Vous avez entre 16 et 20 ans, êtes intéressé par les questions européennes ? Le Parlement européen des jeunes (PEJ) vous propose un voyage dans les méandres des institutions de l’Union. Au programme : simulation de débats parlementaires, découverte de la capitale belge et rencontres inter-européennes. Bienvenue à bord !

Et si l’on pouvait faire de la politique européenne sans être un technocrate en costume trois pièces et tempes grisonnantes ? Ne riez pas, cette proposition n’est pas si farfelue qu’elle en a l’air. Depuis près de 20 ans, le Parlement européen des jeunes propose à des lycéens et jeunes étudiants d’endosser, dix jours durant, le rôle de député européen. Ils sont ainsi plus de 300 jeunes venus de toute l’Europe à se retrouver à Bruxelles chaque année pour simuler des débats parlementaires sur des thématiques d’actualité européenne.

Un rassemblement international de grande ampleur rendu possible grâce à la structure du Parlement européen des jeunes. Créée en 1987 à Fontainebleau, l’association compte aujourd’hui 32 commissions nationales dans l’Europe institutionnelle et géographique, et un bureau national situé à Berlin. Chacune de ces commissions sélectionne, en amont, une dizaine de lycéens qui deviendront ses « représentants nationaux ».

Aujourd’hui président du PEJ-France, Guillaume Borie fut l’un d’entre eux. Une expérience qu’il n’est pas près d’oublier. « Au départ, je n’étais pas spécialement intéressé par les questions européennes, mais comme mon lycée était candidat, j’ai accepté de faire partie de l’équipe. Ces dix jours de débat m’ont non seulement permis de m’ouvrir à l’Europe, mais également de me responsabiliser et d’apprendre à travailler en groupe. » Resté, depuis, très impliqué dans l’association, Guillaume s’apprête à intégrer un Master à Sciences-Po Paris pour se spécialiser dans les métiers de l’Europe.

 

Un avant-goût de l’Europe.

Le secret du PEJ pour donner le goût de l’Europe aux jeunes ? Coller simplement au plus près de la réalité des institutions. Les débats menés entre les apprentis députés se déroulent exactement selon les mêmes procédures que lors des sessions du Parlement européen et, comme leurs aînés, le jeune parlement émet, en fin de parcours, un certain nombre de résolutions. « Elles sont toujours un peu plus idéalistes que celles du PE sur le même sujet. Elles s’embarrassent également moins de problèmes techniques » commente Guillaume.

Avant d’en arriver à ce consensus, les jeunes représentants nationaux auront cependant pu expérimenter les résistances dues aux clivages nationaux. « Au début, chacun arrive avec ses préjugés et l’envie de défendre ses avantages : les Français leur sécurité sociale, les Britanniques leur liberté d’aller et venir… Et puis, au bout d’un moment, se crée un véritable élan européen, la conviction que ces décisions que nous prenons, nous voulons qu’elles soient les meilleures possibles pour tous. »

 

Comprendre la démocratie européenne.

Le cheminement des débats permet également de comprendre le fonctionnement, réputé complexe, des institutions et de tester leur potentiel démocratique. « Je me suis aperçu que si le système était compliqué c’était à cause des 10.000 influences qui s’y affrontent. Mais on se rend justement compte que la structure du Parlement lui permet, malgré cela, de fonctionner de manière démocratique. »

Même si le but du PEJ n’est pas d’exercer une quelconque pression sur le Parlement pour qu’il relaie les propositions émises par ses jeunes délégations, leurs résolutions sont néanmoins remises aux députés et débattues avec des personnalités invitées pour l’occasion. « C’est important, après le travail qu’on a fourni, de savoir que quelqu’un va nous écouter, qu’on n’a pas fait tout ça dans le vide » explique Guillaume. D’autant plus important que ces politiciens en herbe ne prêchent pas toujours dans le désert. Le statut de Service volontaire européen, actuellement en discussion, est ainsi une proposition émise voici plusieurs années lors d’une session du PEJ. Quand l’idéalisme se fait réalité…

 

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