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      2012 est à vous : prends la parole !

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      Pour permettre aux jeunes de prendre la parole durant l’élection présidentielle, l'association Jets d'encre, l'Etudiant et Animafac lançaient en septembre 2011 le blog « 2012 est à vous ». La présidentielle passée, Marie Camier, animatrice du blog, revient pour nous sur le développement de ce premier espace d'expression citoyenne dédié aux 16-25 ans ; un espace visité par près de 9000 internautes chaque mois. Elle nous confirme par ailleurs que le blog continuera jusqu’à la fin des élections législatives.   Marie, après (...)

     
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      Challenge Green TIC Campus : et le grand gagnant est…

      Organisée par la Fondation Fondaterra et SFR, la troisième édition du Challenge Green TIC Campus vient de livrer son verdict. Une édition marquée par le projet Climat-Drone qui remporte pas moins de trois prix, une grande première symbolisant l'engouement qu'il a suscité auprès du jury. Partenaire de cette nouvelle édition, Animafac était représenté au sein du jury (...)

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    Fiche 56 : Organiser une projection-débat

    22 Octobre 2010
    Par Ana Lutzky
    Sur le même thème
    • Fiche 3 : Organiser une manifestation artistique dans un espace public
    • Fiche 4 : Organiser un concert
    • Fiche 36 : Monter un atelier artistique

    Vous avez toujours rêvé de réaliser des oeuvres cinématographiques poignantes sur les choses qui ne tournent pas rond sur notre planète ? Ne vous emballez pas, le chemin risque d’être long. Organiser une projection autour d’un sujet qui vous tient à coeur peut néanmoins - et c’est déjà pas mal - permettre de sensibiliser un large public de manière moins formelle qu’une conférence. Quelques conseils pour faire briller les projecteurs...

     

     


    1/ Choisir le programme de sa projection

     

    Tout d’abord, il va falloir passer un peu de temps à trouver votre spécificité (vous ne pensiez pas vous en tirer à si bon compte !). Qu’avez-vous envie de défendre ? En quoi est-ce distinctif par rapport à tout ce qui se fait déjà en termes de cycles de projection ciné ? Thèmes traités, formes de films, éléments qui entoureront la projection : une fois que vous aurez trouvé votre fil rouge, ces aspects se déclineront naturellement.

     

    L’association Les yeux dans le monde, à Paris, a par exemple choisi des critères de sélection précis pour ses projections mensuelles « Cinéscales » : elle propose des documentaires de création relativement atypiques sur la forme, et soulevant des questions sociales ou politiques sur le fond.  

     

    Sur cette base, un cycle cohérent de projections peut être construit. Vous pourrez ainsi monter une série autour d’un journal intime filmé (comment dit-on « je » dans un documentaire ? Comment partage-t-on des retrouvailles familiales ?), autour des questions d’exil et de migration (exprimer par l’image l’attente, la clandestinité, le déplacement...), voire même proposer des thèmes assez accrocheurs : une série autour du goût, de la cuisine et des épices permet par exemple de faire voyager le spectateur et de le plonger dans la diversité culturelle via son estomac... !

     

    Vous gagnerez aussi à identifier les publics auxquels vous avez envie de vous adresser : un quartier ? Des enfants ? Des étudiants ? Plusieurs générations? Des populations différentes ? Dès lors, vous pourrez mieux cibler le lieu et la forme de votre projection.

     

    Une fois ce premier pas fondateur accompli, chers lecteurs, il est désormais temps de choisir votre camps. Si, et seulement si, vous avez décidé de projeter un film réalisé de vos blanches mains, reportez-vous au paragraphe qui suit. Si, à défaut d’être un Fellini, vous avez quand même prévu de vous lancer dans l’organisation d’une projection et recherchez des supports, rendezvous au paragraphe numéro deux. Enfin, tous les participants sont invités à jeter un oeil au paragraphe trois.

     

    PROJETER SON PROPRE FILM


    Rien ne vous interdit de projeter votre oeuvre un beau matin et sans autre forme de procès. A priori, vous aurez su éviter l’écueil du sujet « bidon », ou du film de vacances qui n’intéresse personne (ça s’est vu, si si) ! Néanmoins, façon old school, nous vous aurions conseillé de protéger votre film-reportage d’un plagiat en le déclarant à la SACD ou SCAM : le dépôt se fait auprès de la SACD pour les fictions (société des auteurs et compositeurs dramatiques, www.sacd.fr) et de la SCAM pour les documentaires (société civile des auteurs multimédia, www.scam.fr). Il vous en coûtera 46 euros pour 5 ans dans le cas de la SACD. A la SCAM, le dépôt coûtera 15 euros pour deux ans et 30 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne physique ; 76 euros pour deux ans et 152 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne morale.

     

    Mais un associatif fana de logiciels libres nous a exposé sa vision des choses : beau raisonnement que celui de se protéger contre les usurpateurs... Le film que vous aurez préparé pendant des semaines ou des mois, en y mettant du coeur et de l’argent, aura le privilège de mourir lentement au fond d’un carton en espérant qu’un potentiel utilisateur vous le réclame. Qui viendrait vous réclamer un film qu’il n’a pas vu et dont il n’a pas forcément entendu parler ? Tant de travail sur le reportage, d’investissement humain et de conviction méritent meilleur sort, non ?

     

    Aussi, si vous souhaitez partager votre vision du monde et la diffuser auprès d’un public toujours plus nombreux en espérant le sensibiliser à votre cause, laissez circuler la vidéo sur le net et faites-en la plus grande publicité possible au lieu de la cloisonner. De cette manière il y aura une certaine cohérence entre les enjeux de sensibilisation du grand public et l’exploitation de la vidéo. Quant à la potentielle récupération à but commercial par un tiers, de formidables outils juridiques appelés licences libres permettent de concilier libre circulation, preuve de paternité et rémunération de l’auteur en cas d’utilisation commerciale (les licences CC-by-nc en font partie).

    Plus d’infos sur http://fr.wikipedia.org/ wiki/Licence_libre

     

    PROJETER LE FILM D'UN AUTRE


    On ne va pas vous refaire un speech sur les méfaits du piratage, surtout lorsqu’il s’agit d’une projection publique, mais on le pense très fort. Reste maintenant à jeter votre dévolu sur un film. Rien ne vous interdit de projeter pour la trente-huitième fois dans votre ville « Une vérité qui dérange » pour sensibiliser au changement climatique. Mais vous pouvez aussi choisir de sortir des sentiers battus et cibler un film très polémique ou très peu vu : toute invitation à sortir des classiques déliera les langues et marquera les esprits. La maison du documentaire de Lussas en Ardèche, temple du genre, regorge par exemple d’oeuvres très peu diffusées et qui valent le détour. Son catalogue, à jour, et sa vidéothèque devraient faire votre bonheur. En leur passant un coup de fil, vous pouvez même souvent obtenir les droits de diffusion.

     

    De manière générale, lorsque vous repérez un film qui vous intéresse, prenez le réflexe d’écrire à celui qui l’a produit pour lui signifier votre envie de le projeter : tout finit par se savoir. Si ce film est autoproduit, vous pouvez trouver un arrangement à l’amiable avec le réalisateur, voire obtenir une cession de droits à titre gracieux. Néanmoins, si votre association a un peu de budget, elle peut décider de le soutenir et de récompenser son courage pour s’être lancé sans filet : 150 voire 200 euros sont en moyenne le tarif de location pour une projection d’une heure et demie. Face à des sociétés de production, vous pouvez toujours tenter de négocier, mais gardez en tête que ces dernières se battent souvent pour défendre des films exigeants, et qu’elles ont donc aussi besoin d’être soutenues. Budgétez également à l’avance, le cas échéant, le défraiement et le transport du réalisateur venu assister au débat.

     

    Vous pouvez enfin chercher votre bonheur parmi les films réalisés par des associatifs. Parce que les bons comptes font les bons amis, il est, dans ce cas, fortement conseillé de formaliser le partenariat que vous établirez avec ledit réalisateur, par exemple par le biais d’un contrat écrit stipulant les conditions dans lesquelles vous aurez la possibilité d’exploiter son support vidéo.

     

    ORGANISER UN DEBAT

     

    Vous pouvez, bien sûr, vous contenter de projeter le film puis laisser votre public repartir dans la nature. Il peut néanmoins être intéressant de faire suivre cette projection d’un débat invitant les spectateurs à discuter de ce qu’ils ont vu. Si ce film est le vôtre, ou que vous vous sentez la capacité de répondre aux questions du public, ce débat peut prendre la forme d’une discussion entre participants autour d’un thème donné ou simplement en réaction au film. Si vous considérez que les échanges méritent les lumières d’experts ou de parties prenantes, il vous faudra alors prendre contact avec les interlocuteurs pertinents et leur présenter votre démarche.

