Interviews de Jean-Louis Bourlanges, député européen, et Jean-Baptiste de Foucauld, animateur du Carrefour pour une Europe civique et sociale, président de Solidarités nouvelles face au chômage.


Jean-Louis Bourlanges

Député européen, Groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens) et Démocrates européens.

J.L.B. : Assurément. Lancée sur les décombres des deux guerres mondiales, la construction européenne avait pour objet de réconcilier des peuples qui s’étaient fait longtemps la guerre et qui ne s’aimaient ni ne se comprenaient. La réconciliation franco-allemande était très logiquement au cœur de ce projet. Par ailleurs, la Communauté européenne a encadré la renaissance économique du vieux continent en tournant résolument le dos au protectionnisme et aux inégalités sociales des années 1930. Depuis l’essor de la mondialisation et la chute du Rideau de Fer, tout a changé. Il s’agit aujourd’hui de permettre aux Européens de défendre leur intérêts et de promouvoir leurs valeurs en association et en rivalité avec le reste du monde. Cette révolution copernicienne demande aux Européens un effort de clarification politique, d’intégration institutionnelle et de mobilisation sociale sans précédent. Les difficultés présentes de l’Union européenne sont ainsi d’abord la contrepartie du rehaussement de ses ambitions.

Jean-Baptiste de Foucauld

Animateur du Carrefour pour une Europe civique et sociale, président de Solidarités nouvelles face au chômage.

J.B.F. : L’Europe reste une création politique trés originale, sans équivalent historique, une source d’espérance politique donc. Mais elle n’a encore accompli qu’une partie de son parcours : il lui faut désormais dépasser l’unification des économies et des monnaies ; mieux intégrer également la dimension sociale et rétablir un plein emploi de qualité dans le cadre d’un développement humain durable ; ensuite, associer directement le citoyen à ce qui doit devenir peu à peu une véritable communauté politique, ou le fait d’être ensemble l’emporte sur les désaccords quant à la manière d’être ensemble. Enfin, devenir un acteur fort sur la scène internationale, face aux puissances existantes ou montantes, afin de contribuer à une mondialisation réussie.

 

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