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      Pour permettre aux jeunes de prendre la parole durant l’élection présidentielle, l'association Jets d'encre, l'Etudiant et Animafac lançaient en septembre 2011 le blog « 2012 est à vous ». La présidentielle passée, Marie Camier, animatrice du blog, revient pour nous sur le développement de ce premier espace d'expression citoyenne dédié aux 16-25 ans ; un espace visité par près de 9000 internautes chaque mois. Elle nous confirme par ailleurs que le blog continuera jusqu’à la fin des élections législatives.   Marie, après (...)

     
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      Organisée par la Fondation Fondaterra et SFR, la troisième édition du Challenge Green TIC Campus vient de livrer son verdict. Une édition marquée par le projet Climat-Drone qui remporte pas moins de trois prix, une grande première symbolisant l'engouement qu'il a suscité auprès du jury. Partenaire de cette nouvelle édition, Animafac était représenté au sein du jury (...)

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    Fiche 44 : Mener une action environnementale de solidarité Internationale

    9 Janvier 2008
    Par Elsa Perez
    Sur le même thème
    • Fiche 5 : Organiser un évènement de sensibilisation à l'environnement
    • Fiche 6 : Mon paysan de quartier. Créer et animer une AMAP
    • Fiche 17 : Monter une action d'éducation au développement

    Les pays du Nord sont les principaux responsables des problèmes environnementaux, les pays du Sud en sont les premières victimes. Une injustice face à laquelle votre cœur de jeune associatif étudiant ne saurait rester de glace. Avant de sauter dans le premier avion pour mener campagne sur le terrain, prenez néanmoins quelques instants pour lire cette fiche pratique. Car pour être efficace, une action de solidarité internationale doit se préparer, avec le soutien de partenaires locaux et cette question en tête : ne suis-je pas plus utile en agissant ici que là-bas ?

     


    1) CONSTRUIRE SON PROJET


    Identifier une problématique


    Sécheresse, déforestation, pollution... Les problèmes environnementaux ne manquent malheureusement pas au Sud. Par où commencer ? Un projet à l'international est bien souvent la rencontre d'une envie, de compétences, mais surtout de liens avec un partenaire local...

     

    Vous avez une passion

    Fan de conifères, vous nourrissez un amour sans bornes pour les espaces boisés ? Ça tombe bien, la reforestation est un enjeu important, planter des arbres dans les régions qui en ont été délestées permettant, notamment, de réhabiliter les sols. Votre hobby peut donc servir de point de départ à une action de solidarité internationale... À condition que vous trouviez les partenaires locaux qui pourront vous aider à préciser votre projet, repérer les zones à reboiser, identifier les espèces à planter, trouver un pépiniériste sur place, etc.

     

    Vous avez des compétences

    Photovoltaïques, biomasse, éoliennes... Les 1 001 énergies renouvelables n'ont pas de secret pour vous. Votre expertise peut être très utile à des populations que la pauvreté pousse à adopter des expédients plutôt qu'à se tourner vers des voix durables. Quelle que soit votre maîtrise de la problématique, ne faites pas, là non plus, l'économie des conseils d'un partenaire local qui vous expliquera comment adapter vos solutions techniques aux besoins humains d'une communauté bien différente de la vôtre.


    Vous avez un partenaire

    Rencontré par le biais de vos études, de votre activité associative ou de hasards et coïncidences variés, il vous a convaincu de la nécessité d'agir dans une région qu'il connaît bien. Ce premier contact est un excellent point de départ puisqu'il vous permet de disposer d'un solide appui local, ce qui est la partie la plus difficile à construire. Assurez-vous, dès le départ, que vous êtes bien sur la même longueur d'onde : les projets de solidarité internationale sont parfois perçus uniquement comme un moyen d'obtenir de l'argent, ce qui peut biaiser les rapports.


