Comment organiser une banque alimentaire ?

Fiche pratique

Les projets d’entraide sociale restent très prisés des associations étudiantes. Les formes d’aide sont, quant à elles, diverses (bénéfices d’un gala ou d’un concert, campagne de dons, journée de solidarité, participation au Téléthon…) et les causes malheureusement nombreuses. Nous vous proposons ici d’aller à la cause essentielle : la banque alimentaire.

Que ce soit dans le monde étudiant où ailleurs, personne n’est à l’abri d’un accident et il arrive vite à certains de ne plus avoir de quoi se nourrir (manque dont il n’existe aucun sevrage). Au détour d’une discussion avec une personne initiée, vous apprendrez qu’en France une association appelée  » Banque Alimentaire «  gère en partie ces besoins et distribue de l’aide aux organisme affiliés. Or les moyens manquent. Fort de ce constat, vous pourrez alors demander un topo général de la situation dans votre université (par exemple). C’est la que vous déciderez d’agir. Nous vous proposons pour ce quelques clefs utiles pour votre projet d’aide à la « banque alimentaire ».


Que faire ?

Vous avez donc, après décision unanime de votre association décidé d’agir… Or, avec un sujet aussi délicat que celui-ci, il est primordial de passer par une phase de réflexion pour ne pas vous tromper sur toute la ligne.

Faut-il aider directement les étudiants ou se tourner vers les structures grand public ? Les deux solutions existent, elles impliquent des moyens et un investissement humain différents. Prenez en compte dans votre choix les besoins de ceux que vous voulez aider. Il vous faudra définir clairement dès le début les objectifs de votre projet, ainsi, vous n’aurez pas de doutes au moment de reverser les fruits de votre récolte !

Pour sa part le grand sage associatif nous dit souvent : « Quand tu pars pour un marathon, ne prend pas forcément le départ d’un 100m olympique… Sache quantifier avant tout ce que tu espères pouvoir recueillir petit bénévole… ». En écoutant le grand sage associatif, vous aurez d’agréables surprises au moment des comptes. Nous vous conseillons donc de commencer par une aide aux étudiants. Et ce, pas par protectionnisme, mais pour les raisons suivantes :

  • Il est tout d’abord peu probable que la structure d’aide sociale de votre université possède la logistique d’aide alimentaire et votre travail commencera par une mise en relation de vos services sociaux et de la « banque alimentaire » ( pour contacter les premiers, un peu de démarchage administratif s’impose. Pour les seconds un annuaire local et un téléphone suffiront).
  • En université vous pouvez commencer par une récolte de tickets RU. Parce que la collecte de tickets RU, sous toutes les formes d’action (voir paragraphe « comment ») reste un événement original donc médiatique. Parce que les donateurs se montreront moins méfiants donc plus nombreux. Parce que les étudiants achètent les tickets par carnet, donc ils en possèdent souvent sur eux. Et enfin pour une question de stockage, de facilité de redistribution et d’utilisation par les demandeurs : seuls les étudiants peuvent utiliser ces tickets.
  • Et enfin parce qu’il est difficile de s’engager pour une première action dans une aide alimentaire qui concernerait plusieurs milliers de personnes quand une centaine d’étudiants de votre entourage attend votre contribution.

Mais c’est une question d’ambition…


Quand ?

Et oui, quand agir ? Si vous proposez une date au grand sage associatif, il caressera sa barbichette, son regard clair traversant vos pensées, et murmurera d’une voix chevrottante marquée par le vibrato de la sagesse : « tu as raison, tu as fait le bon choix… ». Car il n’y a pas de temps déterminé à la bonne action. Cela dit, et c’est un fait établi, la banque alimentaire voit ses stocks fondre en hiver comme crème glacée au micro-onde. De plus, il a été prouvé scientifiquement que le climat maussade rend les gens plus réceptifs aux sollicitations de solidarité (vous prévoirez donc du matériel étanche et un manuel d’incantations indiennes pour la pluie…).

Vous pouvez commencer par vous « faire la main » en montant une petite action avant la fin de l’année scolaire et penser à établir le calendrier en fonction d’un projet plus ambitieux pour l’hiver. Cette stratégie vous laisse le temps de vous informer correctement, fignoler tous les détails et recevoir le dossier complet d’une association étudiante qui a déjà édité deux campagnes à ce sujet (le CRI).


Comment ?

Venons en donc aux quelques clefs techniques… La liste est basée sur nos expériences mais vous saurez certainement trouver de nouveaux moyens. Pour commencer :