     

    Ce temps de rencontre demande une certaine préparation pour que tout se passe bien le jour J. Visionner le film et bien en saisir le propos, rencontrer le réalisateur et lui poser une série de questions vous permettront de rebondir lors de la projection. Le choix du film, comme celui des intervenants, est déterminant. Rien de plus triste qu’un auditoire éparpillé et perdu au milieu des détails d’un débat entre juristes chevronnés ! Un débat bien problématisé, clivant, a au contraire toutes les chances de faire un carton.

     

    Lorsque la convivialité parvient à s’installer avec l’équipe du film et les intervenants invités, les discussions se poursuivent souvent jusque tard dans la nuit. De quoi laisser un peu de magie flotter dans l’air et permettre à chacun de repartir chez lui conscient du fossé entre ce moment partagé et un DVD regardé en solo.

     

    QUELQUES EXEMPLES DE DÉBATS

     

    L’association CAELIF (Collectif des Associations Étudiantes LGBT d’Ile-de-France) a par exemple choisi de réunir un prêtre, un rabin, un imam, et un militant d’Act-up pour aborder la prévention des risques face au Sida. Secousses (constructives, bien sûr) garanties ! Variante environnementale : lors de la semaine du développement durable, des organisateurs ont fait suivre la projection par une joute entre représentants d’entreprises et membres d’associations d’environnement. L’association Energie Citoyenne à Perpignan appâte quant à elle son public par le classique « on vous ment » et l’invite à découvrir des documentaires choc sur la prison, les OGM, ou encore les nanotechnologies. Le film « Homo toxicus », consacré à toutes les pollutions que notre organisme ingère à notre insu, a ainsi marqué leur auditoire. Elle a par ailleurs organisé un match entre pro-nucléaires et antinucléaires, les idées de chaque camps étant examinées les unes après les autres. Une invitation à mieux se documenter et à exercer son libre arbitre.


     

     

    2/ Monter sa projection

     

    Un réalisateur n’est rien sans un producteur qui assure derrière. Son rôle : trouver la salle, faire la promo du film, récolter les fonds et gérer les tracasseries administratives. Voici quelques conseils pour brûler les étapes.

     

    TROUVER LA SALLE


    Quasi toute salle disposant de chaises et de murs peut faire l’affaire pour une projection débat. Quasi car, juridiquement, puisque c’est une projection à titre privé et non commercial que vous organisez, il faudrait que la projection ait lieu dans les locaux de votre association. Mais par extension, la fac et autres salles gratuites (cafés avec salle annexe à l’étage ou à la cave par exemple) peuvent convenir. Quelques cinémas d’art et d’essai tel que La Clé ou le Cinéma des cinéastes à Paris accueillent également des associations.

     

    Certains détails ont par ailleurs leur importance. Tout d’abord, la salle vous permettra-t-elle de disposer d’une obscurité totale ? Si ce n’est pas le cas, oubliez tout de suite : il n’y a rien de plus agaçant pour le public que de tenter de deviner des silhouettes sur un écran translucide. Songez ensuite aux prises électriques : ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce sont elles qui vont décider de l’emplacement du vidéoprojecteur, des enceintes... Assurez-vous ensuite que tous les spectateurs pourront bien voir l’écran et entendre les dialogues où qu’ils se trouvent dans la salle. Ainsi, certaines associations ont dû renoncer à leur café de prédilection car le brouhaha de fond rendait la séance crispante au possible. Lancer une projection dans de mauvaises conditions ne rendrait pas hommage au film, et le réalisateur éventuellement invité risquerait d’être déçu.  

     

    Pour trouver la perle rare, commencez par contacter l’administration de votre école ou université. La plupart des amphis sont en effet conçus pour des projections et constituent donc des lieux parfaits pour accueillir de tels événements. Si cela ne donne rien, vous pouvez tenter le coup du côté des salles MJC, des mairies, mais aussi des structures travaillant sur vos thématiques. Si vous vous apercevez que vous ne disposez pas du matériel nécessaire pour diffuser votre film dans ces salles, n’hésitez pas à demander leur aide au ciné-club de votre fac ou aux associations habituées à organiser des projections.

     

    Autre possibilité : vous lancer dans la projection itinérante. Cette option peut être intéressante pour aller dans des villages ou à la rencontre de publics n’ayant pas accès au cinéma. Dans ce cas, il vous faudra emporter tout le matériel de projection avec vous, et rendre votre écran démontable, ainsi que votre sono et votre projecteur facilement transportables. L’association le Cinéma Numérique Ambulant qui sillonne l’Afrique et la Corse, vous sera de bon conseil pour ce genre de projet.

     

    Attention, régler tous ces détails en amont ne vous dispense pas de venir faire tous les réglages et vérifications utiles le jour J. Comptez trois heures d’installation si c’est vous qui apportez tout le matériel, et pensez à vous munir de votre boîte à outils et de votre esprit bricoleur pour éventuellement fignoler des suspensions de plafond pour l’écran. Si la salle est déjà équipée, deux ou trois exemplaires du DVD ne seront pas de trop au cas où le premier « sauterait », ou, plus sûr, une K7 beta num pour assurer vos arrières.

     

    Dans tous les cas, veillez à ce que le réalisateur soit présent avec vous lors des essais et du réglage du projecteur : ce dernier sait ce qu’il veut, est habitué à ces réglages et saura vous guider. Rien ne serait plus dommage que de le voir débarquer au beau milieu de la projection et manger son chapeau parce que le volume sonore, le contraste et les couleurs ne sont pas à son goût. S’il a fait un travail précis sur la forme, il serait un brin absurde que la projection ne restitue pas le travail de montage et de mixage !

     

    FAIRE LA PROMO


    Objectif : éviter que votre salle ne soit aussi vide qu’un cinéma d’art et d’essai un après-midi d’été. Pour cela, commencez à éditer des affiches et tracts dès que vous connaissez la date et le lieu de la ou des projections. Il est important que votre communication soit claire sur la « ligne éditoriale » du cycle de projections. Avoir des rendez-vous réguliers et bien identifiés (même lieu, même heure, un vendredi par mois par exemple avec pot d’accueil à 19 heures, film à 20 heures puis débat) vous permettra de fidéliser votre public sur le moyen terme. C

     

    omme tout associatif écoresponsable qui se respecte, vous veillerez à économiser le papier, dans l’idéal écolabellisé. Utilisez les radio-campus, agendas culturels sur le net... Le campus de la fac constitue aussi un excellent terrain de recrutement. Mais pas seulement : demandez aux associations qui travaillent sur votre sujet de prédilection, aux clubs et associations de cinéma d’annoncer votre projection. Vous pouvez également tenter de faire relayer l’information dans les médias locaux. Enfin, n’oubliez pas d’en faire part à Animafac !

     

    Attention néanmoins, lorsque vous communiquez : de manière générale, rien n’est simple sur les droits audiovisuels. Dans le cas où une structure a acquis un DVD et vous le prête gracieusement pour une projection, il ne faut pas faire une communication à tout va en citant le film, le producteur... mais plutôt vous contenter d’annoncer « une projection sur tel sujet ». En terme de public, de la même façon, il faut que la projection s’adresse aux membres de votre association. Une façon de vous dépêtrer de ces règles juridiques est de proposer aux spectateurs une adhésion temporaire, le temps du film, contre une entrée à un prix modique faisant office d’adhésion (pour plus d’infos, voir plus bas « Récolter quelques sous »).

     

    ASSURER L'EVENEMENT


    Dans la plupart des salles, il est obligatoire de souscrire une assurance « responsabilité civile » couvrant les dégâts matériels occasionnés à la salle et les dommages causés aux personnes. Pensez à faire les démarches nécessaires au plus vite : l’attestation peut en effet être une condition sine qua non pour louer une salle ou du matériel. Le délai entre la demande d’affiliation et la réception de l’attestation est d’environ une semaine. Si le matériel que vous utilisez pour votre projection vous appartient et qu’il a de la valeur, vous avez intérêt à souscrire également une extension « tout risque matériel » pour vous couvrir en cas de vol ou de détérioration. Le prix de cette extension dépend de la valeur de votre matériel et de la durée de l’exposition mais le tout excède rarement les 20 euros.

     

    L’APAC, service assurance de la Ligue de l’enseignement, propose une affiliation spéciale « Associations étudiantes » au tarif de 80 euros par an. Pour en savoir plus, www.etudiants.laligue.org

     

    RECOLTER QUELQUES SOUS


    Même si votre salle est gratuite et que les supports proposés coûtent très peu cher, un tel événement pourrait néanmoins vous demander quelques dépenses : impression de documents de communication, éventuel buffet, frais de montage ou de matériel, déclaration, assurance...

