-

Rendez-Vous-
du 15 Décembre 2011
au 1 Mars 2012
à Nantes
Région: Pays de la Loire
Posté par Un Autre Monde
Thème: Solidarités locales
-
du 6 Janvier 2012 01:00
au 31 Mars 2012 01:00
à Lyon, Marseille, Lille, Rennes, Grenoble, Nantes...
Posté par Sarah Gibus-rock
Thème: Culture
-
du 6 Février 2012
au 10 Février 2012
à Vaulx en Velin
Région: Rhône-Alpes
Posté par ReuTeuLeu: les Rencontres Théâtrales de Lyon
Thème: Culture
-
du 26 Mars 2012 12:00
au 29 Mars 2012 23:30
à Campus de Bordeaux
Région: Aquitaine
Posté par nikola
Thème: Culture
-
ACTUALITE du réseau
-
du 15 Décembre 2011
au 1 Mars 2012
à Nantes
-
Les communautés d'animafacFonctionner en réseau, c'est avant tout favoriser la circulation de l'information et promouvoir l'échange entre les membres. Associatifs de tous horizons, cet espace vous est dédié ! Vous souhaitez connaître l'actu de votre région, de votre thématique ? Echanger avec d'autres associatifs ? Vous voulez participer à l'élaboration des articles du centre de ressources ou tout simplement poser une question ? N'hésitez plus, connectez vous ! Une réponse vous attend déjà !
Récemmentaccédez à votre compte
5 bonnes raisons de s'inscrire -
ActualitésSOLIDARITÉS LOCALESPortraits d'associationsLUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ET INÉGALITÉS ÉvénementsGuides pratiquesMÉDIAS Événements -

Un commerce différent pour réduire les inégalités
19 Juin 2005Sur le même thèmeLa loi de l’offre et de la demande aggrave les inégalités
La main invisible ne fonctionne pas...
À en croire les premiers économistes classiques, le commerce international serait la clé d’un développement harmonieux du monde. Chaque région aurait tendance à se spécialiser naturellement dans les productions dont elle peut tirer le meilleur profit, ce qui lui permettrait de faciliter son intégration dans la dynamique des échanges mondiaux.
Si tout était aussi simple, pourquoi des continents aussi riches que l’Afrique en matières premières et en minerais seraient-ils à la remorque du développe-ment ? En réalité, la théorie libre-échangiste souffre de nombreuses impasses :
- D’abord il n’existe pas de concurrence parfaite. Le jeu de l’offre et la demande est faussé par les barrières douanières et les subventions que certains pays du Nord accordent à des secteurs particuliers, comme l’agriculture en Europe ou le coton aux Etats-Unis, tout en interdisant aux Etats du Sud d’en faire autant ;
- Les marchés sont déséqui-librés : dans certains secteurs, de nombreux petits producteurs isolés se trouvent face à quelques intermédiaires puissants qui imposent facilement leur prix d’achat. Les revenus des petits producteurs ne leur permettent même pas de nourrir leur famille. Sans parler des troubles politiques (dictatures, coups d’Etats...) ou des drames climatiques qui provoquent souvent un exode rural massif ;
- Les instances internationales n’aident pas les pays du Sud. Le FMI et la Banque Mondiale imposent des “ plans d’ajustement structurels ” qui constituent autant de freins à des investissements publics déjà trop faibles, ce qui ne favorise pas leur développement et leur insertion dans les échanges mondiaux. Ainsi, malgré la création d’organismes de régulation internationale aux lendemains de la Deuxième Guerre Mondiale, la règle numéro un du commerce mondial reste la loi du plus fort, que ce soit au niveau des instances inter-étatiques ou entre les opérateurs d’un même marché.
La pauvreté s’accroît
L’écart entre les 20% les plus riches de la planète et les 20% les plus pauvres ne cesse de se creuser : de 11 contre 1 en 1913, 30 contre 1 en 1960, on est passé à 74 contre 1 en 1997.
En 2000, selon les chiffres du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les 20% les plus riches de la planète produisaient 86% du PIB mondial, tandis que les 20% les plus pauvres en produisaient moins de 1%.
Le terme fair trade, qui a donné en français " commerce équitable " circulait dès 1947, au moment des accords du GATT (General Agreement on Tarifs and Trade, devenu l’Organi-sation Mondiale du Commerce en 1995).
Et dès 1948, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme proclamait que " quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine " (article 23, alinéa 3).
Les cultivateurs de petites parcelles dans les régions reculées, notamment de montagne, de pays en développement vivent la situation la plus critique. Dans le secteur du café par exemple, 70% des paysans cultivent moins de 10 hectares chacun. En face, les importateurs sont concentrés : quatre multinationales contrôlent plus de la moitié de la production mondiale. De nombreux témoignages ont révélé une asymétrie poussée à l’extrême : face à un intermédiaire spéculateur, qui est à la fois le seul acheteur, le seul marchand d’engrais, semences et pesticides, et le seul fournisseur d’informations économiques, les paysans sont amenés à vendre leur récolte à un prix qui ne couvre même pas leurs coûts de production.
De plus, le cours du café, fixé à la bourse de New York, connaît de fortes fluctuations : de 131 dollars le sac de 100 livres fin 1999, il est passé à 43 dollars deux ans plus tard, alors que son coût de revient est estimé à 80 dollars. Cette spéculation et la fragilité des nombreux producteurs isolés ont conduit l’association Max Havelaar, depuis sa création aux Pays-Bas en 1988, à se concentrer prioritairement sur ce secteur.
Depuis, le café demeure le produit-phare du commerce équitable, y compris en France où il représente aujourd’hui près de 75% des ventes du total des produits labellisés. D’autres produits font vivre des millions de producteurs des pays pauvres et ont connu une chute vertigineuse de leurs cours sur les marchés mondiaux : le thé, le cacao, la banane ou le coton, tous vendus par les opérateurs du commerce équitable.
Le pari du commerce équitable
Le commerce équitable cherche à agir tant au niveau micro que macro-économique. Sur le plan micro-économique, il vise à fournir un revenu digne à des producteurs et à leur permettre de monter dans le train du développement.
Mais au-delà, le commerce équitable se veut un moyen d’instaurer à moyen terme un nouveau mode de relations commerciales plus juste, moins inégalitaire.
Cultivé par 5 millions de paysans dans le monde, le café fait vivre 25 millions de personnes. Il est la seconde matière première la plus échangée en valeur après le pétrole. Les pays de production, que ce soit en Amérique latine, en Afrique de l’Est ou en Asie, sont tous en voie de développement. Dans des pays particulièrement déshérités comme l’Ethiopie, l’Ouganda, le Burundi ou le Rwanda, il représente même la première source de devises.
