Accueil des étudiants internationaux, culture, citoyenneté… Nombre d’associations s’investissent pour faire découvrir l’Europe, ses problématiques et ses richesses, aux étudiants. Comment aller au delà des idées reçues sur l’UE ? Comment se projeter dans une dimension transnationale pour mener à bien un projet ? Quel sens donner à la citoyenneté européenne ? Des étudiants français et européens ont choisi l’action pour tenter de répondre à ces questions.

 

A découvrir dans ce dossier : 

 

>> Citoyenneté européenne, des assos et des enjeux

>> Bienvenue dans la galaxie ESN France

>> L’Europe, au delà des questions politiques

>> Interview croisée : Le Parlement Européen des Jeunes et les Jeunes Européens

>> « Rien de mieux qu’un étudiant pour en sensibiliser d’autres »

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Accueil des étudiants internationaux, culture, citoyenneté… Nombre d’associations s’investissent pour faire découvrir l’Europe, ses problématiques et ses richesses, aux étudiants. Comment aller au delà des idées reçues sur l’UE ? Comment se projeter dans une dimension transnationale pour mener à bien un projet ? Quel sens donner à la citoyenneté européenne ? Des étudiants français et européens ont choisi l’action pour tenter de répondre à ces questions.

 

Sensibiliser les étudiants aux questions européennes

 

S’incruster dans un groupe d’étudiants, leur tendre des flyers… et leur parler d’Europe… un plan que de nombreux associatifs ont déjà tenté de réaliser. Mais si l’accueil est généralement amical, l’atmosphère se rafraichit notablement à la vue du prospectus. Quoi ? L’Europe ? C’est qu’une invention politique ! Rien n’est fait pour nous ! Et puis ça m’intéresse pas.

 

Comment faire pour briser les barrières, faire comprendre à vos interlocuteurs que « l’Europe, ce n’est pas que ça », qu’ils y ont toute leur place ? Un challenge de taille pour les associations étudiantes. Mais un challenge qu’elles relèvent régulièrement. Qu’il s’agisse de structures directement concernées telles que le Parlement Européen des Jeunes, les Jeunes Européens, des équipes se mobilisant aux côtés des étudiants internationaux ou d’autres plus généralistes, toutes portent un même message : L’Europe peut être un terreau fertile pour nos projets.

 

 

 

 

Valoriser les projet et les cultures d’Europe

 

L’Union Européenne, ce sont 28 pays (et bientôt 29 avec la Croatie), 28 nationalités qui s’entrecroisent et autant de communautés étudiantes à découvrir. Si certaines structures telles que le Club Franco-Allemand de Clermont-Ferrand font figures d’ancêtres (elle existe depuis 1968), d’autres comme l’association des Etudiants Bulgares en France, à la faveur d’un élargissement de l’UE, vous ouvrent les portes de leur culture.

 

Autant de démarches associatives permettant aux esprits curieux de découvrir l’originalité d’une culture, une langue, des traditions et (surtout) la vivacité de la jeunesse locale. Entre événement festifs, conférences, expositions et sensibilisations, elles vous proposent d’aller plus loin que les vagues idées que l’on se fait d’un pays et de ses habitants.

 

 

 

Penser l’Europe au delà des données politiques

 

Mais l’Europe, ce n’est pas que Schengen, Maastricht, Bruxelles et Strasbourg. L’Europe, c’est également une multitude de projets transnationaux. Culture, environnement, lutte contre les discriminations… Des associations étudiantes dialoguent et s’investissent de part et d’autre de l’Union.

 

Toulouse-Bonn, Europe&Co ou Fla’Kulture en sont de parfaits exemples. Loin de concevoir leurs projets, qu’il s’agisse de festivals culturels, d’études ou de médias, comme des démarches réduites à un seul pays, ces structures les ouvrent aux problématiques et aux richesses de l’Europe.

 

 

 

 

Instaurer un dialogue et un échange entre jeunes européens

 

Retour à ce petit groupe d’étudiants abordé plus tôt, devant leurs mines sceptiques et leurs commentaires peu enthousiastes, rien ne vaut la rencontre, l’échange et (parfois) la rigolade. C’est typiquement ce que propose un réseau comme ESN. Erasmus Student Network se déploie aux quatre coins de l’Europe et accompagne les étudiants en mobilité pour leur offrir une expérience riche.

