vendredi 2 février 2001.

Les échanges, la mobilité des étudiants en Europe,
même si elle doit être soutenue et amplifiée, ne date
pas d’hier. Une " internationale du savoir " existe depuis
l’Antiquité qui a mené les étudiants par delà
les frontières, a diffusé les connaissances à travers
l’Europe. Les organisations étudiantes ont su tirer parti,
parmi les premières, de la constitution de réseaux européens.
Aujourd’hui, ces réseaux, les institutions européennes,
les nouvelles technologies facilitent les échanges, les projets
transfrontaliers.
Un préambule à la recherche
Une association locale, habituée à la communication de proximité
qui fait tout le charme de l’action associative, peut reculer devant
l’effort d’une prise de contact international. Pourtant, cet
effort peut être fortement réduit si l’on n’oublie
pas certains préalables et qu’on utilise les outils idoines.
Pour commencer, et comme dans tout projet, il faut définir précisément
l’objectif de cet échange européen. S’agit-il
d’établir des connections durables ou bien de mener un projet
ponctuel (qui peut lui même débuter des relations de plus
long terme) ? Quel contenu, quelle information va circuler entre les associations,
sous quelle forme ? Comment cette relation, ce projet participent de l’objet
de chaque organisation impliquée ? Quelles sont les raisons du
choix de tel pays, quels critères vont permettre de sélectionner
les associations à contacter ? Une fois posées ces questions,
vous aurez matière à composer un argumentaire. Si vous avez
une idée précise de la façon de présenter
votre association, votre objectif, vous serez plus à l’aise
dans vos contacts et tous les intervenants parleront d’une seule
voix ; vous pouvez vous aider, pourquoi pas, d’une note sur les points
essentiels.
L’obstacle de la langue
Les questions de langue peuvent aussi rebuter. Maîtriser l’anglais
est une bonne base, tant dans les échanges téléphoniques
que pour une recherche sur le web. Les grandes associations, les institutions
non anglophones proposent souvent une version de leur site en anglais.
Il peut être utile, avant un échange dans une langue étrangère,
de préparer le vocabulaire dont vous aurez besoin en fonction du
thème de la discussion. De la même manière, pour les
courriers électroniques (ou non), autant rédiger, ou faire
rédiger par un angliciste, un corps de texte (ré)utilisable
par tous. Toutefois, rassuront les francophones insoumis, le français
est l’une des deux langues de travail de l’Union européenne,
et de ce fait est utilisé pour tous les documents de communication
de l’U.E..
Des différences dans la terminologie
Il est ici difficile de s’appesantir sur les différences d’acception
de la liberté d’association en Europe et sur les différents
termes employés pour désigner les organisations. Avant tout,
renseignez-vous sur les appellations coutumières et ce qu’elles
recouvrent. En Belgique par exemple il existe des cercles, des associations
liées à leur université, qui sont traditionnellement
chargés d’accueillir les nouveaux étudiants, en recourant
à des formes de bizutage institutionnalisé. En Irlande,
on parle de clubs pour le sport et de sociétés pour les
autres activités associatives. Si vous êtes incertain, usez
des mots club ou organisation, qui peuvent être compris largement,
en anglais notamment.
Jouer du mulot
Vous l’aurez compris, Internet est le moyen idéal de trouver
les bons contacts. Par l’intermédiaire des moteurs de recherche
et des annuaires téléphoniques afférents à
chaque pays d’une part, en effeuillant les bouquets de liens qu’on
trouve sur les sites des réseaux d’associations, ou des acteurs
du domaine de l’éducation p.e., d’autre part. Si vous
recensez par cette recherche un certain nombre d’adresses e-mail,
que vous les groupez dans une mailing list, vous pourrez ainsi lancer
des " grappins " dans toutes les directions en un seul clic
et espérer un premier retour.
Vos interlocuteurs étudiants
Le Forum européen
Il existe de nombreuses organisations étudiantes articulées
à l’échelle du continent. L’intérêt
de ces réseaux tient au poids qu’ils représentent.
Il permet de se faire entendre et de trouver des financements au niveau
européen. La Commission européenne considère ces
organisations comme des partenaires privilégiés. Certaines
d’entre elles sont d’ailleurs membres du Forum jeunesse (www.youthforum.org)
: cette structure rassemble à Bruxelles les Conseils nationaux
de jeunesse, des organisations étudiantes et des réseaux
thématiques et est régulièrement consultée
sur toutes les questions européennes concernant les jeunes et les
organisations de jeunesse. Le Forum entretient également des liens
avec d’autres régions du monde - Afrique, Pacifique,
etc.-, ainsi qu’avec des organisations internationales telles que
l’ONU.Les réseaux étudiants
Les syndicats
L’ESIB (les syndicats nationaux étudiants européens)
a été créé en 1982 et dès 1990 s’est
ouvert à l’Est. Le site (www.esib.org) propose une liste des
membres et des syndicats candidats. Il existe des critères à
remplir pour devenir membre d’ESIB : être ouvert, représentatif
au niveau national et indépendant. Pour la France l’UNEF-ID
ainsi que la FAGE appartiennent à cette organisation. Porte-parole
des Unions Nationales auprès de l’UE, du Conseil de l’Europe
et de l’ONU, l’ESIB organise des séminaires et des conférences,
gère le flux d’information relatif à l’éducation
supérieure en Europe, développe des politiques dans le domaine
de l’éducation et des affaires sociales. Lorsqu’il s’agit
de pays/régions ayant des problèmes internes, l’ESIB
envoie des délégations ou des observateurs, en collaboration
avec des organismes comme l’OSCE, pour assurer le bon déroulement
des élections universitaires (Kosovo, Biélorussie). Parmi
les projets suivis, figurent la Déclaration de Bologne sur l’Éducation
supérieure en Europe, signée en juin 1999, " Démocratie
et participation des jeunes " , tous les projets concernant les pays
du Pacte de Stabilité ainsi que le projet " Socrates on the
Move " réalisé en collaboration avec l’Association
des États Généraux des Étudiants de l’Europe.
