Accueillir les nouveaux étudiants

Fiche pratique

L’université n’a probablement plus de secret pour vous depuis que vous en arpentez ses vastes couloirs, bureaux, et autres recoins plus ou moins connus. Mais souvenez-vous de vos jeunes années… Bac en poche et tous fiers de votre nouveau statut d’étudiant, étiez-vous aussi à l’aise que vous l’avez laissé croire le jour de la rentrée universitaire ? Soyons honnêtes : probablement pas. Réunions d’informations qui s’enchaînent ou se chevauchent, inscriptions à faire sans savoir ni où ni comment, salles introuvables, surcharge de documents… une semaine de rentrée ressemble souvent à un parcours d’obstacles angoissant dont on se sort plus ou moins bien selon qu’on est débrouillard ou qu’on l’est moins.

Plutôt que d’y voir là une fatalité à laquelle tout nouvel étudiant doit forcément être confronté, il est pourtant simple et à la portée de toute association de s’organiser pour accueillir ces  » premières années  » un peu perdues, afin de faciliter leur intégration à la vie universitaire et donc d’augmenter leurs chances de réussite (car les deux sont tout à fait liés) ; et pourquoi pas, par la même occasion, d’éveiller leur volonté de participer eux aussi à la vie associative. À la clef, des contacts, des adhérents et, qui sait, peut-être de nouveaux membres actifs… Voici en quelques points les informations importantes à traiter pour organiser un accueil profitable à tous. La méthode est simple et réalisable rapidement, à peu de frais.

 


1. Quelle forme adopter ?

Il y a quelques moyens classiques d’accueillir les étudiants de première année, ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’autres méthodes probantes. Vous trouverez ici les bases d’un accueil efficace, mais n’hésitez pas à repenser, innover, délirer… et à nous tenir au courant de vos initiatives !

Des stands bien placés et repérables

Monsieur de La Palisse en conviendra : pour accueillir les étudiants, mieux vaut se tenir au même endroit qu’eux. S’entend par là que si le local de votre association n’est pas situé dans un endroit de passage, établissez des stands (si vous pouvez en organiser plusieurs en divers endroits-clés, ce sera préférable) installés de telle sorte que le maximum d’étudiants puisse vous trouver et vous demander conseil. Il s’agit ainsi de créer un véritable espace de rencontres, pas un simple lieu de transit. Quelques chaises au minimum, une exposition, une buvette, un accès Internet -pourquoi pas ?- créeront autour de votre stand un réel événement au sein du microcosme de votre fac. Certains se sont même amusés à faire voler des montgolfières (sic), à multiplier les exploits sportifs pour attirer l’attention.

Faites en sorte d’être repérables de loin (fléchez au besoin), tant au niveau de l’impact visuel que du message que vous voulez faire passer. Dans la jungle des informations de la pré-rentrée, il est difficile de sélectionner quels renseignements seront importants ou non, et l’on hésite parfois à s’attarder à un stand s’il ne semble pas réellement utile. La première réaction de l’étudiant sera souvent : ” Qu’est ce que vous vendez ? J’ai déjà la mutuelle de mes parents ! “.

Montrez donc bien que vous êtes là pour aider les étudiants dans leurs démarches, et qu’il est intéressant pour eux de venir à votre rencontre. Quelques tracts ou plaquettes de présentation, une brochure recensant les démarches à effectuer et les actions de votre asso, vous permettront d’établir le contact. Des panneaux bien lisibles, agrémentés pourquoi pas de dessins humoristiques, une architecture audacieuse, ou simplement des badges (voire un accoutrement plus sophistiqué type tee-shirt, casquette… sans mésestimer les risques d’apparaître alors pour une bien étrange secte) retiendront l’attention. Mais, même un stand de 600 mètres carrés tout habillé de rose fluo (à pois jaune pingouin) ne sert à rien si l’on néglige l’essentiel : avoir une démarche volontaire et engager la discussion. Rester assis derrière un stand ne vous attirera au mieux que quelques sourires…

Le dialogue entamé, n’oubliez pas que c’est à vous, ” aîné ” mieux informé, que sont dévolus les premiers pas. Votre interlocuteur est sans doute submergé par les interrogations, les soucis ; il peut se sentir perdu devant l’immensité souvent grise de ses nouveaux murs anonymes. C’est pourtant à vous d’orienter la discussion, à vous aussi de lui proposer tout de suite des activités concrètes, si vous cherchez à développer votre association tout du moins. Ne jouez pas en tout cas au bureau d’informations administratives. Vous avez la chance d’être étudiant et de pouvoir parler librement. Livrez donc sans complexe votre avis sur l’ambiance, les enseignants, l’intérêt des cours, les problèmes de méthodes… C’est en personnalisant l’accueil que votre action prendra tout son sens.

Rappelons ici que les étudiants ” disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche, et qui ne troublent pas l’ordre public ” (loi du 26 janvier 1984 régissant les établissements d’Enseignement supérieur).

Organiser une réunion de pré-rentrée

La réunion de pré-rentrée a ceci d’intéressant qu’elle permet d’informer massivement les étudiants plutôt qu’au cas par cas. Elle vous confère aussi un statut plus important auprès des étudiants, qui voient dans la ” réunion d’information ” un caractère plus officiel qu’un stand installé dans un couloir. Si vous réussissez en plus à négocier avec la présidence de l’Université qu’elle informe par voie d’affiches ou de courrier de la tenue de votre réunion, alors vous serez assurés d’avoir un maximum de public. Si vous n’y parvenez pas, prévenez des date et heure de la réunion par tous les moyens dont vous disposez. N’oubliez pas d’expliquer comment s’y rendre : souvenez-vous toujours que les étudiants qui y vont ne connaissent pas les lieux.

