Les élections européennes approchent à grand pas, mais peu encore sont conscients de leur importance et beaucoup sont tentés par l’abstention. Le Parlement européen dispose cependant d’un réel pouvoir sur de nombreuses questions, dont beaucoup concernent au premier chef les jeunes et les associatifs.
L’Europe est aujourd’hui une réalité vécue au quotidien par de nombreux étudiants qui bénéficient de ces programmes d’échange et de mobilité. Son fonctionnement et les possibilités d’engagement qu’elle offre restent cependant souvent méconnus.
Quels sont les enjeux des prochaines élections ? pour les citoyens ? les jeunes ? les associatifs ?
Comment donner à son engagement une dimension européenne ?

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Les élections européennes approchent à grand pas, mais peu encore sont conscients de leur importance et beaucoup sont tentés par l’abstention. Le Parlement européen dispose cependant d’un réel pouvoir sur de nombreuses questions, lequel pouvoir est appelé à croître avec l’adoption du traité de Lisbonne. Voter est donc essentiel pour s’approprier les débats et donner du poids à sa voix dans les évolutions politiques et sociales impulsées par l’Europe.

Des élections trop négligées

Depuis la première élection au suffrage universel des députés européens, en 1979, les élections européennes n’ont cessé de souffrir d’un taux de participation amoindri et d’une désaffection plus grande des citoyens européens à son égard – les Français ne dérogeant pas à cette règle. Le taux de participation a ainsi chuté de 63 % en 1979 à 45,7 % en 2004, ces mêmes chiffres baissant de 60,7 % à 42,76 % en France.

Un récent sondage publié par Eurobaromètre n’incite guère à l’enthousiasme pour le prochain scrutin, qui aura lieu du 4 au 7 juin (le 7 juin pour la France). Alors que son échéance approche, 53 % déclarent ne pas être intéressés. Au final, seules 34 % des personnes sondées déclarent être certaines d’aller voter, ce qui laisse ouvert un volant d’abstention s’élevant jusqu’à 66 %.

Les raisons de cette hausse permanente de l’abstention sont multiples et souvent répétées : opacité du fonctionnement de l’Europe, sentiment d’une faible influence du vote, manque de relais dans les médias, manque d’implication de la part des politiques, etc. Ainsi, interrogé par le site touteleurope.fr, le politologue Olivier Costa affirme : « L’abstention aux élections européennes est tout sauf surprenante. » Selon Jean Quatremer, journaliste à Libération spécialiste du sujet et animateur du blog « Coulisses de l’Europe », les médias ne parlent pas assez de l’Europe et de ses enjeux, celle-ci n’étant à chaque fois abordée, au mieux, qu’à travers le prisme national. La conséquence politique en est alors un certain déni de l’importance du Parlement européen, y compris de la part de certains hommes politiques, et une focalisation de la campagne sur des enjeux nationaux, au cours de laquelle il est donc certain que l’ « on ne parlera pas d’Europe » [1].

Pourtant, ainsi que le rappelle Gérard Onesta, député Vert et vice-président du Parlement européen, dans Europa, « l’Europe est partout » [2], elle détermine de nombreux enjeux du quotidien : la politique énergétique, les communications, le droit social, etc. Une grande partie des textes débattus à l’Assemblée nationale émanent des instances européennes.

 

Les élections européennes, un véritable enjeu citoyen

Les élections européennes sont donc porteuses d’un véritable enjeu citoyen qu’il est urgent de se réapproprier dans sa dimension véritable, pour pouvoir exprimer et défendre son point de vue sur celle-ci mais aussi prendre la mesure du débat sur des sujets qui nous intéressent, en tant que citoyens d’abord, mais aussi en tant qu’associatifs et que jeunes.

À titre d’exemple, il a été question lors de la précédente législature de sujets relatifs à la protection de l’environnement et de la santé, avec l’adoption de programmes pour augmenter la part d’énergies renouvelables, réglementer l’usage de substances chimiques, ou encore à la culture et à la formation avec le lancement de la bibliothèque numérique européenne et le renforcement budgétaire des programmes d’éducation et de formation (Erasmus, Léonard de Vinci, etc.).