     

    Les financeurs publics tels que les mairies, les Départements, les Régions ou le CNC soutiennent des projets d’envergure. Mais les petites projections sont plus difficiles à financer : comptez sur les aides universitaires et les services étudiants. La solution : mettre le paquet sur les avantages en nature. Demandez à la structure qui vous accueille si elle accepte de prendre en charge le buffet (solidaire) qui suivra la projection et sollicitez également les associations travaillant sur vos sujets. Les magasins spécialisés seront peut-être d’accord pour vous prêter du matériel de projection si vous leur expliquez votre démarche et proposez d’apposer leur logo sur vos documents de communication.

    Un seul bémol à cette recherche effrénée de financements : la réglementation sur l’exploitation commerciale des oeuvres visuelles est complexe et stricte. Si votre entrée est payante, cela doit servir à financer vos frais mais en aucun cas à faire un bénéfice. Sinon, c’est une diffusion commerciale et vous devrez entre autres acquérir le DVD au prix fort.

     

     ENERGIE CITOYENNE

    L’association Énergie Citoyenne propose autour de ses projections un buffet bio végétarien avec prix libre de la nourriture ! Une manière militante et intéressante d’inviter l’auditoire à un rapport moins « consommateur » de l’événement. Par ailleurs, théâtre de rue, jeux interactifs, balade du dimanche en montagne avec une conteuse, campagne de nettoyage de la fac ou encore peinture sur route font partie des nombreux à côtés que l’association propose autour de ses projections de films de défense de l’environnement. Si ça peut vous donner des idées... !

     


     3/ APRÈS LA PROJECTION

     

    Le mot « the end » gravé sur l’écran, un public qui commence déjà à chercher la sortie... Votre première séance s’achève. Que faire pour que ce ne soit pas la dernière ?

     

    5 MINUTES APRES

     

    Ne laissez pas vos spectateurs s’évaporer dans la nature. Un temps informel, autour d’un buffet solidaire par exemple, peut être un bon moyen de recueillir leurs impressions, leurs commentaires... Et de vous en inspirer pour organiser de nouvelles projections. Faire d’un tel événement un moment de détente autant que de réflexion pourra, de plus, vous permettre de capter un public qui sera ravi de revenir pour d’autres projections.

     

    UNE SEMAINE APRES


    Réaliser un compte-rendu écrit, filmé ou audio peut être un bon moyen de garder une trace de votre événement. Cela vous permettra non seulement de le valoriser dans le prochain dossier de présentation de votre association mais également de communiquer a posteriori sur la projection. Et ce notamment auprès des médias, des associations partenaires et d’éventuels financeurs qui, si l’événement a eu du succès, pourraient bien être tentés de vous donner quelques subventions pour votre prochain opus.

     

    UN MOIS APRES


    Votre film a eu du succès et a permis de sensibiliser un large public ? Il serait dommage qu’il finisse sa vie dans un carton. Faites savoir que votre oeuvre existe et proposez à d’autres associations de l’utiliser pour des projections. Veillez cependant à établir, avec les associations qui vous l’emprunteront, une convention de partenariat afin de définir les conditions d’exploitation de votre film.

     

    Pour plus d’informations, consultez la fiche pratique « Rédiger une convention de partenariat ».


    TROIS MOIS APRES


    De très nombreux concours, appels à projets et un certain nombre de structures récompensent et financent des courts-métrages et documentaires sur des sujets d’intérêt général. N’hésitez pas à vous renseigner, dès la rentrée, auprès du CNC, et consultez régulièrement l’annuaire des appels à projets du site d’Animafac, qui recense les différents programmes pouvant vous intéresser. Tout travail vaut bien reconnaissance !

     

    Les ressources pour organiser une projection

     

    Première chose à faire pour être un bon organisateur de projections : voir soi-même beaucoup de films, écumer les festivals, et s’imprégner de ce qui se fait ailleurs. Dommage de rester dans son coin alors que le net et votre quartier pullulent de passionnés du grand écran !

     

    Energie Citoyenne propose sur son site internet une médiathécolo très bien faite, avec des films libres de droit souvent dégotés auprès de petites boîtes de production. http:// energiecitoyenne.free.fr

     

    L’association Silhouette organise un festival de courts métrages en plein air dans le parc des buttes Chaumont à Paris. Si la projection de films n’est pas le coeur de métier de votre association, mais que vous souhaitez en organiser ponctuellement, elle peut vous fournir une prestation « clé en main » : programmation de la séance et négociation des copies, fourniture du matériel technique nécessaire à la projection et présence du personnel technique spécialisé. www.association-silhouette.com

     

    Le site Format Court, apparu sur la toile en 2009, traite du court métrage de façon diversifiée et originale. A travers ses critiques de films, chroniques DVD, portraits d’artistes et suivis de festivals, Format Court fidélise son affection pour le cinébref, qu’il s’agisse de mettre en avant de nouveaux talents ou de faire redécouvrir des oeuvres existantes. www.formatcourt.com

     

    Le RED, réseau d’échange et d’expérimentation pour la diffusion du cinéma documentaire, réunit un grand nombre de structures en France, petites et grandes, qui travaillent à diffuser le documentaire. Pour les rejoindre ou simplement les contacter : www.lesecransdocumentaires.org

     

    L’ADDOC, association des cinéastes documentaristes, est un espace de rencontre et de réflexion ouvert à toute personne impliquée dans la création documentaire. En 2004, l’Addoc a par exemple organisé le premier Salon des Refusés du documentaire, en partenariat avec le Forum des Images. 554 films refusés ou censurés par les chaînes nationales ont été présentés au public pendant un mois ! www.addoc.net

    Le ROD, Réseau des Organisations du Documentaire, réunit, de manière informelle, les principales organisations d’auteurs, de réalisateurs et de producteurs de documentaires. www.reseau-doc.org

     

    L’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, est une association de cinéastes qui soutient la diffusion en salles de films indépendants et oeuvre à la rencontre entre ces films, leurs auteurs et le public. www.lacid.org

     

    Le portail du film documentaire est une excellente base de données proposant 17 500 documentaires, 9 000 auteurs-réalisateurs et 350 festivals référencés ; des extraits et bandes annonces et une newsletter à tomber par terre. Bref, courez-y ! www.film-documentaire.fr

     

    La Maison du doc’, créée en 1994, est née de la dynamique de diffusion et de production de films documentaires développée à Lussas depuis de nombreuses années. Elle a pour objectif d’accompagner la création documentaire et de favoriser la diffusion des films. www.lussasdoc.com

     

    Etudiants et Développement, réseau d’associations étudiantes de solidarité internationale, met gracieusement à disposition des associations des vidéos. www.etudiantsetdeveloppement.org

     

    La Médiathèque des Trois Mondes (MTM) diffuse et assure la promotion de films d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie traitant plus particulièrement de l’immigration, du développement et des droits de l’Homme. www.cine3mondes.com

     

    Ritimo est un réseau national d’information spécialisé sur la solidarité internationale et le développement. Cherchez le centre Ritimo le plus proche de chez vous sur www.ritimo.org

    Vous avez toujours rêvé de réaliser des oeuvres cinématographiques poignantes sur les choses qui ne tournent pas rond sur notre planète ? Ne vous emballez pas, le chemin risque d’être long. Organiser une projection autour d’un sujet qui vous tient à coeur peut néanmoins - et c’est déjà pas mal - permettre de sensibiliser un large public de manière moins formelle qu’une conférence. Quelques conseils pour faire briller les projecteurs...

    1/ CHOISIR LE PROGRAMME DE SA PROJECTION

    Tout d’abord, il va falloir passer un peu de temps à trouver votre spécificité (vous ne pensiez pas vous en tirer à si bon compte !). Qu’avez-vous envie de défendre ? En quoi est-ce distinctif par rapport à tout ce qui se fait déjà en termes de cycles de projection ciné ? Thèmes traités, formes de films, éléments qui entoureront la projection : une fois que vous aurez trouvé votre fil rouge, ces aspects se déclineront naturellement. L’association Les yeux dans le monde, à Paris, a par exemple choisi des critères de sélection précis pour ses projections mensuelles « Cinéscales » : elle propose des documentaires de création relativement atypiques sur la forme, et soulevant des questions sociales ou politiques sur le fond. Sur cette base, un cycle cohérent de projections peut être construit. Vous pourrez ainsi monter une série autour d’un journal intime filmé (comment dit-on « je » dans un documentaire ? Comment partage-t-on des retrouvailles familiales ?), autour des questions d’exil et de migration (exprimer par l’image l’attente, la clandestinité, le déplacement...), voire même proposer des thèmes assez accrocheurs : une série autour du goût, de la cuisine et des épices permet par exemple de faire voyager le spectateur et de le plonger dans la diversité culturelle via son estomac... !  

