Organiser un événement de sensibilisation à l’environnement

Fiche pratique

Ils sont jeunes, impétueux, pleins de croyance en l’avenir, écolos aussi… Mais ça, ils ne le savent pas encore. Grâce à vous, leur fibre de défenseur de l’environnement va pourtant bientôt s’éveiller. Comment ? À travers un événement à la fois ludique et instructif qui leur permettra de s’initier aux problématiques menaçant la planète et aux moyens d’y remédier. Petit aperçu des actions qui vous permettront de convertir vos pairs à la cause environnementale…


1. Travailler le fond

CHOISIR UN ANGLE D’APPROCHE

Développement durable ou environnement ?

Le développement durable est un mode de développement permettant de répondre aux besoins du présent sans compromettre l’avenir. Il regroupe des préoccupations environnementales, sociales et économiques. Un concept qui reste un peu flou pour des étudiants, souvent hostiles à l’idée de réunir écologie et économie. À moins de graviter dans un milieu déjà sensibilisé, mieux vaut donc se lancer sous le label « environnement », plus consensuel… Quitte à disséminer subtilement quelques notions de justice sociale et économique dans les faits.

Thématique ou généraliste ?

Les problématiques environnementales sont nombreuses et complexes. Le temps limité de votre événement vous contraindra à faire un choix : soit traiter toutes les thématiques en restant superficiel, soit vous concentrer sur un sujet que vous explorerez en profondeur. Interrogez-vous donc sur les attentes de votre public. Des spécialistes, pour qui un problème ne se comprend qu’en le décortiquant, préfèreront sans doute la deuxième solution. Un parterre de néophytes, bien en mal de comprendre la formule biologique de la méthanisation, penchera plutôt pour une approche généraliste.

Global ou local ?

La plupart des thématiques ont des déclinaisons locales et globales. Privilégier une approche multiple peut être intéressant. Vous ferez ainsi une journée sur la pollution des cours d’eau bretons et la deuxième sur le stress hydrique dans les pays du Sud par exemple. Mais privilégier une dimension plutôt qu’une autre peut également servir de fil rouge à votre évènement : vous pouvez ainsi approcher l’ensemble des catastrophes écologiques touchant les pays du Sud, ou au contraire les menaces environnementales qui pèsent sur la France, voire sur votre région.

CHOISIR LE MESSAGE

Futur moussaillon du Rainbow Warrior ou éco-citoyen ? Votre message peut être plus ou moins militant. À vous de fixer les objectifs de votre évènement : apprendre des éco-gestes à appliquer au quotidien ou impliquer plus activement les étudiants dans le combat pour la préservation de la planète. Ce temps de sensibilisation peut être, par ailleurs, l’occasion de recruter des bénévoles motivés pour un projet environnemental sur le campus.

CHOISIR LE CALENDRIER

Durée de l’évènement

Très appréciée des amateurs de grand-messes annuelles, une « Semaine » est considérée comme un temps parfait pour sensibiliser le grand public : assez long pour rallier à sa cause et trouver un écho dans les médias, assez court pour ne pas lasser le béotien en quête de plaisirs renouvelés.

Proposer des activités durant une semaine peut cependant être assez lourd pour votre association, qui n’a pas forcément le temps et les effectifs nécessaires. Mieux vaut alors proposer un week-end, voire une journée de qualité.

Le calendrier environnemental

Votre événement peut se tenir à une date lambda, choisie aux hasards de vos pérégrinations sur le calendrier des pompiers ou répondre aux impératifs de l’agenda universitaire. Autre option : s’associer à l’une des grandes dates de mobilisation pro environnement et profiter de leur couverture médiatique. Tour d’horizon…

Les Semaines instituées

La Semaine du développement durable est pilotée par le ministère de l’Écologie et se déroule la première semaine d’avril. Elle fonctionne comme un appel à projets, le site Internet de l’événement recensant les actions validées par le ministère. www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr

La Semaine de la réduction des déchets est menée par l’ADEME et les partenaires de la campagne « Réduisons nos déchets, ça déborde » et se déroule début novembre. Cette semaine thématique fonctionne également sur un système d’appel à projets. Elle est ouverte aux associations, écoles, collectivités territoriales, entreprises… www.reduisonsnosdechets.fr

La Semaine de la mobilité durable se déroule la troisième semaine de septembre et a pour particularité d’être européenne. Son but ? Convaincre le brave citoyen communautaire de mettre le bémol sur les transports polluants. Elle fonctionne, comme ses consœurs, sur un système d’appel à projets, les initiatives retenues étant recensées selon la région d’intervention sur le site de la campagne.

Les Journées mondiales

Plus militantes que les « Semaines de… », ces journées du calendrier international donnent lieu à de grandes manifestations organisées par les ONG et sont très couvertes médiatiquement.