Pour permettre au prix final de rester modéré malgré une meilleure rémunération du producteur, le commerce équitable essaie de limiter le nombre d’intermédiaires en instaurant une chaîne la plus directe possible entre le producteur et le consommateur. Dans certains cas, l’absence de budgets marketing et publicité, ainsi que des marges plus réduites permettent aussi de contenir le prix final.
Dans le même temps, une pression constante exercée sur les instances de régulation internationale en faveur d’une meilleure prise en compte des pays défavorisés permet, par à-coups, des rééquilibrages.
Par exemple, la campagne d’opinion menée par l’ONG Oxfam a certainement joué un rôle dans la condamnation prononcée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à l’encontre des Etats-Unis pour soutien illégal aux producteurs de coton et dumping. Le Brésil et d’autres pays en développement avaient en effet porté plainte contre la première puissance mondiale, plaidant que ces subventions privaient d’accès aux marchés mondiaux des milliers de producteurs de coton en Afrique et Amérique latine. Le gouvernement américain ne se soucie guère que ses subventions soient jugées illégales par l’OMC, mais qui sait, peut-être un jour cèdera-t-il à cette pression, ce qui ouvrira alors de nouveaux débouchés pour les producteurs du Sud.
On le voit, le mouvement du commerce équitable ne vise pas l’abolition du système capitaliste mais plutôt sa transformation de l’intérieur.
À l’origine : des humanistes chrétiens et des tiers-mondistes
" Leur apprendre à pêcher plutôt que leur apporter du poisson ". C’est souvent par cette expression que les tenants de l’approche chrétienne et humaniste du commerce équitable vous résumeront leur philosophie. Une démarche à rebours des élans caritatifs qui ont parfois caractérisé les mouvements de solidarité internationale.
En fait, le commerce équitable puise ses racines à la fois dans les mouvements religieux humanistes catholiques et protestants et dans le mouvement tiers-mondiste des années 60. On en retrouve une trace dans l’engagement du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) en faveur du commerce équitable.
Il connaît un début de reconnaissance internationale à la conférence de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour la Coopération et le Développement) de 1964 où le principe trade, not aid est proclamé (“ le commerce, pas la charité ”).
Dix ans plus tard ouvre la première boutique Artisans du Monde à Paris, sur une idée de l’abbé Pierre, inspiré d’autres “ magasins du monde ” ouverts au Royaume-Uni et aux Pays-Bas (notamment par l’ONG Oxfam). Tenues par des bénévoles, ces boutiques proposent des produits directement importés du Sud.
Ce “ commerce alternatif ” n’a cessé de croître tout en restant confiné à un cercle de convaincus.
Peu à peu, industriels et politiques de tous bords s’approprient les principes du développement durable, devenu incontournable. En France, ce consensus débouche, après une importante mobilisation militante, sur l’introduction des produits équitables en grande distribution (2000).
La légitimité du commerce équitable redouble avec l’affirmation du principe de développement durable depuis la fin des années 80. Défini comme “un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des futures à répondre à leurs propres besoins”, il englobe les principes du commerce équitable.
Deux systèmes parallèles co-existent depuis :
- Les produits labellisés “ commerce équitable ” vendus à la fois en grande surface et en boutique spécialisée ;
- La filière “ alternative ” et ses boutiques qui vendent également des produits non-labellisés dont le caractère équitable est garanti par un contrôle direct de la chaîne, du producteur au distributeur. Cette mouvance estime que la distribution du produit doit elle aussi se conformer à des critères d’équité, auxquels les grandes surfaces ne répondent pas.
Quelques définitions
Commerce éthique et agriculture biologique
C’est en distinguant bien chaque terme et ce qu’il implique que le consommateur pourra clairement se situer dans un univers où “ l’éthique ” et le “ développement durable ” sont devenus politiquement corrects. De plus en plus, les entreprises se dotent de codes de bonne conduite sociale, dont l’application est vérifiée par des auditeurs plus ou moins indépendants. Pour s’y retrouver, mieux vaut se fier aux normes internationalement reconnues.
Parmi les groupes de pression qui ont travaillé à une prise de conscience des conditions de fabrication des produits consommés, on peut citer le collectif “ De l’éthique sur l’étiquette ”, créé en 1995 dans la mouvance d’Artisans du Monde et membre du réseau international Clean clothes campaign. Les nombreuses campagnes, pétitions, baromètres, codes de conduite élaborés par le collectif français exercent une certaine pression sur des entreprises qui se voient progressivement contraintes de “ tracer ” leurs produits et de rendre compte des conditions sociales de leur fabrication.
La norme internationale “ SA 8000 ”, élaborée en 1997 par un organisme de certification américain, assure que les entreprises respectent les grands textes de référence que sont la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, les conventions du Bureau international du travail et la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. Elle certifie que les centres de production sont en conformité avec certains critères sociaux et environnementaux.
Commerce éthique et équitable ont en commun la volonté d’améliorer les conditions de vie des travailleurs mais diffèrent au niveau de leurs cibles et de leurs méthodes : le commerce éthique cherche à ce que les aspects sociaux et environnementaux ne soient pas oubliés dans la production de richesse ; le commerce équitable vise en plus à transformer les termes de l’échange international.
De leur côté, les consommateurs ont aussi tendance à confondre le bio et l’équitable. La confusion s’explique en partie par le fait que de nombreux produits présents en grande surface sont doublement labellisés, équitable et biologique. Mais les deux certifications ne portent pas du tout sur les mêmes critères : le biologique ne concerne que l’environnement, pas la qualité sociale d’un produit ni son prix d’achat au producteur.
Le très contrôlé label “ Agriculture Biologique ” garantit que l’aliment est issu d’un mode de production associant emploi d’engrais verts, lutte naturelle contre les parasites et utilisation strictement limitée de produits de fertilisation, de traitement, de stockage et de conservation ; ou encore que l’aliment est composé à plus de 95% d’ingrédients issus du mode de production biologique. Le commerce équitable encourage quant à lui l’utilisation raisonnable des ressources naturelles et l’abandon des pesticides. Si tous les producteurs participant au commerce équitable n’ont pas les moyens de se faire certifier “ biologique ”, beaucoup en respectent pourtant la plupart des grandes lignes.
Ainsi, le commerce équitable contribue concrètement à un développement durable, à un moment où ce terme est devenu si consensuel que le gouvernement français s’est doté d’un ministère “ de l’Ecologie et du Développement Durable ” et d’un Secrétariat d’état au Développement Durable.
La loi NRE (sur les nouvelles régulations économiques) oblige même depuis 2001 les entreprises françaises cotées en Bourse à mentionner dans leur rapport annuel “ la manière dont la société prend en considération les conséquences sociales et environnementales de son activité ”.
