Ouvrir les lieux de recherche

Fiche pratique

Si vous vous intéressez à la diffusion des connaissances, vous êtes probablement curieux, et cela n’a rien d’un vilain défaut. En plus de la recherche de nouveaux savoirs, cette curiosité pousse également à s’interroger sur le mode de production de ces connaissances. Une plongée dans les coulisses du monde de la recherche se révèle alors passionnante et éclaire sur la réalité d’un travail de recherche.

Dans un laboratoire ou sur le terrain, il est important de dévoiler les secrets de fabrication des connaissances à votre public. Mais, pour ouvrir les lieux de recherche, encore faut-il en détenir les clefs ! Si vous n’êtes pas chercheur, vous pouvez alors sensibiliser vos professeurs ou des doctorants à la démarche. Voici quelques idées dont vous pouvez vous inspirer.


Offrez un aperçu : une visite au sein d'un laboratoire

La découverte du cadre dans lequel les chercheurs travaillent est importante car elle permet de mieux se rendre compte de la réalité. Lorsque l’on évoque le mot « laboratoire », l’imaginaire collectif a tendance à l’associer à « éprouvette », « microscope » et « blouse blanche ». Cependant, les laboratoires sont aussi différents que les spécialités qu’ils hébergent et ouvrir un laboratoire de recherche au public lui permettra justement de mieux appréhender le travail qui s’y déroule.

UTILISER DES ARTEFACTS

Le recours à un objet permet de faciliter le contact avec le public. À travers la présentation d’un objet auquel il a recours dans son travail, le chercheur peut raconter le processus plus global de la recherche. À quel moment intervient l’objet dans celui-ci ? Dans quel but ?

Le service « Science et société » de l’Université de Lyon propose d’ailleurs l’utilisation d’un objet bien particulier… une poubelle ! En effet, nos déchets sont de véritables mouchards de nos activités et ils permettent de cerner les grandes lignes du travail fourni par les chercheurs dans un laboratoire. Pas de panique, on ne parle pas de déchets organiques dans un laboratoire de biologie ou de médecine mais surtout de documents apportant de précieuses informations quant aux activités des chercheurs.

Ainsi, un billet d’avion peut témoigner de l’importance des rassemblements internationaux et autres colloques ; un dossier de subvention permet de saisir les réalités budgétaires qui pèsent sur une recherche et les moyens de la financer ; un brouillon d’un article pour une publication scientifique (souvent en anglais) sera l’occasion d’expliquer le fonctionnement de ces publications et l’importance que cela revêt pour un chercheur…

OUVREZ GRAND LES PORTES : LES VISITES DE TERRAIN

À côté du laboratoire, le travail de terrain peut, dans certains cas, s’adapter parfaitement à des objectifs de diffusion des connaissances. Une visite sur un site de fouilles archéologiques pourra, par exemple, permettre de découvrir une dimension de l’activité de recherche dans cette branche, qui aurait été plus difficilement transmise lors d’une conférence ou même lors de la présentation ultérieure des artefacts dans le cadre d’une visite de laboratoire.

Vous l’aurez compris, les possibilités sont multiples et servent de base à l’instauration d’un dialogue entre les scientifiques et les visiteurs ! C’est dans ce dialogue que réside l’intérêt de cette forme de diffusion des connaissances.


Proposez des stages en immersion

Un stage en immersion au sein d’un laboratoire peut être un excellent moyen de faire connaître la réalité du travail d’un chercheur puisqu’il offre l’avantage de la durée et ne s’accompagne pas de la logistique souvent lourde que nécessite l’événementiel. Bien sûr, cela ne se prête pas à tous les publics mais cela peut se révéler particulièrement efficace avec une cible scolaire.

Ainsi l’association Paris-Montagne propose, dans le cadre d’un programme appelé Science Académie, de faire découvrir à un lycéen la réalité du travail d’un scientifique en organisant des stages gratuits de trois à cinq jours dans un laboratoire pendant les vacances scolaires. En tant que jeune chercheur, vous pouvez vous impliquer en devenant tuteur et en accueillant un stagiaire.

Les lycéens de zone d’éducation prioritaire ont ainsi l’opportunité de découvrir des carrières qu’ils ne connaissaient pas, de mieux appréhender le milieu scientifique et de s’interroger sur le processus de construction des connaissances.

L’association centralise les candidatures des lycéens et leur propose des laboratoires en fonction des disponibilités. Ensuite, une convention de stage est établie entre les trois parties (le lycéen, l’association et le laboratoire représenté par son directeur). En tant que tuteur, vous êtes libre de définir le programme du stage. Voici quelques conseils pour que l’expérience soit enrichissante :

  • Vous pouvez confier au stagiaire un « mini projet » de recherche à mener, ou lui proposer de vous suivre dans vos activités quotidiennes. L’idée n’est pas de donner une image idéale ou palpitante de la science en proposant des dizaines de manipulations ou d’expériences mais de le faire participer aux tâches habituelles du service : participation à des réunions, visite dans une bibliothèque… La connaissance des réelles conditions de travail est importante car elle montre une réalité (avec ses défauts) qui développera aussi l’analyse et l’esprit critique du stagiaire.
  • Intégrez au maximum le stagiaire dans la vie du laboratoire. Des moments de connaissance plus informels comme le temps de repas en commun avec des collègues lui permettront d’obtenir d’autres points de vue sur la réalité du laboratoire. C’est aussi l’occasion de rencontrer et de découvrir d’autres professions que celle d’enseignant-chercheur. Les techniciens, peu mis en avant dans les actions de communication scientifique, sont pourtant essentiels à la bonne marche d’un laboratoire et peuvent eux aussi susciter des vocations.

VALORISEZ LA DÉMARCHE

À l’issue de leur stage, l’action de diffusion se perpétue puisque, via la réalisation d’un poster, les lycéens présentent leur stage ou un aspect qu’ils ont découvert lors d’une journée de rencontre entre tous les « Science académiciens ».

Si vous êtes doctorant, vous pouvez également valoriser cette démarche d’accueil d’un stagiaire en obtenant des crédits pour votre diplôme. La période de stage devra alors être complétée par une brève formation à la vulgarisation scientifique réalisée par l’association Paris-Montagne.

Toutes ces démarches visent à éclairer sous un autre jour les relations entre les sciences et la société, en démythifiant le travail du chercheur. La science n’est pas de la magie, ne gardez pas vos tours pour vous-même !