Entre 2009 et 2010, 69% des associations ont vu leur part de financements publics baisser. Il n’est donc pas étonnant qu’un tiers des utilisateurs de la plateforme de financement participatif KissKissBankBank tente de mettre sur pieds un projet associatif ! Pour discuter de cette problématique, Animafac a organisé le 16 avril dernier au Labo 13 de la Maison des initiatives étudiantes de Paris une rencontre débat. Adrien Aumont, l’un des trois co-fondateurs de KissKissBankBank, Vanessa Gustaw, la présidente de l’Envolée Bleue et Aladin Farré, le président de l’Histoire par la vidéo ont confronté leur expertise et expériences pour apporter de nombreux conseils aux associatifs présents à cette occasion.

 

La mode du crowdfunding


La méthode du financement participatif est née aux Etats-Unis. Pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène, la plateforme américaine Kickstarter a comptabilisé en 2012 plus de 319,7 millions de dollars de dons en ligne. Même si l’on est loin du compte en France, la croissance des plateformes de financement participatif augmente de façon exponentielle depuis 4 ans.


Saviez-vous par exemple que Barack Obama avait levé 150 millions de dollars par le crowdfunding pour sa dernière campagne présidentielle ?


L’avantage incontestable de ce genre de pratiques est de conserver 100% de la propriété intellectuelle de votre projet tout en palliant la difficulté de collecte de fonds inhérente aux projets à démarche « sociale » ou culturelle qui sont connus comme économiquement difficiles.

 

Qu’est-ce que KKBB ?


KissKissBankBank est une plateforme de crowdfunding (= financement participatif) en ligne. Elle permet à des internautes de soutenir financièrement des projets d’individus, collectifs ou associations en quelques clics. KissKissBankBank fonctionne sur un système de contreparties (reward-based) : le donateur reçoit un ou des cadeaux en fonction de l’importance de son don. Du badge à la carte postale, en passant par la visite guidée des catacombes ou l’apposition de votre nom sur un support… Les idées de contreparties sont infinies et généralement très gratifiantes pour les généreux KissBankers (contributeurs) !

 

A l’heure actuel, KKBB compte 600 projets en simultané et a levé plus de 4,5 millions d’euros !

 

Les trucs à savoir avant de se lancer


Structurez votre projet


On ne le répétera jamais assez : avant de se lancer dans la moindre initiative, il est indispensable de structurer son projet, qu’il soit individuel ou associatif ! Pour cela, pourquoi ne pas mettre en place une méthodologie simple, comme l’élaboration d’un rétroplanning, le ciblage des partenaires, un premier budget et des outils de communication en interne ?

 

 

 

Les types de projet acceptés sur KKBB


La plateforme n’accepte pas les projets personnels et les projets humanitaires ou de charité. Il faut également savoir que le taux de réussite des collectes est de 60%. Lorsqu’une collecte n’aboutit pas à son objectif, les contributeurs sont remboursés.

 

L’appel au don, la solitude en moins


Une fois votre projet envoyé via la plateforme, un membre de l’équipe de KissKissBankBank vous prend en charge et vous accompagne pour que votre collecte ait le plus de chances d’aboutir. Il vous conseille sur la durée de la collecte, la pertinence du montant que vous demandez et la stratégie à adopter pour mettre en valeur votre projet.

 

Une commission à prendre en compte


La plateforme est gratuite mais KKBB récupère 8% TTC de commission pour le service rendu et l’accompagnement mis en place. Un petit chiffre à prendre en compte dans votre calcul final !

 

La grande déesse communication


Le succès d’une collecte tient beaucoup de la communication qui a pu être faite autour d’elle. Même si la majorité des soutiens vient des cercles proches (famille, amis ou connaissances et amis d’amis), il est particulièrement important de soigner la présentation et le buzz autour de votre projet afin qu’il puisse toucher un plus large public qui adhère à votre démarche. Le community management est la clé de votre réussite.

 

Pour cela, rien de tel que les réseaux sociaux ou les blogs. Pensez aux échanges de liens, aux partenariats médiatiques, et n’hésitez pas à utiliser vos connaissances pour publiciser votre projet. Un porteur de projet a par exemple eu l’idée de faire connaitre sa démarche en s’incrustant dans le live-tweet d’un événement auquel il n’était pas mais qui concernait son domaine. Sa récompense : un donateur en plus !

 

Les 15 derniers jours, le nerf de la guerre


Une grande majorité des projets qui reçoivent un tiers du total de la collecte ont vocation à réussir. Et lorsqu’il s’agit de mobiliser des communautés, le timing est crucial. Sur KKBB, c’est sur les 15 derniers jours de la collecte que tout arrive. En général, les proches qui avaient « promis de soutenir  mais pas tout de suite » se réveillent et viennent apporter leur pierre à l’édifice. C’est le moment idéal pour carburer et communiquer doublement sur votre projet, en utilisant des moyens plus originaux.

 

Vous recevez des dizaines de mails mensuels de votre tante qui adore les PowerPoints avec des paysages / des animaux / des blagues ? Utilisez les mêmes codes et renvoyez un PowerPoint similaire sur votre collecte, elle le fera peut-être circuler dans son entourage !

 

KissKissBankBank… Et les autres


En France, il existe de nombreuses plateformes de crowdfunding avec des modèles et intérêts économiques différents. Votre choix peut se faire en fonction de la nature de votre projet et du système économique que vous désirez. Pour cela, renseignez-vous sur les différents portails qui proposent ce genre de service !

 

 

 

Et avec tous ces trucs et astuces, il ne reste plus… qu’à vous lancer !

 

Crédits photo : Cécilia Bry

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