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Constituer un réseau étudiant d'environnement : expériences nord-américaines et françaises
11 Janvier 2008 - EnvironnementSur le même thème9 décembre 2007
INTERVENANTS :
- Yann Louvel : Ancien coordinateur québécois de la Coalition Jeunesse Sierra
- Pierre-Olivier Franzini : Réseau des étudiants français pour l'environnement et le développement durable (REFEDD)ANIMATRICE
- Marie-Jeanne Charrier : secrétaire nationale à AnimafacL'EXPÉRIENCE NORD-AMÉRICAINE
Yann Louvel travaille actuellement aux Amis de la Terre. Il revient de quatre ans d'études au Canada durant lesquelles il a exercé, en 2006-2007, le rôle de coordinateur de la Coalition Jeunesse Sierra pour la province du Québec.
Historique.
Ce réseau national d'associations étudiantes est né voici 11 ans. Les étudiants œuvrant pour l'environnement et la justice sociale sur leurs campus se rendent alors compte qu'ils sont isolés et manquent d'outils. Ils se tournent donc vers une grosse ONG canadienne, la Coalition Sierra, pour lui demander l'autorisation de créer une branche jeunesse.
En 1999 ont lieu les premières rencontres nationales à Ottawa : le résultat est très satisfaisant et les étudiants décident de renouveler l'expérience annuellement. Ils créent une liste de discussion nationale leur permettant d'échanger, durant l'année, leurs expériences et bons plans.
En 2003, les étudiants décident d'aller plus loin en unissant leurs forces pour mener des bilans environnementaux sur les campus canadiens : ils créent, pour cela, un ensemble d'indicateurs communs. Ils demandent des subventions à des Fondations privées canadiennes et parviennent à recueillir assez de fonds pour créer des postes de coordinateurs pour chaque province. Le rôle de ces coordinateurs est de suivre l'actualité des campus de leur région, de coordonner leurs projets et de faire le lien avec le bureau national. Ils proposent, enfin, des bilans annuels des actions menées. La Coalition Sierra Jeunesse s'inscrit, de plus, dans divers réseaux internationaux comme le "défi climatique des campus".
Cette organisation permet aux projets de se développer très rapidement : sur les campus francophones, les étudiants sont ainsi parvenus à créer des antennes "développement durable" en moins de deux ans, alors qu'il n'existait aucune structure au départ.Réussites.
- Ils se sont aperçus que les universités adhérant aux projets menés par des étudiants finissaient souvent par engager ces derniers au sein de l'administration pour mener la démarche à son terme.
- De nombreuses universités ont créé des pôles "développement durable".
- Des comités multipartites impliquant tous les acteurs de l'université ont été créés pour gérer les projets de développement durable.
- Dans de nombreuses facultés, des "fonds verts" permettant de financer les projets, notamment étudiants, en faveur du développement durable ont été créées : sur certains campus, les étudiants ont voté, par référendum, pour qu'une partie de leurs droits d'inscriptions (1 % environ) soit allouée à ce fonds : cela permet de rassembler près d'un million de dollar !
- Certaines universités, enfin, ont été jusqu'à travailler sur la "culture de la durabilité" : des membres de l'administration parmi les plus motivés sont devenus, à la demande de la Coalition, des "ambassadeurs du développement durable". Leur rôle ? Gagner, de l'intérieur, l'adhésion de la direction de l'université aux valeurs du développement durable.Outils.
Pour permettre au réseau d'avancer, celui-ci s'est doté de plusieurs outils :
- Une liste de discussion nationale permettant à tous les étudiants mettant en œuvre un projet et souhaitant trouver des réponses pratiques de l'adresser à l'ensemble du réseau.
- Des rencontres annuelles nationales et régionales.
- Des comités, avec des conférences téléphoniques entre les différents coordinateurs.
- Un site Internet recensant les bonnes pratiques et les "histoires de réussite" racontant les projets qui ont marché.
En savoir plus : voir le site francophone du Groupe Jeunesse Coalition SierraDebby, étudiante canadienne en échange à l'ESC Rouen raconte l'une de ces "histoires de réussite", celle de l'université Concordia.
Le projet de développement durable a été lancé sur le Campus de Concordia il y a 5 ans par deux étudiants. Ils ont commencé par évaluer l'université en se servant des indicateurs mis à disposition par la Coalition Jeunesse Sierra. En 2006, le projet a réellement pris son essor grâce à l'implication d'un groupe de 4/5 personnes très actives. Deux groupes de travail ont été mis en place : un groupe développement durable et un groupe transports.
