Ecrire pour diffuser les connaissances

Fiche pratique

Vous êtes spécialiste de l’Acherontia atropos*, les trois axiomes de la mécanique quantique n’ont plus de secret pour vous ou vous êtes un amateur de la pensée stoïcienne ? Si vous pensez que votre centre d’intérêt ne capte pas assez l’attention du grand public, une des façons les plus simples de diffuser vos connaissances est de le faire par écrit.

Votre cerveau, un papier et un crayon (ou plus vraisemblablement un ordinateur) sont tout ce dont vous avez besoin. Un blog ou un article de vulgarisation dans une publication ne répondant pas aux mêmes exigences qu’un travail académique, suivez le guide pour découvrir comment affûter votre plume et transmettre vos connaissances !


Utiliser et adapter les grandes règles du journalisme

CHOISIR UN ANGLE

Tout article doit avoir un angle. Puisqu’il est impossible d’être exhaustif, l’angle, c’est le choix que vous faites pour traiter votre sujet. Cela revient au cadrage du photographe, qui ne capture qu’une partie de la scène qu’il a devant les yeux et en tire le meilleur parti. Il est important de rester fidèle à son angle et de ne pas en changer en cours d’article pour ne pas dérouter le lecteur. Par exemple, si vous écrivez un article sur le prolétariat anglais au XIXe siècle, un des angles possibles sera de suivre la journée type d’un ouvrier, d’observer l’évolution du droit du travail sur cette période ou encore de vous intéresser à la composition statistique de cette catégorie socioprofessionnelle. Le sujet de base reste le même mais son traitement sera totalement différent en fonction de l’angle adopté.

Le choix d’un angle vous permettra également d’avoir un fil directeur et de construire votre plan. Pensez à l’angle comme étant le point d’entrée dans votre univers, les premiers pas que vous voulez faire faire au lecteur pour qu’il s’intéresse à votre sujet !

CONSTRUIRE UN PLAN

De la même manière que les articles de recherche commencent par un abstract, commencez par une accroche qui servira à captiver le lecteur et à amorcer votre article. Une mauvaise accroche risquera de décourager le lecteur même si la suite est excellente. N’oubliez pas que vous n’avez qu’une chance de faire une bonne première impression !

Soignez ensuite le développement de votre article avec une progression logique et terminez sur la chute. Celle-ci doit également être particulièrement travaillée car c’est la dernière impression que laissera votre article. Ne laissez pas votre lecteur sur sa faim en la bâclant. Une technique souvent utilisée est de boucler la boucle en rappelant l’accroche de votre article.

Comme pour les genres journalistiques, les types d’articles de vulgarisation scientifique sont divers : portait, entrevue, compte-rendu, reportage, critique d’ouvrage, article de nouvelles… Chacun possède ses spécificités qui seront plus ou moins adaptées au type d’article que vous souhaitez réaliser. Pour un article de nouvelles, comme par exemple les résultats d’une étude scientifique qui vient de paraître, n’oubliez pas de respecter la règle essentielle des 3QOCP : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi.

S’ADAPTER À SON LECTEUR

Le récepteur de votre message n’est pas neutre, et c’est à vous qu’il revient de prendre cette donnée en compte au moment de la rédaction de votre texte. Chaque lecteur interprétera votre texte, notamment en fonction de son niveau de connaissance du sujet évoqué. Le plus simple est de partir d’un postulat d’une base scientifique minimale que votre lecteur possède. Soit celui-ci est le « lecteur moyen » de la publication pour laquelle vous écrivez, soit vous déterminez un profil, par exemple le niveau de la seconde générale en physique-chimie. Ainsi, si vous parlez de CO2, pas la peine de préciser qu’il s’agit de dioxyde de carbone (ou alors brièvement) mais si vous abordez les organomagnésiens mixtes** une explication devient incontournable ! Dans tous les cas, une phrase qui rappelle la définition de ce dont on parle n’est jamais superflue, quel que soit le niveau du public visé.

UTILISER UN STYLE CLAIR ET CONCIS 

  • Évitez les phrases longues et au style académique. Qui n’a jamais, durant ses études, utilisé de longues phrases aux mots compliqués pour avoir l’air de maîtriser le sujet et surtout arriver à la limite de mots nécessaires ? C’est tout l’opposé qu’il faut faire ici (et ailleurs) !
  • Pensez concis. L’efficacité sera votre maître-mot. Des phrases courtes, dynamiques rythmeront votre texte et garderont l’attention du lecteur. Tant que possible, privilégiez les formes actives.
  • Ayez recours à des exemples. Cela permet de mieux visualiser et d’appréhender les concepts de manière plus concrète.
  • Ne surchargez pas votre texte de chiffres. Dans la mesure du possible, préférez les ordres de grandeur ou les comparaisons. Par exemple si une puce saute 30 cm en longueur, précisez que cela fait X fois sa taille et que pour un homme cela reviendrait à sauter X mètres.
  • Évitez les poncifs, phrases toutes faites et autres métaphores trop recherchées.
  • Pensez à garder un format court. Si vous n’avez pas de calibrage à respecter, ne dépassez pas 1000 mots. Au-delà, scindez votre article pour en faire une suite, voire une saga !

Si vous vous sentez en panne d’inspiration, n’hésitez pas à lire d’autres articles de vulgarisation scientifique afin de vous familiariser avec les différents styles et ainsi trouver votre propre voie.


Diffuser vos écrits

Produire est un bon début mais diffuser c’est encore mieux ! En effet, si vous écrivez mais que personne ne peut vous lire, vos efforts seront vains (au-delà de ce que la vulgarisation apporte en elle-même en tant qu’exercice). Heureusement, plusieurs possibilités s’offrent à vous.

UNE PUBLICATION IMPRIMÉE

Accro à l’odeur de l’encre sur le papier, vous pouvez choisir de diffuser vos textes sur des supports imprimés. Cela peut être une publication spécialisée comme le Plume ! papier, magazine de vulgarisation scientifique édité par le réseau Plume ! ou bien vous pouvez proposer vos articles à des journaux et magazines plus généralistes qu’ils soient associatifs ou non. Tout dépendra de l’adéquation de vos textes avec le projet éditorial du titre que vous sollicitez. Si vous visez effectivement une revue en particulier, prenez connaissance de ses exigences éditoriales avant de vous lancer dans la rédaction de votre article, car certains journaux ont des recommandations assez strictes en matière de format, de longueur de texte ou de structure d’article.

UNE PUBLICATION ÉLECTRONIQUE

Le support électronique ouvre une plus grande liberté dans les formats et la périodicité à laquelle vous souhaitez vous impliquer. Vous pouvez créer un blog très facilement et gratuitement en quelques clics, et vous deviendrez ainsi votre propre éditeur ! Plume ! vous permet de le créer à partir de son site afin de rejoindre une communauté de blogs. Le site du c@fé des sciences agrège et diffuse le contenu des blogs de ses membres. L’adhésion (payante) à l’association les c@fetiers des sciences est nécessaire pour voir son blog apparaître sur le site.

Et si vous ne souhaitez contribuer que de manière ponctuelle, il est possible tant sur le site de Plume ! que sur celui du c@fé des sciences de soumettre des articles pour publication sans avoir besoin de créer un blog.

* L’ Acherontia atropos est un papillon plus connu sous le nom de Sphinx Tête de Mort.

**Les organomagnésiens mixtes sont des composés organiques qui présentent une liaison carbone-magnésium ainsi qu’un halogène. Ils ont utiles dans la fabrication d’autres composants chimiques. Mais vous le saviez bien sûr…