Labels
Au niveau international, il n’existe qu’un logo du commerce équitable, celui de FLO International (Fairtrade Labelling Organisations), issu du regroupement de trois systèmes de certification, Max Havelaar, Transfair et Fairtrade. Ce logo est partagé par 19 associations nationales, dont le représentant en France est Max Havelaar France.
Soulignons qu’il n’existe pas de label officiel et unique du commerce équitable puisque tous les référentiels sont privés et qu’en l’absence de norme publique, ils se font actuellement concurrence.
En France, seule la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) agrée ou pas un label. Selon ce service du Ministère de l’économie, un label comporte un cahier des charges, un organisme certificateur, un certificat de conformité et un arrêté des pouvoirs publics l’homologuant. Max Havelaar France a entamé les démarches pour répondre à ces critères.
Au niveau international, l’association FLO, qui définit les standards et appuie les producteurs, a créé une société indépendante dédiée à la certification des producteurs : FLO Cert. Lorsque cette société sera accréditée par la norme ISO 65, elle sera reconnue comme organisme certificateur, ce qui fera taire une partie des critiques à l’égard de la légitimité de Max Havelaar.
Sur le terrain, FLO-Cert mandate déjà des inspecteurs pour effectuer les contrôles des producteurs, des exportateurs, des importateurs et des industriels concessionnaires du label. Tous les producteurs sont audités au moins une fois par an, parfois par surprise. S’ils ne satisfont pas aux critères, des pistes de progression sont envisagées et s’ils ne les ont pas suivies lors du contrôle suivant, ils peuvent se voir retirer le label.
Le label “ bio équitable ” a été créé en 2002 par un groupe d’entreprises du secteur biologique dont les produits sont présents en grande surface. Il est délivré par Ecocert, organisme certificateur attribuant également le label Agriculture Biologique. Il examine les aspects à la fois sociaux et environnementaux des filières. Mais ce référentiel n’est pas reconnu par la Plate-forme du commerce équitable (PFCE->www.commercequitable.org), seul organisme national de représentation du secteur. En effet, le cahier des charges suivi par Ecocert ne respecte pas les principes fondamentaux qu’énonce la charte de cette instance : pas de prix minimum garanti, pas d’obligation de travailler avec les producteurs les plus défavorisés, pas d’incitation des producteurs à s’organiser collectivement, ni d’engagement à une relation commerciale durable, seule garante d’un développement économique local.
Enfin, STEP, label d’origine suisse, est administré en France par l’association Yamana (membre de la PFCE) pour la filière tapis d’orient. Yamana applique la démarche “ MVD ” (Monitoring Vérification Déve-loppement) fondée sur une co-responsabilité des acteurs du développement. Une extension de cette méthode à d’autres filières, comme le textile, est en cours.
Le système de labellisation FLO
Contrairement à ce que pensent beaucoup de consommateurs, Max Havelaar n’est pas une marque mais une association à but non lucratif créée en 1988 aux Pays-Bas, qui délivre un label aux produits répondant aux standards internationaux du commerce équitable.
L’association Max Havelaar France (MHF), apparue en France en 1992, est financée par des subventions du Ministère des Affaires étrangères et par une redevance de 1 à 2% du prix de vente au public prélevée sur tous les produits labellisés. L’association reverse 5 à 20% de ce montant à FLO International pour la gestion des standards du commerce équitable et l’appui aux producteurs du Sud (développement et débouchés commerciaux).
Il existe des équivalents de l’association MHF dans 18 autres pays : certains portent le même nom, mais pas tous (par exemple Transfair aux USA). Ces 19 associations sont membres de FLO, et appliquent les “ standards ” définis par l’organisation internationale, à savoir un ensemble d’exigences auxquelles les producteurs, importateurs et exportateurs doivent se conformer pour qu’un produit soit en mesure de décrocher le label.
FLO a ainsi défini :
- des standards “ génériques ” s’appliquant aux organisations employant une main d’œuvre salariée d’une part, et aux petits producteurs de l’autre ;
- des standards “ spécifiques ”, produit par produit, qui énoncent les critères économiques, sociaux et environnementaux auxquels les organisations devront se conformer : du prix d’achat au producteur à la relation commerciale en passant par la liste des pesticides interdits, tout est précisé.
À chaque fois sont décrites d’une part des exigences minimales et d’autre part des critères de progrès.
FLO ne cesse de labelliser de nouvelles filières de produits. A ce jour des standards internationaux existent pour : le café, le thé, le cacao, la banane, le miel, le sucre de canne, le riz, la mangue, l’ananas, les boissons (jus divers), les épices et le coton. Tous ne sont pas disponibles dans tous les pays de consommation, en raison de la nécessité de labelliser aussi les importateurs et de trouver des concessionnaires. Le coton équitable arrivé en mars 2005 est le dernier né des produits labellisés, après deux ans de recherche et développement. La labellisation des fleurs coupées, des fruits séchés et des noix sont aussi à l’étude pour le marché français.
Le système FLO s’est doté de trois missions, réparties comme suit :
- le contrôle de la conformité aux standards : est exercé par FLO Cert, la société créée par FLO. Il s’agit d’auditer les producteurs, les importateurs, et les concessionnaires du label en France ;
- l’appui aux producteurs : est la mission de l’ONG FLO International, dotée de bureaux régionaux. Cette mission consiste à aider au renforcement des organisations de producteurs au Sud, à développer de nouvelles filières, et à répondre aux besoins des producteurs en matière de gestion, commercialisation, qualité... Pour sa part, MHF développe les débouchés pour les produits en France ;
- les campagnes d’information et de sensibilisation dans les pays de consommation : sont assurées par les associations nationales.
La légitimité de FLO tient à son histoire et à la représentation au sein de ses instances des producteurs (un million de familles, 370 organisations, coopératives ou plantations, élisent 4 représentants), des acteurs économiques (entreprises, importateurs, transformateurs élisent 2 représentants) et des structures nationales (les 19 initiatives comme Max Havelaar France). FLO est elle-même membre du mouvement international FINE (voir page 1, Fairtrade).
Les importateurs et les importateurs-détaillants
En dehors du système labellisé, incarné principalement par FLO et ses déclinaisons nationales, existe le système dit alternatif : des importateurs ont développé leur propre filière de produits, pour lesquels aucun standard n’a été défini. La réduction maximale du nombre d’intermédiaires dans ce système de filière intégrée permet de maîtriser le circuit et de s’assurer du respect des critères. Ici, la garantie du caractère équitable du produit tient à l’appartenance de l’organisation qui le commercialise à l’une des organisations mondiales du commerce équitable (FLO, IFAT, FINE ou NEWS).
