Préparer le séjour en France des étudiants internationaux

Fiche pratique

Il fut un temps où, dans les ambassades culturelles françaises à l’étranger, la seule information sur les études en France se résumait aux dépliants touristiques sur Paris et la vieille ville de Lyon ; où la préparation au séjour la plus poussée, pour les étudiants candidats au départ, consistait à s’acheter des vêtements chauds. Cette époque est révolue ! Enfin presque…

Parce que vous l’avez vécu ou qu’un étudiant dans votre entourage en a fait les frais, vous avez constaté les dégâts que le manque de préparation d’un séjour d’études peut occasionner : une orientation peu réfléchie qui fait que l’on reste «piégé» dans une filière sans projet d’avenir, les problèmes liés aux démarches administratives qui s’ajoutent, un cadre de vie que l’on n’avait pas anticipé… Soyons honnêtes, le mélange de tous ces facteurs ne favorise pas beaucoup la réussite académique et laisse souvent un goût amer aux étudiants…

Heureusement, pour en finir avec les jeunes qui arrivent en France des étoiles dans les yeux et qui déchantent, votre association d’accueil des étudiants internationaux a décidé d’agir là où il est encore temps de rectifier le tir : en amont. Vous avez décidé d’aider les étudiants à mieux préparer leur séjour d’études sur le sol français.

Deux interlocuteurs feront ainsi l’objet de vos attentions : les étudiants qui postulent au départ et dont une foule de questions presse les lèvres, et les institutions françaises à l’étranger. En pratique, il est admis que vous vous adresserez aux deux d’un même élan. Mais pour identifier les pistes d’action qui s’offrent à vous, nous avons traité ces deux sujets séparément.


1. Ceux que vous voulez aider : les étudiants souhaitant venir en France

Les nobles desseins que nous avons énumérés en introduction ne sont que futile bavardage si vous ne parvenez pas à toucher le public qui vous intéresse : les jeunes souhaitant étudier en France. Et pour cela, l’idéal est encore de vous rendre dans leur pays pour les rencontrer.

ALLER À LEUR RENCONTRE

Pour mettre la main sur les jeunes candidats au départ une fois que vous êtes sur les lieux, plusieurs possibilités s’offrent à vous : intervenir dans les lycées, les centres culturels français, aller voir les professeurs, les parents. Un chiffre à connaître : deux tiers des étudiants étrangers ont déjà un diplôme avant d’arriver en France. Vous avez donc beaucoup de chances de les trouver dans les universités, puisque la majorité vient poursuivre une formation et non commencer des études.

Une fois votre vivier de candidats au départ identifié là-bas, vous pouvez organiser un forum sur les études en France avec des stands et des personnes ressources aptes à les renseigner, ou encore des campagnes d’information, pour vous faire connaître auprès des étudiants et répondre à leurs demandes.

Afin de ne pas vous laisser déborder par les questions quand des réponses existent ailleurs (filières d’études en France d’un point de vue strictement académique, bourses, logement, démarches pour le visa, etc.), votre rôle pourra se borner à orienter les étudiants vers des organismes ressources, en invitant leurs représentants, en distribuant leurs prospectus ou en donnant leurs coordonnées.

Vous pourrez néanmoins user et abuser de paroles sur votre propre expérience d’étudiant : les amis, l’ambiance, les petits conseils pour ne pas avoir le blues et les bons tuyaux pour réussir… Tout ce que les institutions seraient justement bien en peine de leur dire !

LES ORIENTER DU POINT DE VUE PÉDAGOGIQUE

Etre bien au clair sur l’offre de formation en France et avoir un projet professionnel réfléchi est la première condition pour préparer son séjour. Certes, les Espaces CampusFrance, que nous détaillons en deuxième partie, ont une mission d’information et d’orientation auprès des étudiants étrangers. Mais la qualité des informations disponibles dans les ECF dépend de leur stade de développement : cela va de la mise à disposition d’une documentation (via des classeurs) dans les locaux des ECF, à la présence de conseillers d’orientation formés.

Votre association étudiante a donc un vrai rôle à jouer dans la présentation du système d’enseignement français, comme vous le vivez au quotidien, mais sans cependant essayer de vous substituer à un conseiller d’orientation professionnel.