Associations de filières
Certaines filières de l’enseignement supérieur se sont
également rassemblées, notamment les juristes au sein de
ELSA (Association européenne des
étudiants en droit). On trouve un équivalent au niveau
mondial en économie avec l’AIESEC,
l’Association des étudiants en sciences économiques.
Citons encore dans le domaine de l’enseignement technique l’existence
de BEST, représenté
par 45 comités dans 19 pays. Cette association a vu le jour à
Grenoble en 1988.
Les médias étudiants
IASTAR, l’Association internationale
des télévisions et des radios étudiantes possède
un réseau au niveau européen. Le site propose des liens
vers les 270 médias audiovisuels. Le réseau d’IASTAR
est constitué de plus de 270 stations de radio /TV dans 23 pays
européens. Mais depuis quelques années IASTAR est soumis
au repli des différents groupes nationaux qui le composent. Les
Français au sein des Radios
Campus, les Britanniques avec Student Radio Association. Des projets européens ont quand même
vu le jour, notamment des échanges de programmes et d’information.
L’AEGEE
L’AEGEE (États généraux des associations des
étudiants en Europe), créée en 1985 à Paris
pour promouvoir l’idée d’une Europe unifiée, organise
des universités d’été dans diverses villes,
des conférences et des voyages d’étude pour promouvoir
les échanges, l’apprentissage des langues et les débats.
Ajoutons que l’AEGEE ne rassemble pas de comités nationaux
mais uniquement des groupes d’étudiants actifs dans leur université
en lien avec l’Europe.
Les universités
L’Association des universités européennes (CRE) a été
créée en 1969 ; elle rassemble au total 527 établissements
supérieurs de 41 pays, dont 43 en France. La plupart de ces établissements
propose un répertoire des associations étudiantes sur le
campus.
Financer son projet européen
Si cette prise de contact sans frontières vient appuyer un projet
européen, vous aurez sûrement besoin de quelques sous, ne
serait-ce que pour le téléphone. On n’a pas non plus
la place d’évoquer dans ces colonnes la méthodologie
de recherche de financement ; on se contentera de dresser une petite liste
des premiers partenaires d’in projet jeune européen. À
commencer par le CNAJEP, le Conseil national des Associations de jeunesse
et d’éducation populaire, qui peut apporter une première
expertise à votre projet et vous orienter vers des associations-ressources
ou d’éventuels contacts.
Le programme européen Jeunesse (2000- 2006) réunit en un
seul instrument plusieurs actions préexistantes, notamment les
programmes " Jeunesse Pour l’Europe " et le " Service
Volontaire Européen". Il vise à favoriser la coopération
dans le domaine de la jeunesse, par le biais de l’éducation
et de la formation informelles et des échanges de jeunes à
l’intérieur de la Communauté et avec les pays tiers.
Le programme européen Jeunesse favorise les échanges de
groupes de jeunes de 15-25 ans et soutient les projets de jeunes collectifs
ou individuels. En France, le programme est relayé par l’institut
National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire (INJEP).
Autre exemple de fonds de soutien, l’OFAJ, Office Franco-allemand
pour la Jeunesse, finance des projets jeunes d’échange binational
ou trinational impliquant ces deux pays. D’autres conventions bilatérales
existent entre la France et d’autres pays (francophones particulièrement)
pour développer les échanges culturels. Pour en savoir plus,
il convient de se référer au Bureau de la jeunesse des Affaires
étrangères.
Si vous voulez sauter quelques étapes dans votre recherche de financement,
adressez-vous directement à la Direction générale
de l’Éducation et de la Culture, à la Commission européenne
(DG X). C’est de cette DG que partent les programmes Socrates (dont
fait partie Erasmus), Jeunesse, Culture 2000, Media Plus... Elle finance,
parfois sous forme de bourse, souvent sur des appels d’offres, des
projets citoyens, culturels, artistiques, sportifs allant dans le sens
de la coopération et de l’intégration européennes.
La Ligue de l’Enseignement peut également vous aider dans
vos recherches ; elle a développé des actions vers l’Europe
et l’International et est notamment à l’initiative d’un
guide des associations " pour agir en Europe et dans le monde ".
Animafac, enfin, peut vous communiquer les coordonnées d’associations
et réseaux en France et en Europe engagés dans des actions
continentales.
CNAJEP : Tél : 01 40 21 14 21
INJEP : Tél : 01 39 17 27 72 - www.injep.fr
OFAJ : Tél : 01 40 78 18 18 - www.ofaj.org
Affaires Étrangères - Bureau de la Jeunesse
Tél : 01 43 17 82 41
DG X : http://europa.eu.int/comm/dgs/education_culture/index_fr.htm
Ligue de l’Enseignement : Tél : 01 43 58 97 94 - www.laligue.org