Plusieurs modes de distribution existent : les centrales d’achat qui importent et distribuent en gros, et d’autres acteurs qui importent et distribuent dans des boutiques de vente au détail ou par correspondance. Les boutiques peuvent vendre à la fois des produits labellisés et des produits issus directement de leur filière d’importation ou d’une centrale d’importation spécialisée.
Onze centrales d’importation dans neuf pays européens (dont Solidar’Monde en France) sont réunies au sein de l’European Fair Trade Association (EFTA), qui totalise plus de 50% des produits non labellisés du commerce équitable importés en Europe.
Le réseau européen des magasins du monde, Network of European World Shops (NEWS) fédère pour sa part 250 boutiques spécialisées, comme Artisans du Monde, dans 13 pays.
Au-delà, producteurs du Sud et organisations de commerce équitable du Nord (importateurs, distributeurs...) sont réunis dans une fédération internationale, l’IFAT, l’Inter-national Federation for Alternative Trade dont sont membres en France Artisans du Monde, Artisanat-SEL, Alter Eco et Solidar’Monde. Créée en 1989, l’IFAT est dotée d’une charte comparable à celle de la Plate-forme française et joue aussi un rôle de lobby auprès des instances internationales. Elle regroupe 150 membres dans 45 pays, au Nord comme au Sud.
L’IFAT a développé une sorte de label destiné non aux produits mais aux organisations de commerce équitable : la marque FTO (pour fair-trade organisation), invisible sur les produits. Contrairement à FLO, où l’inspection vient toujours des acteurs du Nord, ici l’auto-évaluation et l’examen mutuel entre partenaires du Nord et du Sud sont privilégiés. Enfin, un contrôle externe par des consultants indépendants est en train d’être mis en place pour que soient audités 5 à 10% des membres de l’IFAT par an.
La Plate-forme Française pour le Commerce Equitable (PFCE)
Depuis 1997, la Plate-Forme pour le Commerce Equitable est l’organisme français de représentation des acteurs du secteur. Sa charte, dont le respect est obligatoire pour l’adhésion, fixe le cadre consensuel dans lequel s’inscrivent les acteurs principaux, à défaut de l’existence d’une norme.
La PFCE compte aujourd’hui 28 membres acteurs et 4 membres sympathisants représentatifs des différents types de structures existantes : importateurs, importateurs-détaillants, boutiques spécialisées, associations de promotion, associations de labellisation, structures de solidarité et associations de tourisme équitable.
Représentant les acteurs français auprès des pouvoirs publics, la Plate-Forme est un pôle de concertation et de recherche, qui travaille à la défense et à la promotion du commerce équitable, notamment par la coordination de la Quinzaine du commerce équitable.
Réflexion sur une norme
En 2001, les pouvoirs publics ont mis en place un groupe de travail pour réfléchir à la faisabilité d’une “ norme expérimentale ” définissant les critères du commerce équitable. Les travaux sont conduits sous l’égide de l’Agence française de normalisation (Afnor) et de la Délégation à l’innovation sociale et à l’économie solidaire (DIES). Y participent la Plate-forme, certains de ses membres, y compris des stagiaires comme l’association étudiante Equi-Terre, des importateurs, distributeurs, d’autres réseaux professionnels comme Minga ou la Plate-forme bretonne du commerce équitable, les pouvoirs publics, la grande distribution et des organisations de consommateurs.
Dès le début des discussions, de profonds désaccords sont apparus entre ceux qui ont intérêt à une norme a minima, moins contraignante et moins chère, et les acteurs historiques et principaux du commerce équitable qui défendent la mise en place de critères plus exigeants, tels qu’ils sont définis et appliqués par le mouvement international FINE. A la recherche d’un improbable consensus, l’Afnor a réorienté les débats en juillet 2004 vers l’idée d’un fascicule de documentation intitulé “ Critères et exigences applicables aux activités des organisations de commerce équitable ”.
Ce document n’aura pas le caractère prescriptif d’une norme puisqu’il ne sera qu’informatif. Toutefois, il pourrait être transcrit en droit européen et s’imposer de ce fait.
Les critères du commerce équitable : solidaire, jus-te, direct, transparent et digne
En France, la charte de la Plate-forme, alignée sur les standards du mouvement international du commerce équitable, est la référence.
Les signataires de la charte s’engagent à :
- Travailler prioritairement avec les producteurs les plus marginalisés. Ce critère est marqué par l’influence des acteurs historiques du commerce équitable, essentiellement des ONG, qui se sont concentrées sur l’urgence. Les producteurs qui travaillent avec la filière labellisée (FLO international) sont en réalité un minimum organisés, sans quoi leurs produits ne pourraient accéder au marché mondial ;
- Proscrire toute forme d’esclavage ou de travail forcé, y compris l’exploitation des enfants ;
- Contractualiser un prix garantissant une juste rémunération des producteurs (santé, protection sociale incluses) et le versement d’un acompte à la commande pour leur éviter l’endettement. Dans le système FLO, le prix payé au producteur se décompose en un prix minimum garanti (nettement supérieur au cours mondial pour les matières premières) et une prime au développement qui doit servir aux investissements communautaires ;
- Veiller à la qualité des produits ;
- S’engager dans une relation commerciale durable, seule à même d’assurer le développement ;
- Assurer la transparence à toutes les étapes du processus de production, donc fournir une information réciproque sur les salaires, les prix, les marges, les conditions de fabrication ;
- Accepter le contrôle sur tous ces aspects à chaque étape du processus.
Sont ensuite définis des critères de progrès puisque le commerce équitable est une démarche. Par exemple favoriser les organisations participatives et démocratiques, éliminer le travail des enfants, valoriser les potentiels locaux traditionnels, encourager les producteurs à l’économie et au respect de l’environnement...
Ces derniers points font l’objet d’une application plus souple, car il ne s’agit pas d’adopter une position dogmatique qui excluerait un maximum de nouveaux entrants. Faire du commerce avec des populations défavorisées de cultures lointaines nécessite une capacité d’adaptation. Par exemple, sur la question du travail des enfants : ce qui serait qualifié en France d’exploitation des enfants est dans d’autres cultures un travail familial, une forme d’apprentissage précoce d’un métier. Il ne s’agit pas de renoncer à travailler avec une organisation de producteurs fonctionnant selon ces principes, mais de rendre possible, en amont, la scolarisation d’un maximum d’enfants.
Sous la forme d’un questionnaire de 200 points, il quantifie la valeur ajoutée, économique, sociale et environnementale, de chaque coopérative de production, structure d’accompagnement et exportateur, et leur permet de progresser vers les critères du label. En parallèle du système FLO, une méthode d’audit intitulée FTA 200 a été mise au point par PriceWaterhouseCoopers et Alter Eco pour évaluer l’état d’avancement d’un centre de production par rapport aux critères du commerce équitable.
