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Formations et métiers de l'environnement
9 Janvier 2008Sur le même thème1) QUELLES FORMATIONS ?
Des filières spécialisées qui ne correspondent pas toujours aux emplois réels
Sensibles aux enjeux écologiques, les étudiants sont de plus en plus nombreux à souhaiter faire carrière dans ce secteur. Les statistiques ministérielles comptaient ainsi, en 2005, près de 16 000 étudiants inscrits en filière « Environnement ». Chaque année, 5 000 nouveaux jeunes diplômés de niveau Bac+2 et supérieur arrivent sur le marché du travail.
Pour répondre à un secteur de l'emploi en pleine croissance, les formations aux métiers de l'environnement se sont, en effet, multipliées avec plus de 1 800 diplômes, dont près de 600 dans l'enseignement supérieur. Mais en pleine mutation, le secteur bouge vite. Tellement vite que la plupart de ces filières, pourtant récentes, ne répondent déjà plus aux besoins réels du marché de l'emploi. Une étude de l'Institut français de l'environnement (IFEN) montre ainsi un décalage important entre le grand nombre d'étudiants diplômés dans le domaine de la protection des écosystèmes et le faible pourcentage de postes ouverts. À l'inverse, on ne compte que peu de personnes qualifiées pour assurer des missions dans la prévention et le traitement des risques (audit, conseil, certification, etc.) alors que ces offres d'emplois se multiplient. Certains métiers porteurs ne sont, de plus, pas très prisés des jeunes diplômés, alors que les perspectives de recrutement sont très ouvertes. C'est notamment le cas des métiers liés au traitement des déchets qui représentent près du quart des emplois environnementaux.Inclure l'environnement dans les filières généralistes
Ces filières « Environnement » très spécialisées ne permettent pas, de plus, de répondre à la totalité de la demande des entreprises, à la recherche de profils polyvalents : ingénieurs capables de mener des Bilans Carbones© ou de concevoir des produits énergétiquement efficients, commerciaux maîtrisant les normes d'éco-emballage, journalistes à même de relayer les problématiques liées aux risques écologiques... Au-delà de l'adaptation des filières « Environnement » aux besoins du marché, se pose donc la question de l'intégration des enjeux écologiques dans les cursus généralistes. Une question que l'association Avenir Climatique a souhaité poser aux étudiants à travers une enquête lancée en juin 2007 et dont les premiers résultats ont été publiés en octobre de la même année, à l'occasion du Grenelle de l'environnement. À cette date, 4 307 élèves, principalement issus d'écoles d'ingénieurs et de commerce, avaient répondu aux questions du sondage, portant sur l'enseignement des problématiques liées à la maîtrise de l'énergie et au réchauffement climatique.
Des problématiques dont ces futurs professionnels comprennent parfaitement les enjeux, puisque la grande majorité à conscience des risques climatiques liés à la surconsommation des énergies fossiles et aux chocs qui pourraient résulter de la raréfaction de ces dernières. 88 % d'entre eux estiment que la sensibilisation et l'éducation sont des leviers fondamentaux pour répondre à ces risques, mais qu'ils n'en bénéficient pas. Car si 70 % jugent que les enjeux énergétiques et climatiques influenceront de manière « déterminante » ou « importante » leur vie professionnelle future, les deux tiers des sondés considèrent que la place qui leur est accordée dans leur formation supérieure est insuffisante. Leur souhait ? Un enseignement qui permette non seulement de comprendre ces nouveaux enjeux environnementaux, mais aussi et surtout d'avoir accès aux méthodes pour y répondre au quotidien dans leur futur métier.
Sur cette base, l'association Avenir Climatique émet des propositions pour la mise en place de formations répondant à la demande des étudiants. L'enseignement proposé se présenterait sous la forme d'un séminaire d'une journée et demie centré autour de quatre axes : un premier cours permettant d'acquérir les bases scientifiques pour comprendre le phénomène du réchauffement climatique, un deuxième se penchant sur la raréfaction des ressources énergétiques et les enjeux géopolitiques qui en découlent. Le troisième volet se propose de réfléchir à l'impact de l'approvisionnement énergétique sur les différents secteurs industriels. Le quatrième, enfin, serait consacré aux moyens d'action et à leurs effets économiques. Un séminaire généraliste dont certains points pourraient être approfondis selon les filières : analyse du cycle de vie pour les ingénieurs, initiation à l'éco-conception et effets macro-économiques des bourses de permis d'émissions pour les commerciaux, politiques énergétiques et écologiques pour les étudiants en sciences politiques, etc.