    Vous gagnerez aussi à identifier les publics auxquels vous avez envie de vous adresser : un quartier ? Des enfants ? Des étudiants ? Plusieurs générations? Des populations différentes ? Dès lors, vous pourrez mieux cibler le lieu et la forme de votre projection. Une fois ce premier pas fondateur accompli, chers lecteurs, il est désormais temps de choisir votre camps. Si, et seulement si, vous avez décidé de projeter un film réalisé de vos blanches mains, reportez-vous au paragraphe qui suit. Si, à défaut d’être un Fellini, vous avez quand même prévu de vous lancer dans l’organisation d’une projection et recherchez des supports, rendezvous au paragraphe numéro deux. Enfin, tous les participants sont invités à jeter un oeil au paragraphe trois.

    a Projeter son propre film

     Rien ne vous interdit de projeter votre oeuvre un beau matin et sans autre forme de procès. A priori, vous aurez su éviter l’écueil du sujet « bidon », ou du film de vacances qui n’intéresse personne (ça s’est vu, si si) ! Néanmoins, façon old school, nous vous aurions conseillé de protéger votre film-reportage d’un plagiat en le déclarant à la SACD ou SCAM : le dépôt se fait auprès de la SACD pour les fictions (société des auteurs et compositeurs dramatiques, www. sacd.fr) et de la SCAM pour les documentaires (société civile des auteurs multimédia, www.scam.fr). Il vous en coûtera 46 euros pour 5 ans dans le cas de la SACD. A la SCAM, le dépôt coûtera 15 euros pour deux ans et 30 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne physique ; 76 euros pour deux ans et 152 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne morale. Mais un associatif fana de logiciels libres nous a exposé sa vision des choses : beau raisonnement que celui de se protéger contre les usurpateurs... Le film que vous aurez préparé pendant des semaines ou des mois, en y mettant du coeur et de l’argent, aura le privilège de mourir lentement au fond d’un carton en espérant qu’un potentiel utilisateur vous le réclame. Qui viendrait vous réclamer un film qu’il n’a pas vu et dont il n’a pas forcément entendu parler ? Tant de travail sur le reportage, d’investissement humain et de conviction méritent meilleur sort, non ? Aussi, si vous souhaitez partager votre vision du monde et la diffuser auprès d’un public toujours plus nombreux en espérant le sensibiliser à votre cause, laissez circuler la vidéo sur le net et faites-en la plus grande publicité possible au lieu de la cloisonner. De cette manière il y aura une certaine cohérence entre les enjeux de sensibilisation du grand public et l’exploitation de la vidéo. Quant à la potentielle récupération à but commercial par un tiers, de formidables outils juridiques appelés licences libres permettent de concilier libre circulation, preuve de paternité et rémunération de l’auteur en cas d’utilisation commerciale (les licences CC-by-nc en font partie). & Plus d’infos : fr.wikipedia.org/ wiki/Licence_libre

    a Projeter le film d’un autre

     On ne va pas vous refaire un speech sur les méfaits du piratage, surtout lorsqu’il s’agit d’une projection publique, mais on le pense très fort. Reste maintenant à jeter votre dévolu sur un film. Rien ne vous interdit de projeter pour la trente-huitième fois dans votre ville « Une vérité qui dérange » pour sensibiliser au changement climatique. Mais vous pouvez aussi choisir de sortir des sentiers battus et cibler un film très polémique ou très peu vu : toute invitation à sortir des classiques déliera les langues et marquera les © Furman esprits. La maison du documentaire de Lussas en Ardèche, temple du genre, regorge par exemple d’oeuvres très peu diffusées et qui valent le détour. Son catalogue, à jour, et sa vidéothèque devraient faire votre bonheur. En leur passant un coup de fil, vous pouvez même souvent obtenir les droits de diffusion. & Pour retrouver toutes leurs coordonnées, rendez-vous dans la partie Ressources, p. 17. De manière générale, lorsque vous repérez un film qui vous intéresse, prenez le réflexe d’écrire à celui qui l’a produit pour lui signifier votre envie de le projeter : tout finit par se savoir. Si ce film est autoproduit, vous pouvez trouver un arrangement à l’amiable avec le réalisateur, voire obtenir une cession de droits à titre gracieux. Néanmoins, si votre association a un peu de budget, elle peut décider de le soutenir et de récompenser son courage pour s’être lancé sans filet : 150 voire 200 euros sont en moyenne le tarif de location pour une projection d’une heure et demie. Face à des sociétés de production, vous pouvez toujours tenter de négocier, mais gardez en tête que ces dernières se battent souvent pour défendre des films exigeants, et qu’elles ont donc aussi besoin d’être soutenues. Budgétez également à l’avance, le cas échéant, le défraiement et le transport du réalisateur venu assister au débat. Vous pouvez enfin chercher votre bonheur parmi les films réalisés par des associatifs. Parce que les bons comptes font les bons amis, il est, dans ce cas, fortement conseillé de formaliser le partenariat que vous établirez avec ledit réalisateur, par exemple par le biais d’un contrat écrit stipulant les conditions dans lesquelles vous aurez la possibilité d’exploiter son support vidéo.

    a Organiser un débat

    Vous pouvez, bien sûr, vous contenter de projeter le film puis laisser votre public repartir dans la nature. Il peut néanmoins être intéressant de faire suivre cette projection d’un débat invitant les spectateurs à discuter de ce qu’ils ont vu. Si ce film est le vôtre, ou que vous vous sentez la capacité de répondre aux questions du public, ce débat peut prendre la forme d’une discussion entre participants autour d’un thème donné ou simplement en réaction au film. Si vous considérez que les échanges méritent les lumières d’experts ou de parties prenantes, il vous faudra alors prendre contact avec les interlocuteurs pertinents et leur présenter votre démarche. Ce temps de rencontre demande une certaine préparation pour que tout se passe bien le jour J. Visionner le film et bien en saisir le propos, rencontrer le réalisateur et lui poser une série de questions vous permettront de rebondir lors de la projection. Le choix du film, comme celui des intervenants, est déterminant. Rien de plus triste qu’un auditoire éparpillé et perdu au milieu des détails d’un débat entre juristes chevronnés ! Un débat bien problématisé, clivant, a au contraire toutes les chances de faire un carton. Lorsque la convivialité parvient à s’installer avec l’équipe du film et les intervenants invités, les discussions se poursuivent souvent jusque tard dans la nuit. De quoi laisser un peu de magie flotter dans l’air et permettre à chacun de repartir chez lui conscient du fossé entre ce moment partagé et un DVD regardé en solo. 9 © Union Docs

    L’association CAELIF (Collectif des Associations Étudiantes LGBT d’Ile-de-France) a par exemple choisi de réunir un prêtre, un rabin, un imam, et un militant d’Act-up pour aborder la prévention des risques face au Sida. Secousses (constructives, bien sûr) garanties ! Variante environnementale : lors de la semaine du développement durable, des organisateurs ont fait suivre la projection par une joute entre représentants d’entreprises et membres d’associations d’environnement. L’association Energie Citoyenne à Perpignan appâte quant à elle son public par le classique « on vous ment » et l’invite à découvrir des documentaires choc sur la prison, les OGM, ou encore les nanotechnologies. Le film « Homo toxicus », consacré à toutes les pollutions que notre organisme ingère à notre insu, a ainsi marqué leur auditoire. Elle a par ailleurs organisé un match entre pro-nucléaires et antinucléaires, les idées de chaque camps étant examinées les unes après les autres. Une invitation à mieux se documenter et à exercer son libre arbitre. QUELQUES EXEMPLES DE DÉBATS  

    2/ MONTER SA PROJECTION Un réalisateur n’est rien sans un producteur qui assure derrière. Son rôle : trouver la salle, faire la promo du film, récolter les fonds et gérer les tracasseries administratives. Voici quelques conseils pour brûler les étapes.