Pour la politique de la jeunesse, incluse dans les articles relatifs aux mesures d’encouragement à l’éducation et à la formation professionnelle, le Parlement européen dispose d’un pouvoir de codécision, ce qui signifie que ses positions sur le sujet peuvent revêtir un caractère contraignant. La soumission de toutes les questions relatives à la politique sur la jeunesse à une procédure de codécision donne au Parlement le pouvoir d’empêcher l’adoption d’une proposition du Conseil si celle-ci ne tient pas compte de sa position. Or, toutes les prises de position du Parlement européen sur le sujet témoignent d’une volonté affirmée de renforcer la participation des jeunes à la vie civique. Le Parlement est ainsi à l’initiative de la promotion des programmes d’échange, du service volontaire européen ou encore du programme Jeunesse en action.

Outre la politique pour la jeunesse, le Parlement européen prend part aux procédures de codécision pour ce qui concerne, entre autres, la culture, l’emploi, la politique sociale, l’environnement, etc. [3] Au fil des années, le Parlement européen a vu ses pouvoirs augmenter. Il est donc bien plus qu’un simple organe de consultation et devrait encore voir l’étendue de ses prérogatives s’accroître avec l’adoption du Traité de Lisbonne.

Pour contrer le manque d’intérêt des médias, pour rappeler à la classe politique française l’importance de l’Europe, pour défendre ses intérêts, ses valeurs, pour promouvoir une Europe juste et solidaire, agissant en faveur de l’échange et de l’innovation, bref pour prendre part à la construction démocratique de l’Europe et y faire reconnaître davantage son droit à la parole et son implication ; pour toutes ces raisons, il est important d’aller voter, car l’Europe ne doit pas se faire sans nous !

 

Liens utiles :

Être convaincu de la nécessité d’aller voter est une chose mais qui ne suffit pas toujours. La multiplicité des listes, la complexité des discussions constituent parfois des freins pour décider avec assurance à qui l’on souhaite apporter sa voix. Voici donc une série de liens utiles pour découvrir les enjeux de ces élections et prendre part de manière active au débat.

– Le site touteleurope.fr propose un dossier complet sur les prochaines élections, incluant notamment une présentation détaillée du rôle et des attributions du Parlement européen, une infographie du Parlement pour partir à la découverte des différents groupes politiques qui le composent et de leurs orientations, des débats et interviews de candidats ainsi qu’un test pour savoir en dix questions de qui l’on est politiquement le plus proche.
– Un test complet et assez détaillé pour découvrir son positionnement politique par rapport aux partis français mais aussi européens et prendre ainsi conscience de leurs grands principes fondateurs.
– Le dossier réalisé en partenariat par la Ligue de l’enseignement et le Cidem, qui expose les différents enjeux citoyens de la campagne et propose une interview d’un représentant de chacun des cinq principaux groupes parlementaires européens.
– La plateforme interactive mise en place avec le soutien du YFJ qui permet aux jeunes de poster leur opinion et d’échanger avec des Européens de toutes nationalités sur des grandes questions liées à l’Europe.
« Élections européennes : à vous de choisir ». Avec ce slogan, tout est dit de l’importance d’aller voter. Ce site, mis en place par le Parlement, explique le rôle de celui-ci, expose les bonnes raisons d’aller voter, présente les avancées importantes permises par la précédente législature et indique les liens vers les différents groupes politiques européens.

Notes

[1] Europa, « On ne parlera pas d’Europe ». Interview de Jean Quatremer, propos recueillis par Céline Diais et Claire Charrier

[2] Europa, « Des élections défouloirs ». Interview de Gérard Onesta, propos recueillis par Andrea Ortner et Céline Diais

[3] Plus de précisions sur les domaines d’action du Parlement européen et sur les missions qu’il a conduites sont disponibles à cette adresse : http://www.votonsleurope.eu/category/le-parlement-europeen-agit-pour-vous/

 

 

Les élections européennes approchent à grand pas, mais peu encore sont conscients de leur importance et beaucoup sont tentés par l’abstention. Le Parlement européen dispose cependant d’un réel pouvoir sur de nombreuses questions, lequel pouvoir est appelé à croître avec l’adoption du traité de Lisbonne. Voter est donc essentiel pour s’approprier les débats et donner du poids à sa voix dans les évolutions politiques et sociales impulsées par l’Europe.

Des élections trop négligées

Depuis la première élection au suffrage universel des députés européens, en 1979, les élections européennes n’ont cessé de souffrir d’un taux de participation amoindri et d’une désaffection plus grande des citoyens européens à son égard – les Français ne dérogeant pas à cette règle. Le taux de participation a ainsi chuté de 63 % en 1979 à 45,7 % en 2004, ces mêmes chiffres baissant de 60,7 % à 42,76 % en France.