LEUR PARLER DES CONDITIONS DE VIE

Deuxième condition pour préparer son séjour : savoir deux-trois choses sur les conditions de vie en France. Comment se passe la vie d’étudiant, qu’est-ce qu’on mange, quelles sont les habitudes de sociabilisation… C’est là que vous pourrez leur parler de la myriade d’associations étudiantes qui existent dans l’hexagone ! Pour les informations plus basiques (coût de la vie, aides diverses : APL, etc.) les sites Internet institutionnels des ECF, du CROUS, de l’université ou du Ministère des affaires étrangères fournissent des détails suffisants et vous pouvez vous limiter à indiquer leurs adresses.

Par contre, l’expérience de nombreuses associations d’accueil des étudiants internationaux montre qu’une vie existe hors de Paris ! Vous le savez sûrement, un étudiant étranger sur trois vit à Paris : la capitale est pourvoyeuse de jobs étudiants pour ces derniers, qui ont pour beaucoup besoin de financer leurs études. Mais pour le logement et les conditions de vie, mieux vaut aller dans des villes à taille humaine… Du point de vue académique, la qualité de la formation n’y est pas moindre. Vous pouvez donc vous fixer pour mission de faire passer le message…

LEUR CONCOCTER DES OUTILS

Pour les étudiants qui ont déjà entamé leurs démarches afin de venir étudier en France et qui sont donc sûrs de vouloir partir, votre association peut élaborer des guides et toutes sortes d’outils permettant de favoriser les chances de faire aboutir leur projet. Vous pouvez par exemple éditer un livret regroupant les différents conseils permettant de préparer et réussir au mieux l’entretien de passage pour les pays à procédure ECF, et les mettre à disposition des candidats.

Ainsi, des associations en Afrique du Nord ont créé des forums de discussion en ligne consacrés aux ECF, répondant aux questions des internautes du type « Il me manque un papier, que dois-je faire ? Comment me préparer à l’entretien ? ». Ces associations ont invité le personnel des ECF à répondre sur le forum aux questions des étudiants, ce que ledit personnel a volontiers accepté de faire. Un exemple d’initiative à développer.


2. Celles que vous irez trouver : les institutions françaises à l’étranger

Parce qu’un projet d’études dans un autre pays passe immanquablement par la case «administration», votre action vous mènera tôt ou tard à rencontrer les institutions françaises à l’étranger. A l’heure d’aller les trouver, mieux vaut être fin prêt.

LES ESPACES CAMPUSFRANCE

Si vous ne les avez pas encore croisés sur votre chemin, cela ne saurait tarder. Les Espaces campus France existent dans plus de 80 pays. Animafac a consacré tout un dossier au dispositif : >> lien vers le dossier

Il s’agit de services de l’ambassade de France pour l’orientation et l’inscription des étudiants étrangers en France, s’appuyant sur une application Web visant à dématérialiser le dossier de l’étudiant afin de faciliter le partage d’informations et les procédures d’inscription. Ce service unique permet aux étudiants à l’étranger de :

• demander une bourse ;

• élaborer leur projet d’études ;

• poster leur candidature en ligne auprès d’un établissement français et suivre leur demande de visa. Et ce plusieurs mois avant leur inscription.

LES RENCONTRER

Si vous agissez dans l’un des pays où les Espaces CampusFrance existent, l’une de vos premières préoccupations sera de les rencontrer pour mieux les connaître et mieux orienter les étudiants, puisqu’ils devront obligatoirement passer par là pour obtenir un visa et/ou s’inscrire auprès d’un établissement d’enseignement supérieur français.

Pour une première rencontre, vous pouvez toujours essayer mettre à profit le séjour d’un des membres de votre association durant ses vacances, afin qu’il émette la possibilité de rencontrer physiquement l’ECF. Pour retrouver toutes les coordonnées des Espaces Campus France : www.campusfrance.org

L’association Entr’apprendre à Grenoble a ainsi effectué une mission en Guinée durant l’été 2007 pour découvrir comment fonctionne l’ECF local. L’Espace Campus France a réservé un bon accueil au représentant de l’association, qui a pu voir de l’intérieur le processus d’orientation opéré par l’Espace guinéen, depuis l’entretien ECF jusqu’à la décision du consulat et mettre ces informations à la disposition des étudiants avec lesquels l’association est en contact.