 

Car au delà des fêtes d’étudiants Erasmus, c’est bel et bien l’enrichissement des étudiants par le dialogue qui prime. Rencontrer des étudiants locaux, découvrir leur univers et repartir avec ce bagage… La vraie richesse est là. Et ESN vous aide à le découvrir.

 

 

 

Pour aller plus loin : 

 

>> Participer à la journée de l’Europe

>> Organiser une soirée européenne (sans porter de cravate)

>> Mener une campagne pour l’inscription sur les listes électorales

>> Sensibiliser à la question européenne

 

Crédits photo : Détail d’une intervention artistique de Fla’Kultur dédiée à la diversité culturelle en Europe @Fla’Kultur

Et si l’Europe, sa richesse et ses profils, n’étaient pas qu’affaire de politique ? C’est la question posée par de nombreuses associations étudiantes. Loin des débats portant sur sa construction et la place des peuples en son sein, elles ne s’investissent pas moins en faveur d’une citoyenneté européenne.

 

Rencontrer, dialoguer et donner des clefs pour comprendre l’autre… A l’image de Duel Amical, une structure de Science Po Paris qui vise à instaurer un débat constructif entre les peuples, des associations s’engagent sur la voie du dialogue. L’équipe d’Akos Bence Gat a notamment mis en place une plateforme web opposant des articles et des arguments contradictoires consacrés à un thème commun. Nationalisme en Grèce, chômage galopant en Hongrie ou risques écologiques en Pologne, tous les sujets sont évoqués. Pour Bence, la démarche de Duel Amical est centrée sur les notions de respect et d’écoute : « Il s’agit de favoriser le dialogue et la compréhension entre européens. Il est toujours intéressant de cerner la mentalité d’une population en lisant les articles de ses ressortissants ». Du respect à l’entente, il n’y a qu’un pas. Un pas qu’a franchi Toulouse-Bonn. Créée en 1976, elle promeut l’échange scientifique et culturel entre les étudiants français et allemands. Outre sa participation au festival européen Univers’Scène, elle organise des événements sur le campus du Mirail, s’engage dans un cycle d’échanges avec l’Université de Bonn et contribue à l’organisation des Journées Franco-Allemandes dans le sud-ouest.

 

Quelle place pour les médias étudiants ?

 

En France comme ailleurs, de nombreuses rédactions s’affairent autour d’une actualité dense et variée. Et parmi ces structures, certaines ont décidé de dédier leur éditorial à l’Europe. Une Europe plurielle synonyme de culture, de vie étudiante, d’écologie et d’engagements divers… Europa, un magazine qui parle d’Europe « en long en large et de travers », propose une revue d’actualité culturelle et européenne. Festivals, jumelages, happening et autres forums citoyens, rien n’échappe à la rédaction. Autre concept, le réseau Radio Campus France investit chaque mois le Parlement Européen de Strasbourg. Par l’intermédiaire de l’équipe de Radio Campus Dijon, il propose aux auditeurs d’approfondir les questions évoquées lors des séances des euro-députés tout en sensibilisant les stagiaires présents aux questions de citoyenneté. La dernière édition diffusée le 20 novembre est notamment revenue sur le cas de la NSA, le Parti pirate et le programme « Europe pour les citoyens ». Quant à Café Babel, il prône une vision éclatée, éparpillée et s’appuie sur une communauté de correspondant bien implantés dans les pays européens.

 

La culture comme carte de visite

 

Mais personne ne pourra jamais obliger les jeunes à ouvrir un magazine ou pousser le bouton de sa radio. Alors que fait-on ? Rien ? Sûrement pas ! Des structures se mobilisent dans les domaines artistiques et culturels ; des voies d’expression loin d’être incompatibles avec les thématiques européennes. Association nantaise, Kalidoscopio a fait le constat que malgré la proximité de ces pays avec la France, ce sont le plus souvent les stéréotypes qui arrivaient à passer la frontière. Dans ce contexte, elle est partie en campagne à travers l’Europe. Une démarche transversale qui l’a conduite à aborder la dé-construction de la féminité dans l’Union. Autre exemple marquant : Fla Kulture est partie faire un tour des cultures alternatives du vieux continent. Entre rencontres et formations, l’association dresse le portrait d’une Europe chamarrée et curieuse. Dans la galaxie des projets culturels, les productions audiovisuelles se prêtent volontiers aux joutes européennes. Europe&co organise depuis 2010 un festival annuel de court-métrages dédié à l’Europe. Y figurent des productions venues de toute l’Union.

