En septembre 1997, alors que je suis au volant d’un tracteur, je bascule dans un ravin… Deux tonneaux après, je suis éjecté. Il me faudra plusieurs jours de coma provoqué et une transfusion sanguine pour réparer mes poumons, qui ont explosé sous le choc… L’année suivante, je commence à faire du vélo pour retrouver mes capacités respiratoires laissées dans le ravin. C’est le début d’une longue remise en forme, ponctuée par des petits périples à vélo, dans le Massif Central notamment. En 2003, je pars affronter les cols des Alpes avec mon meilleur ami Fabien, qui me suivra en moto. De là est né une plus grande aventure, celle des  » Voyageurs au grand Cœur  » !

Nous avons créé cette association en 2004. Notre but, promouvoir le don du sang et le respect des deux roues sur la route. Pour cela, nous effectuerons un premier périple de 5400 km en Europe, en août et septembre 2004. Fabien en moto, moi à vélo, nous aiderons à collecter plus de 100 litres de sang à travers 10 pays européens, bien aidés par les Rotary Club. Ce premier périple des Voyageurs au grand Cœur est une parfaite réussite. Une magnifique aventure faisant la promotion du don de sang à travers les frontières, à la force des mollets ! Un périple qui nous vaudra l’occasion d’être introduit dans le livre des records (Edition Michel Laffont, 2006, p 232). De ce tour est né un livre et un DVD, mais aussi la certitude que oui, le vélo est bien le meilleur moyen de locomotion et de communication que l’on puisse trouver. Voyager à vitesse humaine, découvrir les gens et les paysages avec la sueur de ses efforts, boire une petite gnole locale, récompense bien méritée d’une longue et difficile étape ! Le sourire des gens, les encouragements, les réconforts, les soutiens… Chose que vous n’avez pas autrement que par le vélo…

Le vélo est un fabuleux moyen de locomotion de découverte, d’échange. Le meilleur ami de l’homme dans ses déplacements ! C’est pour cela que lors de mon déplacement en Nouvelle Zélande, il me fallait découvrir ce pays à vélo ! Ainsi, du 2 septembre au 12 octobre 2005, dès la fin de mon stage (en DESS tourisme), je suis parti sur les routes pour découvrir ce magnifique pays du bout du monde, toujours pour l’association  » Les Voyageurs au grand Cœur « . Un périple de 2750 kilomètres, effectué en étroite relation avec la banque de sang locale. Ces derniers ont fait appel à une agence de communication pour promouvoir ce nouveau périple. Un français venu à vélo demander aux Kiwis de donner leur sang ! Il en résultera une communication nationale, avec plus de 30 interviews tout au long du parcours. Lors d’une étape, alors que je roulais au milieu de nul part, je me fait interpeller par un groupe de cyclotouristes armés d’appareils photos :  » Vous êtes l’homme de sang ?  » Trois jours plus tard, c’est une voiture de la banque de sang qui me suivra sur 70 kilomètres avec un énorme panneau rouge où était écrit en grosses lettres  » Julien Leblay, roulant pour le don de sang « .

Le message est très bien passé. De nombreuses personnes se sont déplacées lors des cinq collectes de sang organisées pour l’occasion. Derrière mon vélo flottait, au grès des vents violents, un drapeau signé par les donneurs de sang. Il reviendra au port d’Auckland noir de signatures ! A chaque étape, j’ai été accueilli d’une manière fabuleuse, ce qui me vaudra la chance de ne pas devoir planter trop souvent ma tente sur le sol parfois détrempé des campings, trop arrosés par des journées fort pluvieuses. Sur la route, ce sont des volées d’encouragements que je recevais, des coups de klaxons chaleureux, des gestes de la main stimulants. Sans hésitation, l’accueil que m’ont fait les néo-zélandais dans leur pays a été au delà de ce que je pouvais imaginer, bien différent de celui qu’on avait reçu de la France lors de notre Tour d’Europe de l’an passé…

Mais la communication s’est également faite en France, grâce au site Internet http://voyage-grand-coeur.org que j’actualisais chaque soir avec récits et photos. Ainsi, jusqu’à 140 personnes se connectaient chaque jour pour suivre ce périple, étape après étape, collecte de sang après collecte de sang. Ce fut le cas de deux classes du collège Albert Camus à Clermont-Ferrand. Ils suivirent ce Tour pas à pas pour écrire un carnet de voyage de ce qu’ils avaient vu à travers ce site. Un magnifique moyen de voyager pour ces enfants.
Pour parler de la Nouvelle Zélande en elle même, j’ai été séduit. Séduit par un vert lumineux, contrastant souvent avec un bleu parfait du ciel ou de l’océan. Séduit aussi par les animaux : des milliers de brebis, des dauphins, des oiseaux (parfois un peu trop agressifs d’ailleurs…). Mais aussi très déçu par leur conscience environnementale peu développée. Mes yeux se sont portés de trop nombreuses fois sur des déchets jetés en bord de route… Physiquement, ce périple a été très dur. Alors qu’en Europe (sans chargement), je pédalais parfois jusqu’à 282 km par jour, en Nouvelle Zélande (avec 25 kilos de bagages), la plus grosse étape était de 150 kilomètres. Ce pays est vallonné, pluvieux (mais la peau est étanche, alors pas de problème !) et très venté (je tomberai de vélo un jour de vent de face à 100km/h…)

Ce périple en Nouvelle Zélande a donc été une merveilleuse expérience, tant sur le plan de la solidarité, de l’échange, de la communication, mais aussi de la découverte. L’aventure continue avec l’écriture d’un livre (le deuxième des Voyageurs au grand Cœur !) et la participation à des festivals et conférences en France. Enfin, cela m’aura permis de donner pour la première fois de ma vie mon sang. Ancien transfusé, je suis interdit de don en France. Ce n’est pas le cas en Nouvelle Zélande, où la loi est un peu différente. C’est le lendemain de la fin du tour que j’irai donner mon sang, le sourire jusqu’aux oreilles. J’ai enfin pu donner mon sang et dire  » je l’ai fait, pourquoi pas vous ?

 

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