Organiser un speed-cherching

Fiche pratique

La diffusion des savoirs n’est pas vouée à être un processus fastidieux qui prend la forme d’un cours magistral. Quelques tables, des chercheurs, un public, un chronomètre et une sonnette, vous avez tous les ingrédients pour organiser un speed-cherching ; ou quand la diffusion des savoirs se fait montre en main ! Organisé sur le modèle du speed-dating, le speed-cherching permet à un petit groupe de personnes de discuter en tête-à-tête avec un chercheur.

 

 

 


L’objectif

L’idée n’est pas de faire un cours ou de transmettre de manière exhaustive une grande quantité de connaissances. Il s’agit plutôt de susciter la curiosité du public et d’établir un échange personnel entre scientifiques et non scientifiques.


La méthode

Le speed-cherching est facile à mettre en œuvre puisqu’il ne nécessite pas de matériel particulier et peux se dérouler en tout type de lieux (un hall d’accueil, une salle, un bar, etc.), seul ou en complément d’un autre événement (portes-ouvertes dans un laboratoire, ateliers d’expérimentation, etc.).

La mise en scène a toutefois son importance. En effet, le public doit faire le premier pas et choisir de s’asseoir à la table d’un chercheur. Pour cela, il faut créer un climat de confiance, en utilisant par exemple les codes visuels du speed-dating : lumière tamisée, ambiance cosy, etc.

Pour trouver des participants, le plus simple est de tirer partie de votre situation dans les établissements d’enseignement supérieur pour impliquer les personnes qui produisent les connaissances (qui peuvent être des enseignants-chercheurs, des doctorants voire des étudiants de master réalisant des travaux de recherche). Elles sont en effet les mieux placées pour vulgariser leurs travaux et n’attendent généralement que d’avoir l’occasion d’en parler ! Encore faut-il qu’elles trouvent des espaces d’expression…


Le déroulement

Le public s’installe à la table d’un chercheur avec lequel il dispose de quelques minutes pour échanger. Un signal sonore indique la fin du « round ». Le public doit alors se déplacer vers une autre table et un nouveau chercheur. Afin d’assurer un rythme dynamique, le temps imparti ne doit pas être trop long. Un échange optimal dure dix minutes : ni trop court pour permettre au scientifique d’exposer sa thématique de recherche et au public de lui poser quelques questions, ni trop long pour éviter de s’ennuyer ! La contrainte du temps va amener les chercheurs à aller à l’essentiel et à présenter de manière synthétique leur recherche et leur objet d’étude.

Un « monsieur loyal » anime la soirée et marque les changements de table en faisant retentir le signal. Il doit s’assurer que tout le monde respecte les règles : prolonger la discussion au-delà du signal peut en effet être tentant. D’ailleurs, pourquoi ne pas organiser un temps convivial juste après le speed-cherching au cours duquel les membres du public qui ont encore des questions pourront s’adresser aux chercheurs autour d’un verre ? Humour et bonne humeur seront vos meilleures armes pour mener votre mission à bien !

Veillez également à ce que les personnes qui rencontrent les chercheurs soient réparties en petits groupes, idéalement deux à quatre personnes en même temps. Le fait de ne pas être seul facilite et dynamise l’échange par la multiplication des points de vue et des manières d’aborder le sujet. La taille très restreinte du groupe permet aussi plus facilement de poser des questions (ce que tout le monde n’ose pas faire lors d’une conférence-débat).

Au delà de la transmission de connaissances, le speed-cherching est avant tout l’occasion d’une rencontre. Celle-ci permet de briser l’image du chercheur enfermé dans son laboratoire et de découvrir la réalité de son travail en abordant les conditions d’exercice de sa profession ou encore son parcours. Dans une démarche de rapprochement entre science(s) et société, cet aspect de l’échange est tout aussi important que la diffusion des connaissances en elle-même.

Vous pouvez imaginer toutes sortes de façon différentes d’agrémenter cette base du speed-cherching. Par exemple, les chercheurs peuvent apporter un « totem » : un objet qu’ils utilisent au cours de leurs travaux ou qui symbolise leur thématique de recherche. Cet objet peut alors servir de base pour lancer la discussion, en demandant par exemple aux participants de deviner ce que peut être l’objet, ou à quoi il peut servir pour le chercheur. Attention toutefois à apporter un objet qui suscitera la curiosité et non l’ennui : les diagrammes et les graphiques imprimés sont à proscrire !


Diffuser les connaissances en quelques minutes : les ressources

Afin de capter l’attention du public, vous pouvez utiliser d’autres formats courts qui se prêtent à la diffusion des savoirs. Voici quelques suggestions (parmi beaucoup d’autres) pour nourrir vos projets :

  • La vidéo « 1’30 pour diffuser les savoirs » réalisée par Animafac et Plume!. Laissez-vous entrainer dans ce voyage de 90 secondes et découvrez que tout ou presque peut se prêter à une diffusion des connaissances, le tout est de porter le bon regard sur le monde qui vous entoure.
  • Si vous souhaitez organiser des conférences sur un format court, vous pouvez vous inspirer des conférences TED (Technology Entertainment Design) pour lesquelles une personnalité, un chercheur, un artiste, a 15 minutes pour réaliser sa présentation.
  • En France, vous pouvez retrouver «  les Petites conf’des grands moulins » organisées par l’Université Paris Diderot, qui fonctionnent sur un principe similaire avec des conférences de 13 minutes.

Alors maintenant que vous avez les clefs en main, à vous de diffuser !