Lire la suite
Un succès réel au Nord ...
Pour l’instant, le commerce équitable ne pèse qu’environ 0,01% du commerce mondial selon les chiffres du Ministère français au Commerce Extérieur. En France, les ventes de produits labellisés Max Havelaar et de ceux vendus dans les boutiques Artisans du Monde ont presque doublé, pour atteindre 81 millions d’euros en 2004 (dont 72 pour Max Havelaar).
C’est l’arrivée en France en 2000 des marques labellisées Max Havelaar dans la grande distribution qui a dopé les ventes de produits alimentaires issus du commerce équitable.
Certains importateurs, comme Tristan Lecomte, dont la jeune société Alter Eco s’est spécialisée dans l’alimentaire labellisé, ont fait l’analyse suivante : pour avoir un maximum d’impact au Sud, il faut vendre des masses plus importantes au Nord, ce qui permet dans le même temps de limiter le surcoût pour le consommateur. Alter Eco juge réaliste que d’ici moins de dix ans certains produits équitables représentent 5 à 10% des parts de leur marché respectif, chiffre presque atteint dans des pays en avance sur la France comme la Suisse, les Pays-Bas ou le Luxembourg.
Les perspectives de progression sont en effet gigantesques, si l’on se compare à nos voisins : alors que la dépense moyenne en produits équitables s’élevait en 2002 à environ 0,60 euros par an, le consommateur suisse dépensait dans le même temps 14 euros et le consommateur hollandais 2,88 euros. En Suisse, la part de marché des bananes équitables a atteint 20% en 2002, et serait proche de 50% en 2004.
... au bénéfice des producteurs du Sud
Les principaux acteurs du secteur estiment qu’environ un million de familles de producteurs dans le monde, soit plus de six millions de personnes au total, bénéficient du commerce équitable (Afrique, Asie, Amérique latine). Les consommateurs de 19 pays du Nord participent à l’aventure, qui bénéficie à 46 pays du Sud.
Les témoignages des producteurs sont le meilleur moyen de saisir l’impact qu’a déjà eu le commerce équitable et d’imaginer tout ce qui peut encore être réalisé dans la perspective d’un accroissement des ventes. Pascal Hennequin et Sandra Blondel, lauréats Défi Jeunes pour leur projet “ Fokus, Visages du commerce équitable ”, sont partis tourner un documentaire intitulé “ 0,01 ” auprès des producteurs impliqués dans le commerce équitable. à Madagascar, au Pérou, en Inde et au Sri Lanka, ils ont filmé la vie quotidienne des coopératives et montré l’impact local du commerce équitable (Fokus).
“Solidaroad" est le carnet de voyage de “ JP ”, parti entre mai 2002 et mai 2003 à la rencontre d’une vingtaine d’organisations, ONG, associations, ateliers de production informels, et projets de développement communautaires en Amérique latine, Asie du Sud-Est, Népal, Nord de l’Inde. Ce site diffuse reportages, photos, interviews des acteurs du commerce équitable au Sud, qui rendent compte de la diversité des situations. On entre dans la vie des travailleurs des plantations de thé à Darjeeling (Inde) ou des ateliers d’artisanat au Vietnam, on accompagne la réflexion de l’auteur sur les avancées déjà permises et les problèmes encore à résoudre.
Le site web “ Mano a Mano ” est également le résultat d’un voyage autour du monde à la rencontre des acteurs du commerce équitable. L’idée des porteurs du projet était de “ mettre un visage sur des produits ” préalablement sélectionnés chez des acteurs du commerce équitable. Le “ trait d’union entre le consomm’acteur du Nord et l’artisan du bout du monde ” qu’ils ont souhaité dessiner fonctionne à plein et de manière amusante : on clique sur un détail du produit et on fait connaissance avec son fabricant, sa vie quotidienne et celle de sa communauté.
Ces trois projets sont particulièrement intéressants car leurs auteurs ne sont pas parties prenantes du commerce équitable. La plupart des témoignages proposés par les acteurs du secteur sont en effet ceux des producteurs avec lesquels ils travaillent.
On découvre souvent de manière poignante comment les événements politiques ou climatiques d’un pays peuvent ruiner une famille, on assiste au réveil de populations qui s’approprient leurs moyens de production en créant une coopérative. On apprend aussi que le commerce équitable n’a pas pour but de rendre ces producteurs riches mais de leur permettre simplement de répondre à des besoins élémentaires, parmi lesquels l’accès à l’éducation et à la santé, la capacité d’investir dans des moyens de production. Les femmes peu à peu apprennent à reprendre la parole, les enfants accèdent à des bourses d’études, des routes peuvent être construites, des pesticides éliminés...
La diversité du commerce équitable
En quatre ans, la notoriété du commerce équitable a connu un essor impressionnant : moins de 10% des Français en avaient entendu parler en 2000, ils sont 56% en 2004.
Le commerce équitable concerne de plus en plus de secteurs : loin de se limiter au café et à l’artisanat traditionnel comme à ses débuts, il connaît un net développement dans le textile et touche même la culture à travers le tourisme.
Cette tendance croise en partie le regain d’engouement pour l’authenticité et l’ailleurs, via les produits du terroir et la consommation bio : le consomm’acteur contemporain aime connaître l’origine de ce qu’il mange ou porte, s’intéresse à l’histoire et aux conditions de vie de ceux qui ont façonné ces produits.
L’alimentaire
Actuellement, la partie alimentaire du commerce équitable est en pleine diversification : d’après l’étude consommateurs réalisée en 2004 par Alter Eco, 86% des personnes interrogées citent spontanément le café comme produit du commerce équitable, mais 35% citent aussi le chocolat en tablette, 34,6% le riz et 32,1% le thé. Le café labellisé Max Havelaar reste encore loin devant avec 156 références vendues en France, talonné par le thé qui en totalise 107.
On trouve aussi des produits dérivés portant le label Max Havelaar, comme les bonbons préparés avec plus de 50% de sucre de canne équitable (la règle est qu’un produit qui contient plus de 50% de matière sèche labellisée peut à son tour obtenir le label), les confitures, les jus de fruits...
Alter Eco propose en grande distribution, en plus des produits labellisés, des produits issus de coopératives soumises à l’audit FTA 200 comme l’huile d’olive de Palestine, les cœurs de palmiers du Brésil, le quinoa ou le riz Basmati.
Les magasins Biocoop, membre sympathisant de la PFCE), réseau de spécialistes du bio, partisans d’un “ commerce plus équitable au Sud comme au Nord ”, se sont mis à vendre également des produits équitables (labellisés), dans l’idée de “ veiller à renforcer les liens entre producteurs et consommateurs au-delà des frontières ”.
