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Fiche 82 : Nouer des partenariats européens

vendredi 2 février 2001.

Les échanges, la mobilité des étudiants en Europe, même si elle doit être soutenue et amplifiée, ne date pas d’hier. Une " internationale du savoir " existe depuis l’Antiquité qui a mené les étudiants par delà les frontières, a diffusé les connaissances à travers l’Europe. Les organisations étudiantes ont su tirer parti, parmi les premières, de la constitution de réseaux européens.
Aujourd’hui, ces réseaux, les institutions européennes, les nouvelles technologies facilitent les échanges, les projets transfrontaliers.


Un préambule à la recherche

Une association locale, habituée à la communication de proximité qui fait tout le charme de l’action associative, peut reculer devant l’effort d’une prise de contact international. Pourtant, cet effort peut être fortement réduit si l’on n’oublie pas certains préalables et qu’on utilise les outils idoines.
Pour commencer, et comme dans tout projet, il faut définir précisément l’objectif de cet échange européen. S’agit-il d’établir des connections durables ou bien de mener un projet ponctuel (qui peut lui même débuter des relations de plus long terme) ? Quel contenu, quelle information va circuler entre les associations, sous quelle forme ? Comment cette relation, ce projet participent de l’objet de chaque organisation impliquée ? Quelles sont les raisons du choix de tel pays, quels critères vont permettre de sélectionner les associations à contacter ? Une fois posées ces questions, vous aurez matière à composer un argumentaire. Si vous avez une idée précise de la façon de présenter votre association, votre objectif, vous serez plus à l’aise dans vos contacts et tous les intervenants parleront d’une seule voix ; vous pouvez vous aider, pourquoi pas, d’une note sur les points essentiels.


L’obstacle de la langue

Les questions de langue peuvent aussi rebuter. Maîtriser l’anglais est une bonne base, tant dans les échanges téléphoniques que pour une recherche sur le web. Les grandes associations, les institutions non anglophones proposent souvent une version de leur site en anglais. Il peut être utile, avant un échange dans une langue étrangère, de préparer le vocabulaire dont vous aurez besoin en fonction du thème de la discussion. De la même manière, pour les courriers électroniques (ou non), autant rédiger, ou faire rédiger par un angliciste, un corps de texte (ré)utilisable par tous. Toutefois, rassuront les francophones insoumis, le français est l’une des deux langues de travail de l’Union européenne, et de ce fait est utilisé pour tous les documents de communication de l’U.E..

Des différences dans la terminologie
Il est ici difficile de s’appesantir sur les différences d’acception de la liberté d’association en Europe et sur les différents termes employés pour désigner les organisations. Avant tout, renseignez-vous sur les appellations coutumières et ce qu’elles recouvrent. En Belgique par exemple il existe des cercles, des associations liées à leur université, qui sont traditionnellement chargés d’accueillir les nouveaux étudiants, en recourant à des formes de bizutage institutionnalisé. En Irlande, on parle de clubs pour le sport et de sociétés pour les autres activités associatives. Si vous êtes incertain, usez des mots club ou organisation, qui peuvent être compris largement, en anglais notamment.

Jouer du mulot
Vous l’aurez compris, Internet est le moyen idéal de trouver les bons contacts. Par l’intermédiaire des moteurs de recherche et des annuaires téléphoniques afférents à chaque pays d’une part, en effeuillant les bouquets de liens qu’on trouve sur les sites des réseaux d’associations, ou des acteurs du domaine de l’éducation p.e., d’autre part. Si vous recensez par cette recherche un certain nombre d’adresses e-mail, que vous les groupez dans une mailing list, vous pourrez ainsi lancer des " grappins " dans toutes les directions en un seul clic et espérer un premier retour.


Vos interlocuteurs étudiants


Le Forum européen
Il existe de nombreuses organisations étudiantes articulées à l’échelle du continent. L’intérêt de ces réseaux tient au poids qu’ils représentent. Il permet de se faire entendre et de trouver des financements au niveau européen. La Commission européenne considère ces organisations comme des partenaires privilégiés. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs membres du Forum jeunesse (www.youthforum.org)  : cette structure rassemble à Bruxelles les Conseils nationaux de jeunesse, des organisations étudiantes et des réseaux thématiques et est régulièrement consultée sur toutes les questions européennes concernant les jeunes et les organisations de jeunesse. Le Forum entretient également des liens avec d’autres régions du monde - Afrique, Pacifique, etc.-, ainsi qu’avec des organisations internationales telles que l’ONU.Les réseaux étudiants

Les syndicats

L’ESIB (les syndicats nationaux étudiants européens) a été créé en 1982 et dès 1990 s’est ouvert à l’Est. Le site (www.esib.org) propose une liste des membres et des syndicats candidats. Il existe des critères à remplir pour devenir membre d’ESIB : être ouvert, représentatif au niveau national et indépendant. Pour la France l’UNEF-ID ainsi que la FAGE appartiennent à cette organisation. Porte-parole des Unions Nationales auprès de l’UE, du Conseil de l’Europe et de l’ONU, l’ESIB organise des séminaires et des conférences, gère le flux d’information relatif à l’éducation supérieure en Europe, développe des politiques dans le domaine de l’éducation et des affaires sociales. Lorsqu’il s’agit de pays/régions ayant des problèmes internes, l’ESIB envoie des délégations ou des observateurs, en collaboration avec des organismes comme l’OSCE, pour assurer le bon déroulement des élections universitaires (Kosovo, Biélorussie). Parmi les projets suivis, figurent la Déclaration de Bologne sur l’Éducation supérieure en Europe, signée en juin 1999, " Démocratie et participation des jeunes " , tous les projets concernant les pays du Pacte de Stabilité ainsi que le projet " Socrates on the Move " réalisé en collaboration avec l’Association des États Généraux des Étudiants de l’Europe.

