En juin prochain, l’Europe élargie comptera 75 millions de jeunes entre 15 et 25 ans. Quel regard portent-ils sur cette entité à la fois politique, économique et culturelle ? S’en sentent-ils acteurs ? L’Europe fait-elle part de leur identité ? Y portent-ils seulement un intérêt ?

Les zones d’ombre sont nombreuses. Il est en revanche évident que les jeunes s’interrogent. Et les questions sont malheureusement toujours les mêmes : pourquoi les chefs d’Etats n’arrivent-ils pas à trouver des compromis sur des problèmes comme le conflit en Irak ou le projet de Constitution ? Quel est l’intérêt de ce projet qui pourrait apparaître comme un texte sans conséquences ? Pourquoi élargir si nous avons déjà du mal à nous entendre à quinze ?

Il est impératif de répondre clairement à ces attentes, de transmettre la conviction de l’Europe en expliquant les enjeux et les intérêts des citoyens à avancer dans cette entité. Mais pour cela, il faut d’abord faire tomber les a priori des Européens à l’égard de leur jeunesse.

Les jeunes ont la volonté de participer activement à la société dans laquelle ils vivent. Et leur intérêt ne se limite pas aux questions locales mais concerne aussi l’échelle nationale, l’Europe voire le monde. Or l’élargissement de l’Europe ouvre de nouvelles perspectives qui invitent au débat. Une chose est certaine : l’avenir de l’Europe est engagé et ne se fera pas sans la participation des jeunes. Leurs attentes sont importantes. Au delà des institutions, l’Europe est souvent synonyme d’une liberté de mouvement, d’un avenir plus prospère fondé sur un bloc économique uni, sur la création d’emplois, sur un climat de paix durable où la solidarité entre les états membres joue autant que celle avec les pays en grande détresse… Les espoirs se projettent dans cette nouvelle Europe riche d’échanges et de partage.

Les jeunes pensent les institutions peu accessibles et trop éloignées des préoccupations des ressortissants. Il faut dire qu’ils les connaissent très peu, à l’image d’ailleurs du reste de la population. Un grand nombre de jeunes et sûrement de moins jeunes ignore à ce titre encore très probablement la tenue des élections européennes en juin prochain.

Ils restent cependant attachés à l’idéal européen, fondé sur des valeurs de paix, de prospérité et de démocratie. La solidarité, l’égalité, le multiculturalisme sont également partagés par la plupart d’entre eux. Or ces valeurs sont au cœur de l’intégration européenne mais aussi de la coopération avec le reste du monde. 81% des jeunes sont favorables à l’arrivée de nouveaux pays de l’Union européenne. Ils conçoivent l’Europe comme un vaste espace élargi, sans frontière, et qui doit faciliter les études, les voyages, le travail et la vie quotidienne. Autant de nouveaux horizons qui renforcent leur identité européenne. Quand à la faisabilité, les jeunes sont conscients que le passage à 25 ne se fera pas sans difficultés. Mais ils considèrent aussi que les enjeux en valent la peine.

L’Europe reste un espace en construction, un brouillon au sens noble du terme. Elle reste à perfectionner chaque jour et c’est à chacun d’entre nous d’y apporter sa contribution. A commencer par les jeunes, trop souvent tenus à l’écart.

C’est pourquoi j’appelle aujourd’hui toutes les organisations de jeunesse à tourner leurs actions vers l’Europe afin de sensibiliser les jeunes. Par ces actions de terrain, donnons du sens à la citoyenneté européenne. Il s’agit d’expliquer les enjeux, le fonctionnement et la finalité de l’Europe et de ses institutions. Il s’agit de leur, de nous permettre de comprendre et de se forger une opinion, de donner les moyens de s’exprimer et d’agir. Les politiques doivent prendre part à ce travail au long court par une prise de conscience du fossé qui sépare encore les jeunes des institutions européennes. Par la mise en lumière, ensuite, des nombreux apports de l’Europe depuis sa création. Pour que la politique pédagogique remplace la politique politicienne. Les jeunes expriment un réel intérêt pour l’Europe. Il suffit de savoir l’entendre et le traduire pour comprendre qu’il faut considérer la jeunesse comme force de proposition et lui permettre de participer effectivement à la construction de l’Europe.

 

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