Un récent sondage publié par Eurobaromètre n’incite guère à l’enthousiasme pour le prochain scrutin, qui aura lieu du 4 au 7 juin (le 7 juin pour la France). Alors que son échéance approche, 53 % déclarent ne pas être intéressés. Au final, seules 34 % des personnes sondées déclarent être certaines d’aller voter, ce qui laisse ouvert un volant d’abstention s’élevant jusqu’à 66 %.

Les raisons de cette hausse permanente de l’abstention sont multiples et souvent répétées : opacité du fonctionnement de l’Europe, sentiment d’une faible influence du vote, manque de relais dans les médias, manque d’implication de la part des politiques, etc. Ainsi, interrogé par le site touteleurope.fr, le politologue Olivier Costa affirme : « L’abstention aux élections européennes est tout sauf surprenante. » Selon Jean Quatremer, journaliste à Libération spécialiste du sujet et animateur du blog « Coulisses de l’Europe », les médias ne parlent pas assez de l’Europe et de ses enjeux, celle-ci n’étant à chaque fois abordée, au mieux, qu’à travers le prisme national. La conséquence politique en est alors un certain déni de l’importance du Parlement européen, y compris de la part de certains hommes politiques, et une focalisation de la campagne sur des enjeux nationaux, au cours de laquelle il est donc certain que l’ « on ne parlera pas d’Europe » [1].

Pourtant, ainsi que le rappelle Gérard Onesta, député Vert et vice-président du Parlement européen, dans Europa, « l’Europe est partout » [2], elle détermine de nombreux enjeux du quotidien : la politique énergétique, les communications, le droit social, etc. Une grande partie des textes débattus à l’Assemblée nationale émanent des instances européennes.

 

Les élections européennes, un véritable enjeu citoyen

Les élections européennes sont donc porteuses d’un véritable enjeu citoyen qu’il est urgent de se réapproprier dans sa dimension véritable, pour pouvoir exprimer et défendre son point de vue sur celle-ci mais aussi prendre la mesure du débat sur des sujets qui nous intéressent, en tant que citoyens d’abord, mais aussi en tant qu’associatifs et que jeunes.

À titre d’exemple, il a été question lors de la précédente législature de sujets relatifs à la protection de l’environnement et de la santé, avec l’adoption de programmes pour augmenter la part d’énergies renouvelables, réglementer l’usage de substances chimiques, ou encore à la culture et à la formation avec le lancement de la bibliothèque numérique européenne et le renforcement budgétaire des programmes d’éducation et de formation (Erasmus, Léonard de Vinci, etc.).

Pour la politique de la jeunesse, incluse dans les articles relatifs aux mesures d’encouragement à l’éducation et à la formation professionnelle, le Parlement européen dispose d’un pouvoir de codécision, ce qui signifie que ses positions sur le sujet peuvent revêtir un caractère contraignant. La soumission de toutes les questions relatives à la politique sur la jeunesse à une procédure de codécision donne au Parlement le pouvoir d’empêcher l’adoption d’une proposition du Conseil si celle-ci ne tient pas compte de sa position. Or, toutes les prises de position du Parlement européen sur le sujet témoignent d’une volonté affirmée de renforcer la participation des jeunes à la vie civique. Le Parlement est ainsi à l’initiative de la promotion des programmes d’échange, du service volontaire européen ou encore du programme Jeunesse en action.

Outre la politique pour la jeunesse, le Parlement européen prend part aux procédures de codécision pour ce qui concerne, entre autres, la culture, l’emploi, la politique sociale, l’environnement, etc. [3] Au fil des années, le Parlement européen a vu ses pouvoirs augmenter. Il est donc bien plus qu’un simple organe de consultation et devrait encore voir l’étendue de ses prérogatives s’accroître avec l’adoption du Traité de Lisbonne.

Pour contrer le manque d’intérêt des médias, pour rappeler à la classe politique française l’importance de l’Europe, pour défendre ses intérêts, ses valeurs, pour promouvoir une Europe juste et solidaire, agissant en faveur de l’échange et de l’innovation, bref pour prendre part à la construction démocratique de l’Europe et y faire reconnaître davantage son droit à la parole et son implication ; pour toutes ces raisons, il est important d’aller voter, car l’Europe ne doit pas se faire sans nous !

