Pour « une appropriation civique et populaire de l’Europe », Animafac invitait les associations étudiantes à Strasbourg avec des ONG européennes, le collectif d’associations Civisme et Démocratie et la Ligue de l’Enseignement les 16 et 17 décembre 2005 à Strasbourg. Journal de bord de l’événement.

 

Vendredi, 16 décembre, 10h du matin. Après une heure d’attente dans le froid matinal de la place de la République, départ du car de Paris à Strasbourg, rempli d’associatifs étudiants. Le long voyage pluvieux donne l’occasion d’échanger des idées et faire connaissance avec les différentes associations : un tour de table s’improvise au fond du car. Pendant ce temps-là, une vingtaine de représentants d’associations étudiantes partent de province en train : Nantes, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Nancy, Perpignan, Aix en Provence, Avignon sont au rendez-vous. Objectif commun : participer activement aux journées européennes de Strasbourg, organisées par le collectif d’associations CIDEM (Civisme et Démocratie), La Ligue de l’Enseignement et Animafac.

Vendredi, 16 décembre, 18h à 20h. Débat entre des représentants de la Ligue de l’Enseignement et d’Animafac sur le rôle des associations françaises en Europe et la construction européenne. Premiers pas à Strasbourg pour beaucoup, les étudiants arrivent dans une salle chaleureuse qui accueillera leurs questionnements . La rencontre intergénérationnelle et la diversité des points de vue terminent de réchauffer l’atmosphère.

André Jourdes, vice-président de la Ligue de l’enseignement délégué à l’international, ouvre le bal en faisant le point sur le développement européen. Suite au rejet du Traité Constitutionnel Européen en France et aux Pays Bas et face aux difficultés de se mettre d’accord sur un projet européen commun, l’Europe est en panne. Un constat révélateur d’une situation dangereuse, de repli sur soi, où chacun agit dans son pays sans prendre en compte la nécessité d’une dimension européenne. D’où l’importance de renforcer le rôle de la société civile en Europe.

Nadia Bellaoui, déléguée générale d’Animafac, prend le relais en expliquant que pour les étudiants, cette  » génération auberge espagnole  » europhile, la question de l’Europe ne se pose plus, elle est une évidence, leur vie quotidienne. La paix semble acquise éternellement. S’ajoutent des séjours d’études à l’étranger (ERASMUS), même si seulement 15% des étudiants sont inscrits dans des programmes de mobilité européenne, la libre circulation entre les pays européens, la monnaie commune, l’harmonisation des diplômes universitaires (LMD). Au-delà même des frontières des 25, une valeur forte pour les étudiants est celle de la diversité culturelle. Par contre, un nombre considérable des jeunes citoyens européens sont distants par rapport aux institutions européennes, situation comparable à leur distance face aux institutions de leurs pays respectifs.

David Lopez, responsable Europe de la Ligue de l’Enseignement, termine cette introduction en posant les bases d’une réponse politique concrète à la question de la construction européenne. Faire vivre la citoyenneté européenne en organisant des rencontres, donner un maximum d’informations et d’outils sur les dispositifs européens de soutien aux initiatives, favoriser l’engagement des jeunes, et s’impliquer et animer des réseaux européens lui semblent être quatre chantiers prioritaires.

Le vif débat qui s’enchaîne par la suite donne aux associations étudiantes l’occasion de se présenter. Les thématiques suivantes ont été soulevées :
– Le budget des programmes de la Commission Européenne jugé trop faible pour les jeunes citoyens européens (Socrates, Leonardo, Programme Jeunesse)
– La participation des citoyens extracommunautaires dans la construction de l’Union Européenne
– Le rôle crucial des associations étudiantes dans l’intégration et l’accueil des étudiants étrangers en Europe (communautaire et extracommunautaire)
– La promotion d’une citoyenneté européenne, entendue d’ailleurs comme allant au-delà des nationalités, ciment d’une communauté politique ayant des valeurs communes.
– L’importance de communiquer l’Europe à tous les citoyens par contact direct avec les autres européens (p.ex. intervention d’étudiants étrangers dans les écoles)
– Le faible pourcentage (5%) que les étudiants ERASMUS représentent par rapport aux autres étudiants étrangers
– La difficulté d’expliquer à tous les citoyens la construction européenne, même à ceux qui ne sont pas engagés dans le milieu associatif
– Les valeurs communes partagées en Europe : démocratie, tolérance, droits de l’homme, acquis sociaux.
– La question de l’identité (a fortiori européenne), ne se résumant pas aux origines, mais s’attachant aussi à un projet de vie. La nécessite de se raconter les histoires nationales, culturelles, sociales, de nos différents pays ; les valeurs se transmettant à travers nos histoires.

Vendredi 16 décembre, 20h30. Repas convivial au restaurant alsacien traditionnel  » L’ancienne Douane « . Une choucroute pour tous les goûts, bien arrosée.

Samedi 17 décembre, 10h à 17h. Malgré le manque de sommeil après une soirée interculturelle intense, les participants ont réussi à se rendre de l’auberge de jeunesse au Conseil de l’Europe. Des ONG de l’Europe entière ainsi que des représentants d’Animafac et de la Ligue de l’Enseignement se sont retrouvés pour débattre autour d’un projet ambitieux : la création d’un réseau civique européen ainsi que pour définir  » le rôle des associations et des ONG dans la construction d’une Europe plus citoyenne « . Malgré l’absence de représentants des institutions européennes (Parlement, Commission), les associations présentes ont pu faire un état des lieux du dialogue civil en Europe. Des représentants du Conseil de l’Europe et du Comité Economique et Social Européen (CESE) ont expliqué leur rôle de pouvoir consultatif dans le cadre de la législation européenne. Par la suite, les thématiques suivantes ont été soulevées :
– Une Europe civique et populaire ne peut être construite sans une participation accrue de tous les pays de l’Union Européenne
– L’importance de la création d’un statut d’association européenne
– Le Plan D (Démocratie, Dialogue et Débat) lancé par la Commission Européenne en octobre 2005 pour combler le fossé entre citoyens et institutions européennes risque de tourner au Plan Démagogie et Déception s’il n’intègre pas les citoyens par la base.

