Organisés en marge de l’Assemblée générale d’Animafac, trois ateliers ont permis aux associatifs présents de réfléchir sur des notions et des événements de premier ordre. Parmi ceux-ci, « 2013, Année européenne de la citoyenneté » aura été le théâtre d’échanges constructifs et d’élaboration de projets interassociatifs et européens. Retour sur l’un des temps forts de cette journée.

 

Ouvrant les débats, Fransez Poisson évoque l’importance d’organiser un tel atelier à l’orée de l’Année européenne de la citoyenneté. Animafac étant engagé au sein du Forum Civique Européen depuis 2006, son président assure qu’il est important de « porter les valeurs citoyennes du réseau en France et en Europe, de proposer un regard jeune sur cette notion et d’échanger avec les autres acteurs de la citoyenneté à l’échelle de l’Union ». Il voit dans cet événement une occasion de faire le point sur les projets pouvant être menés à la fois au sein du Forum et des associations étudiantes. Selon lui, la participation de structures européennes « riches d’une expérience et d’un contexte différent » lors des Week-end au Campus de 2011 s’inscrit pleinement dans une logique « d’ouverture au détriment de l’entre-soi ». L’objectif de cet atelier est donc de réfléchir sur l’implication européenne d’Animafac.

 

Un atelier et des attentes variées

 

Parmi les participants, tous n’ont pas les mêmes attentes. Marie, la présidente de l’association Jets d’encre prévoit d’organiser une édition du festival Expresso dédié à l’Année européenne de la citoyenneté en 2013. Dédié à la presse jeune, l’événement se déroule sur 15 heures et permet aux rédactions présentes de faire la démonstration de leur savoir-faire en réalisant, entre autre, une édition complète de leurs publications respectives. Membre de l’association rennaise Espoir et Président d’Etudiants & Développement, Antoine souhaite, quant à lui, « favoriser l’éducation à la solidarité internationale au travers de débats internationaux et de l’adaptation de supports de sensibilisation aux publics européens ». Association transpartisane et fédéraliste, les Jeunes Européens de France oeuvrent pour la valorisation et la promotion des valeurs européennes. Chloé, sa représentante, espère voir émerger « des projets ambitieux mettant à contribution la jeunesse européenne d’ici 2013 ». Une idée à laquelle souscrit parfaitement Dominika, la Présidente de l’Association des étudiants et diplômés polonais qui tient, par ailleurs, à réaffirmer que l’émergence d’une Europe unie a tout d’abord apporté la paix et que cet événement devrait le refléter. Vice-président de la Confédération nationale des junior entreprises, Paul-Henri aimerait, quant à lui, qu’un statut européen uniformisé pour les associations soit créé. Samir est membre de la Voix des Rroms. Il voit dans cet événement « une opportunité d’attirer l’attention du public sur la situation de cette population ».

 

« Instaurer une Année européenne de la citoyenneté n’est pas simple »

 

David Lopez, responsable du pôle international à la Ligue de l’enseignement anime l’atelier. Il estime que « la construction européenne a toujours été difficile et bien que les marchés prédominent, la question des valeurs est présente depuis les origines. » Tiraillée entre une approche fédéraliste et la conservation des souverainetés nationales, l’Union n’est pas encore parvenue à définir des valeurs communes pour tous ses membres dans tous les domaines. « Certains états refusent d’entendre parler de citoyenneté. Le gouvernement hongrois, par exemple, fait systématiquement la sourde oreille à ce propos. » S’il évoque ces divergences, c’est que l’établissement même d’une Année européenne de la citoyenneté a fait débat et essuyé un refus de la part de certains. Evoquant le long processus devant conduire à son adoption par les 27, il revient notamment sur les âpres discussions conduites avec Viviane Reding. Discussions durant lesquelles la vice-présidente de la Commission Européenne a exigé et obtenu la modification de l’intitulé en faveur d’une « année des citoyens et de la mobilité » plus consensuelle. Pour lui, « instaurer une Année européenne de la citoyenneté n’est pas simple ». Cette année charnière, puisqu’elle précède de peu la prochaine élection des députés européens, devrait être gérée par une alliance d’associations européennes coordonnée par le Forum Civique Européen, selon David Lopez. Une perspective intéressante pour les associations étudiantes du réseau.

 

Monter un projet européen ? « Un petit plus indéniable »

 

Outre l’importance de l’engagement d’Animafac au travers du Forum Civique Européen, Marco di Giusto pose une question centrale : Que signifie « monter un projet européen » pour une association étudiante et quels en sont les enjeux ? L’ancien président du Parlement européen des jeunes s’interroge en effet sur les modalités d’une telle démarche. « Faire un projet européen ne signifie pas devoir englober des représentants des 27 pays membres. Mais avoir un lien avec une association d’accueil des étudiants internationaux permet, par exemple, d’entretenir cette connexion avec l’extérieure et d’accéder aux financements européens. » Mettant également en exergue les difficultés que constituent les différences culturelles entre les acteurs d’un même projet, il tempère cette approche en évoquant ce « petit plus » indéniable que constitue une expérience européenne, un échange interculturel et l’envie de découverte animant les étudiants en mobilité.


 Vers un projet interassociatif à l’échelle européenne ?

 

Un petit plus et une envie de découverte qui poussent parfois les associatifs étudiants à concevoir des projets communs. L’une des participantes imagine, à ce titre, qu’Animafac pourrait s’impliquer dans l’Année européenne de la citoyenneté « se mobilisant en Europe comme il le fait en France, en fédérant les associations européennes et en les aidant à réaliser des projets interculturels. Une application des week-end au campus à l’échelle continentale. » Elle voit, en effet, dans ces temps de rencontre et d’échange, « un moyen de construire un réseau transfrontalier et de répondre aux questions de chacun. » Une autre associative présente entrevoit même un moyen d’instaurer une communication non verbale entre les européens en travailler sur des notions culturelles permettant d’abolir les barrières de la langue. Un véritable défi qui ne la décourage cependant pas. Autre concept ambitieux, une semaine d’activités culturelles et citoyennes coordonnées pourrait être mise en place dans différents pays de l’Union. Chacun réfléchissant sur les sources de financements et les moyens engagés dans cette démarche, les associatifs présents lors de l’atelier arrivent à la conclusion que l’idée est viable et porteuse de sens. Un rendez-vous pris pour 2013 ? L’avenir le dira.

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