 

Liens utiles :

Être convaincu de la nécessité d’aller voter est une chose mais qui ne suffit pas toujours. La multiplicité des listes, la complexité des discussions constituent parfois des freins pour décider avec assurance à qui l’on souhaite apporter sa voix. Voici donc une série de liens utiles pour découvrir les enjeux de ces élections et prendre part de manière active au débat.

– Le site touteleurope.fr propose un dossier complet sur les prochaines élections, incluant notamment une présentation détaillée du rôle et des attributions du Parlement européen, une infographie du Parlement pour partir à la découverte des différents groupes politiques qui le composent et de leurs orientations, des débats et interviews de candidats ainsi qu’un test pour savoir en dix questions de qui l’on est politiquement le plus proche.
– Un test complet et assez détaillé pour découvrir son positionnement politique par rapport aux partis français mais aussi européens et prendre ainsi conscience de leurs grands principes fondateurs.
– Le dossier réalisé en partenariat par la Ligue de l’enseignement et le Cidem, qui expose les différents enjeux citoyens de la campagne et propose une interview d’un représentant de chacun des cinq principaux groupes parlementaires européens.
– La plateforme interactive mise en place avec le soutien du YFJ qui permet aux jeunes de poster leur opinion et d’échanger avec des Européens de toutes nationalités sur des grandes questions liées à l’Europe.
« Élections européennes : à vous de choisir ». Avec ce slogan, tout est dit de l’importance d’aller voter. Ce site, mis en place par le Parlement, explique le rôle de celui-ci, expose les bonnes raisons d’aller voter, présente les avancées importantes permises par la précédente législature et indique les liens vers les différents groupes politiques européens.

Notes

[1] Europa, « On ne parlera pas d’Europe ». Interview de Jean Quatremer, propos recueillis par Céline Diais et Claire Charrier

[2] Europa, « Des élections défouloirs ». Interview de Gérard Onesta, propos recueillis par Andrea Ortner et Céline Diais

[3] Plus de précisions sur les domaines d’action du Parlement européen et sur les missions qu’il a conduites sont disponibles à cette adresse : http://www.votonsleurope.eu/category/le-parlement-europeen-agit-pour-vous/

 

 

Le sentiment d’appartenance à l’Europe est en hausse chez les jeunes, grâce notamment aux nombreux programmes de mobilité qui ont permis de prendre conscience de la réalité et de l’ apport de la libre-circulation. Comment renforcer ce sentiment ? Quelles possibilités pour donner une teinte européenne à son engagement ?


L’optimisme des jeunes sur l’Europe

Selon les chiffres de l’enquête Eurobaromètre sur les jeunes conduite en 2007, la perception de l’Europe comme espace de libre-circulation est banale, entièrement normalisée. Les jeunes sont ainsi 90 % a affirmer que l’Europe représente pour eux la liberté de circuler, d’étudier et de travailler partout dans les pays qui la composent et 92 % estiment qu’il sera encore plus facile de le faire dans les dix prochaines années. Ces chiffres sont en hausse par rapport à l’enquête qu’avait menée le même institut en 2001, et témoignent donc d’un soutien des jeunes à l’Europe, perçue en premier lieu par eux comme le symbole de la liberté de circulation. Cette évolution, à n’en pas douter, peut être imputée au succès des programmes de mobilité, Erasmus en tête.

Cette confiance en l’Europe ne s’en tient pas au seul aspect de la libre-circulation, puisque 72 % des jeunes voient en l’Europe un moyen de protéger les droits des citoyens et, pour 71 % d’entre eux, de permettre l’amélioration de la situation économique des pays qui la composent. Enfin, à 67 % les jeunes affirment que l’Europe apportera une meilleure qualité de vie pour la majorité des gens. A contrario, seuls 40 % critiquent une bureaucratie selon eux trop importante et ils ne sont que 39 % à penser que l’Europe apportera plus de problèmes sociaux.

Tous ces chiffres convergent donc vers l’affirmation d’un réel intérêt de la part des jeunes pour l’Europe, qu’ils envisagent avec optimisme quant à son évolution. Cet optimisme s’accompagne d’un souci de prendre une part active à cette construction et d’être informé de son devenir. Contre une idée trop largement reçue, cette enquête d’Eurobaromètre prouve que les jeunes s’intéressent à l’actualité et à la politique : 82 % les suivent à l’échelle de leur pays et 66 % au niveau communautaire. Enfin, à 81 % ils souhaitent pouvoir être consultés pour toute décision publique les concernant et 74 % souhaitent voir une augmentation de programmes encourageant le travail bénévole.

