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Etudier en prison
24 Janvier 2008 - CitoyennetéSur le même thèmeL'accès à l'enseignement est un droit fondamental des détenus, figurant dans les textes réglementaires. L'enseignement est assuré dans tous les établissements pénitentiaires. L'obligation scolaire est de règle pour les moins de 16 ans et une démarche incitative est adoptée vis à vis des mineurs de 16 et 17 ans et des jeunes détenus. Les détenus qui ne savent ni lire, ni écrire ou calculer couramment bénéficient prioritairement de cet enseignement. Les autres détenus doivent y être admis sur leur demande
Des dispositions plus récentes concernant l'enseignement ont pris effet en 2005, par la mise en place de réductions de peine supplémentaires en cas de succès à un examen scolaire ou en justifiant de progrès réels dans le cadre d'un enseignement ou d'une formation.A LIRE
- Etudes à perpet de Laurent Jacqua. "Dans la série des « interviews interdites » voici celle de Thierry, l'un des 520 détenus français condamnés à perpétuité, qui a bien voulu répondre à quelques questions concernant ses études."
- La culture ouvre une porte en prison, de Respect Mag.La rentrée 2006.
Depuis 1963, l'enseignement en milieu pénitentiaire est assuré essentiellement par des enseignants de l'éducation nationale. A la rentrée scolaire de septembre 2006, 5 nouveaux postes avaient été créés portant à 422 le nombre d'enseignants affectés à temps plein en prison auxquels s'ajoutent un millier d'enseignants vacataires qui interviennent en heures supplémentaires.
Au total, 12 718 heures de cours ont été dispensés chaque semaine au cours de l'année scolaire. Le nombre moyen d'heures d'enseignement pour 100 détenus s'élève à 21.4 heures (21.3 en 2005 ; 20.9 en 2004).
La progression de l'encadrement s'inscrit dans une évolution constante depuis la création des unités pédagogiques régionales (UPR), par la convention de 1995, qui a permis de structurer l'enseignement des premier et second degrés dans toutes les régions pénitentiaires.Les chiffres de l'enseignement en 2006.
En 2006, 24% de la population pénale a participé aux activités scolaires. En flux annuel, 46 775 détenus ont participé aux activités scolaires contre 43 528 en 2005, soit une hausse de 7.5%.
- 28 113 (60.1 %) ont suivi une formation de base - alphabétisation, lutte contre l'illettrisme, français langue étrangère, remise à niveau ou préparation au Certificat de Formation Générale (niveau 5 bis) -
- 13 745 (29.4%) ont préparé les diplômes de niveau 5 (CAP - BEP, Brevet)
- 4 102 ( 8.8%) ont préparé les diplômes de niveau 4, baccalauréat ou diplôme d'accès à l'université.
- 815 ( 1.7%) étaient inscrits dans l'enseignement supérieur.L'enseignement à distance
Des cours par correspondance, qui offrent une réponse adaptée à des besoins individualisés ou spécialisés de formation, sont également proposés aux détenus. Ainsi, 5 034 détenus ont suivi des cours par correspondance en 2006 :
- 57% avec l'association Auxilia
- 19% avec le CNED (centre national d'enseignement à distance)
- 24% avec d'autres organismesLa validation des acquis Les diplômes.
6 138 détenus se sont présentés à un examen scolaire ou universitaire. 4 700 ont été reçus complètement (76.5%) et 5% partiellement :
- 3 707 au CFG (certificat de formation générale)
- 331 à un CAP ou un BEP
- 472 au diplôme national du brevet
- 48 au baccalauréat
- 96 au DAEU (diplôme d'accès aux études universitaires)
- 46 à un diplôme de l'enseignement supérieurLes autres modes de validation
On note la pratique de plus en plus répandue de nouvelles formes de validation comme le brevet informatique et Internet (B2I), l'attestation de sécurité routière (ASSR), le diplôme de compétences en langues (DCL), et la présentation à des examens par la validation des acquis d'expérience (VAE). Ainsi en 2006 :
- 1 206 personnes ont obtenu le B2I (dont 125 mineurs)
- 483 reçus à l'ASSR (dont 381 mineurs)
- 250 au code de la route (dont 3 mineurs)
- 48 au DCL
- 60 personnes ont obtenu un diplôme par la VAE.Le livret d'attestation des parcours de formation
Toutes les personnes scolarisées qui ont fait de réels progrès ne peuvent pas toujours être présentées à une validation soit parce qu'elles sortent avant les épreuves soit parce qu'elles ne sont pas au niveau exigé. La démarche du livret d'attestation répond au souci de reconnaître et de valider les acquis des personnes détenues afin de faciliter leur future réinsertion.
