« Le statut de responsable associatif, c’est une réelle reconnaissance de l’université ! »

En 2014, Marion, une bénévole de l’association étudiante ATEP 3 a bénéficié du statut de responsable associatif étudiant à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Quelques mois après cette expérience, elle revient sur les avantages des aménagements qui ont été faits dans son parcours et explique comment son regard sur son établissement a changé.

 

Quel était ton rôle dans l’association lorsque tu as bénéficié du statut ?

J’ai pu bénéficier du statut de responsable associatif au début de ma deuxième d’engagement associatif au sein de l’ATEP3 (Association Théâtrale des Étudiants de Paris 3). À l’époque, je cumulais les postes de responsable des partenariats et de secrétaire. En cours d’année, suite à un changement dans l’équipe j’ai quitté ces deux postes pour passer trésorière. En plus de ces responsabilités, j’étais référente d’une compagnie dont j’ai fais la régie lors de notre festival de spectacle vivant À Contre Sens. Lors de celui-ci, j’ai aussi accueilli le public, aidé au montage et démontage des spectacles comme tous les autres membres de l’association.

 

Quelle a été la procédure pour te permettre d’accéder au statut ?

Pour bénéficier du statut j’ai d’abord dû déposer un dossier au Bureau de la Vie Étudiante. Celui-ci comportait différents documents sur notre association (statuts, procès verbal de la dernière AG, liste des membres du bureau, budget et descriptif des activités pour l’année à venir, bilan financier et qualitatif de l’année n-1). Nous devions aussi faire une lettre de motivation dans laquelle nous détaillions nos missions au sein de l’association ainsi que le nombre d’heures qu’on y consacrait par semaine.

C’est lorsque j’ai commencé à compter que j’ai réalisé que je consacrais énormément de temps à mon association ! Ensuite, j’ai eu un entretien avec Juliette Del Zotto, Maud Perez-Simon et Claire Thoury. J’y ai détaillé un peu plus mes missions et responsabilités dans l’association et expliqué pourquoi je souhaitais avoir le statut de responsable associatif.

 

Quels aménagements ont été faits dans ton parcours ? Qu’en as-tu tiré ?

Personnellement, j’ai surtout utilisé le CTI (contrôle terminal intégré). Je l’ai utilisé pour deux cours d’1h30 ce qui m’a permis d’alléger mon emploi du temps. Je suis allée en cours un maximum, mais lorsque je ne pouvais pas, lors du festival notamment, j’ai moins culpabilisé et je n’ai surtout pas eu besoin de me justifier auprès de mes professeurs. Le CTI m’a surtout permis de ne pas rendre les devoirs de mi-semestre. J’ai ainsi pu me concentrer sur les dossiers des autres cours que je n’avais pas en CTI et j’ai pu rendre des devoirs de qualité, ce que je n’aurais pas pu faire en ayant un dossier et un exposé en groupe à faire en plus, en parallèle de mon engagement associatif. C’est une vision très personnelle de l’utilisation du CTI mais pour moi elle a fonctionné.

D’autres membres de mon association bénéficiant du statut l’ont utilisé différemment. Ils ont pu valider un stage ou choisir l’UE Pro de valorisation associative par exemple.

 

Que fais-tu aujourd’hui ?

Aujourd’hui, j’ai quitté mon association après deux ans de bons et loyaux services. J’avais en effet besoin de passer à autre chose, de tenter d’autres expériences, d’évoluer. Je suis maintenant en Service civique au Bureau de la Vie Étudiante de la Sorbonne Nouvelle. En fait, je suis juste passée à la porte d’à côté !

J’ai notamment pour mission de suivre et accompagner les associations du campus, donc mon environnement de travail ne changera pas beaucoup de l’année dernière, sauf que cette fois je représenterai l’université. Je n’aurais pas pu avoir ce poste sans mon expérience associative et ma connaissance de l’université. C’est aussi vrai pour mes autres stages et expériences. L’associatif est mon premier formateur !

 

La vision de ton université a-t-elle changé grâce à ce dispositif ? Si oui, en quoi ?

Avec ce statut, c’est une réelle reconnaissance que nous apporte l’université ! Nous ne sommes plus juste des étudiants qui squattent un local et font des événements occasionnels dans la fac. Nous sommes investis, engagés et nous donnons de notre temps. Être étudiant, ce n’est plus juste faire des études, aller en cours, avoir un diplôme. Aujourd’hui, les étudiants travaillent en plus de leurs études, sont engagés dans l’associatif, ont une famille, etc.

Avoir un diplôme ne va plus nous différencier des autres maintenant, ce sont nos expériences qui vont faire la différences lorsque nous allons chercher un travail et c’est peut-être plus ces expériences que nos études qui vont nous mener à postuler à cet emploi. Je ne sais pas où j’en serais sans mon expérience associative. Avant d’arriver à Paris 3 et de rencontrer l’ATEP3, je voulais être comédienne ! Désormais, je souhaite candidater pour des masters des métiers de la culture et organiser des festivals d’arts de la rue !

En proposant le statut de responsable associatif, c’est tout ce champ « hors études » que l’université reconnaît et met en avant. Celui-ci n’est plus dans l’ombre, quasi inexistant, il est complémentaire aux formations proposées. C’est peut-être un peu exalté comme propos car dans la pratique, le statut n’est pas encore connu des différents services et même auprès des professeurs mais cela se fera avec le temps.

 

Te sens-tu plus investie dans ton établissement ? Pourquoi ?

Aujourd’hui oui car je suis membre d’un des services de l’université, mais lorsque j’étais responsable associative, non pas vraiment. Le statut n’a pas changé ou modifié mon engagement. J’aurais fais exactement le même travail sans. Je pense que tout dépend de l’association dans laquelle on est. Lorsqu’on est membre de l’ATEP3, on est forcément investi dans l’université puisque toutes nos activités se font sur le campus et que nous travaillons en lien avec différents services (BVE, Service d’Action Culturelle, logistique, régisseur, communication).

Nous sommes ainsi beaucoup plus au fait du fonctionnement de l’université que l’étudiant lambda. Cela nous apporte un autre regard, une meilleure compréhension, et oui une envie de s’investir. Sans cette expérience, je n’aurais peut-être pas été tutrice au Service d’Information et d’Orientation (SIO) pour présenter l’université lors des salons étudiants et portes ouvertes, ni élue aux conseil de gestion de mon département et UFR, ni dans l’équipe du BVE.

Pour aller plus loin
Soyons sociaux
Réagir c'est agir