Néanmoins, cette affirmation du désir d’engagement se heurte à une réalité qui est que seuls 22 % des jeunes font partie d’une organisation, dont près de la moitié le sont d’une organisation sportive. Quelles sont les pistes alors pour concrétiser son engagement à l’échelle de l’Europe ?

S’engager en Europe

Le principal programme européen d’accompagnement et d’encouragement à l’engagement est le programme « Jeunesse en action », qui propose d’effectuer un service volontaire européen et dont l’Agence française, chargée de sa mise en œuvre en France, est implantée à l’INJEP.

Le service volontaire européen propose à tout citoyen européen âgé de 18 à 30 ans de partir dans un autre pays d’Europe, pour y mener une mission d’intérêt général dans le domaine de la culture, de la solidarité, de l’éducation ou autre, pour une durée de 2 à 12 mois. Ce service peut être effectué dans le cadre d’un projet individuel ou d’un projet collectif.

Pour effectuer un service volontaire européen, il faut d’abord prendre contact avec une organisation d’envoi, située dans le pays de résidence, pour élaborer son projet. Il faut ensuite trouver une structure d’accueil où s’accomplira le service. Le service volontaire européen est entièrement gratuit (les frais de transports et hébergement sont pris en charge) mais ne donne pas lieu à une rémunération. La liste des organisations d’envoi est disponible ici. Celle des organisations d’accueil est disponible ici.

Enfin, le programme « Jeunesse en action » inclut un volet important dédié à la reconnaissance de l’apprentissage non-formel qu’apportent les initiatives citoyennes en termes non seulement d’apprentissage de la citoyenneté mais aussi d’acquisition véritable de compétences, soit l’articulation de savoirs, d’aptitudes et d’attitudes en vue d’effectuer des missions précises. Le service volontaire européen offre ainsi la possibilité d’une certification de sa mission avec l’outil Youthpass, qui propose une auto-évaluation des actions accomplies au cours de celui-ci afin d’identifier l’ensemble des savoir-faire, savoir-être et compétences qui y ont été déployés, en vue de pouvoir les valoriser par la suite, notamment auprès du monde professionnel.

La jeunesse s’organise

L’engagement européen peut également se concrétiser par d’autres voies, notamment par l’adhésion à des associations qui font de l’Europe le cœur de leur projet, dans un esprit pédagogique de transmission des valeurs européennes, mais aussi de formation et de découverte de son fonctionnement.

Parmi celles-ci, le Parlement européen des jeunes (PEJ), fondé en 1987 à Fontainebleau et présent dans 32 pays. Le PEJ organise de nombreuses actions : forums européens, campagnes de sensibilisation, organisation de conférences et d’actions pédagogiques pour faire comprendre le fonctionnement de l’Europe, etc. Le temps fort du PEJ est l’organisation sur plusieurs journées de sessions de simulations de débats parlementaires où convergent plusieurs jeunes de tous les pays représentés. Les travaux organisés au cours de ces journées, selon les modalités de fonctionnement du Parlement européen, donnent lieu à des résolutions finales qui sont transmises au Parlement, lequel parfois les reprend. Là n’est pas la finalité première cependant, ces journées visant d’abord à initier par la pratique au fonctionnement complexe des institutions européennes.

À signaler également, comme autre association à l’échelle européenne, les Jeunes européens fédéralistes, déclinaison pour les jeunes du Mouvement européen. Promoteurs d’une Europe fédérale et fidèle aux principes de ses pères fondateurs Jean Monnet et Robert Schuman, les Jeunes européens organisent des rencontres ainsi que des temps de discussions pour débattre de leur vision de l’Europe (lors de leur université d’été et également lors d’un séminaire tripartite, temps d’échange avec des Allemands et des Italiens) et initient de nombreuses campagnes de sensibilisation à l’Europe : programme l’ « Europe à l’école », campagnes nationales lors des temps fort de l’Europe (élargissement, référendum sur la Constitution, etc.) ou encore lancement d’une pétition en faveur du service civil européen.