16 922 livrets ont été tenus en 2006 (15 621 en 2005).Les associations
Des associations de bénévoles assurent par ailleurs des actions de soutien pédagogique et des activités culturelles auprès de petits groupes de détenus.
- le "club informatique pénitentiaire" (CLIP), fondé en 1985, développe l'initiation et la formation à l'informatique. et à la programmation ;
- le "Groupement étudiant national pour l'enseignement aux personnes incarcérées (GENEPI) assure depuis 31 ans, au coté des professionnels de l'éducation nationale et des personnels socio-éducatifs, des séquences d'enseignement général à titre individuel ou collectif et diverses activités socioculturelles et sportives.
- l'association Auxilia, fondée en 1929, propose des cours gratuits par correspondance et un accompagnement individualisé aux personnes détenues.Le projet des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM)
Le projet EPM s'est développé, en 2006 pour préparer l'ouverture des premiers établissements pour mineurs. L'organisation du service d'enseignement prend en compte les objectifs fixés par la LOPJ de 2002, d'un enseignement en moyenne de 20 heures par semaine sur une année scolaire portée de 36 à 41 semaines. Il intègre une dimension d'enseignement technique avec 2 ateliers par EPM.
Un personnel de direction de l'éducation nationale, adjoint au directeur de l'EPM est nommé directeur du service de l'enseignement. Il organise et anime l'unité locale de l'enseignement dans chaque EPM en tenant compte des contraintes et des objectifs propres à ce type d'établissement et de public.
Afin de répondre au mieux aux besoins de chaque jeune, l'enseignement s'adresse à de groupes de six en moyenne.
Tous les niveaux de formation doivent pouvoir être dispensés, des formations de base (alphabétisation, illettrisme et français langue étrangère) aux formations générales du second degré (préparation CAP-BEP, brevet ou bac) avec un encadrement premier degré spécialisé et un encadrement second degré.
Pour assurer un bilan et un suivi facilitant la rescolarisation, la poursuite de la formation ou l'accès à l'emploi, il peut être fait appel à des conseillers d'orientation - psychologue et à la mission générale d'insertion de l'éducation nationale.Le programme de lutte contre l'illettrisme.
L'illettrisme est un des phénomènes massifs d'exclusion dans notre société ; il est encore aggravé par les conditions de vie en prison. C'est un obstacle essentiel à la réinsertion sociale et professionnelle de ceux qui en sont victimes. Il importe donc de travailler activement avec les détenus illettrés en identifiant cette population à haut risque, dans un esprit de discrimination positive. La lutte contre l'illettrisme constitue une des priorités de la politique de réinsertion de l'administration pénitentiaire. La lutte contre l'illettrisme s'appuie sur un partenariat fort avec le service public de l'enseignement qui est présent de façon permanente en prison et compétent en matière de diagnostic et de traitement.
Le repérage des personnes illettrées existe depuis 1995. En 2006, il s'est opéré dans 166 sites pénitentiaires auprès de 48 235 personnes. Ce repérage démontre que la population détenue est globalement en très grande difficulté.
- 3.8 % des personnes sont non francophones. Pour les francophones, sur le plan des compétences en lecture,
- 12.3% sont en situation d'illettrisme grave ou avéré au regard du bilan lecture
- 12.9 % échouent au test du fait de difficultés moindresLes réponses pédagogiques apportées aux publics en difficulté
Le défi pédagogique au niveau des formations de base tient à la fois à l'ampleur des difficultés d'apprentissage des personnes, au volume d'heures hebdomadaire restreint, à une durée de formation en moyenne courte et à une motivation friable.
Il s'agit de convaincre ces personnes, dès l'accueil et lors du repérage, de l'intérêt à venir en classe tout en leur démontrant qu'elles sont encore capables d'apprendre, ce dont elles sont rarement convaincues.
Pour mener à bien des apprentissages tardifs, il est indispensable de mettre en œuvre, sur des durées souvent restreintes, des approches et démarches pédagogiques motivantes privilégiant les secteurs de compétences dans lesquels les personnes sont en très grande difficulté.
Pour relever ce défi et assurer les formations de base, il faut des enseignants spécialisés ou ayant l'expérience en formation d'adultes.
En plus de leur spécialisation, ces enseignants se voient proposer en milieu pénitentiaire des formations régulières sur différents outils qui sont expérimentés et diffusés. Plusieurs unités pédagogiques régionales ont conçu, avec l'aide des inspections de l'éducation nationale et des instituts universitaires de formation des maîtres, des plans pluriannuels de formation des formateurs fondés sur une analyse des besoins de leur région.Source : Bilan enseignement 2006 publié en juin 2007 par l'Administration Pénitentiaire.
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