Enfin, des produits non labellisés sont aussi vendus par des importateurs directs de la filière alternative comme la coopérative Andines qui propose en ligne ou en boutique spécialisée, confitures, fruits et légumes secs, huiles et vinaigres, infusions ... et même de la bière au quinoa ! Pour chaque produit, une fiche complète détaille comment les critères du commerce équitable sont respectés sur tous les plans (économique, social, environnemental). De son côté, Solidar’Monde a dans son catalogue une centaine de produits alimentaires, certains labellisés, d’autres non tels des mueslis, des petits gâteaux secs, de la semoule, des pâtes, des sauces...
Les vêtements
Beaucoup d’entreprises “ équitables ” se créent ces temps-ci dans le textile. Cette tendance s’explique par la mauvaise réputation du secteur textile traditionnel, premier concerné par les délocalisations. Elle est parallèlement renforcée par l’existence de labels, “ biologique ” et désormais “ équitable ”.
Le choix de Max Havelaar de créer une filière coton équitable (sa première en dehors de l’alimentaire) ne doit rien au hasard : le coton fait vivre 15 à 20 millions de personnes en Afrique de l’Ouest, son cours mondial s’est effondré depuis 1995 et les producteurs des pays du Sud sont souvent contraints de vendre en dessous du coût de revient.
Par ailleurs, le coton est une des cultures les plus polluantes de la planète. Responsable du quart des pesticides employés dans le monde, on estime qu’il contamine 25 millions de personnes par an, en plus de polluer les sols et les eaux.
De grandes marques du circuit classique, attirées par la forte demande pour des produits chargés de sens, s’apprêtent à commercialiser des vêtements fabriqués avec du coton équitable labellisé Max Havelaar. Le prix final n’est pas excessif dans la mesure où la matière première ne compte que pour 15 à 20% du coût d’un vêtement et des économies sont réalisées à d’autres stades de la filière. Le label “ coton équitable ” ne concerne que la plante, pas sa transformation, autrement dit le logo apposé ne signifie pas “ vêtement équitable ” mais “ vêtement à partir de coton équitable ”.
L’arrivée du commerce équitable dans le textile ne date pas de la labellisation du coton. Mais jusque là, les vêtements vendus dans les boutiques de commerce équitable se démarquaient par leur style plutôt traditionnel, voire folklorique, dont la conception et la confection dans des coopératives du Sud se décelait quasiment au premier regard.
La nouvelle génération d’entrepreneurs du commerce équitable, au contraire, a travaillé à une rencontre de styles, pour s’adapter aux goûts du consommateur du Nord et toucher un public plus large. La Plate-forme compte à la fois des importateurs classiques de vêtements dessinés au Sud, comme Azimuts - Artisans du Népal, Artisanat SEL, Echoppe-Artisans du Soleil, Solidar’Monde, et des représentants de cette nouvelle génération tels qu’Ethos ou encore Ideo.
L’artisanat
L’artisanat est aussi présent depuis l’origine dans le commerce équitable. L’association américaine Ten Thousand Villages, membre de l’IFAT) suivie par d’autres magasins du monde avait ouvert la voie dès les années 50. La sélection d’articles reflétait souvent les périples des fondateurs, qui ramenaient dans leurs bagages statuettes, tambours et autres tapis, témoignant à la fois de l’identité culturelle et des difficultés économiques des producteurs du Sud.
Les exigences du commerce équitable (prime de développement, pré-paiement des commandes, relation commerciale durable, respectueuse de l’environnement et de la dignité humaine...) sont les mêmes pour cette activité. Reste encore à convaincre le consommateur occidental d’acheter ces produits. Pendant longtemps, les boutiques spécialisées écoulaient de petites quantités auprès d’un réseau de militants attachés en premier lieu à la valeur sociale du produit.
La boutique Alter Mundi revendique aussi une gamme “ originale et très design ” en rupture avec l’image traditionnelle des produits ethniques. Sa sélection donne néanmoins la priorité à des produits réalisés par des artisans ou petites entreprises du Sud “ se distinguant par des pratiques sociales et environnementales responsables ”. Très consciente que la majorité de ses clients achètent le plus souvent sur un coup de cœur, cette entreprise d’insertion ne se dit pas tout à fait équitable, mais plutôt “ éthique, ethnique et chic ” !
C’est une tendance qui se retrouve également auprès des membres de la Plate-forme, qui travaillent de plus en plus avec des designers comme Artisal, Artisanat-SEL, Sira Kura, Solidar’Monde ou la Boutic Ethic.
De nouveaux acteurs, plus attentifs à la plus-value esthétique des objets ont décidé de partir à l’assaut d’une clientèle large, pas nécessairement sensibilisée au commerce équitable. Dès lors, il faut séduire et s’adapter aux goûts du consommateur du Nord : “ L’artisan doit comprendre les attentes du marché et le designer les techniques de l’artisan. C’est un échange de savoir entre l’artisan et le designer ”, explique ainsi Christian Dagher, le fondateur de l’association Ethnik, membre stagiaire de la plate-forme du commerce équitable.
Les cosmétiques
Verveine, argan, sucre ou beurre de karité fournissent depuis des lustres d’excellentes bases à des produits d’hygiène et de cosmétique. Certains ne s’y sont pas trompés et profitent de la redécouverte des bienfaits naturels des plantes et de la mode orientale pour tenter le mariage de la cosmétique et de l’éthique. Ethis sort des produits d’hygiène corporelle sous la marque Thémis (savons, shampoings, gels douche...) labellisés Max Havelaar parce qu’ils sont fabriqués à partir de beurre de cacao ou de canne à sucre labellisés. La marque a aussi choisi de vendre des produits équitables non labellisés dont elle contrôle elle-même les producteurs. “ On voulait avoir le label pour la garantie que cela représente vis à vis du consommateur mais dans la pratique il n’y a pas de raison qu’il y ait un monopole ”, explique la dirigeante.
Pour sa part, Guayapi, spécialiste des plantes alimentaires et cosmétiques depuis 1990, a effectué des recherches pointues sur des plantes d’Amazonie et du Sri Lanka. Ces produits arborent des certifications “ AB ”, “ Bio et Eco ”, “ Satéré Mawé ” (“ commerce équitable ” en indien d’Amazonie), ou encore “ FGP ” (Forest Garden Products sur la bio-diversité et le commerce équitable) qui s’appliquent par exemple à des soins capillaires au jojoba, des produits solaires à l’urucum, des savonnettes au guarana...
Le site internet commerce équitable commercialise pour sa part des soins pour le corps fabriqués dans des conditions équitables, notamment des huiles de massage dans le cadre de la campagne pour le reboisement de l’Amazonie.