    a Trouver la salle

     Quasi toute salle disposant de chaises et de murs peut faire l’affaire pour une projection débat. Quasi car, juridiquement, puisque c’est une projection à titre privé et non commercial que vous organisez, il faudrait que la projection ait lieu dans les locaux de votre association. Mais par extension, la fac et autres salles gratuites (cafés avec salle annexe à l’étage ou à la cave par exemple) peuvent convenir. Quelques cinémas d’art et d’essai tel que La Clé ou le Cinéma des cinéastes à Paris accueillent également des associations. Certains détails ont par ailleurs leur importance. Tout d’abord, la salle vous permettra-t-elle de disposer d’une obscurité totale ? Si ce n’est pas le cas, oubliez tout de suite : il n’y a rien de plus agaçant pour le public que de tenter de deviner des silhouettes sur un écran translucide. Songez ensuite aux prises électriques : ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce sont elles qui vont décider de l’emplacement du vidéoprojecteur, des enceintes... Assurez-vous ensuite que tous les spectateurs pourront bien voir l’écran et entendre les dialogues où qu’ils se trouvent dans la salle. Ainsi, certaines associations ont dû renoncer à leur café de prédilection car le brouhaha de fond rendait la séance crispante au possible. Lancer une projection dans de mauvaises conditions ne rendrait pas hommage au film, et le réalisateur éventuellement invité risquerait d’être déçu. Pour trouver la perle rare, commencez par contacter l’administration de votre école ou université. La plupart des amphis sont en effet conçus pour des projections et constituent donc des lieux parfaits pour accueillir de tels événements. Si cela ne donne rien, vous pouvez tenter le coup du côté des salles MJC, des mairies, mais aussi des structures travaillant sur vos thématiques. Si vous vous apercevez que vous ne disposez pas du matériel nécessaire pour diffuser votre film dans ces salles, n’hésitez pas à demander leur aide au ciné-club de votre fac ou aux associations habituées à organiser des projections. Autre possibilité : vous lancer dans la projection itinérante. Cette option peut être intéressante pour aller dans des villages ou à la rencontre de publics n’ayant pas accès au cinéma. Dans ce cas, il vous faudra emporter tout le matériel de projection avec vous, et rendre votre écran démontable, ainsi que votre sono et votre projecteur facilement transportables. L’association le Cinéma Numérique Ambulant qui sillonne l’Afrique et la Corse, vous sera de bon conseil pour ce genre de projet (www.c-n-a.org). Attention, régler tous ces détails en amont ne vous dispense pas de venir faire tous les réglages et vérifications utiles le jour J. Comptez trois heures d’installation si c’est vous qui apportez tout le matériel, et pensez à vous munir de votre boîte à outils et de votre esprit bricoleur pour éventuellement fignoler des suspensions de plafond pour l’écran. Si la salle est déjà équipée, deux ou trois exemplaires du DVD ne seront pas de trop au cas où le premier « sauterait », ou, plus sûr, une K7 beta num pour assurer vos arrières. Dans tous les cas, veillez à ce que le réalisateur soit présent avec vous lors des essais et du réglage du projecteur : ce dernier sait ce qu’il veut, est habitué à ces réglages et saura vous guider. Rien ne serait plus dommage que de le voir débarquer au beau milieu de la projection et manger son chapeau parce que le volume sonore, le contraste et les couleurs ne sont pas à son goût. S’il a fait un travail précis sur la forme, il serait un brin absurde que la projection ne restitue pas le travail de montage et de mixage !

    a Faire la promo

     Objectif : éviter que votre salle ne soit aussi vide qu’un cinéma d’art et d’essai un après-midi d’été. Pour cela, commencez à éditer des affiches et tracts dès que vous connaissez la date et le lieu de la ou des projections. Il est important que votre communication soit claire sur la « ligne éditoriale » du cycle de projections. Avoir des rendez-vous réguliers et bien identifiés (même lieu, même heure, un vendredi par mois par exemple avec pot d’accueil à 19 heures, film à 20 heures puis débat) vous permettra de fidéliser votre public sur le moyen terme. Comme tout associatif écoresponsable qui se respecte, vous veillerez à économiser le papier, dans l’idéal écolabellisé. Utilisez les radio-campus, agendas culturels sur le net... Le campus de la fac constitue aussi un excellent terrain de recrutement. Mais pas seulement : demandez aux associations qui travaillent sur votre sujet de prédilection, aux clubs et associations de cinéma d’annoncer votre projection. Vous pouvez également tenter de faire relayer l’information dans les médias locaux. Enfin, n’oubliez pas d’en faire part à Animafac ! Attention néanmoins, lorsque vous communiquez : de manière générale, rien n’est simple sur les droits audiovisuels. Dans le cas où une structure a acquis un DVD et vous le prête gracieusement pour une projection, il ne faut pas faire une communication à tout va en citant le film, le producteur... mais plutôt vous contenter d’annoncer « une projection sur tel sujet ». En terme de public, de la même façon, il faut que la projection s’adresse aux membres de votre association. Une façon de vous dépêtrer de ces règles juridiques est de proposer aux spectateurs une adhésion temporaire, le temps du film, contre une entrée à un prix modique faisant office d’adhésion (pour plus d’infos, voir plus bas « Récolter quelques sous »).

    a Assurer l’événement

     Dans la plupart des salles, il est obligatoire de souscrire une assurance « responsabilité civile » couvrant les dégâts matériels occasionnés à la salle et les dommages causés aux personnes. Pensez à faire les démarches nécessaires au plus vite : l’attestation peut en effet être une condition sine qua non pour louer une salle ou du matériel. Le délai entre la demande d’affiliation et la réception de l’attestation est d’environ une semaine. Si le matériel que vous utilisez pour votre projection vous appartient et qu’il a de la valeur, vous avez intérêt à souscrire également une extension « tout risque matériel » pour vous couvrir en cas de vol ou de détérioration. Le prix de cette extension dépend de la valeur de votre matériel et de la durée de l’exposition mais le tout excède rarement les 20 euros.

    &L’APAC, service assurance de la Ligue de l’enseignement, propose une affiliation spéciale « Associations étudiantes » au tarif de 80 euros par an. Pour en savoir plus, www.etudiants.laligue.org

    a Récolter quelques sous

    Même si votre salle est gratuite et que les supports proposés coûtent très peu cher, un tel événement pourrait néanmoins vous demander quelques dépenses : impression de documents de communication, éventuel buffet, frais de montage ou de matériel, déclaration, assurance... Les financeurs publics tels que les mairies, les Départements, les Régions ou le CNC soutiennent des projets d’envergure. Mais les petites projections sont plus difficiles à financer : comptez sur les aides universitaires et les services étudiants. La solution : mettre le paquet sur les avantages en nature. Demandez à la structure qui vous accueille si elle accepte de prendre en charge le buffet (solidaire) qui suivra la projection et sollicitez également les associations travaillant sur vos sujets. Les magasins spécialisés seront peut-être d’accord pour vous prêter du matériel de projection si vous leur expliquez votre démarche et proposez d’apposer leur logo sur vos documents de communication. Un seul bémol à cette recherche effrénée de financements : la réglementation sur l’exploitation commerciale des oeuvres visuelles est complexe et stricte. Si votre entrée est payante, cela doit servir à financer vos frais mais en aucun cas à faire un bénéfice. Sinon, c’est une diffusion commerciale et vous devrez entre autres acquérir le DVD au prix fort.

     3/ APRÈS LA PROJECTION

    Le mot « the end » gravé sur l’écran, un public qui commence déjà à chercher la sortie... Votre première séance s’achève. Que faire pour que ce ne soit pas la dernière ?

    a 5 minutes après Ne laissez pas vos spectateurs s’évaporer dans la nature. Un temps informel, autour d’un buffet solidaire par exemple, peut être un bon moyen de recueillir leurs impressions, leurs commentaires... Et de vous en inspirer pour organiser de nouvelles projections. Faire d’un tel événement un moment de détente autant que de réflexion pourra, de plus, vous permettre de capter un public qui sera ravi de revenir pour d’autres projections.

    L’association Énergie Citoyenne propose autour de ses projections un buffet bio végétarien avec prix libre de la nourriture ! Une manière militante et intéressante d’inviter l’auditoire à un rapport moins « consommateur » de l’événement. Par ailleurs, théâtre de rue, jeux interactifs, balade du dimanche en montagne avec une conteuse, campagne de nettoyage de la fac ou encore peinture sur route font partie des nombreux à côtés que l’association propose autour de ses projections de films de défense de l’environnement. Si ça peut vous donner des idées... ! 

    a Une semaine après

    Réaliser un compte-rendu écrit, filmé ou audio peut être un bon moyen de garder une trace de votre événement. Cela vous permettra non seulement de le valoriser dans le prochain dossier de présentation de votre association mais également de communiquer a posteriori sur la projection. Et ce notamment auprès des médias, des associations partenaires et d’éventuels financeurs qui, si l’événement a eu du succès, pourraient bien être tentés de vous donner quelques subventions pour votre prochain opus.

    a Un mois après

    Votre film a eu du succès et a permis de sensibiliser un large public ? Il serait dommage qu’il finisse sa vie dans un carton. Faites savoir que votre oeuvre existe et proposez à d’autres associations de l’utiliser pour des projections. Veillez cependant à établir, avec les associations qui vous l’emprunteront, une convention de partenariat afin de définir les conditions d’exploitation de votre film. & Pour plus d’informations, consultez la fiche pratique « Rédiger une convention de partenariat » disponible sur www.animafac.net, rubrique « Boîte à outils », « fiches pratiques ».

    a Trois mois après

    De très nombreux concours, appels à projets et un certain nombre de structures récompensent et financent des courts-métrages et documentaires sur des sujets d’intérêt général. N’hésitez pas à vous renseigner, dès la rentrée, auprès du CNC, et consultez régulièrement l’annuaire des appels à projets du site d’Animafac (rubrique « Boîte à outils »), qui recense les différents programmes pouvant vous intéresser. Tout travail vaut bien reconnaissance !  

