Ces médias étudiants qui font le choix du papier

Objectif suprême pour les uns, source d’originalité et de qualité pour les autres, le papier reste un support plébiscité par les médias étudiants. A l’heure des crises et des restrictions budgétaires, nombre de porteurs de projets restent attachés au grain d’une page noircie d’encre. Ils nous en disent plus sur ce choix.

 « Le papier est un objectif suprême du projet »

Reportages exclusifs, correspondants disséminés aux quatre coins du monde… Animé par une équipe d’étudiants lyonnais, le Journal International s’appuie sur le concept ambitieux d’un magazine d’actualité mondiale vue par les jeunes. Un concept à mi-chemin entre la rigueur du papier et la vivacité du web. Son rédacteur en chef, Emmanuel Girard, nous explique que le papier reste « l’un des objectifs suprêmes du projet. Nous considérons d’ailleurs qu’un média est indissociable du papier ».  Evoquant le court passage du journal dans les kiosques pour les numéros 10 et 11, Emmanuel assure « qu’il faut s’adapter à la révolution numérique et savoir en tirer tous les avantages possibles » avant d’ajouter que « le papier nous offre parfois des choses, des sensations, que nous ne retrouvons pas sur un site web. » Bien que l’expérience ait tourné court, Emmanuel affirme que le but de la rédaction est de « reprendre la publication dès que possible, sans doute vers la rentrée ». Une ambition qui marque l’attachement de l’équipe au support papier.

« Apporter une originalité, une différence, face aux sites »

Journal francilien, l’Etudiant Autonome couvre l’actualité étudiante de la Grande Couronne. L’Etudiant Autonome ? C’est un ton dynamique, des sujets décalés et… un journal papier diffusé dans toute la région. Mais pourquoi s’investir dans la production d’un mensuel papier à l’heure supposée du tout numérique ? Pour Eric Temfack, son directeur de publication, l’Etudiant Autonome tient à la cohérence de son concept de départ. Pour lui, il s’agit avant tout « d’apporter une différence, une originalité face aux sites ». Loin d’adhérer à l’image vieillotte parfois associée aux médias papier, Eric voit dans ce support un enjeu de modernité. « Pour moi, le papier permet d’innover, de créer et de rester connecté à l’esprit de la communauté étudiante », affirme-t-il. Selon lui, le papier est également un gage de crédibilité et permet d’assoir la légitimité d’un média face aux investisseurs. « A chaque rendez-vous, le fait que nous soyons édités sur papier compte énormément. Ce papier confère une importance, un poids que le web n’octroie pas encore », avance-t-il pour conclure. L’Etudiant Autonome fera prochainement peau neuve et reviendra à la rentrée avec un tout nouveau format… papier, bien évidemment.

« C’est un outil privilégié pour diffuser des idées dans une université »

Lancé en novembre 2013 par des étudiants de l’université Aix-Marseille, le Marcel propose un magazine haut en couleurs oscillant entre reportage au cœur des facultés provençales et chroniques culturelles ; Le tout, le long d’une vingtaine de pages éditées sur papier glacé. Fondatrice du magazine, Héloïse Schneider-Dautrey, voit dans le papier un choix cohérent. « C’est visuel, palpable et ça reste. C’est donc un outil privilégié pour diffuser des messages et des idées. Surtout sur un territoire aussi étendu qu’une université. Pour nous, le format papier est vraiment idéal ». Elle pense également que le support papier permet de proposer un bel objet, une qualité que le web ne peut pas apporter. « Une version avec un papier de qualité est aussi un moyen de considérer les étudiants. Je trouve qu’on a trop souvent tendance à considérer qu’un étudiant se contente de peu. Or c’est faux. Même un étudiant a le droit posséder de belles choses et d’aimer la qualité. »

La solution du bi-média

D’autres publications s’orientent, quant à elles, vers un concept bi-média, alliant le flux et l’interaction du web avec le prestige et la rigueur d’une revue papier. C’est le cas de Gare de l’Est et d’Effeuillage. Si le premier titre se réfère aux activités d’une association rennaise passionnée par l’Europe Orientale et son actualité, la seconde se penche sur les médias pour mieux en décortiquer le fonctionnement. Profitant d’un très judicieux partenariat avec une grande enseigne de la papeterie, la rédaction composée d’étudiants du CELSA édite chaque année 1500 exemplaires d’une revue cossue. 104 pages d’une actualité dense et fouillée qui permettent à Effeuillage d’embrasser un panorama complet du monde des médias. Mais qu’il s’agisse de Gare de l’Est ou d’Effeuillage, les deux rédactions n’abandonnent pas le web pour autant. Chacune propose en effet des chroniques originales en ligne et interagissent par ce biais avec leur lectorat. Le papier, chez elles, servant davantage à marquer un événement éditorial et le mettre en exergue.

Le 3ème numéro d’Effeuillage est tout juste sorti de presse. Sa version PDF est consultable en ligne.

Crédits photo : Le Journal International marquait son retour en kiosque l’an passé avec Kim Hong Un en couverture.

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