 

Communautaires ET européennes 

 

Associations d’accueil des étudiants internationaux et représentantes de communautés nationales au sein d’un campus, certaines structures mènent également un tout autre projet : celui de présenter, valoriser et expliquer l’Europe. La Strada, une association d’étudiants franco-italiens de Sciences Po Paris, organise régulièrement des rencontres pour évoquer l’actualité de Paris et Rome sans oublier de parler de l’Union européenne. Une démarche qu’elle prolonge par la publication de nombreux articles thématiques. Quelques centaines de kilomètres plus au sud, le Club Franco-Allemand de Clermont-Ferrand fait vivre l’alliance qui fut à l’origine de la construction européenne et entretient des liens solides avec des universités allemandes. A Strasbourg, terre européenne par excellence, ce sont les étudiants Portugais qui prolongent le débat et organise des rendez-vous thématiques. 

 

 

Pour aller plus loin : 

 

>> Duel Amical : http://duelamical.eu/fr

>> Toulouse-Bonn : http://www.univ-tlse2.fr/accueil/vie-des-campus/vie-etudiante/associations/association-toulouse-bonn-6469.kjsp

>> Journal Europa : http://www.journaleuropa.info/

>> Radio Campus France : http://www.radiocampus.fr/

>> Café Babel : http://www.cafebabel.fr/

>> Kalidoscopio : http://kalidoscopio.org/

>> Fla’Kultur : http://www.fla-kultur.org/

>> Europe&Co : http://www.europeandco.eu/

>> Club Franco-Allemand de Clermont-Ferrand : https://www.facebook.com/club.franco.allemand

>> La Strada : http://lastradascpo.wordpress.com/

>> Amicale des étudiants lusophones : http://chama.u-strasbg.fr/

 

Crédits photo : Session Radio Campus en direct du Parlement Européen de Strasbourg. @Radio Campus

Présent dans 23 villes et rassemblant 7500 adhérents répartis dans plus de 27 sections locales, ESN France propose chaque année des services aux étudiants internationaux. Des chiffres qui peuvent paraître astronomiques mais qui fixent avant tout la dimension de l’engagement et de la mobilisation du réseau. Valentin Dupouey, son président, vous emmène faire un tour au coeur de la Galaxie ESN France.

 

Appartenant au réseau International Erasmus Student Network, ESN France rassemble 27 associations dans 23 villes. Outre l’accueil des étudiants internationaux et l’enrichissement de leur séjour en France, il se mobilise pour sensibiliser les étudiants français aux questions de mobilité internationale. Mais avant d’évoquer les engagements de la structure, Valentin Dupouey, son président, préfère évoquer la myriade de projets portés par les antennes locales. « Concrètement, nous organisons beaucoup de choses. De l’accueil des étudiants à la gestion de leur parcours administratif en passant par l’édition de guides de survie et l’organisation de temps de rencontre, il y a fort à faire », assure-t-il avant de tempérer en précisant que tout est une question de budget. « Le réseau compte des entités très différentes. Aix-en-Provence fonctionne avec 6000 euros tandis que Nancy mène ses activités avec près de 100 000 euros. »

 

La mobilité, ferment de la citoyenneté européenne ?

 

Le programme Erasmus étant centré sur une expérience universitaire permettant aux étudiants d’effectuer un séjour d’étude dans un pays étranger, il semblait important pour ESN de faire un pas de côté. Le réseau propose ainsi aux étudiants d’élargir leurs horizons, d’aller à la rencontre des populations locales, d’échanger et de tenter de comprendre leur réalité. « Nous essayons vraiment d’enrichir les temps informels. Par les rencontres, l’accès à de nouvelles compétences, l’étudiant se rend compte qu’il a beaucoup à partager avec les populations locales ». Objectif primordial pour ESN et ses antennes, chacun, au sein de la structure, tente de faire comprendre aux étudiants que toutes les envies, les ambitions et les cultures, résultent d’un langage universel.

 

Quelle place pour les associations étudiantes ?

