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Des génériques contre le paludisme
26 Juillet 2009Toutes les 30 secondes, il tue un enfant. Il est l’une des affections les plus meurtrières du monde. Il fait entre 1,5 et 2,4 millions de morts par an, dont la moitié sont des enfants de cinq ans.... Son nom : le paludisme. Sa définition : une maladie parasitaire transmise d’une personne à l’autre par les piqûres d’un moustique Anophèle femelle, qui a besoin de sang pour nourrir ses œufs.
On pensait, à l’origine, que cette maladie provenait des zones marécageuses, d’où le nom de paludisme dérivé du mot ancien palud, marais. Les scientifiques ne découvrent la véritable cause du paludisme qu’en 1880 : un parasite unicellulaire appelé plasmodium. Il existe quatre types de paludisme humain : le Plasmodium vivax, le Plasmodium malariae, le Plasmodium ovale et le Plasmodium falciparum. Les formes vivax et falciparum sont les plus courants. La dernière est la plus sévère et peut être mortelle.
Situation catastrophe en Afrique.
Des cas de paludisme sont recensés dans une centaine de pays, mais 90 % des malades viennent d’Afrique subsaharienne. Il est, selon l’OMS, la cause de 30 % à 50 % des hospitalisations sur le continent, et la première cause de mortalité chez les enfants africains.
Le paludisme falciparum est très répandu en Afrique subsaharienne où le taux de mortalité extrêmement élevé lui est en grande partie imputable. Des signes inquiétants témoignent de l’extension de ce type de paludisme à de nouvelles régions et de sa résurgence dans des zones où il avait été éliminé. Fin 2000, Médecins sans Frontières (MSF) lance une nouvelle alerte : la maladie a flambé dans les collines du Burundi, dans ces régions en altitude de l’Afrique des grands lacs qui étaient, jusqu’alors, épargnées. On estime à plus de 3,4 millions le nombre de cas, pour une population de 6,5 millions d’habitants.
Pourquoi une telle recrudescence ? Une première raison, indéniable, tient aux conditions de vie des populations du Sud : insalubrité, pauvreté, manque d’accès aux soins trop onéreux, faible développement des infrastructures, etc.
Les variations climatiques (El Nino a provoqué une épidémie de malaria au nord-ouest du Kenya en 1997), la pression démographique (occupation de terres impaludées autrefois inhabitées) sont également des facteurs explicatifs.
Enfin, et surtout, la mutation constante des parasites rend la quasi-totalité des traitements utilisés jusqu’à présent inefficaces : il existe une résistance générale de la forme Plasmodium falciparum aux antipaludiques traditionnels tels que la chloroquine, la sulfadoxine-pyriméthamine (SP) et l’amodiaquine. En réponse à l’augmentation de la résistance aux antipaludiques, l’OMS recommande, depuis 2002, aux pays qui observent une résistance aux monothérapies classiques, d’utiliser des associations thérapeutiques, de préférence celles contenant des dérivés d’artémisinine.
L’artémésinine, issue d’une plante chinoise, a largement prouvé son efficacité en Asie. Pour augmenter son effet, mais aussi retarder l’apparition de résistances, elles est administrée en association avec une autre molécule, SP, chloroquine ou amodiaquine : ce sont les ACT. Le 25 avril 2004, MSF lance la campagne “ Il est temps de passer aux ACT ” à l’occasion de la 4e Journée africaine du paludisme. L’objectif est de généraliser leur utilisation par les protocoles de santé nationaux, d’augmenter leur production et de baisser leur prix.
Six fois trop cher.
Malheureusement, ce médicament produit en faible quantité, est encore trop cher. Alors qu’un traitement de première ligne chloroquine, ou SP, coûte entre 0,2 et 0,5 dollars ; un traitement ACT oscille entre 1,2 et 1,4 dollars, soit cinq à six fois plus cher. Si les grandes villes des pays ayant adopté le protocole des ACT ont accès aux traitements, ce n’est pas le cas des régions les plus isolées.
Dans un article daté du 25 avril 2006, MSF dénonce l’absence de soutien technique des institutions internationales aux ministères de la Santé des pays en voie de développement touchés par l’épidémie. Près de 40 pays africains ont adopté les ACT comme protocole national contre le paludisme, les traitements sont disponibles mais les moyens font défaut : manque de soutien technique à la mise en place des traitements dans les structures de santé, absence d’expertise sur le terrain pour améliorer le diagnostic du paludisme et son traitement, etc. Outre le problème de l’accès aux médicaments pour les pays pauvres, se pose celui du rôle des bailleurs de fonds en tant que coopérateurs de développement. Une assistance technique apportée par les pays donateurs est indispensable en plus d’un renforcement des capacités des pays du Sud.
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