  • Le stand d’information et de récolte : c’est l’élément essentiel du projet. Tenir un stand est à la fois prenant et amusant et reste mobilisateur. Sachez donc préparer à l’avance le MAtériel NEcessaire à la BOnne Tenue du Stand (Nous l’appelons MANEBOTS, ça fait plus administratif…). C’est à dire : tables, chaises, affiches, tracts, pétitions, matériel de récolte (une urne et un cadenas font tout de suite beaucoup plus sérieux…), une autorisation administrative si besoin est et de la bonne volonté. Une fois installés sur des lieux de passage, il ne vous reste plus qu’à partir à la rencontre des gens, armés de beaucoup de bonne humeur. Ainsi vous pourrez sensibiliser les « habitants de votre université » à cette action et au problème qui la génère, récolter des dons et faire connaître votre association. Nous insistons encore une fois sur la facilité de récolter des tickets RU sur ces stands, surtout s’ils ont lieu près des restau-U. Une astuce : contacter une troupe d’improvisation universitaire pour aller intervenir à l’intérieur des salles de restau-U ou animer un stand un peu mou. Sachez enfin qu’un stand est souvent un événement qui attire beaucoup de monde surtout s’il dure plusieurs jours. Mobilisez donc vos troupes en fonction de cela.
  • Le concert : organiser un concert est une tache ardue. Et c’est souvent un investissement financier difficile à assumer pour une association étudiante. Or nous n’avons pas la place de vous fournir ici un concert « clefs en mains »… La fiche pratique Un concert pour faire connaître le commerce équitable vous sera sûrement utile. Faites donc appel à vos relations, et, pourquoi pas, déléguez cette partie de votre action à une association plus compétente dans ce domaine. Mais ce serait bête de vous en passer. Pour la bonne et simple raison qu’un concert à caractère humanitaire est un objet médiatique par définition. Que vous trouviez des artistes engagés ou célèbres à partir du moment où vous aurez insisté sur le coté solidaire de votre soirée et que vous aurez fait une publicité conséquente, vous risquerez de vous apercevoir que votre salle de concert est trop petite. Vous auriez toutefois bénéfice à consulter le calendrier des examens de votre ville et celui des soirées « concurrentes ». Enfin, pour tout ce qui est médias vous n’aurez aucun problème à faire passer l’information, contactez les donc largement.
  • L’opération « caddie© » : Cette action vous fera travailler le week-end. Vous déciderez donc de vous réunir devant une ou plusieurs grandes surfaces. Demandez quand même l’autorisation aux gérants qui ne refusera pas qu’on fasse gonfler son chiffre d’affaire et s’il refuse, envoyez le grand sage associatif. Une fois sur place, avec vos petits tracts, vous demanderez aux clients qui rentrent d’acheter pour vous des produits divers (denrées non périssables, produits d’hygiène courante…) et de vous les redistribuer à la sortie. Malgré le caractère facile de l’opération, nous vous conseillons de contacter une ONG sérieuse pour vous aider dans la logistique (transport, stockage, etc…). Une telle journée nous a permis de récolter 2 tonnes de denrées devant deux supermarchés de taille moyenne. A méditer.
  • Le débat : c’est pour vous un moyen de compléter votre campagne d’information. On pourrait vous accuser de misérabilisme ; or un débat est une preuve de votre réelle volonté de changer les mentalités et d’apporter des solutions aux problèmes qui ont suscité votre engagement. Pour tout ce qui est locaux, un amphithéâtre de votre université sera un lieu satisfaisant et remettra vos intervenants dans un contexte « étudiant ». Veillez quand même à demander une autorisation administrative à l’avance. Pour ce qui est des intervenants, vous en trouverez facilement de sérieux auprès des services sociaux de votre fac, du CROUS, voire même auprès du ministère. Demandez leur quand même un engagement, pour ne pas vous trouver seuls face à une salle comble. Et, dernier conseil, veillez à conserver une ambiance sereine en sélectionnant votre public et vos interlocuteurs. Reportez vous pour plus de détails a la Fiche n°3 : Organiser une conférence
  • Votre grain de sel : On ne vous a donné ici que les grandes lignes de votre action. La suite de l’histoire vous appartient.


Avec qui ?

  • Les ONG : Contactez par exemple le Secours populaire. Vous ne pourrez que vous en féliciter, ils vous apporteront une aide précieuse.
  • Les subventions : Faites appel aux FSDIE et au CROUS. Pour ce qui est des partenaires financiers privés, sachez vous montrer méfiants : une action banque alimentaire ne doit pas se transformer en puzzle de logos. Sachez chiffrer les demandes que vous faites à ces derniers en fonction du fait que vous leur offrez un partenariat publicitaire en or pour leur blason.
  • Les médias : Vous n’aurez pas de mal à les contacter. Misez sur l’originalité de votre action. Préparez un dossier de presse net et concis que vous diffuserez largement. Evitez les conférences de presse. Proposez aux journalistes de se rendre sur vos stands. Après tout, c’est sur le terrain que tout ce passe.

Sachez donc motiver vos troupes. Plus vous serez nombreux, plus votre projet sera fructueux. Et puis rien ne vous empêche de partager le travail avec d’autres associations de votre ville.


En conclusion... bon courage !

Nous espérons vous avoir donné envie d’agir avec cette fiche pratique ! La cause est juste et intéressante, et votre association n’en tirera que des bénéfices. Vous ne partirez donc pas à l’aveugle dans ce projet de longue haleine qui nous tient à cœur. Préparez vous toutefois à mener une action d’envergure et tout ce que cela sous-entend. Nous rajoutons à tous ces conseils un grand CRI d’encouragement et, comme nous sommes bons, mettons à votre disposition un dossier complet de nos campagnes.