Après un débat un peu trop diversifié et abstrait, les ONG européennes présentes se sont accordées sur la création d’un réseau civique européen avec les objectifs suivants :
– Créer un réseau civique européen souple et informel qui se rencontre annuellement
– Choisir des campagnes ciblées pour ne pas se disperser
– Avoir un esprit collectif et élargir au niveau des participants pour être plus représentatif
– Définir un projet commun pour l’Europe

Samedi, 17h. Globalement un retour positif de la part des différents participants.  » Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de temps d’échange pour faire connaissance avec les autres ONG et associations  » déplorent quelques associatifs étudiants. Retour en car sur Paris et départ échelonné des participants dans les différentes villes en province.

Un compte rendu détaillé et le texte final en vue d’une création d’un réseau civique européen seront publiés mi janvier 2006.

Associations étudiantes ayant participées aux Rencontres Européennes de Strasbourg :

Dévorateurs d’Espaces (Paris),  » Edition de la revue Urbaine qui récolte les impressions d’étudiants en urbanisme, architecture et paysage partis en ERASMUS aux quatre coins de l’Europe. « 
Café Babel (Paris) : cafebabel.com est le premier magazine européen d’actualité (6 langues, 11 pays).
Vision d’Europe (IEP Lille et Münster / Allemagne.) : Organisation de débats européens et de rencontres d’étudiants étrangers, Développement d’un réseau de  » Clubs Visions d’Europe  » dans plusieurs pays européens.
Parlement Européen des Jeunes (PEJ Paris / Aix en Provence), Organisation de sessions nationales et internationales durant lesquelles des lycéens de l’UE élaborent, débâtent et votent des lois qui seront transmises aux véritables parlementaires européens.
Equiterre (Paris / Bordeaux), Promotion du commerce équitable par l’éducation au développement et par la mise en place d’une boutique en ligne
Eurofil (Paris), Accueil des étudiants étrangers,
Genepi (Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées, Paris)
Global Youth Action Network (Paris), Réseau mondial d’associations de jeunes : Débats, Publications, actions de solidarité, Journée mondiale de l’engagement des jeunes, Rencontres interassociatives.
Rouage, association du DESS de chef de projets européens de l’Université Cergy Pontoise)
RESO (Réformistes et Solidaires de Paris, Toulouse, Dijon) :  » Regroupement de jeunes de Gauche, tous convaincus de la nécessité de se mobiliser pour faire reculer les inégalités et participer à l’élaboration d’un projet de société, réformiste et solidaire. « 
Sorbonne La Géorgie (Paris), Accueil des étudiants étrangers, actions humanitaires pour enfants handicapés et sans abri en Géorgie.
COLCREA (Association d’étudiants et créateurs colombiens en France, Paris) : Soutenir et encourager des initiatives à caractère social et humanitaire en France et en Colombie.
Droit pour la Justice (Strasbourg) : association de réflexions et d’actions en faveur d’une  » citoyenneté par l’éducation  » et d’une pédagogie du civisme et de l’esprit démocratique.
Associations des étudiants de Moldavie en France (Paris) : Accueil des étudiants étrangers.
Association des Etudiants Burkinabés de France (Paris), accueil des étudiants étrangers, Soutenir et encourager des initiatives à caractère social et humanitaire en France et au Burkina.
COM’Inn, Bureau des Etudiants de l’IUP Lyon 3, Accueil des étudiants étrangers
SCIPOL (Association des étudiants de Science Politique de l’Université Jean Moulin Lyon 3), actions : Journées d’intégration, Forum des associations, Forum sur l’Insertion professionnelle
Association Des Étudiants Tamouls De France Paris, But : Intégration des populations Tamoules en France
Europa Production Nantes, Publication du journal gratuit Europa tiré tous les deux mois, s’appuyant sur un réseau de correspondants de tous les pays d’Europe.
Association des Etats Généraux des Etudiants d’Europe (Paris / Perpignan), ONG présent dans l’Europe entière, Champ d’action principal : Accueil des étudiants étrangers
Lato Sensu Villeurbanne, Actions humanitaires en France et à l’étranger.
Club International des Jeunes de Paris : Organisation d’événements culturels pour favoriser l’échange entre les étudiants étrangers et français
Erasmus Student Network (Nancy, Toulouse). Accueil des étudiants étrangers (ERASMUs) à travers l’organisation d’événements culturels et conviviaux.
Europe Etudiant France (Montpellier) : Mise en œuvre de programmes de mobilité étudiante, tel que le programme EUROSTAGES, un programme d’accueil des étudiants étrangers, ainsi qu’un programme de diffusion de l’information européenne destiné aux étudiants.
Confédération Nationale des Junior- Entreprises Paris :  » Permettre aux étudiants de mettre en application l’enseignement dispensé au sein de leur établissement en réalisant des études pour les professionnels. »
Autour du Monde (Nantes), Accueil des étudiants étrangers
Association des étudiants africains d’Avignon : Accueil des étudiants étrangers

 

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