Une action pour l’environnement

Fiche pratique

La préservation de l’environnement occupe une part de plus en plus importante dans la vie quotidienne, mais aussi économique et politique. Au moment où les constats les plus dramatiques affluent, que faire en faveur de l’environnement ? Les actions que peut mener une association sont aussi nombreuses que variées et permettent la réalisation de projets à la mesure de votre motivation et de vos ambitions !

Le respect maîtrisé de l’environnement est LE sujet sensible de ce début de millénaire. Grâce à la mobilisation générale, il n’a jamais été aussi facile de réaliser son projet… Cependant, il faut prendre le problème par le bon bout ! Pour cela, il n’y a malheureusement pas de méthode infaillible, seulement quelques astuces qui permettent souvent de dépasser de loin nos espérances. Alors que faire pour l’environnement, quel angle choisir, quelle parade à quelle incurie ? Comment s’organiser ? Et comment rendre l’action plus vivante et plus marquante ? Autant de points à éclaircir au préalable, pour rendre plus pertinent tout projet à vocation environnementale.


1. Que faire ?

Parce que les problèmes d’environnement englobent des dimensions sociales, scientifiques, économiques et politiques, une multitude d’actions et de projets est envisageable à condition de considérer précisément la situation. Les thèmes sont multiples, répondent à de nombreux ” mots-clefs ” : eau, air, sols, gestion des milieux naturels, déchets, risques naturels et technologiques, énergie, agriculture… Chaque champ fait lui-même appel à plusieurs disciplines (chimie, physique, biologie, géographie, droit, économie, sociologie…). Les types d’actions n’en sont donc que plus diversifiées.

Quelques exemples : conférences, chantiers nature, projets de développement, journées de rencontres (forum), mise en place de collectes sélectives, projets de sensibilisation, mise en place de panneaux solaires, d’éoliennes (notamment dans les écoles primaires), transports alternatifs (vélos, roller…), visites de stations d’épuration, d’usines d’incinération (très instructif : le monde des déchets est une ” véritable ” 4e dimension)… À vous de sélectionner le type de projet qui vous motive le plus, car c’est l’enthousiasme qui va déterminer la réussite de votre événement.


2. Comment faire ?

N’oubliez pas qu’il n’est pas nécessaire d’être nombreux, mais pareillement convaincus de la nécessité et de l’intérêt du projet.

Commencez par monter une équipe. Il faut un responsable. C’est lui qui sera chargé de coordonner vos actions. Regardez ailleurs : prenez contact avec d’autres associations, en fonction de leur expérience, de leur domaine d’activité, de leur implantation géographique. Bénéficier de leur soutien permet de gagner beaucoup de temps et de militants. Pour revenir sur l’aspect pluridisciplinaire d’une telle équipée, il est particulièrement intéressant de monter un groupe de travail avec des compétences variées, ce qui permet souvent d’avancer plus rapidement et plus efficacement.

Première étape (la plus difficile) : l’équipe doit définir ensemble le but, les objectifs, le principe puis les moyens de votre projet. C’est une étape capitale car elle permet de fixer les idées de l’équipe sur ” l’intention ” du projet. Cela évite de partir dans tous les sens, chacun avec sa conception personnelle et contradictoire. L’actualité peut apporter son lot d’idées, notamment lors de l’organisation de conférences à vocation environnementale. Ensuite, c’est une démarche efficace pour monter un bon dossier de présentation. Alors, vous serez bien armés pour vous lancer dans la deuxième étape : la chasse aux subventions…

A priori, vous pouvez envisager trois types de projets selon leur durée : les événements ponctuels (conférences, concours photo…), périodiques (forum, journal…) et à moyen terme (mise en place d’une collecte sélective dans votre fac, projets de solidarité internationale…). Surtout dans le dernier cas, trouvez des étudiants de promotion différentes dans l’équipe pour que l’expérience soit transmise d’année en année.

Pour être efficace, établissez un planning d’actions. Cela permet de diviser clairement les tâches entre vous et de savoir où vous en êtes à tout moment. Un cahier qui relate les faits importants permet à moyen terme d’avoir les idées claires sur ce qui a bien marché et, par différence, sur ce qui n’a pas forcément fonctionné. Vous pouvez à partir de ce document établir un cahier des charges, ou rédiger un rapport à la fin de l’opération !

Avant tout, vérifiez toujours le cadre réglementaire dans lequel se trouve votre projet, qu’il s’agisse de sécurité, d’hygiène ou d’environnement. Vérifiez aussi qu’aucune loi ne viendra rendre caduque votre projet. Il faut, dans la mesure du possible (et du réglementaire !), obtenir les autorisations signées des responsables en charge du secteur qui vous intéresse, de façon à ce que l’on ne vienne pas stopper net votre opération.

Votre événement répond à un calendrier très défini, en fonction des différentes échéances, dans sa préparation aussi bien que dans son déroulement. Construisez ce calendrier soigneusement, en répartissant autant que faire se peut les charges de travail, les entrées et sorties d’argent, en évitant de cumuler des retards, néfastes notamment en matière de communication. De plus, un planning clair et précis facilite très souvent l’organisation d’une équipe, surtout si les réunions sont rares.


3. Des étapes inévitables

La mise en place d’un projet nécessite chaque fois de penser en amont et parallèlement au financement et à la communication.

Faire connaître son projet, aussi bien du public de référence que des médias ou de partenaires, est crucial. On communique moins sans argent, sans communiquer, on a moins d’argent. Il faut donc prévoir de longue date l’aspect ” visibilité ” pour valoriser son impact, pour mesurer son coût.