 

Pour Valentin, la place des associations étudiantes dans la thématique de la citoyenneté européenne est prépondérante. Face au nombre important d’acteurs institutionnels, de comités et d’organes ministériels, les associations étudiantes apportent une expertise et un retour concret d’expérience. Elles font également remonter les informations du terrain. « Nous allons vers les citoyens et les futurs étudiants pour leur parler concrètement d’Europe. Ne serait-ce que pour leur dire qu’il y a des choses concrètes à aller chercher en Europe. » Tout est affaire de partage et de rencontre. L’approche d’ESN est directe et conviviale. L’heure n’étant pas aux discours pompeux, c’est sur l’axe de la dédramatisation que l’association opère… avec succès.

 

Du 21 au 23 février 2014, ESN France organise ses rencontres nationales à Toulouse. L’occasion de rassembler une centaine de membres du réseau et d’échanger sur les projets et grands événements à venir.

 

Pour aller plus loin :

 

>> http://www.ixesn.fr/

 

Crédits photo : Photo finale de l’Assemblée Générale d’ESN Internationale en 2013 @ESN 

Tous deux mobilisés autour des questions de citoyenneté européenne, le Parlement Européen des Jeunes et les Jeunes européens de France n’en nourrissent pas moins des visions différentes sur la construction de l’Union et la place des états en son sein. Chloé Fabre et Victor Mouchet, respectivement présidente des J-E et chargé de mission au PEJ nous en disent plus sur l’action et la philosophie de leurs structures.

 

Quelques mots sur vos associations ?

 

Chloé : Les Jeunes Européens de France ont été créé en 1992, au moment de la signature du traité de Maastricht. C’est une association transpartisane qui porte une vision politique et des aspirations sur le futur de l’Europe. Nous sommes fédéralistes car nous voulons créer une Europe dans laquelle les citoyens auraient une place centrale dans les organes de décisions. Ces choix citoyens doivent influer sur la mise en place des lois. Un modèle radicalement différent du système actuel ou ce sont les moyens financiers des états membres qui font pencher la balance. Nous faisons également partie de l’équivalent européen des Jeunes Européens France. Ce qui nous permet d’échanger et de travailler concrètement.

 

Victor : Le Parlement Européen des Jeunes est une association non partisane qui vise à promouvoir la citoyenneté européenne. Notre princpal rôle est de montrer aux gens comment fonctionne l’Union Européenne. Dans ce cadre, nous nous sommes spécialisés dans la simulation de sessions parlementaires. Nous sommes également une association d’éducation populaire. Nous souhaitons partager avec le plus grand nombre nos valeurs et les connaissances inhérentes à l’Europe. Par ailleurs, nous défendons la diversité au sein de nos instances et nos publics. Et ça marche. A chaque session, les gens repartent ravis et, surtout, bien informés.

 

Que proposent vos structures sur le terrain ?

 

Chloé : Nous disposons de 23 sections locales gérées par 1000 adhérents et qui organisent, chacune de leur côté, un événement par semaine. Notre action se développe sur deux axes. Dans un premier temps, nous organisons des campagnes de sensibilisation aux questions européennes pour que les citoyens puissent faire leur choix en connaissance de cause. Dans ce cadre, nous menons le programme « l’Europe à l’école » pour lequel nous intervenons dans des établissements scolaires en compagnie d’un étudiant international. C’est un temps très informel qui nous permet de discuter avec les élèves sur des questions simples et leur vision des choses. C’est un temps fort qui nous permet de rencontrer 5000 jeunes par an. Nous rédigeons également le Taurillon, un webzine politique permettant aux membres de la structure, mais également des personnalités et des citoyens de s’exprimer sur leur vision de l’Europe. Dans ce cadre, nous portons également des positions politiques au sein d’une commission. Une commission qui a notamment généré 22 propositions pour l’Europe qui résument notre souhait et nos aspirations pour l’Union.

 

Victor : Depuis plusieurs années, nous nous sommes spécialisés dans l’organisation de simulations de sessions parlementaires. Durant un, deux ou huit jours, nous réunissons des citoyens et les mettons dans les conditions d’une vraie session. Le tout avec la formation de commissions, le travail en interne, la définition de résolutions et la défense de ces résolutions en assemblées plénières. Dans notre démarche, nous souhaitons surtout valoriser l’aspect humain et démocratique de l’exercice, le respect mutuel. La citoyenneté, ce n’est pas qu’un vote. C’est également une capacité d’écoute et de consensus.