Des suggestions que l'association Avenir Climatique a remises au ministre de l'Écologie, du Développement et de l'aménagement durable, Jean-Louis Borloo, à l'occasion du Grenelle de l'environnement. Au même titre que l'éco-étiquetage, l'isolation des logements ou la recherche d'énergies renouvelables, la formation des dirigeants de demain représente un enjeu de taille pour l'avenir écologique de l'hexagone.Pour en savoir plus : www.avenirclimatique.org
2) LES MÉTIERS DE L'ENVIRONNEMENT
Un marché de l'emploi en croissance régulière et en pleine mutation
En 2005, on comptait 373 700 emplois liés à l'environnement en France. 9 000 de plus qu'en 2004. Ce sont les entreprises privées qui embauchent le plus avec deux tiers des offres d'emploi. Le public propose les postes restants, principalement dans les collectivités territoriales (entretien des espaces verts, gestion de l'eau et des déchets...), mais également dans les services généraux (collectivités locales, organismes publics, ministères, etc.).
La nécessaire prise en compte des problématiques environnementales dans des disciplines telles que le droit, la communication ou l'éducation ont donné à ces métiers une dimension de plus en plus transversale. On les retrouve dans tous les secteurs d'activités, de l'industrie au monde agricole en passant par les services.
Les postes destinés à la gestion des eaux usées (88 400) et à la gestion des déchets (98 700) représentent la moitié des emplois environnementaux. L'autre moitié est plus fragmentée et concerne, entre autres, les emplois liés au cadre de vie, à la réhabilitation des sols, à la préservation des milieux naturels. Notons au passage que cette dernière activité ne représente aujourd'hui que 5 % des emplois.
Champ jeune et en pleine expansion, l'environnement se caractérise par l'apparition d'une kyrielle de nouveaux métiers : écotoxicologue, psychologue environnementaliste, etc. Compte tenu des besoins, de plus en plus variés, et du fort potentiel de création d'emplois, on peut dire qu'une partie des métiers de l'environnement de demain n'existe pas encore.Les grandes familles des métiers de l'environnement
La protection et la gestion des espaces naturels
Le plus souvent du ressort de l'état et des associations spécialisées, ces métiers en lien étroit avec la nature sont ceux que l'on associe spontanément aux métiers de l'environnement, alors qu'ils n'en représentent en réalité qu'une faible part. Ils veillent à la préservation et à la mise en valeur de nos écosystèmes. On retrouve, dans ce secteur, les emplois des parcs naturels, de la forêt, de la rivière, etc.
Exemple :
Agent d'entretien des rivières- Mission : Surveiller et observer la rivière dans sa globalité. Il réalise ou encadre les travaux d'entretien, d'aménagement ou de remise en état de sites dégradés en respectant l'équilibre écosystèmique et les objectifs de valorisation du site.
- Rémunération : SMIC
- Employeur : Associations, collectivités territoriales, syndicats de communes, fédérations de pêche.
- Formation : Filière « aménagement, entretien de l'espace » : CAP ou BEP Agricole « Entretien de l'Espace Rural ». Filière « aquaculture » : BEP et BTA aquacoles.La prévention et le traitement des pollutions
La moitié des emplois environnementaux se font dans ce secteur, particulièrement dans le domaine du traitement des eaux usées et des déchets. Figurent également ici tout ce qui a trait à la recherche de technologies permettant de réduire les nuisances des entreprises en amont. Ces professionnels interviennent aussi bien au sein des collectivités locales que dans les entreprises.
Exemple :
Ingénieur analyste de l'air- Mission : Interpréter et analyser, en vertu des normes en vigueur, les données enregistrées par les stations de captage d'air. Il suit l'évolution des polluants et peut indiquer le degré de qualité de l'air. Il rédige des rapports d'expertise et de conseil visant à améliorer sa qualité. En cas de risque important, il informe les pouvoirs publics et les industriels afin qu'ils déclenchent les mesures nécessaires.
- Rémunération : 27 000 à 38 000 e bruts annuels, selon l'expérience et l'employeur.
- Employeur : Organismes de recherche, bureaux d'étude, industries chimiques
- Formation : DEA « chimie de la pollution atmosphérique » ; DESS « qualité chimique et biologique des atmosphères ».
