Obtenir des financements du FSDIE

Fiche pratique

Les cours ont repris depuis quelques mois et vous êtes déjà tout piaffant d’impatience, des projets plein les bras. Oui, mais… Le bât qui blesse souvent l’enthousiasme étudiant se résume en un mot : financement. En effet, comment trouver les deniers nécessaires à votre génialissime projet ? Rassurez-vous, étudiants universitaires ! Il existe un fonds spécifiquement dédié à vos initiatives : le Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes, communément appelé FSDIE.

1. Petit retour en arrière : la circulaire Demichel

Pour bien comprendre les origines de ce fonds, revenons sur le texte qui a instauré sa mise en place et qui, dans le même temps, consacrait la naissance des Bureaux de la vie étudiante (BVE) : en 2001, c’est à travers une circulaire que Francine Demichel, alors directrice de l’Enseignement supérieur au ministère de l’Education nationale, expose les grandes finalités de ce fonds. Il doit notamment permettre d’encourager les initiatives étudiantes, reconnues dans leurs formes multiples comme autant d’occasions de se découvrir et de s’épanouir sur le plan associatif, civique et culturel. Par ce document, le ministère reconnait (enfin !) l’engagement associatif comme le « gage d’une réussite professionnelle et sociale future ».

Afin d’aider les étudiants à monter et développer leurs projets, cette circulaire encadre ainsi l’instauration de services (BVE) et de moyens financiers (FSDIE) dédiés à la vie étudiante.

En 2011, le texte devient la circulaire « Développement de la vie associative et des initiatives étudiantes » et s’accompagne d’une charte pour la dynamisation de la vie associative des universités, le développement et la valorisation de l’engagement étudiant, co-signée par la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’époque et des organisations représentatives étudiantes. Ces deux textes donnent ainsi une ligne directrice aux universités tout en leur laissant une certaine liberté d’organisation.

2. Le FSDIE, comment ça marche ?

Ce fonds peut être alimenté par :

  • Une partie des droits d’inscription acquittés par les étudiants en début d’année (16€ par étudiant en moyenne)
  • D’autres moyens provenant des universités
  • Une aide apportée par les collectivités locales

Le FSDIE est aujourd’hui dédié à 2 types de soutiens :

  • Les projets étudiants (associatifs ou individuels)
  • L’aide sociale aux étudiants en difficulté (la circulaire ministérielle prescrit que cette aide ne représente pas plus de 30% du fonds)

Selon la circulaire, les universités doivent organiser deux commissions différentes selon qu’elle traite de l’aide aux projets ou de l’aide sociale aux étudiants. Les fréquences des commissions dépendent de chaque établissement : si certains convoquent la commission une fois par mois, la majorité opte pour 3 à 4 commissions par an. Aussi, renseignez-vous bien auprès de votre Bureau de la vie étudiante ou de votre service de vie étudiante pour connaître la politique de votre université en la matière.

3. Qui décide de l'attribution ?

Ces crédits si proches de vous, vous êtes en droit de vous demander qui les octroie. Une commission propre à chaque établissement en est chargée. Elle est une émanation du CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire) et peut regrouper, selon les universités :

  • le.s vice-président.s du CEVU ;
  • le.s vice-président.s étudiant.s ;
  • des représentants des associations étudiantes ;
  • des représentants des élus étudiants du CA et du CEVU ;
  • le responsable du bureau de la vie étudiante ;
  • le directeur du Crous ou son représentant ;
  • les assistantes sociales ;
  • les représentants des mutuelles étudiantes ;
  • des personnalités qualifiées, notamment issues des services des collectivités territoriales, des services déconcentrés de l’État – rectorat, direction régionale des affaires culturelles, direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale – ou d’acteurs associatifs locaux impliqués dans l’appui aux projets des jeunes.

