Une sénatrice vient de déposer une proposition de loi axée sur les conditions d’accueil des étudiants internationaux. Cursus bilingues, simplification des démarches administratives et lutte contre la précarité des jeunes en mobilité… le projet aborde des questions centrales. Questions qu’ESN France traite au quotidien. Florian Chapey livre ses impressions sur le texte et son impact.

 

Dominique Gillot, sénatrice PS du Val d’Oise, vient de déposer une proposition de loi visant à améliorer les conditions d’accueil des étudiants internationaux. Son texte s’attaque notamment à la précarité des séjours ainsi qu’aux nombreuses procédures administratives. Une vision que partage Florian Chapey, le président d’ESN France. Selon lui, « l’accent doit avant-tout être mis sur la concrétisation d’une expérience et l’articulation d’une théorie assimilée et d’une pratique concrète.» Arguant qu’il n’est « ni dans l’intérêt des pays d’origine, ni dans le nôtre, de renvoyer chez eux les étrangers dès la fin de leurs études », la sénatrice propose notamment de prolonger l’autorisation provisoire de séjour en la faisant passer de six à douze mois et de supprimer la mention du retour au pays contraignant les étudiants internationaux à quitter la France directement après l’obtention de leur diplôme. Outre celle du retour, la sénatrice pose la question de la valorisation et de la concrétisation des cursus. Elle souhaite, en effet, donner un droit illimité au séjour aux titulaires d’un doctorat français. Cette disposition ayant, selon elle, « vocation à favoriser les échanges entre les pays d’origine et la France, permettant de développer une coopération économique continue, enrichissante, sans pillage des cerveaux des pays émergents ».

 

Les free movers au centre des débats 

 

Si certains points, à l’image de la mise en place de cursus bilingues, peuvent constituer une petite « révolution », Florian tient à tempérer et préciser que le dispositif ne concernerait pas tous les étudiants internationaux. Seuls les free movers – étudiants investis dans des parcours longs et représentés par 200 000 personnes dans l’hexagone – sont directement visés. Autre point de convergence, la simplification et l’allégement des démarches administratives voulues par la sénatrice résonnent comme une évidence pour le président d’ESN France. Les nombreuses formalités du système français étant généralement vécues comme une galère par les étudiants internationaux, « l’autorisation pluriannuelle de séjour évoquée dans le texte est intéressante car elle implique un pacte entre l’étudiant et l’établissement ». Enfin, la mise en place d’un droit illimité au séjour des titulaires d’un doctorat français paraît aller dans le bon sens. Florian y voir même la possibilité de cultiver un esprit de coopération entre les acteurs de la recherche française, européenne et mondiale.

 

ESN France est un réseau associatif fédérant les 24 associations Erasmus Student Network de France et plus de 400 bénévoles qui œuvrent pour l’accueil des étudiants internationaux. Au niveau européen, ESN International rassemble 391 associations et plus de 15000 bénévoles dans 36 pays d’Europe géographique.La démarche de l’association s’est forgée sur un principe simple : des étudiants aidant les étudiants. Du 8 au 10 mars, ESN France organisera une rencontre à Strasbourg avec son homologue allemand sur le thème du « social Erasmus ».

 

Pour en savoir plus sur les projets d’ESN France, connectez-vous sur le site de l’association : http://www.ixesn.fr/

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