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Interview de Guillaume Borie, président du Parlement européen des jeunes - France (PEJ)
27 Mai 2009 - EuropeSur le même thèmeAnimafac : Le PEJ est partenaire de la caravane civique européenne du CIDEM. Pouvez-vous rapidement présenter ce projet et préciser le rôle du PEJ au sein de cette caravane ?
Guillaume Borie : La caravane civique européenne du CIDEM est un dispositif itinérant qui parcourt la France pendant un mois, s'arrêtant dans 25 villes. Dans chacune d'entre elles, la caravane, aux couleurs des élections européennes, s'installe sur la place centrale pour mener une mission d'information. Cette caravane est accompagnée d'une voiture qui va plus directement à la rencontre des gens, en priorité des jeunes, en se rendant dans des quartiers, des maisons de jeunes ou des lycées.
Le PEJ s'est associé à ce dispositif imaginé par le CIDEM. Il est présent sur 20 des 25 étapes, où il fait bénéficier la caravane de son réseau de relais locaux et participe aux missions informatives. Il s'agit d'ancrer dans les esprits la date de l'élection, qui n'est pas toujours connue, d'expliquer le fonctionnement et les mécanismes du vote (le scrutin à un tour, le principe de la proportionnelle, etc.) ou encore de savoir comment faire une procuration.
Animafac : Quels sont les profils des personnes rencontrées ? Est-il difficile de mobiliser les gens, de les intéresser au sujet ?
Guillaume Borie : J'ai pour ma part été présent sur deux étapes. Lors de l'étape de lancement à Paris, qui se tenait sur le site touristique du Champ de Mars, j'ai rencontré beaucoup de personnes de plusieurs nationalités, ce qui était une manière d'éprouver concrètement la dimension européenne de l'élection. Je me suis également rendu à l'étape marseillaise, qui s'était installée, le jeudi de l'Ascension, sur les plages. Ce n'était pas forcément évident, car il fallait vraiment aller chercher les gens, les convaincre de s'intéresser au sujet un jour férié, mais nous avons eu au final un bon accueil de la part de ceux-ci. Je pense qu'il est très important d'aller chercher les électeurs là où ils ne s'y attendent pas, pour porter le message au plus près et les convaincre de l'impact qu'a l'Europe sur leur quotidien.
Globalement, il y a deux catégories de personne. La première est celle des personnes qui viennent volontairement, avec lesquelles nous échangeons. Il s'agit la plupart du temps de personnes qui sont déjà convaincues de l'importance d'aller voter, qui n'est pas la portion de la population que la caravane civique vise en priorité. La seconde catégorie est celle des personnes à la rencontre desquelles nous allons, qu'il faut accoster. Le plus souvent, elles ne s'y attendent pas et ne se sentent pas intéressées par le sujet. Mais lorsque nous commençons à leur parler d'un certain nombre de choses, à leur expliquer le fonctionnement des institutions, à leur exposer le domaine de compétences du Parlement, elles se montrent intéressées et repartent, pour certaines, convaincues. Il est donc dur de mobiliser les gens, mais cela est utile.
Animafac : Quelles sont les principales informations que souhaitent obtenir les gens ?
Guillaume Borie : Beaucoup de gens sont très demandeurs des programmes de chaque liste, ce que nous ne pouvons leur fournir. Cette demande est très forte, et émane même de personne qui sont a priori peu politisées. Dès lors que l'on prend le temps d'expliquer l'importance de ces élections, la première réaction est de vouloir prendre connaissance des programmes. Les gens ne connaissent pas les enjeux électoraux, ni les principales propositions des partis, ce qui explique pour partie la désaffection pour ce scrutin.
Il est inquiétant de constater que les appareils politiques n'ont pas fait leur travail de sensibilisation et de présentation des enjeux auprès des électeurs. Beaucoup de personnes que nous avons rencontrées était abordées pour la première fois sur le sujet, alors que lors d'autres élections, elles ont l'habitude de croiser les candidats sur le marché, dans leur quartier etc.