La journée mondiale du climat se tient en ouverture de la Conférence annuelle des Nations Unis sur le Climat, en novembre ou décembre.

La journée mondiale de l’eau se tient le 22 mars de chaque année qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente ! Cette décision a été prise par l’ONU en 1992.

La journée internationale de la diversité biologique se tient chaque année sur décision de l’ONU, qui aime décidément les 22 puisque celle-ci a lieu au numéro susdit du mois de mai.

La journée mondiale de l’environnement, enfin, se tient chaque année au mois de juin, le 5 cette fois.

La Semaine étudiante de l’environnement

Nombreuses sont les associations étudiantes organisant des évènements de sensibilisation à l’environnement. On citera particulièrement la semaine organisée, début mars, par l’association Ar Vuez de Rennes. En quelques années, cet évènement alliant débats, moments festifs et militants, s’est propagé à dix autres villes (Tours, Dijon, Pau, Montpellier, Nantes, Toulouse, Perpignan, Avignon, Strasbourg et même à Ambohimahamasima à Madagascar !). Une charte et une communication communes, élaborées par le réseau Grappe (www.reseaugrappe.org) coordonnent aujourd’hui ces projets.

Afin que de telles initiatives se multiplient à travers la France, Animafac propose également un kit de campagne permettant aux associatifs d’organiser une Semaine étudiante de l’environnement dans leur campus. Il comporte une affiche présentant les éco-gestes accessibles aux étudiants sous le leitmotiv « Demain, t’arrêtes… ». Elle peut être distribuée et affichée sur les stands afin que les participants puissent en prendre connaissance facilement pour ensuite les appliquer. Une écocalculette leur permet par ailleurs de mesurer la facture énergétique et monétaire de leurs transports. Enfin, le guide « Agir pour l’environnement » a été conçu pour aider les associations à organiser des évènements écologiques.


2. Travailler la forme

Voici un aperçu des différentes activités à proposer pour sensibiliser. Vous trouverez par ailleurs dans la partie « Ressources » du guide « Agir pour l’Environnement » des références de supports ou d’intervenants mobilisables sur ces activités.

CONFERENCES ET DEBATS

Moments clés pour réfléchir et informer sur les grands enjeux environnementaux actuels, les conférences permettent aux étudiants de rencontrer des spécialistes et de poser, de vive voix, les questions qui les taraudent. Ne perdez pas de vue que, pour y assister, les étudiants devront prendre sur leur temps libre.

Il est donc nécessaire de trouver des sujets qui motivent les troupes. Evitez les thèmes trop spécialisés car si l’intérêt d’un débat sur le recyclage des panneaux photovoltaïques vous paraît évident, il le sera peut-être moins pour un néophyte qui aimerait déjà comprendre ce que signifie « énergies renouvelables ».

Soyez honnête dans le choix des interlocuteurs : vos convictions, aussi fondées soient elles, ne doivent pas être un prétexte pour ne proposer qu’une vision du problème.

Pour en savoir plus sur l’art et la manière de contacter des intervenants et de ne pas faire grésiller les micros, consultez la fiche pratique « Organiser une conférence ».

LES PROJECTIONS

Plus ludique, la projection a le double mérite d’apporter informations et images poignantes dans un climat décontracté. Afin de ne pas laisser trop de questions non élucidées dans la tête de votre public, faites suivre la projection d’un débat, au mieux avec le réalisateur, sinon avec des intervenants maîtrisant bien la thématique.

Pour vous renseigner sur les droits d’auteurs et trouver des astuces pour choisir la salle idéale, lisez la fiche pratique « Organiser une projection – débat ».

LES EXPOSITIONS

Conférences et projections attireront les plus motivés. L’exposition, quant à elle, peut permettre de retenir l’attention des dilettantes. Outre ses qualités décoratives et informatives, cette forme d’animation est assez pratique pour l’organisateur, puisqu’une fois installée, vous pouvez sans vergogne lui laisser vivre sa vie !

Deux types d’expositions peuvent être envisagés : version artistique, vous proposez des photos, peintures ou encore sculptures exprimant ou montrant les menaces subies par la planète. Version didactique, vous exposez des panneaux donnant de grands chiffres ou explicitant techniquement certains phénomènes environnementaux.

Et rien ne vous empêche, si le coeur et l’imagination vous en disent, de vous lancer dans des projets plus novateurs d’expositions interactives ou de mise en situation par l’art.

Retrouvez tous les conseils logistiques dans la fiche pratique « Organiser une expo ».

LES ANIMATIONS

La bonne animation est celle qui permet de faire passer le public du rôle de spectateur à celui d’acteur. Son caractère ludique et interactif lui permet de faire passer des messages sans faire intervenir un discours moralisateur qui peut vite s’avérer barbant. Quelques exemples…

Des jeux !