Bien entendu, dans les deux cas, faites en sorte que les membres de l’association qui tiendront ces stands connaissent convenablement l’université. Si vous avez des représentants dans les différents conseils, mettez-les à contribution : un mandat d’élu étudiant ne se limite pas à siéger une fois par trimestre…

Le principe d’une réunion : un exposé général d’une vingtaine de minutes (trop long : tuant ; trop court : pas sérieux) sur le ” mode d’emploi ” de votre fac. Ensuite, une séance de questions venant de la salle. Quelles matières choisir ? Quels profs ? Quel parcours pédagogique, voire quels débouchés à la sortie ? Enfin, un bref exposé sur votre association avec, évidement, le mode d’adhésion. Car, si c’est d’abord pour acquérir de meilleurs repères que sont venus vos participants, la réunion de rentrée est un excellent moment pour leur expliquer que, l’an prochain, eux aussi peuvent sacrifier une partie de leurs vacances à l’aide des nouveaux, qu’eux aussi peuvent apprendre à courir tout au long de l’année entre leurs cours et leur projets. La circulation d’un questionnaire en fin de réunion permettra à la fois de connaître l’avis du ” public ” sur votre prestation (et les inquiétudes qui demeurent), et de recenser ceux qui pourraient, au cours de l’année, animer le journal du campus, préparer un jumelage avec la Zambie, mettre en place une bibliothèque de rue dans les HLM du quartier.


2. Quels renseignements apporter ?

En règle générale, les difficultés rencontrées par les nouveaux étudiants sont autant psychologiques que matérielles : appréhension de l’inconnu, perte de repères dans un univers aux dimensions et au fonctionnement autrement différents qu’au lycée, difficultés à remplir les formalités administratives (quand elles ne sont pas tout simplement ignorées), tous ces éléments retardent le moment où l’on se sent à l’aise dans son université. Il vous appartient donc d’apporter un maximum de réponses aux questions que se posent les nouveaux arrivants, et même de les anticiper :

  • Se repérer dans l’université : si ce n’est pas fait par l’administration et si vous le pouvez, fléchez vous-mêmes l’Université (c’est à dire les endroits qui seront importants pour eux) : les lieux d’inscriptions, la présidence, les secrétariats d’UFR… mais aussi la cafétéria, le resto U, et les lieux de vie commune s’il y en a. Utiliser le même lettrage et les mêmes supports vous permettra de signaler votre existence au même titre que celle d’une bibliothèque !
  • Si vous en avez le temps, faites un plan et mettez-le à disposition. Nec plus ultra, une visite guidée conduite avec humour par quelques ” anciens ” reste le meilleur moyen de faire découvrir les locaux aux ” petits jeunes ” afin qu’ils s’approprient leurs futurs lieux de vie étudiante.
  • Connaître son lieu de vie : selon où est située votre université, aidez les nouveaux arrivants (qui quittent pour un certain nombre d’entre eux leur ville natale pour la première fois) à se repérer facilement dans leur nouvel espace. Ils perdront moins de temps et gagneront donc en efficacité, en plus de se sentir moins ” paumés ” : où trouver la bibliothèque municipale ou de quartier, les librairies spécialisées, mais aussi éventuellement les cinémas, théâtres, musées. Sans oublier les restos, sandwicheries et tous vos bons plans pour manger pas cher : indispensable ! Ayez aussi à disposition des renseignements sur les moyens de transport qui relient l’université et fournissez des plans de ville ou de quartier si vous le pouvez. En bref, selon la taille et la configuration de votre ville, réfléchissez aux endroits-clés des alentours de la fac pour informer des lieux de vie fréquentés en général par les étudiants.
  • Les inscriptions pédagogiques et administratives : un peu avant la rentrée, renseignez-vous sur les toutes les démarches qu’ont à effectuer les nouveaux étudiants lors de leur arrivée et au cours de l’année, et faites-en une synthèse. Vous devez pouvoir les renseigner à la fois sur les échéances des diverses inscriptions administratives et pédagogiques mais aussi sur leurs implications ; mettez à profit vos propres expériences pour conseiller utilement sur les choix à effectuer : un conseil ” officieux ” d’étudiant vaut parfois mieux qu’un avis officiel en matière de choix des enseignements, des options, etc. Même si les choix que vous aviez faits personnellement ne seront pas forcément judicieux pour tous.
  • N’oubliez pas non plus d’indiquer les lieux et les personnes à connaître en cas de problème. Une inscription mal faite est toujours rattrapable à condition de s’adresser au bon endroit et au bon moment. De même, si vous n’êtes pas en mesure d’apporter un renseignement, sachez toujours renvoyer sur une personne susceptible de donner une réponse à l’étudiant.
  • Les aides sociales aux étudiants : fournissez les adresses importantes à connaître en ce domaine et expliquez le champ d’application du CROUS (et le nom d’une personne responsable si vous le pouvez), de la Commission Sociale d’Établissement (CSE), mais aussi des assistants sociaux, du service des bourses, et des services de la médecine préventive.
  • La vie citoyenne à l’Université : ce ne sera pas toujours une priorité pour la majorité des étudiants débarquant à la fac. Ce n’est pas une raison pour ne pas aborder la question, d’autant que chacun d’entre eux sera en train de sélectionner ses activités de l’année et de bâtir son emploi du temps. À vous de trouver les moyens de les sensibiliser.

Nous ne le répéterons jamais assez, la (pré)rentrée est une période aussi cruciale pour le nouvel étudiant que pour le renouvellement des associations. Avec ces quelques recettes, muni de votre (incomparable ?) expérience, n’attendez plus pour agir. Le campus n’attend plus que vous !