À échelle plus large, le Forum européen de la jeunesse (European Youth Forum – YFJ) fédère et rassemble conseils nationaux de la jeunesse et organisations internationales non-gouvernementales – 99 membres à ce jour – constituant ainsi une plateforme entièrement gérée et organisée par des jeunes ayant pour vocation de faire valoir les positions et les propositions de la jeunesse auprès des instances européennes (Union européenne et Conseil de l’Europe) et permettre ainsi aux jeunes de participer au débat public pour toutes décisions les concernant mais également de prendre part à des discussions sur des sujets plus larges de société. Son objectif affiché est ainsi d’ « améliorer la participation des jeunes et des organisations de jeunesse dans la société et dans les processus décisionnels ».

Les occasions ne manquent donc pas pour renforcer son sentiment européen et prendre une part active, par la conduite d’actions concrètes, par le suivi et l’organisation de réflexions et de débats, dans la construction et le devenir de ce vaste espace qui est le nôtre.

 

Animafac : Le PEJ est partenaire de la caravane civique européenne du CIDEM. Pouvez-vous rapidement présenter ce projet et préciser le rôle du PEJ au sein de cette caravane ?

Guillaume Borie : La caravane civique européenne du CIDEM est un dispositif itinérant qui parcourt la France pendant un mois, s’arrêtant dans 25 villes. Dans chacune d’entre elles, la caravane, aux couleurs des élections européennes, s’installe sur la place centrale pour mener une mission d’information. Cette caravane est accompagnée d’une voiture qui va plus directement à la rencontre des gens, en priorité des jeunes, en se rendant dans des quartiers, des maisons de jeunes ou des lycées.

Le PEJ s’est associé à ce dispositif imaginé par le CIDEM. Il est présent sur 20 des 25 étapes, où il fait bénéficier la caravane de son réseau de relais locaux et participe aux missions informatives. Il s’agit d’ancrer dans les esprits la date de l’élection, qui n’est pas toujours connue, d’expliquer le fonctionnement et les mécanismes du vote (le scrutin à un tour, le principe de la proportionnelle, etc.) ou encore de savoir comment faire une procuration.

Animafac : Quels sont les profils des personnes rencontrées ? Est-il difficile de mobiliser les gens, de les intéresser au sujet ?

Guillaume Borie : J’ai pour ma part été présent sur deux étapes. Lors de l’étape de lancement à Paris, qui se tenait sur le site touristique du Champ de Mars, j’ai rencontré beaucoup de personnes de plusieurs nationalités, ce qui était une manière d’éprouver concrètement la dimension européenne de l’élection. Je me suis également rendu à l’étape marseillaise, qui s’était installée, le jeudi de l’Ascension, sur les plages. Ce n’était pas forcément évident, car il fallait vraiment aller chercher les gens, les convaincre de s’intéresser au sujet un jour férié, mais nous avons eu au final un bon accueil de la part de ceux-ci. Je pense qu’il est très important d’aller chercher les électeurs là où ils ne s’y attendent pas, pour porter le message au plus près et les convaincre de l’impact qu’a l’Europe sur leur quotidien.

Globalement, il y a deux catégories de personne. La première est celle des personnes qui viennent volontairement, avec lesquelles nous échangeons. Il s’agit la plupart du temps de personnes qui sont déjà convaincues de l’importance d’aller voter, qui n’est pas la portion de la population que la caravane civique vise en priorité. La seconde catégorie est celle des personnes à la rencontre desquelles nous allons, qu’il faut accoster. Le plus souvent, elles ne s’y attendent pas et ne se sentent pas intéressées par le sujet. Mais lorsque nous commençons à leur parler d’un certain nombre de choses, à leur expliquer le fonctionnement des institutions, à leur exposer le domaine de compétences du Parlement, elles se montrent intéressées et repartent, pour certaines, convaincues. Il est donc dur de mobiliser les gens, mais cela est utile.

Animafac : Quelles sont les principales informations que souhaitent obtenir les gens ?

Guillaume Borie : Beaucoup de gens sont très demandeurs des programmes de chaque liste, ce que nous ne pouvons leur fournir. Cette demande est très forte, et émane même de personne qui sont a priori peu politisées. Dès lors que l’on prend le temps d’expliquer l’importance de ces élections, la première réaction est de vouloir prendre connaissance des programmes. Les gens ne connaissent pas les enjeux électoraux, ni les principales propositions des partis, ce qui explique pour partie la désaffection pour ce scrutin.