    Cerner les enjeux locaux


    Identifier un partenaire solide

    Vous aurez noté avec quelle subtile insistance revient, dans les paragraphes qui précèdent, la notion de « partenariat local ». Un projet de SI ne se mène jamais seul : un interlocuteur solide, avec lequel ont été nouées des relations solides, est la condition sine qua non du succès.
    Sur Internet ou en interrogeant des ONG travaillant sur le terrain, repérez les structures auxquelles vous pourrez vous associer. Une association déjà organisée et instituée est l'idéal, mais il peut aussi s'agir de villageois motivés, voire d'une seule personne dont la légitimité et l'enthousiasme suffiront à porter le projet.
    Les relations avec ce partenaire constituent souvent le principal investissement en temps. Des contacts fréquents et réguliers par mail, voire par téléphone, sont essentiels pour nouer des liens de confiance et vous comprendre mutuellement. D'autant que les différences culturelles rendent parfois ces rapports difficiles : si vous lui posez une question à laquelle on répond par « oui » ou « non », un Africain vous contredira rarement... Ce qui ne signifiera pas forcément qu'il adhère au projet. Ces discussions vous permettront de mieux cerner les attentes locales et de proposer une démarche qui y réponde.

     

    Appréhender les attentes locales

    S'attaquer aux richesses naturelles d'une communauté, modifier ses coutumes d'approvisionnement ou d'accès à l'énergie, touche à des enjeux humains délicats. Il est nécessaire d'intégrer cette dimension dans l'élaboration de votre projet : préserver l'environnement, c'est bien, mais pas au détriment des besoins vitaux de la population qui en dépend.
    Première évidence : la sensibilisation a moins d'impact dans les pays en développement. Si des communautés détruisent leur environnement, ce n'est souvent pas par choix, mais parce qu'elles n'ont pas d'autres alternatives : quand irriguer des terres pour les cultiver constitue la seule source de revenu, qui se soucie de savoir s'il épuise les ressources en eaux ? Si vos solutions écologiques n'apportent pas des réponses sociales et économiques, elles ne trouveront pas beaucoup d'écho.
    Ne négligez pas les intérêts politiques ou financiers locaux : si une usine polluante a été installée à proximité de la rivière du village, c'est peut-être que quelqu'un y avait intérêt. Le savoir vous aidera à comprendre les motivations de vos interlocuteurs et à repérer les terrains minés.


    Évaluer sa plus-value


    À toutes les phases de votre projet, posez-vous cette question difficile, mais essentielle : votre projet est-il vraiment utile ? Bien souvent, d'autres ONG agissent déjà sur le terrain. Cela ne signifie pas que votre association ne puisse pas apporter son grain de sel, mais afin de ne pas vous court-circuiter, tenez-vous au courant de leurs actions et discutez de la répartition des tâches. Une association installe une usine de biomasse dans un village ? Proposez un formation à ceux qui la géreront au quotidien...
    Interrogez-vous également sur l'utilité de vous rendre sur place. Certes, voyager et voir concrètement les résultats de son projet est très gratifiant et permet de réaffirmer son implication locale. Mais au-delà de cette récompense personnelle, votre déplacement (très coûteux en CO2 ) vaut-il vraiment la peine ? De nombreuses actions peuvent être menées depuis votre quartier général hexagonal. En recueillant des dons pour planter des arbres dans le cadre de la campagne « Plantons pour la planète », vous serez plus utile qu'en vous déplaçant physiquement pour bêcher ! De même, une campagne d'opinion pour alerter sur les problèmes environnementaux du Sud peut s'avérer bien plus productive qu'une action de terrain.
    Que vous décidiez de rester ou que vous soyez fermement convaincu de la nécessité de partir, votre projet, une fois concrétisé, se déroulera sur deux continents. Là-bas, vos partenaires et vous auront à mettre en œuvre les actions décidées. Ici, vous devrez vous atteler à la recherche de financements, l'élaboration de solutions techniques, la médiatisation et la sensibilisation...

