Panorama européen des engagements étudiants | Factuel – La Revue n° 4

Si le fait associatif a commencé à émerger dans les années 60 en France, c’est au cours des années 80-90 que ce phénomène a pris son essor dans toute la société. Il faut attendre 1996 pour que les associations soient mises en réseau avec la fondation d’Animafac qui permet ainsi de réaliser une ambition de développement global.

Ainsi, le « panorama européen des engagements étudiants » participe également à cette ambition , la conscience européenne, surtout présente chez les jeunes, s’affinant de plus en plus. Néanmoins la méconnaissance des autres pays malgré des programmes comme Erasmus reste la règle. C’est pourquoi dans cette étude, chaque pays est présenté avec ses traditions et ses fonctionnements. Au-delà des différences de cultures, certaines similitudes peuvent être soulignées dans le fonctionnement associatif. Ce panorama ne saurait prétendre être exhaustif mais il ouvre une discussion sur un sujet très peu souvent traité.

Editorial, par Jean-Noël Jeanneney

J’ai plaisir à saluer chaleureusement la publication que voici, dont l’intérêt me paraît grand, et qui honore ses auteurs. La richesse et la diversité des engagements étudiants dans chaque pays de l’Europe, tels qu’ils sont ici décrits font apparaître, comme un puzzle reconstitué donne à voir un paysage cohérent, les traits communs et les valeurs partagées dans la perspective de la construction de l’Union.

On trouvera dans ce panorama bien des sujets de réflexions – à la fois sur l’originalité de chaque peuple et sur le socle de ce qu’ils partagent, sans en avoir toujours assez conscience. Divers stéréotypes s’en trouveront très heureusement pourfendus.

D’autre part cette information concrète sur les mécanismes est précieuse. Elle facilitera les échanges pratiques et la circulation des idées. Elle favorisera les rencontres entre des jeunes gens de pays différents afin qu’ils puissent bâtir des projets communs, confronter leurs opinions, participer à de multiples échanges.

Servir un débat d’idées et un dialogue des cultures, c’est aller dans le sens de l’Histoire, c’est travailler à l’émergence d’une véritable opinion publique européenne, qui affirme des vues novatrices et originales, et devienne, pour longtemps, un acteur dynamique et pacifique de la grande ambition commune.

Jean-Noël Jeanneney – Professeur à l’Institut d’études politiques, Président d’Europartenaires, Ancien ministre

Introduction

Parmi les formes d’engagements étudiants, la représentation quasi syndicale et le fait corporatif sont seuls à être en France traditionnellement reconnus. Les associations sportives, les associations artistiques ont bien émergé depuis les années 60, mais uniquement comme un moyen para-administratif commode pour organiser des activités. Ce n’est qu’au cours des années 80 et surtout 90 que le monde associatif a pris un essor phénoménal dans toute la société, qui n’a pas épargné la communauté universitaire.

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11 pays à la loupe

> L’Allemagne

> L’Angleterre

> La Belgique

> L’Espagne

> La France

> La Hongrie

> L’Italie

> Les Pays-Bas

> Le Portugal

> La Slovénie

> La Suède

Engagements européens

Les institutions européennes sont appuyées par des organes consultatifs. Le Forum Jeunesse en fait partie. Il regroupe depuis 1996 les conseils nationaux des différents pays et des organismes de jeunes et d’étudiants. Si les engagements étudiants au niveau européen ont d’abord été tournés vers les échanges internationaux, ils tendent à s’élargir à d’autres domaines. C’est du moins ce que la commission européenne veut promouvoir.

> Lire l’article « Engagements européens« 

A travers l’Europe

À travers les témoignages d’étudiants européens, des caractéristiques communes liées à l’engagement peuvent être soulignées, malgré les différences de culture :

  • Suis-je étudiant ?
  • Motifs de l’engagement étudiant
  • Relations entre institutions et associations
  • Modalités de l’implication
  • Impact de l’engagement

> Lire l’article « A travers l’Europe« 

Conclusion et annexes

Il est encore bien tôt pour nous permettre de tirer des leçons précises de cette première approche de l’Europe des engagements étudiants. En l’absence de toute référence antérieure, ce document ne peut que conforter quelques hypothèses que l’avenir permettra ou non d’étayer. Quant aux motivations des étudiants, trois grandes raisons s’ajoutent et s’entremêlent, au-delà du besoin évident de socialisation, de rencontres et d’échanges.

