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Quand les étudiants Français s’exportent...
28 Mars 2008Sur le même thèmeMobiles, mais pas très aventureux, plutôt issus d'école, de préférence en filière commerciale dans des établissements d'Ile-de-France ou de Rhône-Alpes... Voilà le portrait type de l'étudiant français candidat pour un voyage d'étude à l'étranger.
Casaniers les étudiants français ? Loin de là... Ils seraient même les plus nombreux, après les Allemands, à partir faire leurs classes hors du territoire hexagonal. Chaque année, 20 000 jeunes profitent du dispositif Erasmus, et près de 14 000 d'accords bilatéraux pour effectuer une année d'échange avec une faculté européenne. Qui sont ces élèves qui décident de partir et quelles sont leurs motivations ?Premier constat : lorsqu'ils décident de prendre leur envol, les étudiants français préfèrent le train. Que ce soit via Erasmus ou des accords bilatéraux, les trois quarts des départs se font, en effet, à destination de quatre pays frontaliers : l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou le Royaume-Uni. Ce dernier pays rassemble près de 35 % des expatriés, preuve que l'apprentissage de la langue anglaise constitue l'une des principales motivations des étudiants.
Outre la proximité géographique et les opportunités linguistiques, l'offre de formation semble un critère important dans le choix des étudiants français. Ceux suivant des cursus courts préfèreront ainsi la Belgique et le Royaume-Uni, spécialistes de ce type de formations. Les adeptes d'enseignement longs et théoriques se dirigeront quant à eux vers l'Espagne, l'Allemagne ou la Suède.
Profil commercial ou ingénieur.
Parmi les élèves voyageurs, on constate également une très forte représentation des commerciaux et ingénieurs qui comptent, à eux seuls, pour près de 45 % des effectifs. Un fait qui s'explique en grande partie par le dynamisme des écoles, publiques et privées. Plus « multinationales » les écoles jouent plus volontiers le jeu de la concurrence internationale des établissements, initiée par l'ouverture des frontières. Persuadée qu'en exportant leurs élèves, elles seront plus attractives pour les étudiants européens, elles intègrent mieux "l'année à l'étranger" dans leurs cursus et valorisent cette expérience.
Pour autant, les universités ne restent pas en marge de l'européanisation des cursus, exportant massivement leurs élèves des filières LEA (20% des effectifs), leurs étudiants en sciences sociales (8%) et leurs juristes (7%). Friandes d'accords bilatéraux, les facs proposent des doubles diplômes et multiplient les échanges entre laboratoires de recherche. Seules certaines filières, comme les mathématiques et la médecine, pour lesquels une année de césure s'avère inutile, voire pénalisante dans le cursus des élèves, restent exclues de ce processus, avec à peine 1 à 3 % de départs.
Certaines régions, enfin, se montrent plus dynamiques que d'autres dans l'incitation au départ. C'est sans surprise l'Ile-de-France, plus gros pôle estudiantin de l'hexagone, qui exporte la majorité des étudiants avec plus de 3000 départs en 2000-2001. La région la plus dynamique reste pourtant, de loin, le Rhône-Alpes qui, malgré un nombre bien inférieur d'étudiants, envoyait, à la même période près de 2500 jeunes vers les universités européennes. La palme de l'établissement le plus "mobile" de France, revient tout de même à une université de la région PACA : l'Université de Provence à Marseille.
Sources
- La mobilité des étudiants français en Europe : rôle des programmes communautaires et des coopérations bilatérales, étude réalisée par Dominique Rosselle et Anne Lentiez. Direction générale de la coopération internationale et du développement. Décembre 2002
- Les étudiants étrangers en France et français à l'étranger, Jérôme Fabre et Magda Tomasini. INSEE, 2006
- Les échanges européens Erasmus, CEREQ. novembre 2007
- Les étudiants et leurs conditions de vie en Europe : principaux résultats du rapport Eurostudent 2005, Nadia Amrous et Ronan Vourc'h. Observatoire national de la vie étudiante. Septembre 2005
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