Accueillir les étudiants internationaux… à temps

Fiche pratique

Ils sont de plus en plus nombreux, mais on ne s’occupe pas toujours d’eux comme on le devrait. Les étudiants étrangers sont cordialement invités à fréquenter les universités françaises, mais leur accueil institutionnel n’est pas toujours au point : interlocuteurs multiples, système universitaire peu lisible, et inégal vis-à-vis des étudiants qui ne font pas partie d’un programme d’échanges.

Ceux qui ont le malheur de rester isolés sont les plus menacés d’échec scolaire. L’intervention d’étudiants peut tout changer et donner aux institutions les exemples qu’elles pourront par la suite suivre et relayer, ce qui laissera place, entre étudiants français et étrangers à de nouveaux projets. En outre, vous bénéficiez entre vous d’une empathie que personne ne peut égaler. Vous êtes donc les mieux à même de transmettre votre  » métier d’étudiant « . Accueillir oui, mais où et quand ? Tous les étudiants étrangers n’arrivent pas en même temps en France et dans leur ville d’accueil, la rentrée universitaire s’étale sur plusieurs mois, avec une nouvelle vague d’arrivants au deuxième semestre.

 

 


1. Réception à l'atterrissage

Dégoter les contacts des nouveaux arrivants en amont

L’exemple nous est donné par les pays nordiques du Danemark au Canada : tout étudiant débarquant au Danemark a préalablement été contacté par un étudiant danois qui se charge de l’amener ensuite à bon port, tandis qu’à Montréal un service d’accueil des étudiants internationaux se trouve 15 jours durant à l’aéroport.

Dès février-mars. Pour réussir un accueil des arrivants dès leurs premiers pas sur le sol français, il est indispensable d’avoir établi un premier contact. Pour cela plusieurs interlocuteurs institutionnels sont à solliciter : le bureau des relations internationales (BRI) de votre université, le CROUS, ou encore le pôle universitaire européen s’il existe doivent disposer des coordonnées de tous les étudiants internationaux. Vous pouvez, avant l’été, insister pour que soient demandées les adresses électroniques des futurs arrivants et qu’elles vous soient transmises. Vous pourrez alors faire un mail groupé pour proposer votre réception en gare ou aéroport.

Avril-mai. Pour encore mieux anticiper, vous pouvez demander vers avril mai à ces divers interlocuteurs d’insérer dans tous les documents qu’ils envoient aux étudiants étrangers (inscription ou attribution de logement) une fiche à remplir par ceux qui souhaitent être accueillis. Composée par vos soins, elle précisera les coordonnées de l’étudiant, ses date et horaire d’arrivée. La fiche doit contenir le nom de votre association, l’adresse à laquelle elle peut être renvoyée, postale ou électronique, et les noms et téléphones des organisateurs qui centralisent les demandes et les font passer aux bénévoles motivés. Si votre association dispose d’un site web, mettez cette fiche en ligne afin que les étudiants puissent également s’inscrire par Internet, et si ce n’est pas le cas, demandez un ajout au site de votre université, ou à celui du CROUS.

Des pistes de logement à l’avance

Vous saurez par l’intermédiaire de ces fiches qui arrive, quand et comment… et pour aller où ? Identifiez les résidences universitaires et auberges de jeunesse qui peuvent dépanner les arrivants le temps de trouver un logement permanent au cas où les voyageurs se seraient montrés trop optimistes.

Un comité d’accueil le Jour J

Sur place, à la gare ou l’aéroport, soyez bien visible : panonceau ou banderole si vous êtes plusieurs. Munissez-vous des plans (offerts dans les offices de tourisme) et guides d’accueil (édités par l’université, les étudiants) où se trouvent les premières informations pratiques sur la ville et l’université que vous pourrez commenter à l’intention des nouveaux venus. Et puis… avant de laisser votre étudiant étranger fatigué du voyage se reposer un peu, donnez-lui un rendez vous la semaine suivante à l’université, pour un accueil plus large qui sera l’occasion de découvrir en détail son nouvel environnement d’études et de joies associatives ! Tenez préparé un petit plan de l’université avec la localisation exacte du lieu de rendez-vous que vous lui glisserez dans ce but.


2. Accueil à l'université

Du pot de rentrée à la semaine organisée, l’accueil dédié aux nouveaux venus du monde entier (plus de 180 pays sont représentés par leurs étudiants en France) au sein de l’université est une occasion de faire connaissance, d’informer et d’orienter, de nouer les liens qui serviront tout au long de l’année, peut être même pour vos activités associatives. L’idéal est de réaliser cet accueil en n’hésitant pas à voir grand : associez-y comme partenaires l’université et les collectivités locales pour disposer de moyens plus conséquents, d’entrées gratuites, d’intervenants de choix, etc.