 

Quelle vision de la citoyenneté européenne défendent vos structures ?

 

Chloé : De notre côté, nous défendons une citoyenneté résolument active. Nous ne voulons pas d’un rapport passif où les européens se contenteraient de réclamer leurs droits. Nous devons être acteurs et responsables dans le développement de la collectivité. C’est à nous, citoyens, de soulever le débat. C’est ce que nous essayons de faire, au sein des Jeunes Européens. Lorsque nous rencontrons des jeunes dans le programme « l’Europe à l’école », quand nous intervenons dans l’espace public ou quand nous diffusons le Taurillon, nous voulons faire comprendre au public qu’il doit s’investir dans sa citoyenneté et rester vigilent. Voter, c’est bien. Mais ce n’est pas une fin en soi.

 

Victor : Nous défendons le principe d’une citoyenneté liée à la démocratie et la compréhension de l’avis de chacun. Le vivre ensemble est très important. A l’échelle d’un quartier ou d’une ville, on se rend compte que le débat n’est pas aisé. Du coup, à l’échelle européenne, c’est encore pire. Notre action doit permettre aux gens de prendre conscience que la citoyenneté européenne est synonyme de richesse culturelle, philosophique et politique.

 

Quelle place pour les associations étudiantes dans l’expression de cette citoyenneté ?

 

Chloé : Le rôle d’une association est fondamental. Si nous sommes dispersés, personne ne nous entendra. En revanche, la constitution d’une association donne un poids politique, un écho et permet également de diviser la charge du travail. Chacun ses compétences, ses rêves et ses envies. Et le rôle d’une association étudiante est encore plus fondamental. Je pense que nous jouons un rôle dans la formation des jeunes citoyens. C’est une très bonne école de la vie ainsi qu’un vrai porte-voix pour nos idées.

 

Victor : Elle n’est pas assez grande. Il y a de nombreuses associations investies dans le champ de la citoyenneté européenne. Mais on ne les entend pas. Il me semble d’ailleurs qu’à l’échelle des institutions européennes, les associations communiquent énormément mais les médias ne relaient rien. On commence à se rendre doucement compte que l’Europe est une perspective d’avenir et qu’il est important d’être européen. Ce sentiment est bien plus fort aujourd’hui qu’à l’époque de nos parents. Le programme Erasmus en est la preuve.

 

Des projets à venir ?

 

Chloé : Nous sommes plongés dans les élections européennes. Nous voulons augmenter la participation des citoyens et notamment des jeunes citoyens. Pour les amener vers les isoloirs, nous organisons les Villages Européens de la Jeunesse à partir de janvier 2014, dans 20 villes Françaises. Tous les week-end, nous allons organiser un village associatif permettant à des structures variées de présenter leurs actions et attirer des publics différents pour leur parler des élections, de l’Europe et de la citoyenneté. Un échange festif et concret.

 

Victor : Je prépare l’organisation d’un forum international devant se dérouler à Caen du 27 mai au 8 juin 2014. Il s’agira d’un temps de rencontre organisé pour les 70 ans du débarquement. 300 personnes sont attendues. Il y aura notamment des délégations de tous les pays européens ainsi que des alliés. Nous y associons le Mémorial de Caen, l’Université de Caen et le journal Ouest France. Nous voulons vraiment centrer ce projet sur le passage de la mémoire à l’histoire dans la mesure où les derniers témoins de l’époque disparaissent au fur et à mesure. C’est vraiment le seul moment des commémorations où les jeunes auront de la place pour parler de l’avenir de l’Europe.

 

Un dernier mot ?

 

Chloé : Le coeur de notre action est simple et se résume ainsi : L’Europe, c’est toi. L’Union, c’est nous. C’est à nous, citoyens, de nous engager pour créer l’Europe de demain.

 

Victor : L’Europe est grande. Il y a de la place pour tout le monde !  

 

Pour aller plus loin : 

 

>> Le Parlement Européen des Jeunes http://www.pejfrance.org/

>> Les Jeunes Européens http://www.jeunes-europeens.org/

 

Crédits photo : Détail d’un atelier organisé par les Jeunes Européens @Jeunes Européens

Au coeur du campus du Capitole, le Service des relations internationales et européennes de l’Université Toulouse 1 applique la politique de son établissement. Une politique volontairement tournée vers l’Europe. Claudine Chambert, sa responsable, nous en dit plus.