Il est inquiétant de constater que les appareils politiques n’ont pas fait leur travail de sensibilisation et de présentation des enjeux auprès des électeurs. Beaucoup de personnes que nous avons rencontrées était abordées pour la première fois sur le sujet, alors que lors d’autres élections, elles ont l’habitude de croiser les candidats sur le marché, dans leur quartier etc.

Je pense que la principale difficulté que rencontre ce scrutin pour susciter l’intérêt, outre le besoin d’une pédagogie plus forte pour faire comprendre l’Europe et son rôle, est l’absence de clivages politiques et d’enjeux marqués. Pour que les électeurs soient saisis de la nécessité de prendre position par leur vote sur certains sujets, il faudrait qu’il y ait des débats et ceux-ci sont inexistants. La campagne se centre sur de mauvaises questions, elle se focalise sur des questions nationales, notamment de soutien ou non au gouvernement actuel, pour lesquelles le vote européen n’a pas d’impact. Si on se recentrait sur le niveau européen, si les appareils politiques marquaient leur position et leurs différences par rapport aux autres partis, les gens seraient plus intéressés. C’est en tous cas ce que laisse entendre la demande d’obtention des programmes de chaque liste dont nous font part la grande majorité des personnes que nous rencontrons.

Animafac : Le PEJ est également à l’initiative d’une campagne vidéo, à laquelle le CIDEM s’est associé. Quel en est le principe ? Sur quels médias seront-elles diffusées ?

Guillaume Borie : Il s’agit de cinq programme courts, qui présentent, sur un ton décalé et humoristique, autour de saynètes de la vie quotidienne, la vie d’un jeune couple européen et l’impact qu’ont sur celle-ci les décisions du Parlement européen. La campagne est centrée sur les thèmes suivants : le tri des déchets, la protection des consommateurs, l’énergie, la lutte contre les discriminations. Le dernier épisode diffuse un message sur l’importance du vote en faisant valoir que quand on ne vote pas, on est de toutes façons perdant.

Il y a une diffusion massive de ces clips sur Internet, grâce notamment à un partenariat avec Dailymotion. Une diffusion est également prévue à la télévision, sur des chaînes du groupe France télévisions et du groupe TF1, qui le feront à titre gracieux.

Animafac : Pour tous ceux qui souhaiteraient convaincre des personnes de leur entourage d’aller voter, quels sont selon-vous les arguments à mettre prioritairement en avant pour inciter à se rendre aux urnes le 7 juin ?

Guillaume Borie : Je pense qu’il faut dire que les élections européennes sont le seul moment où le citoyen européen peut s’exprimer pour désigner ses représentants. Sur la masse des 375 millions de personnes qui peuplent l’Union européenne, chaque électeur se sent parfois un peu perdu et isolé. Mais il faut insister sur le fait qu’au Parlement se prennent tous les jours des décisions sur des sujets qui nous intéressent et nous concernent, et l’élection de nos représentants au Parlement est l’occasion de faire entendre notre voix sur ces sujets.

Pour convaincre de l’importance des sujets traités au Parlement, je citerai deux exemples. Le premier concerne la politique environnementale. 80 % de la législation française sur ce sujet est d’origine européenne. Et en cette matière, qui préoccupe aujourd’hui tout le monde, le Parlement a un réel pouvoir de proposition et de coercition au cas où le Conseil européen prendrait des décisions non conformes à son avis.

Autre exemple, la loi Hadopi, qui a beaucoup fait parler d’elle ces dernières semaines. La discussion de cette loi à été l’occasion pour de nombreux citoyens de s’investir dans le débat, aussi bien via les espaces participatifs sur Internet qu’en adressant des lettres aux députés pour faire part de leur position. Or le Parlement européen est en train de travailler à une directive sur le droit des internautes et de la protection de la propriété intellectuelle. C’est donc au Parlement que se prendront les décisions importantes sur ce sujet et la première manière de faire valoir son opinion sur cette question et d’autres est d’aller voter pour désigner ses représentants.

Liens :
– Le site de la caravane civique européenne
– La page Dailymotion du PEJ qui propose l’intégralité de la campagne vidéo de celui-ci.