L'aménagement du territoire et du cadre de vie
Ces emplois dépendent majoritairement des collectivités territoriales, mais le secteur privé développe également des activités, qui vont de la construction d'infrastructures à l'entretien des espaces verts, toujours dans le but de valoriser le cadre de vie. L'objectif de ce secteur est l'aménagement et le développement harmonieux des milieux urbains, périurbains et ruraux.
Exemple :
Urbaniste- Mission : Réaliser les études préalables aux projets d'aménagement. Il évalue l'impact des projets d'équipement et de construction sur l'environnement et les mesures permettant de remédier aux nuisances potentielles. Il peut avoir un rôle opérationnel en supervisant la réalisation du programme d'aménagement.
- Employeur : Agences privées d'urbanisme ou d'architecture, services publics (ministères, services techniques municipaux), organismes parapublics (HLM par exemple).
- Rémunération : 1 200 à 1 400 e nets par mois pour un débutant, 1 500 e dans une collectivité locale et 1 800 e dans le privé après deux ans d'expérience. NB : Les petits boulots avant l'insertion dans le métier sont presque un passage obligé.
- Formation : Il n'existe pas d'école nationale d'urbanisme. Une formation universitaire de 3e cycle est donc nécessaire. Les IUT donnent accès à des formations d'urbaniste après Bac+4. Il existe des DESS et DEA spécialisés en urbanisme. Certains DESS et DEA en économie, géographie, sociologie, etc. peuvent permettre l'accès à cette profession.
Exemple :
Psychologue environnementaliste- Mission : Intégrer les réalités humaines et sociales dans les projets d'élaboration du cadre de vie. Ses expertises sont prises en compte dans les études urbanistiques, architecturales, paysagères et environnementales.
- Employeur : Le Psychologue environnementaliste peut être rattaché à la direction de l'environnement, à la DRH, à la communication financière ou externe d'une grande entreprise. Bureaux d'études et collectivités territoriales sont également des employeurs potentiels.
- Formation : DESS de Psychologie Environnementale à Paris V. Accessible à partir d'une maîtrise de Psychologie sociale, de Sociologie, d'Aménagement du territoire et le diplôme d'architecte.
La protection sanitaire
Issus d'une prise de conscience du lien entre qualité de l'environnement et santé publique, ces métiers se sont fortement développés depuis quelques années. De nombreux emplois se sont ainsi créés dans le domaine sanitaire, la protection contre la radioactivité ou l'amiante, le suivi de la qualité de l'air ou des aliments.
Exemple :
Conseiller médical en environnement intérieur- Mission : Déceler et traquer toutes les formes de pollutions (acariens, amiante, émanation d'oxyde de carbone, etc.) ayant des conséquences sur la santé. Une fois la source de pollution découverte, il propose des méthodes d'éviction pour limiter l'exposition à ces polluants, responsables de pathologies (asthme, allergies, etc.).
- Employeur : Hôpitaux, cliniques, bureaux d'étude et d'analyses.
- Formation : Diplôme de « Conseiller médical en environnement intérieur » (Université de médecine de Strasbourg) après Bac+2 ou Bac+3, formation infirmier, technicien de laboratoire, travailleur social, puéricultrice, délégué médical ou technicien rattachés aux collectivités.
La gestion sociale et juridique de l'environnement
On trouve, dans cette famille, les emplois liés à la sensibilisation et à l'éducation à l'environnement, mais aussi tous ceux qui s'articulent autour de la législation environnementale. Ces emplois sont développés par différents types de structures, l'éducation étant plutôt du ressort des associations et des collectivités, et la législation intéressant fortement les entreprises. Un exemple...
Exemple :
Animateur environnement- Mission : Deux grandes tendances se dégagent dans ce domaine : le développement de l'enseignement de l'écologie et de l'environnement dans les collèges, lycées, universités ou grandes écoles ; les métiers de l'animation qui se diversifient vers les fonctions de formation ou de sensibilisation à l'environnement.
- Employeur : Les associations et fondations environnementales, les collectivités territoriales, l'éducation nationale et l'enseignement agricole.
- Rémunération : Embauche au SMIC, 1 500 e nets mensuels avec de l'expérience.
- Formation : Brevet d'état d'Animateur Technicien en éducation Populaire (BEATEP) « Environnement patrimoine » ; BTSA gestion et protection de la nature spécialité « Animation nature », Bac+ 4 formation universitaire ou ingénieur.
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