L’environnement est un domaine où la communication est peut-être plus difficile qu’ailleurs, car les questions soulevées sont posées depuis peu, sont associées à un message institutionnel et ne soulèvent souvent qu’un agrément passif. En revanche, votre message pourra plus facilement qu’à l’ordinaire trouver des diffuseurs, parmi ceux qui on la ” fibre papier recyclé “. On est devant une formule : public ” inerte “, relais actifs. Un effort de communication particulier doit donc être mené dès le début du projet, notamment vers ce premier public de personnes impliquées dans le domaine ou influentes dans un autre.

Sachez mettre en avant ce qui dans votre projet correspond à la situation de votre public. Celui-ci est différemment sensible selon l’actualité, les lieux qu’il fréquente, son mode de vie… Comment votre projet peut-il être une source d’enrichissement communautaire ? L’exemple d’une campagne en faveur du tri sélectif est représentatif, car il demande un investissement, un effort qui ne sera pas produit si le ” récepteur ” de votre communication ne saisit pas l’intérêt moral, financier, éthique d’un tel geste !


4. Trouver les bons interlocuteurs

Il existe toujours dans une faculté, une école ou une mairie… un service chargé de l’environnement, de l’hygiène ou de la sécurité. C’est en général ce service qui sera le plus apte à vous fournir les renseignements et le soutien dont vous aurez besoin. De plus, il y a dans la plupart des grandes sociétés du domaine de l’environnement (souvent parmi celles qui polluent d’ailleurs), un service ou un responsable de la communication. Là encore, il peut s’agir d’une aide précieuse, financière souvent, à condition de ne pas vendre son âme ! Les instituts de recherche, les organismes de contrôle peuvent également vous apporter une expertise ou une intervention lors d’une conférence par exemple.


5. Les supports de communication

À l’heure du numérique et du net, on dénombre de plus en plus de supports pour faire passer des informations. Un conseil toutefois, n’hésitez pas, avant de vous lancer dans des projets babéliens, à utiliser les valeurs sures ! Là encore, tous les services d’administration possèdent des canaux de diffusion qu’il faut utiliser au maximum et parfois quelques moyens couplés à du savoir-faire (création de maquettes, réalisation de panneaux, site internet…).

Quel que soit le vecteur de communication (radio, TV, affiches, tracts, journaux, panneaux, conférence, courriers, salon ou forum…), il convient de l’adapter au public auquel on s’adresse. La mise en forme peut éventuellement être laissée à des formations spécialisées toujours à la recherche de bons travaux pratiques. Le discours doit lui aussi être assimilable par la majorité du public visé. Un autre point important : votre com’ sera vue par les étudiants mais aussi par les administrations et les partenaires. Trouvez un bon équilibre entre audace et rigueur. Une rigueur qui se niche dans les moindres détails. Pensez par exemple à utiliser du papier recyclé, pour être cohérent et faire des économies !


6. Les moyens financiers

Aujourd’hui, il existe un grand nombre d’organismes qui financent des opérations environnementales. L’Université, par le biais du FAVE (Fonds d’Aide à la Vie Étudiante), peut faciliter la mise en place du projet sur un campus grâce à une aide financière directe ou indirecte. Parmi les donateurs, on recense un certain nombre de fondations d’entreprises (voir le site www.admical.org qui les liste par thème) et des bourses aux projets (voir le site des appels à projets d’animafac, www.prenez-votre-elan.net pour les coordonnées)… Rappelons-le, les industriels du secteur sont friands de campagnes qui permettent de diffuser une image valorisante de leur société. À vous de présenter un dossier adapté à l’industriel visé ! Quant aux collectivités territoriales, elles ont toujours des fonds disponibles pour ce type d’opération, qui parfois remplit des missions de service public qui pourraient leur être dévolues. Il ne faut pas forcément un gros budget pour démarrer une opération. Il faut mesurer son ambition pour rendre le projet séduisant sans en faire un mammouth inébranlable. Si c’est possible, segmentez votre action et présentez-la en étapes distinctes afin d’asseoir votre crédibilité !


7. Les moyens techniques

Il faut bien garder en tête que l’environnement est, par nature, un domaine où se côtoie un certain nombre de compétences. De ce fait, il existe une foule d’organismes (associations, fédérations, sociétés, administrations…) qui peuvent, par un moyen ou par un autre, vous apporter ce dont vous avez besoin. Par exemple, il y a toujours un service technique, propreté, ou sécurité qui possède du matériel ou un local qui seront utiles à la réalisation de votre projet. De plus, une opération similaire a déjà sûrement été réalisée par une autre association. N’hésitez donc pas à faire jouer la carte de la solidarité ! Une dernière remarque concernant l’administration : les conseils d’administration, conseils de la vie étudiante et autres assemblées permettent tous les ans en début d’année d’élire des représentants étudiants, sachez les sensibiliser à vos problématiques !

Pensez enfin à demander des lettres de soutien et à tirer tous les bilans nécessaires de votre projet, afin de lui assurer pérennité et descendance. Un dossier-bilan bien ficelé facilitera toute démarche ultérieure et attestera de votre activité débordante !

Il est réjouissant de constater que même un petit nombre de personnes motivées peut contribuer de façon sensible à la préservation de l’environnement. Dans un domaine où tout reste à faire, il y a une place importante à l’action associative étudiante. En bref, ayez confiance en vous ! car vous ne vous doutez sûrement pas de tout ce que vous pouvez réaliser. De votre audace peut dépendre notre avenir ! La chance sourit aux audacieux…