L’acquisition de savoir-faire pratiques, la volonté d’une pré-professionnalisation prise en charge par soi-même se retrouvent ainsi à travers toute l’Europe. Quelles que soient les filières suivies, quels que soient même les jugements de valeur sur les enseignements, de très nombreux étudiants utilisent et développent leur sens de l’initiative collective en vue d’une meilleure insertion dans le marché du travail.

La réalisation d’une curiosité, d’une passion est une autre forte motivation. Pour trouver un spectacle à son goût rien n’est mieux que de l’organiser, semblent penser beaucoup de jeunes responsables associatifs. S’accomplir ainsi soi-même, faire partager ses découvertes est évidemment très satisfaisant.

La dernière grande motivation naît d’un regard critique sur la société. Malgré les importantes disparités qui subsistent entre les diverses sociétés européennes, malgré une crise de rapports entre les jeunes et les institutions qui se fait partout sentir, il y a toujours, c’est heureux, des jeunes qui souhaitent mettre en œuvre une volonté politique, renforcer la cohésion sociale, dénoncer des injustices, aviver la démocratie.

Il est bien sûr extrêmement difficile d’évaluer l’impact de ces engagements, pour un étudiant qui le vit comme pour son environnement. À défaut de leçons plus profondes, nous ne pouvons qu’indiquer que ceux que nous avons interrogés, étudiants, partenaires ou observateurs expriment tous le souhait d’une implication encore plus large des jeunes. Pour tous ces acteurs et ces témoins, la vie associative permet tout à la fois d’innover, d’être solidaire et de se former en permanence.

Alors, bien sûr, ces observations transversales sont à replacer dans des contextes très disparates. Schématiquement, le Nord de l’Europe, de la Grande-Bretagne à la Scandinavie en passant par l’Allemagne connaît depuis nombre d’années une vie étudiante très riche et instituée. Le Sud, y compris la France semble avoir mis longtemps à se rendre compte de la présence d’étudiants sur les campus, dont les besoins et les capacités ne se résumaient pas à l’écoute des enseignants durant les cours. La transition démocratique de l’Est enfin est encore récente, et rares aujourd’hui sont les jeunes qui s’investissent dans une vie associative encore balbutiante.

Cette répartition en trois grandes régions montre l’effet radical des traditions politiques et de l’investissement des institutions face à l’enjeu du développement des initiatives collectives étudiantes. Ces dernières sont toujours fragiles, subissant un éternel recommencement. Sans soutien en termes de moyens comme de légitimité, les engagements étudiants se consument souvent sans avoir vraiment pris leur essor. Pourtant, il est tout autant essentiel que cet engagement soit réellement libre, que les projets autonomes montés par les jeunes ne soient pas dénaturés par un appui institutionnel étouffant.

C’est à partir de ces premières conclusions que nous bâtissons nos perspectives dans trois registres différents. L’étude d’abord, tant ce panorama est partiel, donc destiné à être enrichi. Nous espérons amorcer, notamment par le biais des nouvelles technologies, une discussion plus large, pluri-linguistique et toujours plus européenne permettant d’approfondir la connaissance du milieu associatif étudiant, pour affiner chacune des hypothèses que nous avons pris le risque de manier.

La définition de préconisations ensuite, à destination des principaux acteurs du mouvement étudiant et de ses partenaires publics, médiatiques voire entrepreneuriaux. Si nous savons indispensable au développement des initiatives collectives étudiantes la mise en œuvre de mesures volontaires, il reste à préciser ce qui nous paraît efficace suivant les contextes. Nous souhaitons à l’avenir contribuer activement à l’échange de bonnes pratiques.

Enfin, la multiplication effective de projets étudiants européens, tant la conduite de ce long reportage nous a permis d’identifier des correspondants intéressants et dynamiques, qui sauront partager avec nous de nouvelles aventures collectives. Animafac va ainsi réfléchir au moyen de favoriser l’échange d’expériences et la mise en liens de porteurs de projets au niveau européen, à l’instar de la démarche nationale qui est la sienne depuis sa fondation.

> Annexes

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