    LES RESSOURCES POUR ORGANISER UNE PROJECTION

    Première chose à faire pour être un bon organisateur de projections : voir soi-même beaucoup de films, écumer les festivals, et s’imprégner de ce qui se fait ailleurs. Dommage de rester dans son coin alors que le net et votre quartier pullulent de passionnés du grand écran !

    Energie Citoyenne propose sur son site internet une médiathécolo très bien faite, avec des films libres de droit souvent dégotés auprès de petites boîtes de production. http:// energiecitoyenne.free.fr L’association Silhouette organise un festival de courts métrages en plein air dans le parc des buttes Chaumont à Paris. Si la projection de films n’est pas le coeur de métier de votre association, mais que vous souhaitez en organiser ponctuellement, elle peut vous fournir une prestation « clé en main » : programmation de la séance et négociation des copies, fourniture du matériel technique nécessaire à la projection et présence du personnel technique spécialisé. www.association-silhouette.com

    Le site Format Court, apparu sur la toile en 2009, traite du court métrage de façon diversifiée et originale. A travers ses critiques de films, chroniques DVD, portraits d’artistes et suivis de festivals, Format Court fidélise son affection pour le cinébref, qu’il s’agisse de mettre en avant de nouveaux talents ou de faire redécouvrir des oeuvres existantes. www.formatcourt.com

    Le RED, réseau d’échange et d’expérimentation pour la diffusion du cinéma documentaire, réunit un grand nombre de structures en France, petites et grandes, qui travaillent à diffuser le documentaire. Pour les rejoindre ou simplement les contacter : www.lesecransdocumentaires.org

    L’ADDOC, association des cinéastes documentaristes, est un espace de rencontre et de réflexion ouvert à toute personne impliquée dans la création documentaire. En 2004, l’Addoc a par exemple organisé le premier Salon des Refusés du documentaire, en partenariat avec le Forum des Images. 554 films refusés ou censurés par les chaînes nationales ont été présentés au public pendant un mois ! www.addoc.net  

    Le ROD, Réseau des Organisations du Documentaire, réunit, de manière informelle, les principales organisations d’auteurs, de réalisateurs et de producteurs de documentaires. www.reseau-doc.org

    L’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, est une association de cinéastes qui soutient la diffusion en salles de films indépendants et oeuvre à la rencontre entre ces films, leurs auteurs et le public. www.lacid.org

     Le portail du film documentaire est une excellente base de données proposant 17 500 documentaires, 9 000 auteurs-réalisateurs et 350 festivals référencés ; des extraits et bandes annonces et une newsletter à tomber par terre. Bref, courez-y ! www.film-documentaire.fr

    La Maison du doc’, créée en 1994, est née de la dynamique de diffusion et de production de films documentaires développée à Lussas depuis de nombreuses années. Elle a pour objectif

    Vous avez toujours rêvé de réaliser des oeuvres cinématographiques poignantes sur les choses qui ne tournent pas rond sur notre planète ? Ne vous emballez pas, le chemin risque d’être long. Organiser une projection autour d’un sujet qui vous tient à coeur peut néanmoins - et c’est déjà pas mal - permettre de sensibiliser un large public de manière moins formelle qu’une conférence. Quelques conseils pour faire briller les projecteurs...

    1/ CHOISIR LE PROGRAMME DE SA PROJECTION

    Tout d’abord, il va falloir passer un peu de temps à trouver votre spécificité (vous ne pensiez pas vous en tirer à si bon compte !). Qu’avez-vous envie de défendre ? En quoi est-ce distinctif par rapport à tout ce qui se fait déjà en termes de cycles de projection ciné ? Thèmes traités, formes de films, éléments qui entoureront la projection : une fois que vous aurez trouvé votre fil rouge, ces aspects se déclineront naturellement. L’association Les yeux dans le monde, à Paris, a par exemple choisi des critères de sélection précis pour ses projections mensuelles « Cinéscales » : elle propose des documentaires de création relativement atypiques sur la forme, et soulevant des questions sociales ou politiques sur le fond. Sur cette base, un cycle cohérent de projections peut être construit. Vous pourrez ainsi monter une série autour d’un journal intime filmé (comment dit-on « je » dans un documentaire ? Comment partage-t-on des retrouvailles familiales ?), autour des questions d’exil et de migration (exprimer par l’image l’attente, la clandestinité, le déplacement...), voire même proposer des thèmes assez accrocheurs : une série autour du goût, de la cuisine et des épices permet par exemple de faire voyager le spectateur et de le plonger dans la diversité culturelle via son estomac... !

    Vous gagnerez aussi à identifier les publics auxquels vous avez envie de vous adresser : un quartier ? Des enfants ? Des étudiants ? Plusieurs générations? Des populations différentes ? Dès lors, vous pourrez mieux cibler le lieu et la forme de votre projection. Une fois ce premier pas fondateur accompli, chers lecteurs, il est désormais temps de choisir votre camps. Si, et seulement si, vous avez décidé de projeter un film réalisé de vos blanches mains, reportez-vous au paragraphe qui suit. Si, à défaut d’être un Fellini, vous avez quand même prévu de vous lancer dans l’organisation d’une projection et recherchez des supports, rendezvous au paragraphe numéro deux. Enfin, tous les participants sont invités à jeter un oeil au paragraphe trois.

    a Projeter son propre film

     Rien ne vous interdit de projeter votre oeuvre un beau matin et sans autre forme de procès. A priori, vous aurez su éviter l’écueil du sujet « bidon », ou du film de vacances qui n’intéresse personne (ça s’est vu, si si) ! Néanmoins, façon old school, nous vous aurions conseillé de protéger votre film-reportage d’un plagiat en le déclarant à la SACD ou SCAM : le dépôt se fait auprès de la SACD pour les fictions (société des auteurs et compositeurs dramatiques, www. sacd.fr) et de la SCAM pour les documentaires (société civile des auteurs multimédia, www.scam.fr). Il vous en coûtera 46 euros pour 5 ans dans le cas de la SACD. A la SCAM, le dépôt coûtera 15 euros pour deux ans et 30 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne physique ; 76 euros pour deux ans et 152 euros pour 5 ans si l’oeuvre est la propriété d’une personne morale. Mais un associatif fana de logiciels libres nous a exposé sa vision des choses : beau raisonnement que celui de se protéger contre les usurpateurs... Le film que vous aurez préparé pendant des semaines ou des mois, en y mettant du coeur et de l’argent, aura le privilège de mourir lentement au fond d’un carton en espérant qu’un potentiel utilisateur vous le réclame. Qui viendrait vous réclamer un film qu’il n’a pas vu et dont il n’a pas forcément entendu parler ? Tant de travail sur le reportage, d’investissement humain et de conviction méritent meilleur sort, non ? Aussi, si vous souhaitez partager votre vision du monde et la diffuser auprès d’un public toujours plus nombreux en espérant le sensibiliser à votre cause, laissez circuler la vidéo sur le net et faites-en la plus grande publicité possible au lieu de la cloisonner. De cette manière il y aura une certaine cohérence entre les enjeux de sensibilisation du grand public et l’exploitation de la vidéo. Quant à la potentielle récupération à but commercial par un tiers, de formidables outils juridiques appelés licences libres permettent de concilier libre circulation, preuve de paternité et rémunération de l’auteur en cas d’utilisation commerciale (les licences CC-by-nc en font partie). & Plus d’infos : fr.wikipedia.org/ wiki/Licence_libre

    a Projeter le film d’un autre

     On ne va pas vous refaire un speech sur les méfaits du piratage, surtout lorsqu’il s’agit d’une projection publique, mais on le pense très fort. Reste maintenant à jeter votre dévolu sur un film. Rien ne vous interdit de projeter pour la trente-huitième fois dans votre ville « Une vérité qui dérange » pour sensibiliser au changement climatique. Mais vous pouvez aussi choisir de sortir des sentiers battus et cibler un film très polémique ou très peu vu : toute invitation à sortir des classiques déliera les langues et marquera les © Furman esprits. La maison du documentaire de Lussas en Ardèche, temple du genre, regorge par exemple d’oeuvres très peu diffusées et qui valent le détour. Son catalogue, à jour, et sa vidéothèque devraient faire votre bonheur. En leur passant un coup de fil, vous pouvez même souvent obtenir les droits de diffusion. & Pour retrouver toutes leurs coordonnées, rendez-vous dans la partie Ressources, p. 17. De manière générale, lorsque vous repérez un film qui vous intéresse, prenez le réflexe d’écrire à celui qui l’a produit pour lui signifier votre envie de le projeter : tout finit par se savoir. Si ce film est autoproduit, vous pouvez trouver un arrangement à l’amiable avec le réalisateur, voire obtenir une cession de droits à titre gracieux. Néanmoins, si votre association a un peu de budget, elle peut décider de le soutenir et de récompenser son courage pour s’être lancé sans filet : 150 voire 200 euros sont en moyenne le tarif de location pour une projection d’une heure et demie. Face à des sociétés de production, vous pouvez toujours tenter de négocier, mais gardez en tête que ces dernières se battent souvent pour défendre des films exigeants, et qu’elles ont donc aussi besoin d’être soutenues. Budgétez également à l’avance, le cas échéant, le défraiement et le transport du réalisateur venu assister au débat. Vous pouvez enfin chercher votre bonheur parmi les films réalisés par des associatifs. Parce que les bons comptes font les bons amis, il est, dans ce cas, fortement conseillé de formaliser le partenariat que vous établirez avec ledit réalisateur, par exemple par le biais d’un contrat écrit stipulant les conditions dans lesquelles vous aurez la possibilité d’exploiter son support vidéo.