De nouveaux opérateurs beaucoup moins transparents sont en train d’arriver sur ce marché qui sera forcément porteur.
Le tourisme
Devenu l’une des premières industries de la planète , le tourisme a, comme beaucoup de secteurs, engendré des excès liés à sa massification : des formules “ tout compris ” bon marché pour lesquelles les opérateurs compriment les salaires au maximum, des séjours de découverte des populations indigènes qui s’apparentent parfois à une visite au zoo, sans parler du tourisme sexuel et des autres formes d’exploitation humaine.
Les consommateurs, en quête d’une authenticité non polluée par le marketing et le commerce, ont décidé d’assumer leurs responsabilités et développé dans la même mouvance que la consommation de produits équitables, des formes de tourisme alternatif : écotourisme, ethnotourisme, tourisme solidaire, éthique, durable... et équitable.
Alternatives Economiques a d’ailleurs publié un guide pratique “ Le tourisme autrement ” (9 euros en kiosque et sur commande sur, qui fait le point sur ces pratiques émergentes, les chartes et labels existants, les opérateurs du secteur.
L’UNAT (Union nationale des associations de tourisme) a également édité une brochure Tourisme solidaire, qui présente une sélection d’opérateurs en fonction de critères établis avec le Ministère du Tourisme et celui des Affaires Etrangères. Parmi eux, certains sont membres de la Plate-forme : Croq’Nature, Djembé, la Route des Sens, Tourisme et Développement Solidaire. Une charte “ tourisme équi-table ” a été rédigée par les membres de la PFCE en 2002. Un travail de rédaction d’un référentiel de tourisme solidaire est en cours, en association avec les pouvoirs publics, l’UNAT et des opérateurs touristiques membres de la Plate-forme.
La définition du tourisme équitable donnée par la charte est la suivante : “ un ensemble d’activités de services, proposé par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables et élaboré par les communautés d’accueil, autochtones ou du moins en partie avec elles. Les communautés d’accueil participent de façon prépondérante à l’évolution de la définition de ces activités, à leur gestion continue, et partagent équitablement les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités ”.
La transparence sur la répartition du coût du voyage, fait aussi partie de la démarche : généralement un pourcentage est prévu pour financer des projets de développement.
Le tourisme durable, lui, est défini par l’Organisation Mondiale du Tourisme comme une activité exploitant de façon optimale les ressources de l’environnement, respectant l’authenticité socio-culturelle des communautés d’accueil et assurant une activité économique viable sur le long terme.
Où trouver les produits du commerce équitable ?
Consommer en permettant aux producteurs défavorisés du Sud de percevoir un revenu digne, un geste simple, un effort minime que vous seriez prêt à accomplir ? Aucune excuse, les produits labellisés “ commerce équitable ” sont disponibles partout en grande distribution.
En plus, Max Havelaar a élaboré toute une stratégie de sensibilisation du consommateur sur le lieu de vente. Des bénévoles viennent dans les rayons des supermarchés, les habillent avec affiches et “ stop-rayons ”, et parfois même distribuent des dépliants aux clients. Fiches pratiques et matériel de communication sont à disposition de ceux qui souhaitent participer à de telles animations en magasin. Les étudiants des filières commerciales sont, paraît-il, très intéressés par ce type de projets.
Dans les grandes surfaces : les produits labellisés
Avec 400 références, présents dans 10 000 points de vente, les produits Max Havelaar ne devraient pas être difficiles à trouver... Si miel, sucre, riz, jus de fruit et banane sont encore rares, en revanche, café, thé et chocolat sont vendus par les principales enseignes : Atac, Carrefour, Champion, Géant, Hyper/Super U, Intermarché, ainsi que Auchan, Casino, Cora, Leclerc, Match, et Monoprix qui proposent en plus des produits labellisés sous leur propre marque (marque distributeur).
Mais attention, chaque magasin est responsable de ses achats et ne suit pas forcément la ligne décidée par l’enseigne nationale. Si les produits équitables manquent en rayon, vérifiez d’abord qu’il ne s’agit pas d’un problème d’approvisionnement. Si tel n’est pas le cas, vous pouvez écrire une lettre de “ demande de référencement ” au directeur du magasin sur le modèle de celle proposée par Max Havelaar sur son site internet.
Dans les circuits spécialisés
Bien avant que les produits issus du commerce équitable ne fassent leur apparition dans les rayons des supermarchés grâce à la garantie apportée par le label, ils étaient disponibles essentiellement dans les magasins spécialisés, dits “ alternatifs ”. Ainsi Solidar’Monde, la centrale d’achat créée par Artisans du Monde, propose 1300 produits artisanaux et une centaine de références alimentaires, importés directement du Sud. Les boutiques qui se fournissent auprès de cette centrale sont assurées de la provenance des produits et du caractère équitable de la relation avec le producteur.
Artisans du Monde s’est bâti en trente ans un réseau d’une centaine de magasins regroupés au sein d’une Fédération. Ils vendent à la fois des produits alimentaires (labellisés ou non) et artisanaux (objets décoratifs, textile et accessoires, vaisselle...).
Ces boutiques sont aussi des lieux de sensibilisation au commerce équitable où les bénévoles sont disponibles pour discuter et abordent souvent le produit par le biais de l’histoire de ceux qui le fabriquent... ce ne sont pas des lieux consacrés uniquement à la consommation. L’association Echoppe possède pour sa part deux boutiques en France, à Angers et Bordeaux, sous l’enseigne Artisans du soleil (commerce solidaire).
D’autres boutiques du même genre, constituées en association ou en entreprise, ont ouvert leurs portes ces dernières années. Elles ne s’adressent pas uniquement à un réseau de militants mais visent une clientèle plus large de consomm’acteurs.
Dans les boutiques Alter Mundi, sorte de “ drugstore alternatif ” se combinent l’éthique et l’équitable, l’ethnique et le contemporain. Située dans le quartier de la Bastille à Paris, elle a réussi à attirer un public dépassant largement les seuls militants.
Bébés en Vadrouille a investi pour sa part le segment particulier des vêtements et cadeaux pour les enfants (0-10 ans). Les produits sont vendus dans la boutique parisienne ou par correspondance.
La Boutic Ethic, créée en 1997, est une entreprise familiale qui vend en direct des produits plutôt haut-de-gamme choisis directement chez les artisans, et achète aussi à des importateurs européens du commerce équitable.
Les Nouveaux Robinsons sont presque devenus des grands magasins du bio et de l’équitable. A Montreuil (93), trois boutiques installées sur la place du marché proposent l’une l’alimentation (700 références bio), une autre la literie et la librairie, tandis que textiles, papeterie, jouets, quincaillerie écologique se trouvent dans un troisième magasin. Un restaurant bio vient compléter le tout. Les Nouveaux Robinsons sont aussi présents à Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine (92).