4. Mon projet est-il éligible ?

Rassurantes, toutes ces perspectives non ? D’autant que vous n’avez pas lu ou entendu parler de critères particulièrement pointus en ce qui concerne les thématiques des projets : c’est normal, ils sont en général assez larges. Au-delà de l’aspect philanthropique et formateur qui sera probablement pris en compte, il faut savoir que les commissions d’attribution apprécient, voire exigent, que votre projet s’adresse à un nombre relativement important d’étudiants de votre université et ait des retombées sur le campus.

Ainsi, les étudiants qui proposent des projets de solidarité internationale, d’accompagnement à la scolarité ou encore de représentations théâtrales qui ont lieu « en ville », peuvent rencontrer des difficultés dans leur demande de soutien financier auprès de l’université. L’utilité sociale et civique de ces projets, si elle n’a pas d’impact direct sur l’établissement, peine parfois à être reconnue pour ce qu’elle est : il ne faut alors pas baisser les bras et faire entendre son point de vue, expliquer son positionnement ! C’est le seul moyen de faire bouger les lignes. Même si ça ne vous permet pas d’être soutenu cette année, vous pouvez tout de même espérer que les choses évoluent pour vos successeurs !

Concrètement, des projets aussi divers que l’accompagnement d’étudiants en situation de handicap, la création d’une épicerie solidaire pour les étudiants en situation de précarité ou encore un festival écologique peuvent être financés… et la liste n’est évidemment pas exhaustive !

Quoi qu’il en soit, la présentation de votre projet est plus qu’importante : clarté et sobriété sont de rigueur. Votre introduction répondra aux questions « Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Comment ? Pourquoi ? ». La suite de votre présentation doit quant à elle définir les objectifs, les actions, les modalités d’évaluation et présenter un budget en équilibre (recettes = dépenses). Pas de panique : la plupart des universités mettent en place des dossiers types pour vous guider dans la rédaction de votre projet. Et si vous voulez être sûr(e) d’avoir un dossier béton, consultez notre fiche pratique « Réaliser un dossier de présentation » !

Autre point d’attention : une université sur deux a mis en place pour une charte des associations ou une charte du FSDIE qui lui permet de définir plus précisément quels projets étudiants sont éligibles au financement. Ainsi, les projets festifs (week-ends d’intégration, galas, soirées), les projets notés ou les initiatives portées par des associations dont le bureau n’est pas majoritairement composé d’étudiants de l’université sont parfois écartés du dispositif. Là aussi, n’hésitez pas à consulter le site internet de votre université, dans la catégorie « vie étudiante » ou à prendre contact avec le service qui gère ce fonds.

5. Combien de projets financés par le FSDIE de mon université ?

Les projets présentant des montants variables, le nombre de projets élus chaque année n’est pas fixe. Le budget total du FSDIE ne l’est pas non plus : son montant émanant en partie des droits d’inscription des étudiants, il varie d’année en année. Les étudiants boursiers ne participent pas à ce fonds. Par exemple, pour la rentrée 2012-2013, la fraction des droits d’inscription s’élève à 16€ par étudiant.

Si le montant est donc proportionnel au nombre d’étudiants inscrits, le pactole paraît plus attrayant dans les grands pôles universitaires. Toutefois, dites-vous également que le nombre de projets déposés y est également plus important !

Alors, rassurés ? Éclairés grâce cette fiche pratique qui vous ouvre de nouvelles perspectives de financement tout près de chez vous ? Il ne vous reste plus qu’à vous diriger vers la page de votre ville dans notre wiki des assos pour tout savoir sur les particularités de votre univerité ou vers la page vie étudiante du site de votre université. Je vois d’ici le PDF du dossier FSDIE à télécharger… Enfin, n’oubliez pas que vos bureaux de la vie étudiante sont là pour vous aider et vous conseiller dans le cadre de votre demande : dates des commissions, élaboration de votre dossier…

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance ! Et n’hésitez pas à nous poser toutes vos questions dans les commentaires !