    a Organiser un débat

    Vous pouvez, bien sûr, vous contenter de projeter le film puis laisser votre public repartir dans la nature. Il peut néanmoins être intéressant de faire suivre cette projection d’un débat invitant les spectateurs à discuter de ce qu’ils ont vu. Si ce film est le vôtre, ou que vous vous sentez la capacité de répondre aux questions du public, ce débat peut prendre la forme d’une discussion entre participants autour d’un thème donné ou simplement en réaction au film. Si vous considérez que les échanges méritent les lumières d’experts ou de parties prenantes, il vous faudra alors prendre contact avec les interlocuteurs pertinents et leur présenter votre démarche. Ce temps de rencontre demande une certaine préparation pour que tout se passe bien le jour J. Visionner le film et bien en saisir le propos, rencontrer le réalisateur et lui poser une série de questions vous permettront de rebondir lors de la projection. Le choix du film, comme celui des intervenants, est déterminant. Rien de plus triste qu’un auditoire éparpillé et perdu au milieu des détails d’un débat entre juristes chevronnés ! Un débat bien problématisé, clivant, a au contraire toutes les chances de faire un carton. Lorsque la convivialité parvient à s’installer avec l’équipe du film et les intervenants invités, les discussions se poursuivent souvent jusque tard dans la nuit. De quoi laisser un peu de magie flotter dans l’air et permettre à chacun de repartir chez lui conscient du fossé entre ce moment partagé et un DVD regardé en solo. 9 © Union Docs

    L’association CAELIF (Collectif des Associations Étudiantes LGBT d’Ile-de-France) a par exemple choisi de réunir un prêtre, un rabin, un imam, et un militant d’Act-up pour aborder la prévention des risques face au Sida. Secousses (constructives, bien sûr) garanties ! Variante environnementale : lors de la semaine du développement durable, des organisateurs ont fait suivre la projection par une joute entre représentants d’entreprises et membres d’associations d’environnement. L’association Energie Citoyenne à Perpignan appâte quant à elle son public par le classique « on vous ment » et l’invite à découvrir des documentaires choc sur la prison, les OGM, ou encore les nanotechnologies. Le film « Homo toxicus », consacré à toutes les pollutions que notre organisme ingère à notre insu, a ainsi marqué leur auditoire. Elle a par ailleurs organisé un match entre pro-nucléaires et antinucléaires, les idées de chaque camps étant examinées les unes après les autres. Une invitation à mieux se documenter et à exercer son libre arbitre. QUELQUES EXEMPLES DE DÉBATS

    2/ MONTER SA PROJECTION Un réalisateur n’est rien sans un producteur qui assure derrière. Son rôle : trouver la salle, faire la promo du film, récolter les fonds et gérer les tracasseries administratives. Voici quelques conseils pour brûler les étapes.

    a Trouver la salle

     Quasi toute salle disposant de chaises et de murs peut faire l’affaire pour une projection débat. Quasi car, juridiquement, puisque c’est une projection à titre privé et non commercial que vous organisez, il faudrait que la projection ait lieu dans les locaux de votre association. Mais par extension, la fac et autres salles gratuites (cafés avec salle annexe à l’étage ou à la cave par exemple) peuvent convenir. Quelques cinémas d’art et d’essai tel que La Clé ou le Cinéma des cinéastes à Paris accueillent également des associations. Certains détails ont par ailleurs leur importance. Tout d’abord, la salle vous permettra-t-elle de disposer d’une obscurité totale ? Si ce n’est pas le cas, oubliez tout de suite : il n’y a rien de plus agaçant pour le public que de tenter de deviner des silhouettes sur un écran translucide. Songez ensuite aux prises électriques : ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce sont elles qui vont décider de l’emplacement du vidéoprojecteur, des enceintes... Assurez-vous ensuite que tous les spectateurs pourront bien voir l’écran et entendre les dialogues où qu’ils se trouvent dans la salle. Ainsi, certaines associations ont dû renoncer à leur café de prédilection car le brouhaha de fond rendait la séance crispante au possible. Lancer une projection dans de mauvaises conditions ne rendrait pas hommage au film, et le réalisateur éventuellement invité risquerait d’être déçu. Pour trouver la perle rare, commencez par contacter l’administration de votre école ou université. La plupart des amphis sont en effet conçus pour des projections et constituent donc des lieux parfaits pour accueillir de tels événements. Si cela ne donne rien, vous pouvez tenter le coup du côté des salles MJC, des mairies, mais aussi des structures travaillant sur vos thématiques. Si vous vous apercevez que vous ne disposez pas du matériel nécessaire pour diffuser votre film dans ces salles, n’hésitez pas à demander leur aide au ciné-club de votre fac ou aux associations habituées à organiser des projections. Autre possibilité : vous lancer dans la projection itinérante. Cette option peut être intéressante pour aller dans des villages ou à la rencontre de publics n’ayant pas accès au cinéma. Dans ce cas, il vous faudra emporter tout le matériel de projection avec vous, et rendre votre écran démontable, ainsi que votre sono et votre projecteur facilement transportables. L’association le Cinéma Numérique Ambulant qui sillonne l’Afrique et la Corse, vous sera de bon conseil pour ce genre de projet (www.c-n-a.org). Attention, régler tous ces détails en amont ne vous dispense pas de venir faire tous les réglages et vérifications utiles le jour J. Comptez trois heures d’installation si c’est vous qui apportez tout le matériel, et pensez à vous munir de votre boîte à outils et de votre esprit bricoleur pour éventuellement fignoler des suspensions de plafond pour l’écran. Si la salle est déjà équipée, deux ou trois exemplaires du DVD ne seront pas de trop au cas où le premier « sauterait », ou, plus sûr, une K7 beta num pour assurer vos arrières. Dans tous les cas, veillez à ce que le réalisateur soit présent avec vous lors des essais et du réglage du projecteur : ce dernier sait ce qu’il veut, est habitué à ces réglages et saura vous guider. Rien ne serait plus dommage que de le voir débarquer au beau milieu de la projection et manger son chapeau parce que le volume sonore, le contraste et les couleurs ne sont pas à son goût. S’il a fait un travail précis sur la forme, il serait un brin absurde que la projection ne restitue pas le travail de montage et de mixage !

    a Faire la promo

     Objectif : éviter que votre salle ne soit aussi vide qu’un cinéma d’art et d’essai un après-midi d’été. Pour cela, commencez à éditer des affiches et tracts dès que vous connaissez la date et le lieu de la ou des projections. Il est important que votre communication soit claire sur la « ligne éditoriale » du cycle de projections. Avoir des rendez-vous réguliers et bien identifiés (même lieu, même heure, un vendredi par mois par exemple avec pot d’accueil à 19 heures, film à 20 heures puis débat) vous permettra de fidéliser votre public sur le moyen terme. Comme tout associatif écoresponsable qui se respecte, vous veillerez à économiser le papier, dans l’idéal écolabellisé. Utilisez les radio-campus, agendas culturels sur le net... Le campus de la fac constitue aussi un excellent terrain de recrutement. Mais pas seulement : demandez aux associations qui travaillent sur votre sujet de prédilection, aux clubs et associations de cinéma d’annoncer votre projection. Vous pouvez également tenter de faire relayer l’information dans les médias locaux. Enfin, n’oubliez pas d’en faire part à Animafac ! Attention néanmoins, lorsque vous communiquez : de manière générale, rien n’est simple sur les droits audiovisuels. Dans le cas où une structure a acquis un DVD et vous le prête gracieusement pour une projection, il ne faut pas faire une communication à tout va en citant le film, le producteur... mais plutôt vous contenter d’annoncer « une projection sur tel sujet ». En terme de public, de la même façon, il faut que la projection s’adresse aux membres de votre association. Une façon de vous dépêtrer de ces règles juridiques est de proposer aux spectateurs une adhésion temporaire, le temps du film, contre une entrée à un prix modique faisant office d’adhésion (pour plus d’infos, voir plus bas « Récolter quelques sous »).

    a Assurer l’événement

     Dans la plupart des salles, il est obligatoire de souscrire une assurance « responsabilité civile » couvrant les dégâts matériels occasionnés à la salle et les dommages causés aux personnes. Pensez à faire les démarches nécessaires au plus vite : l’attestation peut en effet être une condition sine qua non pour louer une salle ou du matériel. Le délai entre la demande d’affiliation et la réception de l’attestation est d’environ une semaine. Si le matériel que vous utilisez pour votre projection vous appartient et qu’il a de la valeur, vous avez intérêt à souscrire également une extension « tout risque matériel » pour vous couvrir en cas de vol ou de détérioration. Le prix de cette extension dépend de la valeur de votre matériel et de la durée de l’exposition mais le tout excède rarement les 20 euros.