 

La démocratie est au centre du fonctionnement et des valeurs de l’Union européenne. Les citoyens se perdent cependant souvent dans ses institutions et ne sont pas toujours capables de bien comprendre qui fait quoi et qui dispose de quel pouvoir. Qui fait des propositions ? Qui prend les décisions ? Qui les applique ? Quel est le rôle exact et l’étendue des pouvoirs de chacun ? Un rapide éclaircissement sur le fonctionnement des institutions européennes s’impose.

 

Le Parlement européen

Le Parlement européen dispose du pouvoir législatif. Son rôle est de participer à l’élaboration de l’appareil législatif de l’Union européenne et d’être un moteur politique pour celle-ci. C’est au Parlement que sont discutées et votées les lois qui seront ensuite applicables dans la législation de chaque pays membre. Contrairement à une idée reçue, depuis plusieurs années, le rôle du Parlement n’est pas exclusivement consultatif et est appelé à se renforcer. Sur une quarantaine de domaines soumis au processus de codécision, il peut faire obstruction à l’adoption d’une décision du Conseil de l’UE si celle-ci n’est pas conforme à la position qu’il a adoptée. Avec la ratification du Traité de Lisbonne, ce pouvoir devrait s’élargir à quarante autre domaines. Le Parlement dispose également d’un pouvoir budgétaire, puisqu’il peut modifier les dépenses dites non-obligatoires et proposer une modification des dépenses dites obligatoires (dépenses qui découlent du traité, notamment celles liées à la PAC). Là encore, le Traité de Lisbonne prévoit une extension du pouvoir du Parlement qui le mettrait à égalité avec le Conseil sur l’ensemble du budget. Enfin, le Parlement exerce un rôle de contrôle qui s’exerce notamment via des débats, questions, l’approbation de la nomination du président de la Commission ou la possibilité de voter une motion de censure. Seule institution dont les représentants sont élus directement par les citoyens européens, le Parlement européen compte actuellement 785 membres, chiffre qui devrait être ramené à 736 après les prochaines élections.

 

Le Conseil de l’Union européenne

Le Conseil de l’UE est l’autre organe disposant du pouvoir législatif. Il rassemble les représentants des gouvernements des pays membres, répartis selon neuf formations spécialisées, et vise à la formulation et l’adoption de décisions communes, tenant compte des positions de chacun des pays membres ainsi que de celle du Parlement. Il partage également avec le Parlement le pouvoir budgétaire. En concertation avec celui-ci, il fixe le budget européen et a le dernier mot pour tout ce qui relève des dépenses obligatoires. Il assure également la coopération en matière de politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

 

Le Conseil européen

Le Conseil européen est constitué par les chefs d’État ou de gouvernement des pays membres de l’UE, ainsi que par les ministres des Affaires étrangères, le président de la Commission et un membre de celle-ci. Sa présidence est tournante et est assurée par le chef d’État ou de gouvernement du pays membre qui assure la présidence de l’Union. Elle est donc renouvelée tous les six mois. Le Traité de Lisbonne prévoit la création d’un poste de président du Conseil européen, élu par les chefs d’État et de gouvernement pour deux ans et demi. Le Conseil se réunit obligatoirement à la fin de chaque présidence. Des réunions intermédiaires peuvent être prévues. Le Conseil européen a pour mission de « [donner] l’impulsion nécessaire [au développement de l’UE] » et définit « les orientations politiques générales » (art. 4 TUE). Il agit sur tout ce qui concerne la réforme des traités, la définition du budget et l’élargissement. Si ses décisions ont une portée importante, car elles traduisent la volonté politique des États membres, elles n’ont pas cependant de dimension contraignante et doivent passer par la voie classique de la ratification pour être applicables.

 

La Commission européenne

La Commission européenne est l’organe exécutif de l’Union européenne. Elle applique les décisions adoptées par le Parlement et le Conseil de l’UE dans le cadre des orientations définies par le Conseil européen. Constituée de 27 commissaires (nombre qui devrait être révisé à la baisse), dont un qui la préside, la Commission est formée avec l’approbation du Parlement européen, qui peut la renverser en votant au 3/5 de la majorité le dépôt d’une motion de censure à son encontre. Elle dispose également pour partie du pouvoir législatif, puisqu’en ce qui concerne les politiques communes elle dispose d’un droit d’initiative exclusif, ses directives et règlements se retrouvant ensuite soumis à la délibération du Parlement et du Conseil. Elle dispose également d’un droit d’initiative, qu’elle partage avec le Parlement et le Conseil, pour les autres domaines.

Plus d’informations : touteleurope.fr

 

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