Du Kyogami, où l’on se met dans la peau d’un industriel réduisant ses émissions de carbone, au jeu des fruits et légumes permettant d’associer une saison à un végétal, les divertissements à vocation écologique ne manquent pas. Prévoyez des jeux qui se jouent en petits groupes et ne durent pas trop longtemps.

Des spectacles

Concerts, pièces de théâtre ou défilés de mode « recyclée » sont un bon moyen d’attirer les foules et permettent de montrer toute la vitalité des acteurs environnementaux.

Ou encore des ateliers

Apprendre à retaper des meubles, savoir comment isoler ses fenêtres ou cuisiner des menus sans gaz à effet de serre… Autant de gestes utiles pour l’environnement que vous pourrez enseigner à vos pairs sous formes d’ateliers découverte, tout en les amusant.

Ne négligez pas, enfin, tous les moments informels permettant de tisser des liens et de solidariser les étudiants autour de la cause environnementale : pique-niques (bio cela va de soi), poster géant sur lequel les étudiants inscriront leurs engagements pour l’environnement, etc.

LES STANDS

Outre ces animations, il est nécessaire de proposer des stands plus informatifs sur lesquels vous mettrez à disposition des outils et où votre équipe d’animateurs se relaiera pour discuter avec les étudiants et répondre à leurs questions.

N’hésitez pas à convier également des associations instituées, locales ou encore de votre fac à tenir leur propre stand. Cela vous permettra de couvrir des thématiques plus spécialisées et ce « village associatif » sera, de plus, l’occasion de montrer aux étudiants souhaitant s’engager la variété des structures et thématiques existantes.


3. Travailler la technique

CONSTITUER UNE ÉQUIPE

Une équipe de bénévoles motivés et peu sourcilleux de leur temps libre sera nécessaire pour organiser votre évènement. Recrutez-les très en amont, via des passages en amphi, des affiches dans la fac, ou des mails à votre réseau d’associations « amies ». Plus l’équipe sera associée à la constitution du projet, plus elle se sentira investie. Et plus elle sera nombreuse, plus votre programme pourra être ambitieux.

Répartissez les tâches en proposant à chacun de gérer une partie du programme (conférences, stands, etc.) : à eux de rechercher des intervenants, de commander le matériel, de réserver les salles… S’il vous reste des mains libres, créez un pôle pour la gestion de la communication et la recherche de partenariats. Prévoyez, enfin, des bénévoles supplémentaires pour le jour J afin de vous aider à installer et gérer les stands.

TROUVER LES LOCAUX

Facilement accessibles, les salles de l’université sont également très demandées : n’attendez pas trop longtemps sous peine de voir l’amphi de vos rêves réservé par d’autres.

Adressez des demandes pour l’ensemble des espaces, y compris en extérieur : un pique-nique de 100 personnes sur les pelouses de la fac ne s’improvise pas. Réservez également des salles en ville afin d’ouvrir votre événement sur la cité : stand sur le parvis de la mairie, salles de théâtre dans les quartiers commerçants, etc.

TROUVER DES FONDS

Première piste de partenariat : les fonds publics locaux. Universités, mairies, départements, régions financent les évènements de sensibilisation, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi important que l’environnement. Renseignez-vous sur les délais pour obtenir ces financements : si vous êtes juste sur le timing, préférez par exemple vous reposer sur les fonds de l’université (FSDIE), plus rapidement débloqués que ceux d’une administration.

Vous trouverez les coordonnées de nombreuses Fondations finançant des projets de défense de l’environnement dans la partie « Ressources » du guide Agir pour l’Environnement.

Enfin, pensez à développer des partenariats en nature. L’ADEME et les ONG environnementales pourront vous fournir du matériel et des outils de sensibilisation.

COMMUNIQUER

Comme pour tout événement destiné à accueillir les faveurs du public, il vous faudra travailler attentivement la communication. Auprès des étudiants, bien sûr : un mois avant l’événement, disposez des affiches sur le campus et envoyez des mails avec le programme. Auprès des médias et du grand public aussi. Si votre événement s’inscrit dans une Semaine instituée, la communication autour de la campagne peut servir de point de départ, mais ne saurait être suffisante. Contactez les journalistes qui pourraient être intéressés en visant prioritairement la presse quotidienne régionale, plus susceptible de relayer votre événement que les gros mastodontes nationaux.

Pour que cette communication soit efficace, prévoyez quelques outils : dossiers et communiqués de presse, programmes, affiches, flyers… Attention cependant : vous organisez un événement écologique, pas question de jeter le papier par les fenêtres… !

Pour plus d’infos, consultez les fiches pratiques « Communiquer sur son événement auprès des médias et du public » et « Organiser un évènement éco-responsable », ainsi que le guide « Associations durables : comment éco-responsabiliser ses pratiques associatives ».