Utiliser la création artistique pour diffuser les connaissances

Fiche pratique

Souvent considérés à première vue comme antinomiques, l’art et la science font pourtant bon ménage. Il convient simplement de respecter les spécificités de chacun : la création n’est pas subordonnée à la diffusion des connaissances et la licence artistique ne doit pas prendre trop de libertés avec la rigueur scientifique. Votre guide se transforme en conseiller conjugal et vous donne la recette d’un mariage réussi !


Instaurer un dialogue entre artistes et scientifiques

La clef du succès pour un mariage harmonieux est le dialogue. Artistes et scientifiques doivent collaborer en amont de votre projet afin de saisir les concepts, contraintes et spécificités de leurs pratiques respectives.

Le processus de diffusion des connaissances débute avec une vulgarisation de la part du scientifique pour permettre à l’artiste de comprendre et de retraduire les concepts selon sa sensibilité. Ce travail est aujourd’hui long et nécessaire alors qu’art et science étaient historiquement imbriqués. Pensez à Leonard de Vinci, à la fois artiste, scientifique et ingénieur !


Présenter une œuvre pour vulgariser

L’art est par excellence le domaine de l’imaginaire et de la suggestion. Toutes vos créations peuvent se prêter au jeu de la diffusion des savoirs, car la vulgarisation vise à susciter le désir d’en savoir plus et cela peut être fait de manière subtile. Les modes les plus communs sont :

  • l’exposition, qu’elle soit de peintures ou de photographies. Comme le dit l’adage « une image vaut mille mots » ;
  • la projection. Les films, de fiction ou documentaires, représentent un outil particulièrement adapté à la transmission d’un message. Al Gore a par exemple reçu en 2007 le Prix Nobel de la paix pour son film Une Vérité qui dérange consacré aux changements climatiques ;
  • le spectacle vivant : théâtre, conte, mime, clown, etc. Rencontrez votre public et embarquez-le vers des imaginaires scientifiques.

Ce ne sont que quelques exemples et ce seront votre inspiration et votre talent qui fixeront les limites. N’oubliez pas de rechercher l’équilibre entre la licence artistique et l’explicatif : trop de liberté avec la réalité nuira à votre objectif de passation de connaissances, trop d’explications risque de submerger le public et rendre l’expérience moins agréable.

Si vous pensez par exemple que le théâtre et la physique sont aussi compatibles que l’eau et l’huile, c’est que vous n’avez pas vu la pièce de théâtre Je ne pense pas au futur, il vient bien assez tôt  présentée en 2007 par l’association Cortex circus. À travers l’histoire poétique et décalée de Marie-Laure et Simon, le spectateur découvre le paradoxe des jumeaux de Langevin, qui s’attache à présenter les contradictions de la théorie de la relativité restreinte. (C’est en fait un faux paradoxe, surmonté depuis longtemps par les physiciens dont Albert Einstein).

Un des intérêts du recours à la création artistique que l’on ne retrouve pas dans les autres modes présentés dans ce guide est de pouvoir entrer en contact avec un public qui n’est pas motivé premièrement par les sciences ou par l’acquisition de nouvelles connaissances. L’art n’est pas un prétexte mais une porte d’entrée : la diffusion culturelle fait ainsi d’une pierre deux coups !


Utiliser la pratique artistique comme support de diffusion des connaissances

Une autre manière de conjuguer l’art et la science consiste à utiliser la pratique artistique pour initier le public à des thématiques scientifiques. La diffusion des connaissances devient alors le cadre dans lequel la création prend place.

L’association Stimuli propose par exemple à des adolescents de participer à des ateliers BD-Sciences dans lesquels la découverte des bases de la bande dessinée est appliquée à un sujet scientifique. Encadrés par un médiateur scientifique, un dessinateur professionnel et un doctorant spécialiste du thème choisi, les adolescents ont pour objectif de produire une planche de BD (c’est-à-dire une page) en lien avec celui-ci.

La microbiologie ou les neurosciences deviennent ainsi de vastes territoires où les dessinateurs en herbe déploient leur imagination. Imaginaire cependant soumis aux contraintes de la réalité de leur sujet : la trame narrative ou les échelles des représentations doivent respecter les règles scientifiques.

Ainsi, alors que la science n’est pas l’élément déclencheur de la participation du public, les adolescents vont s’intéresser au thème, chercher des informations pour nourrir leur histoire et, à l’issue de l’atelier, chercherons parfois à continuer de creuser le sujet. Les participants se transforment également en mini-médiateurs car leurs productions participent à diffuser des connaissances.

Peinture, sculpture, création vidéo, écriture, peu importe votre discipline de prédilection, vous pouvez reproduire cette démarche afin de diffuser des connaissances tout en promouvant une pratique artistique.

Si vous souhaitez plus d’idées, n’hésitez pas à consulter le guide pratique Animafac « Associations engagées, l’art au service d’une cause » disponible sur dans la rubrique « Boîte à outils ».