Ce groupe d'étudiant est parvenu a lancé un programme de co-voiturage sur le campus, à établir le tri sélectif, à créer une filière de compost, à proposer des assiettes réutilisables dans les selfs... Grâce à la "1% campaign" qui a permis qu'1% des droits d'inscriptions des étudiants soient alloués au financement de projets environnementaux, Concordia propose désormais un service de bus afin de se rendre d'un campus à un autre.En savoir plus :
- Le site du projet développement durable de Concordia
- Les projets menés dans les universités francophones de Montréal et SherbrookeUN RÉSEAU D'ÉTUDIANT FRANçAIS POUR L'ENVIRONNEMENT : PRÉSENTATION DU REFEDD
Le Réseau des étudiants français pour le développement durable (REFEDD) s'est constitué durant l'été 2007. Sa naissance a été proclamée officiellement le 24 octobre 2007, à l'occasion d'une réunion de la Conférence des grandes écoles (CGE) au secrétariat d'État à l'Écologie.
L'équipe compte actuellement 13 personnes. Ils seront 20 d'ici 2008. Le réseau devrait accueillir plusieurs volontaires civils pour l'année scolaire 2008. L'un des credo du REFEDD est la pluridisciplinarité : tous les profils sont les bienvenus.
Le REFEDD a déjà noué des partenariats avec les réseaux étudiants Animafac et Étudiants et développement, mais aussi avec l'AIESEC, Solar Generation, Planète D, Oïkos... Son siège se trouve à la Maison des Initiatives Étudiants à Paris. Le REFEDD s'est doté d'un site Internet servant de plate-forme de travail pour la création du réseau.Le REFEDD s'est fixé trois missions :
- L'organisation d'évènements nationaux et européens : notamment des rencontres nationales d'ici novembre 2008 et une journée "Stop voitures".
- La mise en place d'un portail permettant de faire passer des informations auprès des étudiants
- L'incitation à la création d'associations étudiantes œuvrant pour le développement durable à travers un soutien et une aide à la création.Pour remplir ces missions, le REFEDD s'est doté de plusieurs outils :
- Une base de donnée recensant les éco-fournisseurs, les structures étudiants et administrations œuvrant pour le développement durable, les projets et concours en France sur le développement durable.
- Un réseau de partenaires privés et publics, associatifs, public et privé : MEDAD, WWF, FNH, PNUE, Unesco, Campus responsables, Conférence des grandes écoles et des présidents d'université (CGE/CPU), etc. Le REFEDD, enfin, propose trois volets de service aux étudiants :
- Un volet expertise et conseil des membres du REFEDD pour soutenir les projets étudiants
- Des forums Internet permettant aux membres du réseau d'échanger entre eux
- Des offres d'emplois et de stages pour les étudiants.
L'adhésion au REFEDD se fait par le biais d'une CharteMarie-Jeanne Charrier précise qu'Animafac postule pour faire partie du Conseil d'Administration du REFEDD. Les statuts du réseau sont actuellement en discussion : les débats ont réuni plusieurs structures très diverses. Toutes souhaitent aboutir à des statuts permettant de dresser un cadre strict structurant le réseau, mais qui permette de conserver un espace de dialogue et ouvert d'assurer la liberté et l'indépendance de toutes les associations qui y adhèreront.
En savoir plus sur le REFEDD : www.refedd.org
Un tour de table est proposé aux associatifs présents afin qu'ils fassent part de leurs attentes par rapport à ce réseau en gestation. Résumé des principales attentes...
- Le réseau doit permettre de mutualiser les outils développés par chaque association
- Le rassemblement des associations étudiantes leur donnera plus de légitimité dans leurs actions et permettra de militer à un niveau national.
- Les étudiants pourront faire masse afin d'exercer une pression pour revendiquer des mesures sur des sujets aussi importants que l'éducation à l'environnement.
- Le réseau doit être un lieu d'échange de conseils et d'idées à travers des forums, des rencontres, etc.
- Le réseau doit être un lieu de ressources qui permette aux associations de rencontrer d'autres associations ainsi que des interlocuteurs pour répondre à leurs questions.
- Le réseau doit permettre d'identifier des pistes pour trouver des financeurs et donner des outils pour apprendre à monter des dossiers de subventions
- Le réseau doit recenser les actions des associations étudiantes sur le territoire
- Le réseau doit permettre de former les associations.... et des réserves.
- Les associations insistent sur la nécessité de préserver l'indépendance des associations étudiantes et la diversité des projets menés : uniformiser serait contraire à l'objectif du réseau.
- Il faut faire attention à ce que les bonnes pratiques listées n'influencent pas trop les associations et ne fasse pas de ces exemples une règle pour le monde associatif.
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