Agir pour la prévention du sida et des IST

Fiche pratique

Actions d’information et de prévention, distribution de préservatifs, journées dédiées… La lutte contre le sida et les IST fait l’objet de nombreuses initiatives, et vous souhaitez vous aussi agir pour sensibiliser vos pairs. Cette fiche pratique a pour objectif de vous apporter quelques éléments sur les actions à mener et sur la manière de le faire de façon efficace et raisonnée.


1. Des comporte ments de prévention à renforcer

En France, environ 120 000 personnes vivent avec le sida, et 6 à 7000 personnes découvrent chaque année leur séropositivité. La maladie touche désormais des catégories de la population qui étaient jusqu’alors plus épargnées : ainsi, si les femmes ne représentent que 20% des cas de sida depuis le début de l’épidémie, leur proportion dans les nouvelles contaminations atteint aujourd’hui plus de 42%. Précisons encore qu’en 2007, 60 % des personnes ayant découvert leur séropositivité ont été contaminées lors de rapports hétérosexuels, 38 % lors de rapports homosexuels et 2 % avec l’usage de drogues injectables.

Au-delà du seul VIH, les Infections Sexuellement Transmissibles (IST), qui désignent également les hépatites B et C, l’herpès, la blennorragie, les chlamydioses, la syphilis, etc. sont en progression depuis quelques années. La seule solution pour éviter l’exposition au virus est le préservatif féminin ou masculin. Or, même si l’usage de celui-ci s’est banalisé dans l’ensemble de la population, on constate ces dernières années un début de désengagement face aux comportements préventifs chez les 18-25 ans.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces prises de risques : les jeunes ont, en grande majorité, débuté leur vie sexuelle après l’apparition des trithérapies, ce qui les conduit parfois à penser que le SIDA est une maladie avec laquelle il est possible de bien vivre. Le sentiment de ne pas être concerné, d’invulnérabilité, des difficultés d’affirmation de soi, la crainte du regard de l’autre, ou encore l’opposition au discours des adultes, perçu comme moralisateur, influencent également les comportements vis-à-vis du préservatif.


2. Alcool et drogue = multiplication des pratiques sexuelles à risques !

Les soirées, ou tout autre événement festif durant lesquels les consommations d’alcool et de drogues sont fréquentes, constituent des moments où le risque est maximum. Sous l’effet désinhibant de ces substances, il est beaucoup plus fréquent de se laisser aller à une relation sexuelle non protégée : angoisse assurée le lendemain ! D’où l’importance de mener une action de sensibilisation durant votre manifestation. D’autant qu’on sait que les relais d’information « de proximité » sont les plus efficaces : des jeunes se sentiront souvent plus à l’aise pour parler de sexualité, oser poser des questions qui peuvent parfois sembler taboues, avec d’autres jeunes.

Étudiants Contre le Sida, association intervenant dans le champ de la prévention santé de manière participative, insiste particulièrement sur cette dimension : l’essentiel est de « ménager un espace de dialogue, d’échange… qui aille bien au-delà de l’apport de connaissances ou la recherche d’une « conviction » acquise à coup de slogans fracassants ».


3. Des bénévoles formés, qui renvoient vers des experts si nécessaire

Agir contre le Sida ne s’improvise pas : il est indispensable que les bénévoles soient correctement formés en amont et disposent d’informations fiables sur la maladie, afin de ne commettre aucune erreur dans le message qu’ils délivrent. Les fausses croyances et idées reçues sur les modes de transmission du VIH, ou sur les méthodes de prévention, engendrent en effet des comportements inadaptés et risqués.

Ainsi, une enquête menée en 2004 par l’Observatoire Régional de la Santé en Ile de France révèle que 15% de la population pense qu’il est efficace, pour se protéger du sida, de se laver après l’acte sexuel, 21% que le sida se transmet par les piqûres de moustiques, et 16% dans les toilettes publiques ! Il est également souvent utile de rappeler que mettre deux préservatifs l’un sur l’autre ne renforce pas la protection (au contraire, cela augmente les risques de déchirure !), ou encore que la fellation et le cunnilingus, sans protection, comportent des risques.

Plusieurs structures peuvent vous être d’un précieux secours pour briefer les bénévoles et leur apporter les compétences nécessaires. La LMDE ou Avenir Santé peuvent ainsi vous proposer des sessions de formations, qui aborderont tant les questions de fond (connaissances sur le sujet) que de forme (comment parler de maladies sans faire fuir tout le monde). Les Centres Régionaux d’Information et de Prévention du Sida (CRIPS) peuvent également être sollicités. Toutefois, même formés, les bénévoles ne sont pas des experts : pour répondre à des questions pointues, ou pour un accompagnement plus poussé, il reste indispensable d’orienter les personnes vers des professionnels, au sein de lieux ressources (centres de dépistage, planning familiaux, associations, hôpitaux, numéros d’appels).


4. Un stand amusant et attractif

Comme d’habitude, vous devrez vous préoccuper de vous procurer les outils indispensables à toute action de prévention. Tout d’abord, des préservatifs : là encore, la LMDE sera votre alliée ; au-delà des capotes, la mutuelle dispose de dépliants et de guides spécialisés. Vous pouvez également passer une commande gracieusement auprès de votre ARS (Agence Régionale de Santé), en contactant le service des actions santé publique et prévention. Enfin, si votre événement est d’une certaine ampleur, pourquoi ne pas nouer un partenariat avec une marque de préservatif ?

Viennent ensuite les affiches, brochures et autres flyers. A Paris, le Kiosque Info Sida mettra à votre disposition une riche documentation. Quelque soit votre géolocalisation, vous pouvez également vous rendre sur le site de l’INPES : il dispose d’un large catalogue en ligne proposant des documents d’éducation à la santé, classés par thème et par population cible. Il est possible de télécharger et d’imprimer soi-même ces outils, ou encore de les commander, l’impression et les frais d’envoi étant totalement pris en charge par l’institut. L’association étudiante TAboo, de l’ENSTA, a également réalisé un quizz instructif grâce auquel chacun peut faire le point sur ses connaissances en matière d’IST. Évidemment, il ne suffit pas de déposer des préservatifs et des brochures sur une table pour réussir son action de prévention !

Le succès de votre opération dépendra largement du dynamisme de vos animateurs. Quelques règles d’or : sourire, être décontracté et si possible amusant, aller vers les participants plutôt que d’attendre sans bouger derrière son stand, ne pas les aborder à coups de phrases chocs, moralisatrices et tragiques … Autre point essentiel : être soi-même à l’aise avec les questions de sexualité. Si vous piquez un fard dès qu’on vous parle de fellation ou de sodomie, votre interlocuteur craindra probablement de vous choquer en vous posant une question « hard » ! Enfin, misez sur une animation ludique qui vous permettra d’attirer le chaland.

Le jeu de la « Magic Box » remporte en général pas mal de succès. Le principe : un gode est enfermé dans une boîte, où seules les mains peuvent passer. Chaque participant essaie alors de mettre un préservatif «dans le noir» en un minimum de temps (qui est chronométré). Des lots loufoques sont remis à chacun et le gagnant se voit remettre un « Certificat professionnel d’enfilage préventif ». De quoi frimer durant le reste de la soirée …