     

     

    2) AGIR LÀ-BAS

     

    Clarifier les missions avec le partenaire


    Même si vous êtes à l'origine du projet, ce sera à votre partenaire de mener l'action et de la faire vivre. Il est donc important de ne pas vous présenter comme la tête pensante, le reléguant dans le rôle du simple exécutant. Si vous voulez que le projet soit pérenne, il doit se l'approprier au point d'en prendre les rennes lorsque vous et votre asso auraient quitté les bancs de la fac. Le projet se construisant à deux, il est nécessaire de définir clairement ce qu'il appartient à chacun de faire. à lui, par exemple, de récolter la moitié des fonds, de gérer la logistique et d'obtenir les autorisations administratives. à vous, de trouver les solutions techniques et l'autre moitié des fonds.
    Une fois ces tâches listées et validées par votre partenaire, consignez-les par écrit. Un rétroplanning des tâches à effectuer, même s'il n'est pas respecté à la lettre, permet de fixer des points réguliers pour suivre l'évolution du projet, malgré la distance.

     

    Associer la population

     

    Demander une participation, même symbolique, à la population locale peut être une bonne solution pour l'impliquer. En vous confiant cette somme, ils réalisent un investissement de long terme qui vous prouve qu'ils jugent que le projet peut leur apporter des bénéfices et que sa pérennité leur importe.
    Si la population est réticente, faites lui valoir qu'il s'agit, pour elle, d'une garantie d'indépendance, face à l'État, mais aussi par rapport à vous : si vos rapports se compliquent, cet investissement leur permettra de réclamer légitimement la paternité du projet.

     

    Et partir, si le cœur vous en dit


    À combien on part ?

    Vous jugez que votre présence sur place peut apporter un plus au projet ? Faîtes vos valises...Mais attention, même si les 40 membres de l'association meurent d'envie de partir à la rencontre d'un partenaire dont ils ne connaissent que la voix, débarquer en colonie est fortement déconseillé. à trois ou quatre vous serez plus facilement accueillis par la population qui prendra le temps de vous connaître et acceptera même, peut être, de vous loger.

     

    Le planning


    Entre études et examens, vous n'aurez sans doute pas de plus de deux mois pour aller tâter le terrain. Cet emploi du temps serré vous obligera à prévoir un planning béton. Un impératif d'autant plus nécessaire que c'est souvent sur cette base que se feront vos financements (déplacements, frais quotidiens...).
    Prévoyez au minimum deux semaines d'adaptation. Elles vous permettront de vous acclimater aux coutumes locales : la théorie est souvent bien différente de la pratique ! Pensez également à vous réserver une semaine « d'échange culturel » avec la population : dîners, photos de votre vie hexagonale... Tous ces petits gestes permettent d'établir confiance et proximité.
    Profitez de ces instants de détente : le reste du séjour risque de ne pas être de tout repos ! Entre les rendez-vous avec les administrations et les partenaires techniques, le travail de terrain et la logistique, vous ne chômerez pas. Prenez néanmoins le temps de tenir un carnet de bord qui vous permettra, à votre retour, de dresser un bilan du séjour.
    Enfin, ne soyez pas pressé : fixer une réunion, acter des décisions, obtenir des résultats prends du temps, et vous ne verrez pas toujours les choses avancer durant votre séjour. Cela ne signifie pas que votre déplacement s'est soldé par un échec. L'important est d'instiller une dynamique et de donner vie à la démarche.

     

    La bonne attitude

    Durant votre séjour, adoptez un profil bas : vous n'êtes pas là pour diriger les opérations, mais pour prêter main-forte au partenaire qui a monté le projet sur le terrain tout au long de l'année. Laissez-le vous guider sans pour autant perdre de vue vos objectifs. Pas question de vous laisser marcher sur les pieds si vous vous apercevez qu'il y a eu tromperie : ne reculez pas devant une explication, même mouvementée, si cela peut permettre de repartir d'un bon pied. Inutile cependant d'aller à la confrontation avec un interlocuteur qui ne croit pas au projet : identifiez vos soutiens et détracteurs et n'hésitez pas à confier vos états d'âmes au premier, qui saura sans doute vous aider à démêler la situation.

