout nos engagements.

 

La jeunesse est une importante période de construction identitaire, Animafac est convaincu qu’un jeune qui s’engage continuera à le faire à tous les âges de sa vie.

Si la montée en charge du Service civique représente une opportunité pour permettre à tous les jeunes qui le souhaitent de s’engager pour l’intérêt général, elle atteste également d’une  reconnaissance politique et sociale du dispositif et valorise l’engagement des jeunes.

Toutefois, l’augmentation du nombre de missions ne peut se faire sans devoir de résultat des associations et collectivités publiques quant à la qualité du dispositif.

Pour les jeunes :

Il facilite leur participation à des projets d’intérêt général à travers une forme d’engagement balisée, qui leur permet d’appréhender la citoyenneté par l’action. Loin des discours formatés, un engagement en Service civique permet de rendre cette notion concrète, grâce à une immersion au service de projets utiles à notre société. Si le Service Civique permet à des jeunes de découvrir ou d’aller plus loin dans un engagement d’intérêt général, il favorise également l’acquisition de compétences, développe l’estime personnelle ainsi que leur sentiment d’intégration à la société.

 

Pour les associations :

Accueillir un.e volontaire apporte un nouveau regard sur leurs projets et leur permet de diversifier les profils de leurs membres. C’est un bon moyen d’identifier de nouvelles forces vives et de donner plus d’ambitions à leurs projets, voire d’en mener de nouveaux.

 

Pour la société :

L’engagement en Service civique fait le pari de la jeunesse comme ressource plutôt que comme public à prendre en charge ou à recadrer. Ce dispositif questionne les représentations liées aux jeunes et contribue à rétablir la confiance entre les générations. Il permet de densifier les actions d’intérêt général, mais aussi de défricher de nouveaux champs d’action et de développer des projets innovants. Enfin, que cela soit par la rencontre d’autres volontaires ou des différentes parties prenantes de l’organisme d’accueil, il permet de faire vivre une mixité sociale.

L’engagement de service civique a des particularités qui permettent de le différencier du bénévolat ou du salariat, et ces caractéristiques ont leur importance.

Un engagement volontaire

Si l’objectif est de développer la participation civique de la jeunesse, il nous semble plus pertinent de donner envie d’agir sur la base du volontariat plutôt que de l’imposer en mettant en place un Service Civique obligatoire.

 

Des missions de longue durée

Grâce à un engagement sur une durée de 6 à 12 mois, le dispositif permet de découvrir le fonctionnement de la structure, de se familiariser avec la façon dont sont menés les projets et de rencontrer tous les acteurs qui la font vivre. La durée de la mission est importante pour faire du Service civique une vraie étape de socialisation et de construction du rapport à l’engagement.

 

Des missions de 24h par semaine

Depuis 2010, Animafac a fait le choix de proposer des missions de 24h par semaine, ceci afin que les engagé.e.s puissent avoir d’autres activités en dehors de leur Service civique (études, emploi à temps partiel, bénévolat etc.) mais aussi afin d’éviter toute confusion avec le salariat.

 

L’accompagnement à la citoyenneté

Lors de leurs missions, les volontaires participent à 4 jours de formation civique et citoyenne, afin de découvrir et questionner des initiatives citoyennes, de réfléchir à l’engagement et de co-construire une culture commune autour du Service civique, en dehors de la seule thématique d’action de leur mission. Tout au long de leur engagement, ils ou elles sont accompagné.e.s par une personne tutrice. Nos missions se déroulant dans des associations dirigées par des étudiant.e.s, ces tuteurs et tutrices sont formé.e.s pour que cet accompagnement par les pairs soit une réussite.

 

La mixité sociale

Que cela se fasse par la rencontre d’autres volontaires ou par la diversité des acteurs (bénéficiaires, bénévoles, salariés, partenaires associatifs et institutionnels etc.) avec lesquels les engagé.e.s sont en lien, le Service civique organise un brassage social.

Par ailleurs, l’engagement en Service Civique représente un moyen de s’intégrer en France pour des résidents nouvellement arrivés d’autres pays de l’Union Européenne. En ce sens, Animafac souhaiterait voir ce dispositif également accessible aux personnes non issues de l’Union Européenne ou de l’Espace Economique Européen qui détiennent un visa étudiant.

 

Une indemnité pour rendre le dispositif accessible

L’indemnité ne rétribue pas un service rendu mais permet aux volontaires, quel que soit leur milieu d’origine et les ressources financières dont ils disposent, de s’engager sur un volume horaire et une durée significatifs.

 

Un service civique pour toutes et tous

Une mission de service civique doit être accessible, quels que soient le niveau d’étude ou de connaissance du milieu associatif des candidat.e.s. Il nous paraît important que ce « Service civique pour tous » se traduise aussi par des missions au sein desquelles des profils plus expérimentés puissent s’épanouir : si une personne bénévole souhaite pouvoir consacrer plus de temps à son association, le Service civique doit aussi lui en laisser la possibilité.

En revanche, nous refusons que le service civique devienne l’alpha et l’omega :

des politiques d’engagement : il convient d’être vigilant à ce que le développement du service civique ne se fasse pas au détriment d’autres dispositifs et actions permettant le développement de l’engagement, de toutes et tous, et sous d’autres formes.

– des politiques d’insertion professionnelle : si l’engagement permet d’acquérir des compétences, Animafac défend une vision du Service Civique où l’aspect d’engagement citoyen et d’intérêt général prévalent sur sa dimension d’accompagnement vers l’emploi des jeunes. Ainsi le Service Civique n’a pas vocation à se substituer aux stages, dispositifs d’aide à la création d’entreprise ou autres dispositifs d’insertion professionnelle.

– des politiques de cohésion sociale : nous refusons que les jeunes soient rendus responsables du manque de cohésion sociale en France. La cohésion  sociale n’est pas  que le problème de la jeunesse, et le Service Civique ne peut être une recette miracle pour y remédier !

 

Pour aller plus loin
Soyons sociaux
Réagir c'est agir