Démarche initiée à Nantes en 2012, l’Usage du monde en Stan entend dresser des passerelles entre les jeunes français et kirghizes. Un voyage, des souvenirs emportés, une trace écrite et la richesse des rencontres… Anne, la co-fondatrice du projet, nous en dit plus sur l’expérience et ses retombées.

 

Quelques mots sur le concept de l’Usage du monde en Stan ?

 

Il y avait deux aspirations dans ce projet. Artiom Islamïlov, le kirghize de l’équipe, est fondateur du site Francekoul.com, un média qui aborde l’actualité de l’Asie centrale en Français. Par ce biais, il est venu étudier un an en France. Nous nous sommes rencontrés au sein du Secrétariat permanent international droits de l’homme et gouvernements locaux, la structure associative dans laquelle je travaillais. La structure organise le Forum mondial des Droits de l’Homme. Artiom avait surtout une envie de partager une culture et un savoir sur le Kirghizistan. De mon côté, c’est l’envie de bouger, de voyager et de découvrir cette destination insolite qui m’a décidé. Nous avons donc bénéficié du dispositif CLAP proposé par la ville de Nantes.

 

Le Clap ?

 

Clap signifie Comité local d’aide aux projets. Il en existe plusieurs types. L’objectif du Clap Collectif Europe et International est de favoriser la mobilité des jeunes au travers d’un projet associatif et collectif. Je pense que les responsables du dispositif ont été interpelés par la destination. En échange du soutien du Clap, nous devons organiser une restitution sur le territoire nantais. Cette restitution doit permettre de faire connaître le Kirghizistan ainsi que le Clap Collectif Europe et International aux jeunes.

 


Les chevaux disparaissent progressivement de la société kirghize

 

 

 

Quel type de restitution avez-vous adopté ?

 

Au départ, nous ne savions pas vraiment comment nous allions procéder. Nous avons donc décidé de récolter les impressions et réactions des jeunes nantais à propos du Kirghizistan. Le micro-trottoir obtenu a été assez révélateur. Nous avons commencé par des questions simples sur le nom de la capitale, la monnaie, les langues parlées… (réponses en fin d’interview :p ) Les réponses n’étant pas hyper constructives, nous avons donc tenté une autre approche. Il nous a donc semblé important de renseigner le public sur des questions culturelles, concrètes et simples. Nous avons également pris plusieurs contacts pour organiser une exposition photo. Mais rien n’est encore arrêté.

 

Quel matériel avez-vous récupéré sur place ?

 

Sur place, nous avons choisi plusieurs supports de restitutions. Nous avons mené une dizaine d’interviews de responsables de structures coopératives touristiques, de chasseurs à l’aigle, de villageoises qui confectionnent des tapis en feutre…

 

Mais ce n’est pas tout. Nous avons également rencontré des jeunes, en majorité des filles, qui nous ont parlé de leur quotidien. L’une d’entre elles, parfaitement francophone et jeune juriste, nous a expliqué son histoire et ses projets de départ vers le Soudan. Une autre nous a parlé de l’importance de la pratique de l’anglais pour développer le tourisme local. Une dernière nous a fait partager sa joie d’être intégrée dans la plus prestigieuse université d’Asie centrale. Grande surprise, nous avons également rencontré par hasard, Jacqueline Ripart, une grande spécialiste du monde équin qui travaille depuis 15 ans sur la disparition des chevaux dans la société kirghize.

 

Outre ces interview, nous avons également réalisé de nombreux enregistrements sonores afin des restituer l’ambiance et la vie locale. Les photos, bien entendu, sont légion dans notre matériel et la restitution ne devrait pas tarder à paraître. Elle comprendra une série d’articles thématiques ainsi que des émissions réalisées en partenariat avec Euradio Nantes.

 

Le fameux chasseur à l’aigle évoqué par Anne

 

Un dernier mot ?

 

Le point très positif de l’expérience était de partir avec Artiom. Il a joué le rôle de guide et d’initiateur au sein de la société kirghize. Le séjour a été d’une grande richesse. Nous avons même pu réaliser des interviews en français, anglais, russe et kirghize. Après, il ne faut pas que cela freine des jeunes qui auraient envie de partir seuls, sans guide local. C’est une tout autre expérience. Mais c’est une belle expérience.

 

Passionnés ? Interloqués ? Tout simplement curieux ? Ne passez pas à côté de l’occasion de découvrir l’Usage du monde en Stan sur la page facebook du projet. Et pour suivre l’actualité de l’Asie centrale, rien ne vaut un petit tour sur Francekoul

 

Pour la petite histoire… Le Kirghizistan est peuplé de 5,5 millions de personnes parlant Kirghize et Russe. Indépendant depuis 1991 et l’effondrement de l’Union Soviétique, le pays a pour capitale Bichkek et s’étend sur 198 500 km2 (presque entièrement composés des paysages magnifiques que vous apercevez sur la photo de Une).

 

Crédit photo : Vue sur le petit village de Tach-Rabat, Kirghizistan @L’usage du monde en Stan

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