 

Quelques mots sur l’activité de votre service ?

 

Le service des relations européennes et internationale rassemble une dizaine de personnes. Il se mobilise sur deux pôles d’activité. Pour la mobilité étudiante entrante, nous avons créé un guichet unique qui accueille les étudiants à titre individuel ou dans le cadre d’un échange. C’est un cas assez unique en France. Outre l’accompagnement administratif, nous nous occupons des questions de logement. Ce sont, de très loin, les questions les plus importantes. C’est toujours très compliqué de faire face aux demandes des étudiants internationaux sur ce point. Concernant la mobilité sortante, nous essayons de développer au maximum les voyages d’études. Nous organisons des forums et des réunions d’information pour y arriver. Par ailleurs, l’université mettra bientôt en place un système de Toul’Box, une boîte à outils adaptée aux besoins de chacun comportant des services gratuits, un accompagnement…

 

Quelle place pour une université telle que Toulouse 1 dans l’Union Européenne ?

 

C’est un grand tout. Toulouse 1 se revendique comme étant une université européenne. Dans le sens où nous accueillons des étudiants européens, sensibilisons nos étudiants à l’Europe et la mobilité en Europe. Par ailleurs, Toulouse 1 étant une fac de droit, nous avons développé un Institut Européen du Droit. Il gère tous nos doubles diplômes et cultive l’esprit d’une véritable identité européenne au sein de notre établissement. Nous avons vraiment essayé d’amener les étudiants à participer à des projets européens à Toulouse sur la base du bénévolat. Et ça marche. Nous avons toujours beaucoup de volontaires !

 

Quelle est la place des associations dans cette sensibilisation aux questions européennes ?

 

Je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’un étudiant pour en sensibiliser d’autres. Le discours passe toujours beaucoup mieux. Il est plus souple. En tout cas beaucoup plus que lorsqu’il émane des administratifs. Même s’ils y mettent tout leur coeur. Des associations organisent régulièrement des manifestations pour parler d’Europe. Aujourd’hui-même, la SPECQUE, Aser-ESN et les Jeunes Européens organisent un événement au coeur du campus du Capitol. A l’échelle du service, nous essayons vraiment de les soutenir car nous sommes persuadés que leur démarche aura beaucoup plus de force que la nôtre. J’aime beaucoup coopérer avec les associations étudiantes. Le résultat est généralement très probant. Dans l’absolu, personne ne devrait travailler sur ses questions de son côté.

 

Si un point devait être renforcé au sein de votre démarche ?

 

Pour européaniser un établissement, tous ses acteurs devraient être sollicités et impliqués dans les manifestations et les réunions. Ce n’est pas encore le cas. Les étudiants montent des projets, participent à d’autres. Les enseignants ont de multiples occasions de donner des cours dans des universités de l’Union. Mais les administratifs sont moins concernés. L’an dernier, nous avions organisé un déplacement d’administratifs impliqués dans la mise en place d’un double diplôme à Barcelone. Ils ont pu rencontrer leurs homologues européens et échanger sur leurs modes de fonctionnement. Pour les échanges de bonnes pratiques, ce déplacement a été très fructueux.

 

Un dernier mot ?

 

Les doubles diplômes en droit mis en place au sein de l’université nous a permis de travailler avec l’ensemble des professionnels du droit de Toulouse, qu’il s’agisse d’avocats, d’huissiers ou de notaires… Nous avons également demandé aux étudiants du Master de droit européen de faire une étude sur son application en France et en Espagne. Il a germé l’idée de travailler de manière horizontale. Les professionnels ayant des contacts réguliers avec leurs homologues européens, aucun rendez-vous transversal ne leur était proposé. C’est ainsi qu’est née « Toulouse, Cité Européenne du Droit », un événement qui réunit les professionnels de Toulouse. Notre but est de convaincre d’autres villes de tenter l’expérience pour organiser des conférences annuelles. Le tout pour que les professionnels fassent remonter des propositions à la Commission Européenne sur le droit européen.   

 

Pour aller plus loin :

 

>> www.ut-capitole.fr/universite/gouvernance/services-administratifs-et-techniques/service-commun-des-relations-europeennes-et-internationales-42808.kjsp

 

Crédits photo : Rencontre européenne, Claudine Chambert (à droite)

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