Accueillir, oui ! Mais quand ?

Les étudiants en programme d’échange (Erasmus par exemple) ont en général une date de rentrée bien précise et des formalités à accomplir ce jour là. Les étudiants ” hors programme ” sont plus difficiles à mobiliser. Il faut enquêter avec patience, avec pour mission de récupérer auprès de chaque service de scolarité la liste des noms, emails et téléphone. Il peut alors leur être proposé un grand rendez-vous de rentrée destiné à faire connaissance et débuter les échanges. N’oubliez pas les arrivants de milieu d’année – ils sont nombreux – qu’il faudra aider à prendre le train en marche.

A minima : un stand et des boissons

Le rendez vous est fixé, les étudiants étrangers ont été prévenus par email, par affichage dans les résidences, dans les amphis où se déroulent les cours de soutien en français, dans les services de scolarité – où vous êtes gentiment allés demander de faire passer le message, et par téléphone pour être sûr. Il est temps de planter un stand bien en vue, d’offrir quelques boissons et de se présenter. Toutes les associations qui souhaitent des activités aux accents variés sont à mobiliser : elles pourront donner le programme de leurs activités et inscrire de nouveaux membres.
Distribuer un plan de l’université ne sera pas de trop, surtout si, en plus des locaux associatifs, les bureaux administratifs y sont indiqués avec leur fonction et leurs horaires.

Des visites

Au-delà d’un moment privilégié de rencontre, un accueil plus complet peut-être envisagé, où les informations données seront mises en pratique sur l’université, la vie quotidienne, la découverte touristique. A titre d’exemples :

Débuter par une visite de l’université et de son campus : qui étudie où et quoi, k-fet et resto U, bibliothèque, panneaux d’information, salles informatiques, pour une première mise en place. Poursuivre, par un circuit ” ville pratique ” pour découvrir autour des résidences : maison des association, CROUS, CIDJ, bibliothèque municipale, mais aussi cinémas, supermarchés, postes, banques. Le troisième circuit, enfin, peut être plus touristique – les grands lieux, monuments, musées – et s’achever par une soirée au théâtre municipal dont la ville aura offert les billets. Ne prenez pas totalement en charge les étudiants étrangers et laissez leur toutefois du temps, en matinée ou en après midi, pour qu’ils effectuent leurs formalités administratives.


3. Le temps des démarches

Forum, agora, toutes les formalités dans la journée

Plusieurs villes, avec des partenariats divers, CROUS, universités etc. ont mis en place des lieux spécifiques pour proposer l’ensemble des services administratifs et privés indispensables à l’arrivée des étudiants. On peut citer parmi elles LyonBordeauxParis, et Strasbourg. Ces lieux et moments sont l’occasion pour les bénévoles étudiants de proposer un stand d’accueil où un diagnostic personnel permettra aux étudiants étrangers de savoir, pour chacun quelles sont les informations et démarches prioritaires. Là encore, même avec tout les éléments nécessaires à portée de main, une orientation et un soutien s’avèrent souvent utiles. Naturellement, toutes les associations à vocation d’animation au long de l’année et qui veulent se tourner vers les étudiants étrangers gagnent à être présentes dans ces espaces dédiés.

Proposer des tarifs négociés pour le téléphone et la banque

Garantir l’effet de groupe convainc les opérateurs téléphoniques et les banques avides de chair fraîche à fidéliser, de faire des tarifs privilégiés, qui tiennent compte de la durée éventuellement courte des nouveaux arrivants (certains étudiants en échange ne restent que 6 mois). Il est banal dans les grandes écoles de bénéficier d’une offre à l’ouverture d’un compte bancaire, de l’argent versé tout simplement, alors, autant utiliser l’agressivité des offres commerciales au bénéfice du plus grand nombre et faire jouer la concurrence !


4. Une soirée de clôture

Après une semaine de démarches, de visites, de présentation et d’informations multiples, les festivités sont de mise pour célébrer les efforts fournis et l’arrivée des étudiants frais arrivés comme il se doit. Une grande soirée, à répéter au long de l’année à l’envi, permet en outre de rassembler beaucoup de monde et de faire se côtoyer encore davantage autochtones et étrangers. Selon les partenariats et les ambitions, les soirées peuvent se dérouler dans un lieu culturel fréquenté de la ville, dans une salle louée pour l’occasion où à l’université. Elles peuvent être organisées par les étudiants où initiées par les institutions qui s’appuient ensuite sur les étudiants pour assurer animation et l’ambiance.

Tout est ouvert, et peut marquer pour les uns le début d’un séjour réussi, pour les autres, la promesse de rencontres passionnantes !

Relisez aussi le Guide pratique ”L’accueil des étudiants étrangers”