Associations de filières

Certaines filières de l’enseignement supérieur se sont également rassemblées, notamment les juristes au sein de ELSA (Association européenne des étudiants en droit). On trouve un équivalent au niveau mondial en économie avec l’AIESEC, l’Association des étudiants en sciences économiques. Citons encore dans le domaine de l’enseignement technique l’existence de BEST, représenté par 45 comités dans 19 pays. Cette association a vu le jour à Grenoble en 1988.

Les médias étudiants

IASTAR, l’Association internationale des télévisions et des radios étudiantes possède un réseau au niveau européen. Le site propose des liens vers les 270 médias audiovisuels. Le réseau d’IASTAR est constitué de plus de 270 stations de radio /TV dans 23 pays européens. Mais depuis quelques années IASTAR est soumis au repli des différents groupes nationaux qui le composent. Les Français au sein des Radios Campus, les Britanniques avec Student Radio Association. Des projets européens ont quand même vu le jour, notamment des échanges de programmes et d’information.

L’AEGEE
L’AEGEE (États généraux des associations des étudiants en Europe), créée en 1985 à Paris pour promouvoir l’idée d’une Europe unifiée, organise des universités d’été dans diverses villes, des conférences et des voyages d’étude pour promouvoir les échanges, l’apprentissage des langues et les débats. Ajoutons que l’AEGEE ne rassemble pas de comités nationaux mais uniquement des groupes d’étudiants actifs dans leur université en lien avec l’Europe.

Les universités

L’Association des universités européennes (CRE) a été créée en 1969 ; elle rassemble au total 527 établissements supérieurs de 41 pays, dont 43 en France. La plupart de ces établissements propose un répertoire des associations étudiantes sur le campus.


Financer son projet européen

Si cette prise de contact sans frontières vient appuyer un projet européen, vous aurez sûrement besoin de quelques sous, ne serait-ce que pour le téléphone. On n’a pas non plus la place d’évoquer dans ces colonnes la méthodologie de recherche de financement ; on se contentera de dresser une petite liste des premiers partenaires d’in projet jeune européen. À commencer par le CNAJEP, le Conseil national des Associations de jeunesse et d’éducation populaire, qui peut apporter une première expertise à votre projet et vous orienter vers des associations-ressources ou d’éventuels contacts.
Le programme européen Jeunesse (2000- 2006) réunit en un seul instrument plusieurs actions préexistantes, notamment les programmes " Jeunesse Pour l’Europe " et le " Service Volontaire Européen". Il vise à favoriser la coopération dans le domaine de la jeunesse, par le biais de l’éducation et de la formation informelles et des échanges de jeunes à l’intérieur de la Communauté et avec les pays tiers. Le programme européen Jeunesse favorise les échanges de groupes de jeunes de 15-25 ans et soutient les projets de jeunes collectifs ou individuels. En France, le programme est relayé par l’institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire (INJEP).
Autre exemple de fonds de soutien, l’OFAJ, Office Franco-allemand pour la Jeunesse, finance des projets jeunes d’échange binational ou trinational impliquant ces deux pays. D’autres conventions bilatérales existent entre la France et d’autres pays (francophones particulièrement) pour développer les échanges culturels. Pour en savoir plus, il convient de se référer au Bureau de la jeunesse des Affaires étrangères.
Si vous voulez sauter quelques étapes dans votre recherche de financement, adressez-vous directement à la Direction générale de l’Éducation et de la Culture, à la Commission européenne (DG X). C’est de cette DG que partent les programmes Socrates (dont fait partie Erasmus), Jeunesse, Culture 2000, Media Plus... Elle finance, parfois sous forme de bourse, souvent sur des appels d’offres, des projets citoyens, culturels, artistiques, sportifs allant dans le sens de la coopération et de l’intégration européennes.
La Ligue de l’Enseignement peut également vous aider dans vos recherches ; elle a développé des actions vers l’Europe et l’International et est notamment à l’initiative d’un guide des associations " pour agir en Europe et dans le monde ". Animafac, enfin, peut vous communiquer les coordonnées d’associations et réseaux en France et en Europe engagés dans des actions continentales.

CNAJEP : Tél : 01 40 21 14 21
INJEP : Tél : 01 39 17 27 72 - www.injep.fr
OFAJ : Tél : 01 40 78 18 18 - www.ofaj.org
Affaires Étrangères - Bureau de la Jeunesse
Tél : 01 43 17 82 41
DG X : http://europa.eu.int/comm/dgs/education_culture/index_fr.htm
  Ligue de l’Enseignement : Tél : 01 43 58 97 94 - www.laligue.org

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