Intervenant : Florian Prussak, Président d’Animafac

Animateur : Xavier Grimault

 

Proposé par le Président d’Animafac, ce temps était l’occasion de prendre un peu d’avance sur le calendrier à venir et d’être proactif sur les actions à mener dans le cadre de l’année européenne de l’engagement bénévole et volontaire en 2011. En effet, Animafac, dans ses mandats et implications auprès du Forum Civique Euréen (LIEN), de la CPCA (LIEN) ou encore de France Bénévolat (LIEN) a toute légitimité à être force de propositions dans une telle thématique.

 

A priori, les participants à cet atelier ont des attentes très diverses sur la question: Comment recruter de nouveaux bénévoles dans un contexte de crise? Quels aides et dispositifs vont être créer avec cette nouvelle « année de »? Comment s’informer de ce qui se fera et nous même être acteurs? Comment mobiliser les jeunes à plus de mobilité, et au delà, plus de curiosité européenne?

 

Comme Xavier et Florian l’ont rappelé en introduction, c’est depuis 1983 que l’Union Européenne a instauré « l’année de ». La thématique est décidée par la Commission et donne lieu à des appels à projets à destination des organisations de la société civile. Depuis un manifeste en 2006, les associations alertent et mobilisent pour susciter l’intérêt des politiques sur ces questions, notamment avec l’appui du Centre européen du volontariat créé en 1989 (LIEN). A force d’argumentation et de lobbying, si 2010 est l’année européenne contre la pauvreté dans le monde et l’exclusion, 2011 a finalement été déclarée année européenne de l’engagement bénévole et volontaire.

Sur le plan lexical, il faut noter qu’il n’y pas de distinction entre volontaire et bénévole (en anglais par exemple). Cette différenciation est même une quasi spécificité française, où ces statuts sont des dispositifs légaux.

 

Dans chaque Etat, un organisme sera désigné pour recueillir des projets (INJEP (LIEN) ou encore Haut Commissariat à la Jeunesse et à la Vie Associative(LIEN)) et coordonner la bonne répartition territoriale. Beaucoup d’associations, dépendantes de ces budgets, vont orienter leurs actions en fonction de cette thématique.

 

Si la déclaration officielle pour le lancement sera faite fin novembre 2010, elle a été annoncée au journal officiel de la Commission Européenne comme « Année européenne du volontariat pour la promotion de la citoyenneté active ». Si la citoyenneté européenne est effective pour tous depuis 1992 et le traité de Maastricht, une discussion animée a suivi pour tenter de définir cette « citoyenneté active ».

 

Mots et expressions associés :

« promotion de la citoyenneté », « vote », « association oeuvrant pour l’européanisme », « être acteur et non spectateur de la société où on vit », « montrer son opinion », « participer à l’activité civique et/ou politique », « aller à la rencontre de ses droits et devoirs », « renvoi à la citoyenneté active des entreprises qui promeuvent les droits de leurs employés en leur sein ».

Pour d’autres, cette expression ne serait qu’on pléonasme, car se définir comme citoyen c’est être acteur. S’impliquer, se mobiliser pour des actions concrètes, ce peut être aussi intégrer un conseil de jeunes, être un porte-parole auprès des élus.

 

 

Autour de la table, les réactions fusent et il fut rapidement question d’envisager 2011 au sein de son association et en imaginant des synergies européennes.

 

Alors, quelles actions concrètes pour 2011?

– Faire la promotion des Conseils de jeunes (cf ANACEJ et European Youth Forum), même si le CNJ en France est en cours de réforme

– Renforcer les liens franco-allemands par l’organisation d’événements

– Prendre les différents niveaux de compréhension possible comme une chance pour la diversité des actions à mener (« Citoyenneté active »: Celle que je mène dans ma localité en tant que citoyen d’un Etat européen? Ou ma citoyenneté active de citoyen européen? )

– Organiser des échanges de bénévoles à travers l’Europe. Si certaines associations ont cette culture depuis longtemps déjà du fait de leur envergure internationale avec des homologues à l’étranger, d’autres y travaillent. L’objectif étant de se rencontrer et de découvrir les modes de fonctionnement associatif ailleurs que dans son pays.

– Encourager la mobilité pour faire émerger (ou faire progresser) le sentiment d’appartenance

– Faire tomber les préjugés en accueillant des jeunes dans nos associations. A l’occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, le CIDEM avait réuni en séminaire 70 jeunes de toute l’Europe. Certains participants étaient présents lors de cet atelier et témoignaient de l’intérêt d’une telle initiative, qui donne envie de bouger

– Instaurer des réseaux sociaux Internet entre jeunes européens pour pérenniser les échanges après les rencontres

 

Quel(s) message(s)?

 

Pour donner envie d’Europe, il est important de distinguer les publics à qui l’on s’adresse pour garantir la pertinence du message. Suivant que l’on s’adresse aux jeunes sans engagement, aux jeunes engagés ou aux jeunes engagés europhiles, le message ne sera pas le même. Mais en sensibilisant par les pairs, en travaillant localement avec les associations d’accompagnement, il est possible de monter des projets en frappant aux bonnes portes. Dans ces messages il est important:

– D’expliquer les bénéfices que les jeunes peuvent retirer d’une telle expérience d’engagement. Il faut convaincre par une communication pratique, faire prendre conscience que l’engagement c’est important. Une éducation à l’engagement devrait être envisagée par l’Education nationale dès le primaire ! Développer le « Social Day » sur le modèle allemand par exemple, journée dédiée à la découverte d’actions solidaires et citoyennes.

– D’investir des lieux publics pour en parler, ou lors de rendez-vous tel que le forum des associations

– De mobiliser les étrangers en mobilité (ERASMUS, SVE…) afin qu’ils partagent et témoignent de leurs expériences

– De faire évoluer les cours d’ECJS (Education Civique, Juridique et Social) en vrai temps de découverte de la citoyenneté active avec des interventions d’associatifs ou de témoins européens

 

Dans le cadre de cette année européenne de l’engagement bénévole et volontaire, Florian annonce qu’Animafac envisage une action mensuelle afin d’intéresser les médias (nationaux, régionaux, associatifs) à une thématique associative en l’illustrant par des initiatives d’associations du réseau.

Rendez-vous en 2011!

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