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Magazine » Prévention des risques » Dossiers » Le palmarès du concours graphique Sécurité routière à la disposition de tousPalmarès 2002
20 Novembre 2002Sur le même thèmeAffiche lauréate 2002 : C’était rouge

Avoir le premier prix de ce concours est un formidable encouragement pour moi au moment où, parallèlement à ma dernière année d’étude, je me lance en tant que graphiste indépendante. C’est avec des institutions, publiques ou privées, qui s’impliquent dans la vie de la cité que je souhaite travailler et les conditions de ce concours (thème et initiateurs), en cohérence avec mes aspirations professionnelles, ne pouvaient que me donner envie d’y participer. J’ai choisi d’utiliser le feu de signalisation non seulement parce qu’il me permettait de jouer avec l’analogie colorée entre le sang et le feu rouge mais aussi parce que de toute la signalétique routière il est le seul à comporter à la fois l’interdiction (feu rouge), l’autorisation (feu vert) et le libre arbitre gouverné par la prudence (feu orange). C’est le signe qui, par son aspect " non figé ", souligne symboliquement au mieux la responsabilité du conducteur face au " choix " qui se présente à lui.
Ce n’est pas tant dans le fond que dans la forme que cette affiche s’adresse aux jeunes. Le message est valable pour tous mais je me suis attachée à ce que le ton ne soit ni moralisateur ni répressif. La flaque de sang agit comme un répulsif (" voilà ce que je ne veux pas ") : plus que la peur du gendarme ou du jugement moral c’est la réalité brutale de l’accident qui est à même de sensibiliser les jeunes. J’ai souhaité que cette image donne à réfléchir. En présentant dans un même temps les conséquences et les causes, elle donne tous les éléments pour permettre à chacun d’en tirer les conclusions qui s’imposent : donner à réfléchir, c’est responsabiliser.
Sandrine ALBANEL, étudiante à Paris Lauréate du concours
La fièvre du samedi soir " Chaque année 2000 jeunes se tuent sur les routes. Je suis partie de ce constat pour créer cette image qui traduit d’une façon ironique et quelque peu cynique le décalage qui réside entre deux réalités : les nuits où l’on peut s’oublier en toute insouciance, et la menace constante, réelle, de l’accident au petit matin. Je ne dénonce pas, n’accuse pas en utilisant ce média, mais témoigne, rappelle et interpelle. Il est probable que cette affiche choquera ou marquera certains esprits tant par son esthétique crue et réaliste que par son thème, mais je pense qu’il est aujourd’hui nécessaire de voir cette route meurtrière en face ".
Céline HAINE, étudiante à Paris
Ca commence par des mots

" L’idée de l’affiche est venue d’un lieu commun : On n’est jamais aussi con qu’au volant. Il me semble que c’est une cause latente de nombreux accidents : violence verbale, irrespect, sentiment d’être seul au monde et toujours prioritaire augmentent sans doute les risques. D’où le slogan " Ça commence par des mots, ça finit par des morts ". Graphiquement, l’affiche propose uniquement un collage de mots, sans image-choc : aujourd’hui, dans un monde saturé d’images, un mot peut-il avoir plus d’impact qu’une image ? ".
Jean-Baptiste JOATTON, étudiant à Paris
Photomaton" Mon affiche représente cinq jeunes dans un photomaton. On les voit joyeux, très proches, très amis. Ce qui m’a intéressée est l’insouciance et la joie qui se dégagent de cette photo. Il y a 5 jeunes, ce qui renvoie à la phrase qui accompagne l’affiche : " 1 victime sur 5 a entre 18 et 24 ans ". Ce que je voulais illustrer est la perte peut-être future d’un de ces jeunes, perte qui viendra détruire ce groupe. Un accident de la route sous l’effet de l’alcool pend au nez de tous les jeunes qui font la fête et qui ne font pas attention au nombre de verres qu’ils prennent. " On tire au sort celui qui ne boit pas, pas celui qui meurt " est un message pour les jeunes. Si vous voulez entretenir cette amitié qui vous lie, pensez à ne pas jouer avec la mort quand vous faîtes la fête. "
Émilie LEPOITEVIN , étudiante à Orléans
Le kit " Mourir jeune "

" Comme je fais partie du coeur de cible, j’ai commencé par me demander ce qui moi me ferait réagir. Les images chocs on en voit tous les jours à la télé, on finit par relativiser. Par contre l’humour au second degré, l’humour un peu noir, on s’en souvient... Quand on est jeune, on préfère toujours se souvenir des choses amusantes que des dernières statistiques de tués sur la route... J’ai utilisé des codes un peu kitch, un peu funky qui donnent un côté décalé suffisamment clair pour éviter toute confusion. Et aussi parce qu’une affiche flashy ça saute aux yeux, les supermarchés l’ont bien compris ! ".
Bénédicte LAINÉ, étudiante à Paris
Elue voiture de l’année"Ayant été très touché lors de l’accident d’un des membres de ma famille, j’ai été amené à me rendre régulièrement, pendant plus de 11 mois, le voir, à l’hôpital de Garches. C’est là que j’ai pris vraiment conscience que l’accident de la route ne faisait pas que des morts, mais aussi des handicapés. Des hommes, des femmes, des enfants, frappés à vie, obligés de réapprendre à vivre cloués sur un fauteuil, et la plupart, pour le restant de leur vie. C’est pour cette raison que j’ai voulu, à travers cette affiche, frapper les esprits des jeunes et des moins jeunes en mettant fortement en avant un fauteuil roulant avec un titre à contre pied, suffisamment provocateur pour déclencher une prise de conscience auprès des conducteurs. Par ailleurs je suis persuadé qu’il serait bon que les constructeurs automobiles cessent d’exalter puissance et vitesse et soient moins triomphalistes et auto-satisfaits quand un véhicule de leur marque est élu "voiture de l’année" ".
Vincent ROZOY , étudiant à Paris
Ca fout la gerbe

