Enseignante et chercheur, Patricia Loncle est notamment l’auteur de « Pourquoi faire participer les jeunes ? expériences locales et européennes d’appel à la participation des jeunes ». Elle nous en dit plus à propos du sens de l’engagement des jeunes dans la société.


Lorsque l’on parle d’engagement citoyen des jeunes, de quoi parle-t-on ? Quelles en sont les formes et les motivations ?

 

Cela peut être des champs différents. C’est à la fois les formes engagées par les pouvoirs publics pour inciter les jeunes à s’investir et les formes qui résultent de l’initiative des jeunes : adhésion à un parti, un syndicat, une association ou des engagements plus informels. Par exemple, lors d’une rencontre, des jeunes m’ont dit que pour eux aider une personne âgée à traverser la rue était déjà un engagement.

 

Il y a donc à la fois des initiatives cadrées et des initiatives des individus, qu’ils vont rattacher à de l’engagement.

 

Quels sont, dans l’histoire des politiques jeunesse, les moyens qui ont été mis en œuvre, pour encourager les initiatives des jeunes ?

 

Cela remonte au début des politiques de jeunesse. En 1936, avec Léo Lagrange au gouvernement, il y a eu un soutien clair aux mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, par la structuration de mouvements comme les auberges de jeunesse. Le pouvoir a encouragé la participation des jeunes, par la pratique sportive ou des structures comme la Jeunesse au plein air.

 

Aujourd’hui, ces incitations passent par les conseils de jeunes ou encore par les dispositifs de participation aux établissements scolaires.

 

Avez-vous des exemples de bonnes pratiques locales qui pourraient être généralisées ?

 

Il n’y a pas forcément d’exemples types. La question de la participation des jeunes suppose de tenir compte des aspects formels et informels de celle-ci, en engageant une réflexion qui tiennent compte de toutes les catégories de jeunes qui participent. La promotion la plus efficace serait d’introduire de façon simultanée des instruments différents, prévoir à côté des outils formels, des consultations plus ponctuelles, pour une implication sur des projets plus ciblés, qui n’impliquerait ni une dynamique d’engagement sur le temps long ni la production d’un dossier écrit.

 

Au niveau des initiatives individuelles, quelles sont les domaines et les modalités d’action privilégiés ?

 

Il y a deux groupes d’activités. Ce qui va devenir formel : l’adhésion à une association, à un parti ou un syndicat. Les jeunes sont notamment très investis dans les domaines du sport, de la culture ou de la protection de l’environnement.

 

C’est ensuite plus difficile à cerner pour ce qui est de l’ordre de l’initiative individuelle. Des choses de la vie quotidienne sont perçues comme des engagements citoyens. C’est de l’ordre de la représentation de chacun, lorsque par exemple des jeunes disent que quand ils font telle chose cela est de l’engagement citoyen.

 

Il serait également intéressant de produire un début d’analyse sur l’usage des réseaux sociaux.

 

Quels seraient aujourd’hui les axes à développer pour encourager et améliorer la participation citoyenne des jeunes ?

 

Il faudrait d’abord avoir une réflexion sur les objectifs de l’appel à participation des jeunes, qui sont rarement clairs. Il faudrait ensuite introduire différents éléments de participation pour aller vers tous les jeunes, en allant du plus au moins formel, et évaluer ce que cela apporte aux jeunes. Il faudrait enfin aller voir comment ça se passe à l’intérieur de ces expériences, en ayant une réflexion sur le dialogue qui y est mis en place, sur les domaines de consultation (en ne se limitant pas aux domaines de jeunes) et sur l’usage qui est fait des recommandations des jeunes, de façon transparente, pour en assurer un suivi.

 

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