A Brest, la boutique-café Ti Ar Bed propose des produits issus du commerce équitable et des produits bretons car ces hétérodoxes estiment que le commerce équitable peut aussi contribuer à de meilleures relations commerciales Nord-Nord.
Cette liste n’est pas exhaustive. La Plate-forme pour le commerce équitable tient à jour la liste des points de vente sur toute la France, à la rubrique “ Membres ” de son site.
La vente par correspondance
Une boutique représentant un investissement très lourd, nombre d’acteurs du commerce équitable ont opté pour la vente par correspondance.
Seuls quelques-uns comme Artisanat-SEL ou Ideo ont à la fois un catalogue papier et une boutique en ligne, la plupart se contentent de la vitrine du web.
La coopérative Andines, propose quelque 1000 produits alimentaires et artisanaux provenant de 14 pays ; pour sa part, Azimuts - Artisans du Népal est spécialisée dans les vêtements en fibre naturelle fabriqués par quelques ateliers au Népal.
Une épicerie équitable entièrement en ligne a même été créée pour que chacun puisse se procurer les produits alimentaires labellisés commerce équitable.
Enfin, le milieu étudiant n’est pas en reste avec le site de vente en ligne EquiTerre qui propose des produits fournis par des centrales d’achat et d’autres provenant de ses propres filières d’importation.
Les reproches faits au commerce équitable
Comme le laisse penser la comparaison avec nos voisins, la consommation de produits issus du commerce équitable dispose d’une marge de progression encore importante. Sa croissance exponentielle impose de nouvelles exigences au secteur, qui semble déjà traversé par une crise de croissance.
Citons quelques-uns des reproches les plus fréquemment adressés au commerce équitable :
- Le commerce équitable n’est pas un bon moyen pour changer le monde : “ Au lieu de tenter de changer les règles du jeu, pourquoi ne pas changer le sens du jeu lui-même ? ”, s’interroge, perplexe, le collectif alternatif LutTins dans sa brochure “ Critique et espoir du commerce équitable ”. Fondé sur les exportations de produits du Sud vers les lieux de consommation au Nord, le commerce équitable mise sur un développement à l’occidentale des centres de production : ils se doivent d’être productifs, compétitifs, adaptables à la demande, qui demeure au Nord. D’aucuns verront là une illustration de la formidable capacité de récupération du capitalisme plutôt qu’un acte subversif...
- Le commerce équitable peut être accusé de justifier indirectement le néo-libéralisme et le désengagement de l’Etat : puisque la situation des populations du Sud peut s’améliorer grâce à des initiatives émanant de la société civile comme le commerce équitable, plus besoin de remettre en cause les règles du commerce international, diront ses détracteurs. L’activité économique ne doit être qu’une manière de prouver qu’ “ un autre commerce est possible ”, comme le dit le délégué général de la fédération Artisans du Monde, sans oublier que l’objectif final reste le changement des règles du commerce international.
- Les produits ne respectent pas les critères du commerce équitable à tous les maillons de la chaîne. Prenons un conteneur de produits achetés directement aux producteurs du Sud dans les conditions du commerce équitable : ne perd-il pas de ses vertus lorsqu’il est chargé sur un navire arborant pavillon de complaisance, piloté par un patron exploitant une main d’œuvre illégale et sous-payée ? Ensuite, tout le soin nécessaire est-il apporté aux emballages pour éviter les déchets inutiles et favoriser le recyclage ? Le fait de ne pas pouvoir maîtriser toutes les étapes du processus (la surveillance est encore plus compliquée pour les produits transformés) nuirait à la transparence affichée.
- Au Sud, la participation de certains producteurs et pas d’autres aux circuits du commerce équitable peut introduire des biais de concurrence et des tensions entre ceux qui sont rémunérés selon les prix du marché international et ceux qui bénéficient des prix équitables. De plus, la dépendance vis à vis des donneurs d’ordre du Nord peut amener les producteurs impliqués dans le commerce équitable à accepter des conditions de production qu’ils récusent. D’une manière générale, le commerce équitable peut être vu par ses détracteurs comme une forme de néo-colonialisme s’ils ne laissent pas assez la parole aux organisations du Sud.
- Surtout, les produits labellisés présents en grande distribution ne risquent-ils pas de permettre à cette dernière de faire oublier des pratiques sociales au rabais ? Ce débat traverse les acteurs du commerce équitable eux-mêmes, y compris au sein du circuit alternatif dont une partie préfère se tenir à l’écart de la grande distribution, tandis que le circuit labellisé a fait le choix d’une accessibilité au plus grand nombre. “ Il faut veiller à ce que la grande distribution ne prenne pas prétexte du commerce équitable pour se blanchir aux yeux de la société de ce qu’on lui reproche dans ses relations avec ses fournisseurs, d’autant que le commerce équitable ne représente qu’une part infime de son chiffre d’affaires ”, estime le délégué général de la fédération Artisans du Monde. Les adeptes du commerce équitable en grande distribution lui répondent qu’en vendant en grande distribution, les volumes sont plus importants et les effets positifs au Sud multipliés d’autant.
Dans l’étude consommateurs menée en mai 2004 par Alter Eco, 80% des personnes interrogées déclarent faire confiance aux labels du commerce équitable, mais des initiatives privées concurrentes se revendiquant des concepts “ durables, éthiques, solidaires ” risquent de nuire à la démarche authentique du commerce équitable.
C’est le sens de la réflexion sur la normalisation impulsée par les pouvoirs publics. Un avis de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale présenté à l’occasion de la discussion sur le projet de loi de finances 2005 revient sur “ deux préoccupations contradictoires [qui] doivent être conciliées. Il est d’une part souhaitable d’éviter que des initiatives mal coordonnées introduisent de la confusion dans l’esprit des consommateurs et, d’autre part, exclu d’entraver les initiatives militantes nombreuses qui émergent. La conciliation de ces deux préoccupations passe donc probablement par le soutien aux actions tendant à fédérer les différents acteurs, ce qui est le cas de la Plate-forme française pour le commerce équitable ”. Un tel avis révèle à la fois l’intérêt des pouvoirs publics pour le commerce équitable et leur prudence car ils ne veulent ni légitimer un acteur privé au détriment d’un autre ni laisser des charlatans nuire au sérieux de ceux dont la sincérité est validée par le contrôle exercé en préalable à l’adhésion à la Plate-forme.
Lire la suite : il s’agit de fiches pratiques répertoriées dans le sommaire du guide pratique.
Envoyer votre commentaire
Commentaires
Personne n'a encore commenté cette page.
Flux RSS pour les commentaires de cette page | Flux RSS pour tous les commentaires






