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LES ETUDIANTS AFRICAINS EN FRANCE
22 Juin 2010Le parcours en amont
L’arrivée en France des étudiants africains relève d’un véritable parcours de combattant. Malgré la mise en place de l’espace campus France dans plusieurs pays d’Afrique qui permet de coordonner et d’harmoniser la procédure d’admission pour les universités, les démarches sont souvent complexes et les étudiants africains sont souvent confrontés à de nouveaux problèmes liés au coût de la connexion à internet et au labyrinthe administratif dont il n'arrivent pas à décoder le jargon.
Les frais de dossier sont non remboursables même en cas de refus. Les frais sont aussi variables selon les pays : 70 euros pour la Guinée, 25 000 Fcfa pour le Burkina, 45000 pour le Mali, 50000 pour le Sénégal.,..
Une fois l’admission obtenue, commence une autre paire de manches. Les étudiants africains sont sélectionnés selon le critère du « compte bancaire bien garni », car pour l’obtention d’un visa les critères tiennent compte plus des ressources financières que sur le projet d’étude de l’étudiant. Ainsi des milliers de nos frères africains sont écartés faute de moyens financiers.
Il faut aussi rappeler que le rejet d’une demande de visa n’a pas à être motivé selon le CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) d’où les dérives de certains consulats français qui rejettent des milliers de demandes sans aucune instruction sérieuse. Ainsi en 2008, 69 822 visas ont été octroyés aux étudiants étrangers originaires de tous les continents. Les critères demeurent flous!
Les démarches à l’arrivée en France
Majoritairement composés de fils de cadres et de hauts fonctionnaires africains, les étudiants africains une fois en France souffrent d'un manque cruel d'information dans leurs démarches administratives, dans la recherche de logement, sans parler de recherche du travail qui demeure un parcours de combattant, s'ils ne sont pas sous payés dans des boulots qui ne permettent pas de suivre une scolarité correcte.L’obtention d’un premier titre de séjour après l’inscription à l'université qui constituait une étape longue a été simplifiée depuis cette rentrée. Seule une lettre recommandée doit être adressée à la direction territoriale de l’OFII(Office français de l'immigration et de l'intégration) qui contient le formulaire de demande d’attestation OFII, les copies des pages du passeport et celle de la vignette visa. Ensuite, l’OFII convoquera l’étudiant pour valider son visa et pour une visite médicale. Mais cette nouvelle procédure est inconnue des employeurs qui demandent toujours une autorisation de travail en plus du tampon de l’OFII qui autorise normalement les nouveaux étudiants étrangers à travailler.
Concernant le renouvellement du titre de séjour, les nouvelles dispositions exigent, un timbre de 30 euros pour toute demande, alors qu’auparavant le renouvellement du titre de séjour était sans frais.
Sur les sites universitaires certaines associations et les syndicats étudiants se battent aux cotés des étudiants qui rencontrent des difficultés pour renouveler leur titre de séjour pour diverses raisons souvent incompréhensibles et inadmissibles!
D’où l'engagement et le travail de l’Aecal dans l’agglomération Lyonnaise pour la défense et l’accompagnement personnel des étudiants africains qui se retrouvent dans ces situations difficiles.
Les problèmes de logement
Les nouveaux étudiants africains arrivent généralement en France sans se voir proposer des pistes de recherches de logements par l'administration et dans certains cas sans aucun contact dans la ville d'étude pour un éventuel hébergement temporaire.
Les services du Crous n'ont pas une politique adaptée à la réalité du monde académique, leurs critères d’attributions du logement sont quasiment inadaptés aux besoins des nouveaux étudiants.Les problèmes de logement entrainent inévitablement d'autres problèmes qui rendent difficile l'installation et le début de la scolarité, une réalité qui explique le retard des étudiants Africains au premier semestre ainsi que d’autres blocages : la non ouverture d’un compte bancaire et la non validation de son visa puisque les étudiants non ni quittance de loyer et encore moins une attestation d’hébergement pour prouver leur résidence dans la ville.
Et le petit Le boulot ?Trouver un travail s’avère difficile surtout en cette période de crise économique qui touche particulièrement les secteurs qui emploient le plus les étudiants. Dans la conjoncture actuelle les étudiants les plus touchés par demeurent les plus faibles et dans ce lot les étudiants africains sont en tête du peloton. Il est rappeler que les étudiants étrangers ne sont autorisés à travailler qu’à temps partiel soit 964 heures par an. Ces quelques aspects de la vie d’un étudiant africain en France montrent bien la nécessité d'une politique qui facilite l'installation des étudiants étrangers en France.
Les actions et propositions de l'Aecal
L’Aecal avec ses moyens met en place un accompagnement et un soutien aux primo-arrivants dans leur parcours d'installation et d'insertion. Nous mettons à leurs dispositions des informations sur les locations tant chez les particuliers que l'accompagnement au niveau du Crous.
De ces actions pour l’accueil des nouveaux étudiants, l’Aecal a entrepris la réalisation d’un programme pour le logement des nouveaux étudiants qui se décline en trois volets :
1- L’attribution prioritaire des logements en Cité U aux nouveaux étudiants ;
2- La signature d’une convention entre le Crous et le Collectif Aecal pour l’attribution d’un certain nombre de chambres par le collectif ;3- Par la mise en place d’un système de caution garantit par la région Rhône Alpes pour tous les nouveaux étudiants.
Des propositions sont aussi formulées au niveau national par l’intermédiaire des réseaux associatifs dont Animafac.
Nous voulons : un système de caution garanti par toutes les régions de France en faveur des primo étudiants étrangers ; - Faciliter l’accès des étudiants étrangers aux postes de soutiens scolaires dans les collèges et lycées de la région ; - Augmenter la durée des cartes de séjours de trois ou deux ans en adéquation avec le système LMD,…
Pour la rentrée prochaine, l’Aecal organisera les journées d’accueil des étudiants étrangers sur les différents campus Lyonnais.
Hamidou DRAME, Aecal
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