François Taddei s’exprime sur le droit à la césure

Cécile Van de Velde (sociologue), François Chérèque (président de l’Agence du Service civique) et François Taddei (directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires) soutiennent notre campagne pour un droit à l’année de césure. Ils expliquent pourquoi.

 

taddei site

 

À la tête du Centre de Recherches Interdisciplinaires, François Taddei initie depuis 2005 des projets novateurs en matière d’éducation et d’interdisciplinarité.

 

« Plus on prend du temps pour s’interroger sur ce que l’on veut faire à différents moments de sa vie, mieux c’est. »

Pouvez-vous nous dire deux mots sur le Centre de Recherches Interdisciplinaires dont vous êtes le directeur ?

Au delà d’un espace de recherche sur les différentes formes de pédagogies, le CRI est un lieu qui a été crée pour aider les étudiants à développer leurs propres projets. C’est pour cela que je suis très proche d’acteurs qui souhaitent, comme Animafac, encourager les étudiants à mener des projets originaux.

Comment pourriez-vous expliquer que les trajectoires non linéaires soient aussi peu valorisées en France ?

À l’étranger, beaucoup d’étudiants montent des projets personnels qui les aident à mieux se comprendre et mieux connaitre leurs motivations et donc in fine à mieux s’engager. En France, on a tendance à penser que plus on va vite dans ses études plus on peut démontrer qu’on sait vraiment ce qu’on veut faire. C’est plus de l’ordre de l’illusion et du paraître. Cette linéarité mène à des déconvenues, certains étudiants finissent leurs études et se rendent compte que finalement ce n’est pas ce qu’ils voulaient faire. Je pense que plus on prend du temps pour s’interroger sur ce que l’on veut faire à différents moments de sa vie, mieux c’est.

« La césure permet de développer d’autres qualités que des qualités purement académiques : la capacité à s’engager, à aller vers les autres. Fondamentalement, ça aide à se découvrir soi-même. »

Quel est pour vous l’intérêt d’une année de césure dans le parcours d’un étudiant ?

Je côtoie un certain nombre d’étudiants qui ont fait des années de césure et quand on les voit à leur retour, ce sont des personnes qui ont beaucoup plus de maturité. Ces étudiants savent pourquoi ils sont revenus, ils ne sont plus là par défaut mais par choix. Parce qu’ils ont pris le temps de s’interroger sur ce qui les motivait profondément. Quel que soit le projet qu’on mène en année de césure, c’est généralement très riche.

Cette pause permet de développer d’autres qualités que des qualités purement académiques : la capacité à s’engager, à aller vers les autres, ou encore à travailler dans un projet collectif. Fondamentalement, cela aide à se découvrir soi-même. Donc quand les étudiants reprennent leurs études après, ils sont beaucoup plus motivés, ils savent pourquoi ils sont là.

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