    &L’APAC, service assurance de la Ligue de l’enseignement, propose une affiliation spéciale « Associations étudiantes » au tarif de 80 euros par an. Pour en savoir plus, www.etudiants.laligue.org

    a Récolter quelques sous

    Même si votre salle est gratuite et que les supports proposés coûtent très peu cher, un tel événement pourrait néanmoins vous demander quelques dépenses : impression de documents de communication, éventuel buffet, frais de montage ou de matériel, déclaration, assurance... Les financeurs publics tels que les mairies, les Départements, les Régions ou le CNC soutiennent des projets d’envergure. Mais les petites projections sont plus difficiles à financer : comptez sur les aides universitaires et les services étudiants. La solution : mettre le paquet sur les avantages en nature. Demandez à la structure qui vous accueille si elle accepte de prendre en charge le buffet (solidaire) qui suivra la projection et sollicitez également les associations travaillant sur vos sujets. Les magasins spécialisés seront peut-être d’accord pour vous prêter du matériel de projection si vous leur expliquez votre démarche et proposez d’apposer leur logo sur vos documents de communication. Un seul bémol à cette recherche effrénée de financements : la réglementation sur l’exploitation commerciale des oeuvres visuelles est complexe et stricte. Si votre entrée est payante, cela doit servir à financer vos frais mais en aucun cas à faire un bénéfice. Sinon, c’est une diffusion commerciale et vous devrez entre autres acquérir le DVD au prix fort.

     3/ APRÈS LA PROJECTION

    Le mot « the end » gravé sur l’écran, un public qui commence déjà à chercher la sortie... Votre première séance s’achève. Que faire pour que ce ne soit pas la dernière ?

    a 5 minutes après Ne laissez pas vos spectateurs s’évaporer dans la nature. Un temps informel, autour d’un buffet solidaire par exemple, peut être un bon moyen de recueillir leurs impressions, leurs commentaires... Et de vous en inspirer pour organiser de nouvelles projections. Faire d’un tel événement un moment de détente autant que de réflexion pourra, de plus, vous permettre de capter un public qui sera ravi de revenir pour d’autres projections.

    L’association Énergie Citoyenne propose autour de ses projections un buffet bio végétarien avec prix libre de la nourriture ! Une manière militante et intéressante d’inviter l’auditoire à un rapport moins « consommateur » de l’événement. Par ailleurs, théâtre de rue, jeux interactifs, balade du dimanche en montagne avec une conteuse, campagne de nettoyage de la fac ou encore peinture sur route font partie des nombreux à côtés que l’association propose autour de ses projections de films de défense de l’environnement. Si ça peut vous donner des idées... !

    a Une semaine après

    Réaliser un compte-rendu écrit, filmé ou audio peut être un bon moyen de garder une trace de votre événement. Cela vous permettra non seulement de le valoriser dans le prochain dossier de présentation de votre association mais également de communiquer a posteriori sur la projection. Et ce notamment auprès des médias, des associations partenaires et d’éventuels financeurs qui, si l’événement a eu du succès, pourraient bien être tentés de vous donner quelques subventions pour votre prochain opus.

    a Un mois après

    Votre film a eu du succès et a permis de sensibiliser un large public ? Il serait dommage qu’il finisse sa vie dans un carton. Faites savoir que votre oeuvre existe et proposez à d’autres associations de l’utiliser pour des projections. Veillez cependant à établir, avec les associations qui vous l’emprunteront, une convention de partenariat afin de définir les conditions d’exploitation de votre film. & Pour plus d’informations, consultez la fiche pratique « Rédiger une convention de partenariat » disponible sur www.animafac.net, rubrique « Boîte à outils », « fiches pratiques ».

    a Trois mois après

    De très nombreux concours, appels à projets et un certain nombre de structures récompensent et financent des courts-métrages et documentaires sur des sujets d’intérêt général. N’hésitez pas à vous renseigner, dès la rentrée, auprès du CNC, et consultez régulièrement l’annuaire des appels à projets du site d’Animafac (rubrique « Boîte à outils »), qui recense les différents programmes pouvant vous intéresser. Tout travail vaut bien reconnaissance !

    LES RESSOURCES POUR ORGANISER UNE PROJECTION

    Première chose à faire pour être un bon organisateur de projections : voir soi-même beaucoup de films, écumer les festivals, et s’imprégner de ce qui se fait ailleurs. Dommage de rester dans son coin alors que le net et votre quartier pullulent de passionnés du grand écran !

    Energie Citoyenne propose sur son site internet une médiathécolo très bien faite, avec des films libres de droit souvent dégotés auprès de petites boîtes de production. http:// energiecitoyenne.free.fr L’association Silhouette organise un festival de courts métrages en plein air dans le parc des buttes Chaumont à Paris. Si la projection de films n’est pas le coeur de métier de votre association, mais que vous souhaitez en organiser ponctuellement, elle peut vous fournir une prestation « clé en main » : programmation de la séance et négociation des copies, fourniture du matériel technique nécessaire à la projection et présence du personnel technique spécialisé. www.association-silhouette.com

    Le site Format Court, apparu sur la toile en 2009, traite du court métrage de façon diversifiée et originale. A travers ses critiques de films, chroniques DVD, portraits d’artistes et suivis de festivals, Format Court fidélise son affection pour le cinébref, qu’il s’agisse de mettre en avant de nouveaux talents ou de faire redécouvrir des oeuvres existantes. www.formatcourt.com

    Le RED, réseau d’échange et d’expérimentation pour la diffusion du cinéma documentaire, réunit un grand nombre de structures en France, petites et grandes, qui travaillent à diffuser le documentaire. Pour les rejoindre ou simplement les contacter : www.lesecransdocumentaires.org

    L’ADDOC, association des cinéastes documentaristes, est un espace de rencontre et de réflexion ouvert à toute personne impliquée dans la création documentaire. En 2004, l’Addoc a par exemple organisé le premier Salon des Refusés du documentaire, en partenariat avec le Forum des Images. 554 films refusés ou censurés par les chaînes nationales ont été présentés au public pendant un mois ! www.addoc.net

    Le ROD, Réseau des Organisations du Documentaire, réunit, de manière informelle, les principales organisations d’auteurs, de réalisateurs et de producteurs de documentaires. www.reseau-doc.org

    L’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, est une association de cinéastes qui soutient la diffusion en salles de films indépendants et oeuvre à la rencontre entre ces films, leurs auteurs et le public. www.lacid.org

     Le portail du film documentaire est une excellente base de données proposant 17 500 documentaires, 9 000 auteurs-réalisateurs et 350 festivals référencés ; des extraits et bandes annonces et une newsletter à tomber par terre. Bref, courez-y ! www.film-documentaire.fr

    La Maison du doc’, créée en 1994, est née de la dynamique de diffusion et de production de films documentaires développée à Lussas depuis de nombreuses années. Elle a pour objectif d’accompagner la création documentaire et de favoriser la diffusion des films. www.lussasdoc.com

    Etudiants et Développement, réseau d’associations étudiantes de solidarité internationale, met gracieusement à disposition des associations des vidéos. www.etudiantsetdeveloppement.org La

    Médiathèque des Trois Mondes (MTM) diffuse et assure la promotion de films d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie traitant plus particulièrement de l’immigration, du développement et des droits de l’Homme. www.cine3mondes.com

    Ritimo est un réseau national d’information spécialisé sur la solidarité internationale et le développement. Cherchez le centre Ritimo le plus proche de chez vous sur www.ritimo.org

    d’accompagner la création documentaire et de favoriser la diffusion des films. www.lussasdoc.com

    Etudiants et Développement, réseau d’associations étudiantes de solidarité internationale, met gracieusement à disposition des associations des vidéos. www.etudiantsetdeveloppement.org La

    Médiathèque des Trois Mondes (MTM) diffuse et assure la promotion de films d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie traitant plus particulièrement de l’immigration, du développement et des droits de l’Homme. www.cine3mondes.com

    Ritimo est un réseau national d’information spécialisé sur la solidarité internationale et le développement. Cherchez le centre Ritimo le plus proche de chez vous sur www.ritimo.org  


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