Si aucun Espace CampusFrance n’existe dans le pays qui vous intéresse, nous sommes déjà en mesure de vous dire que le flux de candidats aux études en France n’y est pas très important. Vous pouvez néanmoins tenter de rencontrer les institutions qui représentent la France sur place et auxquelles les candidats aux études en France auront affaire : le consulat pour le visa, les Services de coopération et d’action culturelle (SCAC)…

MONTRER PATTE BLANCHE

Il n’est pas garanti néanmoins que tous les ECF accueilleront votre association à bras ouverts. Il vous faudra leur prouver votre solidité, votre sérieux et votre bonne volonté. Un membre de l’association des étudiants sénégalais de Tarbes se désolait par exemple de ne pas avoir reçu de réponse au mail qu’il avait envoyé pour entrer en contact avec l’ECF du Sénégal.

Pour ce cas précis, il est clair qu’un simple mail ne suffit pas. Outre l’envie de rencontrer physiquement l’ECF, vous devrez lui apporter un maximum de preuves de votre bonne foi et de gages de votre sérieux.

Une remarque : il existe des ECF en Espagne, au Portugal, en Italie ou en Grande-Bretagne. Vous pouvez donc tout à fait être une association d’échange culturel de type Erasmus ou européenne, et continuer à lire cette fiche pratique !

Une fois un bon premier contact engagé, vous pourrez mettre en place a minima un relais d’information :

• Envoyer des affiches avec des informations que vous souhaitez faire passer, que les Espaces campus France peuvent exposer physiquement dans leurs locaux et que les candidats au départ ne manqueront pas de voir.

• Demander aux Espaces campus France de mettre un lien sur leur site vers le site de votre association, et même publier la liste des associations qui existent dans votre région.

ICI ET LÀ-BAS, PRÉPARER L’ARRIVÉE DES ÉTUDIANTS

Votre action auprès des institutions françaises à l’étranger peut compléter une action d’accueil des étudiants étrangers menée en France. Deux exemples :

Le logement

L’association des Camerounais de Lyon a constaté au quotidien que, pour les étudiants demandant un visa depuis le Cameroun, trouver une attestation d’hébergement relève souvent du parcours du combattant. Cette dernière est pourtant une condition nécessaire permettant d’obtenir un visa. L’association a donc mis en place des solutions : elle a trouvé des étudiants camerounais en France prêt à héberger leurs compatriotes pour trois mois, le temps qu’ils trouvent autre chose. Elle a par ailleurs fait la démarche d’obtenir la caution des mairies de Lyon et de Villeurbanne : le maire délègue quelqu’un qui va voir l’appartement, certifie qu’il est décent et délivre une attestation d’hébergement.

Dans cette boucle vertueuse, il pourrait être imaginé d’inclure les ECF qui apporteraient une caution supplémentaire lors de la demande de visa. L’ECF a en effet une certaine crédibilité puisqu’il a une relation quotidienne avec le consulat. Il peut éventuellement faire office de garant supplémentaire sur les attestations d’hébergement fournies par l’association. D’où l’intérêt de nouer des liens de confiance avec les ECF. Si vous avez déjà obtenu le soutien d’une collectivité locale telle qu’une mairie pour vos actions en France, convaincre l’ECF ne devrait pas se révéler plus difficile.

L’accueil à l’aéroport

Pour les étudiants Erasmus, dès mai-juin, la liste des étudiants qui arrivent est disponible et communiquée aux associations étudiantes qui le souhaitent afin de mieux préparer l’accueil. Pour récupérer au plus tôt ces listes dans le cas d’étudiants non Erasmus, pourquoi ne pas essayer de responsabiliser les Espaces CampusFrance à l’étranger, et les écoles et universités en France ?

Qui dit aéroport dit arrivée en France : ici s’arrête donc cette fiche pratique sur l’aide aux étudiants étrangers en amont. Les premiers mois du séjour sont néanmoins les plus importants pour un étudiant étranger : les informations qu’il a l’habitude de manier dans son pays d’origine ne sont pas directement accessibles dans ce nouvel environnement français, la grille de lecture n’est pas la même. Il vous faudra donc prévoir un bon relais pour l’atterrissage !

Pour cela, n’hésitez pas à consulter les fiches pratiques « Appuyer au mieux les étudiants internationaux dans leurs démarches administratives » et « Accueillir les étudiants internationaux… à temps ».