"Ce concours m’a plu car je me sens réellement concernée par les accidents de la route qui m’effraient bien plus encore que le terrorisme ou les OGM. J’ai souhaité transmettre cette peur ou ce dégoût en utilisant la polysémie du mot "gerbe" qui exprime, dans un humour plutôt noir, à la fois le vomissement provoqué par un abus d’alcool, mais aussi le bouquet que l’on dépose en mémoire d’un défunt (la plupart du temps après un accident). En jouant avec les couleurs kitchs et glauques de la couronne, j’ai essayé d’obtenir quelque chose de percutant mais tout de même implicite, pour ne pas tomber dans le complètement gore où plus personne ne se sentirait concerné."
Anne-Lise KING, étudiante à Orléans
Arrêtons le massacre " Mon objectif était de sensibiliser les jeunes au danger que peut représenter la voiture. Au volant, les jeunes, dont je fais partie, se sentent souvent invulnérables et sont peu sensibles à l’argument qui dit que la voiture peut attenter à leur vie. J’ai donc voulu mettre en lumière le fait que la voiture est la seule chose que nous utilisons quotidiennement et qui peut faire de chacun d’entre nous des meurtriers. "
Martin CUEL, étudiant à Strasbourg
Prêt-à-porter 2003

" Pour toucher une cible jeune, j’ai voulu créer un message décalé, au second degré mais facilement compréhensible. Notre génération s’amuse beaucoup, ne connaît pas ses limites et se tue souvent au petit matin à la suite d’une bonne soirée. À travers les effets personnels d’un jeune décédé, je me suis essayé à recréer cette ambiance festive qui tourne au drame. Responsabiliser notre génération n’était pas mon but, mais plutôt de créer une prise de conscience par rapport à la voiture associée à l’alcool. Mais des campagnes comme celle-là ne serviront à rien tant que les pouvoirs publiques n’interdiront pas les publicités pour l’alcool ainsi que le sponsoring et le lobbying des marques d’alcool et tabac dans les soirées étudiantes. "
Laurent SIMONIN, étudiant à Aix-en-Provence
Et PAF t’es mort"Les accidents de la route représentent la première cause de mortalité chez les jeunes de moins de 25 ans. Cela est bien souvent le fruit de quelques secondes d’inattention. C’est tragique mais aussi bête que ça. C’est ce double constat qui est traduit par la référence à la blague universelle " et paf, le chien.... ". Mais paf, c’est toi qui es mort. Le choc, la confrontation de quelque chose d’anodin et la violence verbale font rire jaune. Ca n’arrive pas qu’aux autres."
Sandrine LAURET, étudiante à Paris
Tu veux une nouvelle caisse ?

" J’ai réalisé mon affiche à partir du jeu de mot "caisse" pour voiture et pour cercueil. La composition de l’affiche est très simple pour avoir plus d’impact : car moins il y a d’éléments sur une affiche plus elle est lisible. J’ai donc concilié rapidité et efficacité de la communication. Je n’ai utilisé que trois couleurs pour ces mêmes raisons : le fond est noir pour que l’affiche soit visible, la typo est blanche pour qu’elle soit lisible et le cercueil est rouge pour qu’il ait plus d’impact. La phrase "roule bourré" peut-être déclinée en "roule à fond" ou en "roule défoncé". Le langage est volontairement familier ainsi que le tutoiement pour toucher les jeunes (18-25 ans). "
Florie CORMOULS-HOULES, étudiante à Toulouse
Game Over"Avec l’émergence, ces dernières années de consoles de jeux et de programmes de plus en plus réalistes, où conduire devient un jeu, l’utilisateur, souvent jeune, peut amalgamer le fait de jouer et le fait de conduire. Il en est de même avec les images télévisuelles, toujours plus spectaculaires, plus sensationnelles, où les conducteurs sortent toujours indemnes. Les consommateurs d’images que nous sommes, se doivent de faire la distinction entre le réel et le virtuel, car nous n’avons pas une deuxième vie."
Loïc MAZURE, étudiant à Orléans
La vitesse ça laisse des traces

" Le visuel est une représentation métaphorique de l’accident sans utiliser des images chocs de victimes de la route. L’image est symbolique et surréaliste. La peau représente l’homme. La déchirure béante laissée par la voiture est très imagée et relativement douce dans sa texture pour éviter un aspect sanguinolent. Par contre, elle a une forme de pic oblique pour donner un aspect meurtrier au visuel. L’accroche " la vitesse, ça laisse des traces " joue sur la déchirure et ses conséquences : plaie qui laisse une trace à vie (elle symbolise les blessés graves) ou blessure morale lorsqu’on perd un proche. La vitesse est une plaie que chacun peut essayer de combattre à sa manière. "
Tansen BEL, étudiante à Aix-en-Provence
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