     


    3) AGIR ICI


    Trouver des financements


    Même si votre projet ne se résume pas à jouer les bailleurs de fonds, trouver des sous fera néanmoins partie de votre mission.
    Sollicitez votre collectivité territoriale : régions et départements subventionnent souvent des projets de solidarité internationale, à condition d'avoir des partenariats avec la zone concernée. Renseignez-vous sur les liens existant entre votre pays de destination et votre ville (jumelages, coopération décentralisée...). S'il n'en existe pas, rien n'est perdu, mais misez sur la fibre écologiste de votre interlocuteur plutôt que sur la solidarité avec les pays du Sud.
     

    À travers le programme « Jeunesse et solidarité internationale », le ministère des Affaire étrangères propose des subventions pour les projets permettant à jeunes du Sud et du Nord de se rencontrer. À savoir : si les échanges inter-communautaires sont largement plébiscités, les actions de collecte et de distribution de dons sont systématiquement refusées.
    Autre bailleur de fonds important : l'Union Européenne. Si vous n'avez pas le temps de remplir ces dossier lourds et complexes et que vous sentez votre partenaire assez solide, demandez-lui de s' y coller. Les demandes sont souvent plus considérées quand elles viennent des pays eux-mêmes que de jeunes européens.
    Enfin, le caractère environnemental de votre action vous permet d'aller démarcher tous les acteurs finançant des projets verts. (voir la partie « Ressources »)

     

    Construire des solutions durables


    Il existe des méthodes peu coûteuses pour épargner l'environnement sans limiter les ressources énergétiques ou l'activité agricole de la population, il suffit simplement de savoir lesquelles. Allez voir ce qui se fait dans les régions souffrant des mêmes problèmes. Leurs expériences vous seront très utiles.
    Des associations étudiantes ayant mené des projets similaires pourront également vous faire part de leurs astuces. Pour les rencontrer, rendez-vous aux rencontres nationales d'Animafac. Contactez également le réseau des associations étudiantes de solidarité internationale, Étudiants et développement (E&D).
    Les connaissances théoriques apprises sur les bancs de la fac pourront, enfin, vous être d'un précieux secours. Votre projet est l'occasion de mettre en pratique, sur des cas concrets, les techniques apprises pendant vos études. Toutes les associations ne sont cependant pas issues de filières d'ingénieur ou d'environnement et, même dans ces cas là, il n'est pas évident de trouver toutes les réponses. Démarcher des experts qui sauront vous donner des pistes pour votre projet apparaît donc comme une démarche supplémentaire nécessaire.

     

    Médiatiser et sensibiliser


    Rendre compte publiquement et médiatiquement, de votre projet est capital. C'est par ce biais que vous alerterez l'opinion publique sur les difficultés environnementales des pays du Sud. Pour utile qu'il soit, votre projet ne résoudra pas en un coup de baguette magique les désastres écologiques de la région. En sensibilisant, en montrant ce qui peut être fait sur le terrain, vous pouvez en revanche lancer une dynamique qui permettra de multiplier ce type d'actions.
    Cette sensibilisation peut prendre la forme d'un événement durant lequel vous présenterez votre projet, au travers d'une exposition ou d'une conférence. Ouvrez plus largement le débat sur la question environnementale qui vous occupe à travers des débats, des projections, etc.
    Outre les étudiants et journalistes, n'oubliez pas d'inviter vos partenaires financiers : ce sera, pour eux, l'occasion de faire valoir leur participation et d'obtenir un rendu concret d'une action qui, menée à des kilomètres de là, leur paraît peut être un peu fantasmagorique.

     

    Pour en savoir plus sur l'art de sensibiliser à la SI, reportez vous au guide co-édité par Animafac et E&D à l'occasion de la Semaine de la Solidarité Internationale.

    Télécharger l'article en PDF


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