Je pense que la principale difficulté que rencontre ce scrutin pour susciter l'intérêt, outre le besoin d'une pédagogie plus forte pour faire comprendre l'Europe et son rôle, est l'absence de clivages politiques et d'enjeux marqués. Pour que les électeurs soient saisis de la nécessité de prendre position par leur vote sur certains sujets, il faudrait qu'il y ait des débats et ceux-ci sont inexistants. La campagne se centre sur de mauvaises questions, elle se focalise sur des questions nationales, notamment de soutien ou non au gouvernement actuel, pour lesquelles le vote européen n'a pas d'impact. Si on se recentrait sur le niveau européen, si les appareils politiques marquaient leur position et leurs différences par rapport aux autres partis, les gens seraient plus intéressés. C'est en tous cas ce que laisse entendre la demande d'obtention des programmes de chaque liste dont nous font part la grande majorité des personnes que nous rencontrons.
Animafac : Le PEJ est également à l'initiative d'une campagne vidéo, à laquelle le CIDEM s'est associé. Quel en est le principe ? Sur quels médias seront-elles diffusées ?
Guillaume Borie : Il s'agit de cinq programme courts, qui présentent, sur un ton décalé et humoristique, autour de saynètes de la vie quotidienne, la vie d'un jeune couple européen et l'impact qu'ont sur celle-ci les décisions du Parlement européen. La campagne est centrée sur les thèmes suivants : le tri des déchets, la protection des consommateurs, l'énergie, la lutte contre les discriminations. Le dernier épisode diffuse un message sur l'importance du vote en faisant valoir que quand on ne vote pas, on est de toutes façons perdant.
Il y a une diffusion massive de ces clips sur Internet, grâce notamment à un partenariat avec Dailymotion. Une diffusion est également prévue à la télévision, sur des chaînes du groupe France télévisions et du groupe TF1, qui le feront à titre gracieux.
Animafac : Pour tous ceux qui souhaiteraient convaincre des personnes de leur entourage d'aller voter, quels sont selon-vous les arguments à mettre prioritairement en avant pour inciter à se rendre aux urnes le 7 juin ?
Guillaume Borie : Je pense qu'il faut dire que les élections européennes sont le seul moment où le citoyen européen peut s'exprimer pour désigner ses représentants. Sur la masse des 375 millions de personnes qui peuplent l'Union européenne, chaque électeur se sent parfois un peu perdu et isolé. Mais il faut insister sur le fait qu'au Parlement se prennent tous les jours des décisions sur des sujets qui nous intéressent et nous concernent, et l'élection de nos représentants au Parlement est l'occasion de faire entendre notre voix sur ces sujets.
Pour convaincre de l'importance des sujets traités au Parlement, je citerai deux exemples. Le premier concerne la politique environnementale. 80 % de la législation française sur ce sujet est d'origine européenne. Et en cette matière, qui préoccupe aujourd'hui tout le monde, le Parlement a un réel pouvoir de proposition et de coercition au cas où le Conseil européen prendrait des décisions non conformes à son avis.
Autre exemple, la loi Hadopi, qui a beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines. La discussion de cette loi à été l'occasion pour de nombreux citoyens de s'investir dans le débat, aussi bien via les espaces participatifs sur Internet qu'en adressant des lettres aux députés pour faire part de leur position. Or le Parlement européen est en train de travailler à une directive sur le droit des internautes et de la protection de la propriété intellectuelle. C'est donc au Parlement que se prendront les décisions importantes sur ce sujet et la première manière de faire valoir son opinion sur cette question et d'autres est d'aller voter pour désigner ses représentants.
Liens :
- Le site de la caravane civique européenne
- La page Dailymotion du PEJ qui propose l'intégralité de la campagne vidéo de celui-ci.
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