Toute jeune association, Sorbonne Gourmet rassemble des étudiants passionnés de gastronomie. A l’heure où Top Chef bat des records d’audiences, César Rivière, son co-fondateur, nous parle de saveurs mais surtout de partage, d’intégration et d’émotions.

 

Quelques mots sur le concept de l’association ?

 

Ma copine et moi sommes deux passionnés de cuisine et de gastronomie. Nous avons décidé d’aller plus loin que la rédaction d’un simple blog en imaginant Sorbonne Gourmet. J’ai participé ces derniers mois à des dégustations organisées par les association d’œnologie d’Oxford et de Sciences Po. Ces modèles m’ont beaucoup inspiré par la suite. Nous regroupons donc des gens passionnés comme nous qui ont la possibilité de rédiger des articles pour le site et participer aux ateliers que nous mettons en place. Aujourd’hui, nous convions nos membres à une dégustation de fromages et de vins. L’occasion de casser, au passage, le mythe du « vin rouge – fromage » en proposant quelques surprises.

 

La gastronomie que vous valorisez n’est pas qu’une question de goût…

 

Clairement ! Nous sommes mobilisés pour sensibiliser le public au goût et au bon. Mais pas que. La santé et l’économie des jeunes. Un thème assez large. En ce qui concerne la santé, nous partons du principe que la mal-bouffe ne part pas forcément du fast food. Personne, en France, n’en a une consommation quotidienne et massive. C’est un comportement résiduel. Tout commence par un sentiment de laisser-aller, de mauvaises habitudes prises en supermarché et de l’idée tenace que manger correctement coûte trop cher. Bien manger, c’est possible et ce n’est pas une ruine. Dans cet ordre d’idée, nous organiserons des visites de marché pour sensibiliser les participants aux produits de qualité et de saison. Nous accompagnerons cet axe par un effort éditorial dédié aux recettes du moment. Des choses que nous aurons trouvé sur le marché le matin même. Les gens doivent se rendre compte qu’ils ne sont pas forcément plus chers que les produits industriels. Nous voulons vraiment intervenir sur la base-même.

 

La gastronomie est-elle une affaire de génération ?

 

Je ne pense pas que nous soyons une génération « mal-bouffe » en comparaison de nos grand-parents qui représenteraient une génération de gourmets. Il ne faut pas stigmatiser les jeunes sur ce point. Durant les 30 glorieuses, les gens étaient vraiment plus imprégnés de l’esprit de consommation industrielle que nous. En revanche, nos grand-parents ont été confrontés à ce qu’on appelait l’économie domestique. Une manière de gérer au long cours l’alimentation. On a l’impression, aujourd’hui, qu’un petit plat mangé sur le pouce revient moins cher. Mais c’est faux.

 

Un concept comme Top Chef aide-t-il à faire parler de gastronomie ?

 

Dans un premier temps, je pense que tout ce qui va dans le sens de la gastronomie est positif ; Tant qu’on montre que c’est une culture et que ça demande du travail. Après, je pense que la gastronomie et l’oenologie demandent un investissement personnel et de la patience. On n’est pas dans l’instantané. Rien n’est donné sur un plateau. Il faut respecter des étapes, un apprentissage pour comprendre et apprécier un répertoire de goûts. Alors oui, c’est bien de donner accès à l’univers de la gastronomie, au travers d’une certaine culture populaire. Il ne faut pas que cela devienne un divertissement instantané qui fait oublier que la culture culinaire française est plus subtile et exigeante. Avec un minimum d’effort et d’investissement personnel, on peut connaître des émotions extraordinaires. Il faut oser apprendre de nouvelles choses.

 

Un dernier mot ?

 

Nous voulons porter un projet qui soit également empreint d’un esprit d’intégration. Les ateliers que nous organisons sont ouverts à tous, qu’il s’agisse d’étudiants de la Sorbonne et d’ailleurs. Nous convions également des étudiants internationaux à l’image des membres de Colombia Sorbonne pour partager l’univers et la finesse de la gastronomie française avec eux. Sans être snobes ou élitistes, juste ouverts. Et n’oublions pas que ces ateliers sont également un prétexte pour échanger, se rencontrer, créer du lien. C’est aussi ça la gastronomie, le plaisir partagé !

 

Par ailleurs, nous constituons progressivement un fonds solidaire grâce aux cotisations des membres. Ce fonds permettra d’offrir des places (ndlr : 11 euros pour les non membres et 10 euros pour les membres) dans les ateliers aux étudiants précaires.

 

Pour découvrir l’ensemble des projets de cette jeune structure, échappez-vous quelques instants pour visiter son site.

 

>> Découvrir le site de Sorbonne Gourmet


Crédits photo : Candice Yandam, la présidente, lors d’une dégustation organisée par l’association @Sorbonne Gourmet

 

 

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