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Université Populaire de Bordeaux, "le savoir pour tous, tout au long de la vie"
31 Octobre 2010 - CultureSur le même thèmeUn savoir dispensé à tous et à tout âge... L'Université Populaire de Bordeaux, comme ses sœurs s'inspire des préceptes appliqués dès la fin du XIXème siècle. Des préceptes s'appuyant directement sur une démarche démocratique et égalitaire. La transmission du savoir, au delà des clivages et des origines. Les cycles de conférences et d'ateliers organisés depuis 2009 par l'équipe de Hugo Fourcade se veulent accessibles, gratuits et ouverts au plus grand nombre. De l'université à l'universalité...
Hormis l'ambition première des Universités Populaires visant à diffuser un savoir riche au cœur de la Cité, la girondine se démarque de ses sœurs par un terreau politique et le contexte de sa création. « l'Université Populaire de Bordeaux est issue d'un mouvement qui s'opposait, en 2009, à la mise en place de la Loi de Responsabilité des Universités. Sans revenir sur le contenu de cette loi, durant ces quatre mois nous avons réfléchi collectivement au rôle de l’Université dans la société et plus largement à la place du savoir dans celle-ci. On envisage la plupart du temps les mouvements sociaux uniquement par les perturbations et les gênes qu’ils provoquent en négligeant totalement le potentiel formateur et créateur qu’ils recouvrent. Imaginez : rédaction de tracts, analyse d’une loi, débats en assemblée générale, autogestion… Voila des moments pour des jeunes gens où se vivent les engagements et les idées. Comme le dit le Conseil National de la Résistance « Résister c’est créer et créer c’est résister », affirme Hugo. Une différence majeure dont la portée entre en résonance avec les principes fondateurs des universités populaires. « Si on regarde au-delà de cette période d’éclosion fin XIXème, on remarque que les Universités Populaires accompagnent les périodes de crise. Montée de l’antisémitisme lors de l’affaire Dreyfus, crise économique, sociale et politique dans le dans les années 1930… Elles ont pour objet de renforcer l’autonomie intellectuelle des individus par le savoir, de défaire les tentations xénophobes, de mettre en lumière les enjeux sociétaux et politiques à l’œuvre. Elles appuient, par ailleurs, la conception d'outils de réflexion nécessaires à l’émergence d’une volonté collective. Nous nous inscrivons pleinement dans ce chantier historique. »

Un programme comme réponse citoyenne aux enjeux politiques de notre époque, l'Université Populaire de Bordeaux vous propose notamment de suivre des « cours d'autodéfense médiatique » ou de vous pencher sur « l'histoire des mondes musulmans. » Des angles saillants choisis avec soin dans des thèmes actuels. « Nous sommes confrontés à un certain discours. Un discours homogène qui, par l'usage de termes précis, « lisse la réalité » et cache les conflits et les contradictions à l'œuvre dans la société. Un discours qui manipule les peurs et les désirs. Face à cela, les Universités Populaires constituent un petit rempart en tant qu'expérience collective. Elles constituent également des lieux où se déconstruit de manière précise ce discours là et se forment des individus conscients, avertis des manipulations intellectuelles à l'œuvre et donc à l'avenir plus hermétiques. ». Et d'ajouter qu' « individuellement nous nous sommes, pour beaucoup, heurtés à la réduction de la sphère du politique. Aujourd’hui, parler politique revient à parler d'élections aux yeux de tous. Rarement des idées elles même. » Précisant davantage son point de vue, il explique la complémentarité entre débats et vie politique. « Les idées en général recouvrent une force dans la mesure où elles sont débattues, discutées voir confrontées. Elles s’enrichissent d’autant plus. Les idées politiques si elles ne sont pas discutées ne sont plus des idées, juste du prêt à penser, car les défendre nécessite de se les approprier. Parler politique c’est mêler l’histoire, l’économie, la sociologie, la philosophie, la psychologie, le droit, la littérature voir même l’art. Quoi de mieux comme transversale pour décloisonner les matières entre elles ».

Face à l'image tenace d'un paysage médiatique « puits de savoirs », Hugo oppose une vision différente. Analysant, ainsi, la vocation des médias et de l'Université Populaire de Bordeaux. « Les médias ont pour rôle de divertir et d'informer. L'Université Populaire elle, élabore et transmet des savoirs, ce qui est fondamentalement différent. Les informations relatent des faits, les savoirs eux naissent d'un travail de réflexion et d'analyse. Créer du sens en somme. Nous étudions aussi des choses qui ne sont simplement jamais abordées dans ces médias là du fait de leur structure. L'urgence, l'obligation de la contradiction, l'omniprésence des faux experts, le temps laissé à la publicité, la peur de tout ce qui est un tant soit peu complexe... tout cela n'est pas propice aux savoirs. Insistant sur le caractère passif du "consommateur de médias", il évoque une activité totale des participants, aussi bien dans la définition des ateliers que dans le débat de fond. Persuadé que les Universités Populaires trouvent pleinement leur légitimité à une époque où la majorité des citoyens accède aux études, Hugo décrit une démarche ayant conservé tout son impact. Un impact renforcé par une violence et une injustice sociétales prononcées : « Beaucoup de personnes nous disent qu'ils ne sont plus en âge de réfléchir, qu'ils ont arrêté les études il y a longtemps et puis que ce n'est pas pour eux mais pour les intellectuels ou les philosophes. Il y a toute une violence qui passe par les savoirs. La violence des mots, des connaissances, des citations... La culpabilité de celui qui ne sait pas, qui croit ne pas savoir ou qui se pense incapable de savoir quoi que ce soit. Et derrière cette auto censure, on trouve des histoires difficiles avec le savoir: une scolarité mal passée et vite abrégée, une absence de diplômes... A l'Université Populaire nous tentons d'atténuer cette violence et de retourner l'auto censure qui en découle. »
Un semestre à l'Université Populaire de Bordeaux, ce sont cinq cycles thématiques composés d'une dizaine de séances chacun. Chaque cycle se déroule un même soir de la semaine, avec une séance chaque semaine. Les ateliers interviennent dans des centres sociaux, des théâtres, comme l'Onyx, ou dans les locaux des Instituts Cervantès et Goethe. Ils durent deux heures et sont organisés en début de soirée. Au total, près de 2000 personnes ont pris place sur les bancs de cette université hors du commun.
Pour plus d'informations sur les débats et ateliers organisés par l'Université Populaire de Bordeaux, n'hésitez pas à visiter le site de l'association.
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Commentaires
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Envoyé par La rédaction, 10/11/2010 5:26pm (il y a 2 années )
Le mieux que je puisse vous conseiller, c'est de visiter les sites officiels des Universités Populaires. Vous y trouverez sans doute (à l'image de Bordeaux) les programmes de l'année universitaire en cours.
Merci à vous. -
Envoyé par Bill21, 10/11/2010 5:17pm (il y a 2 années )
Merci la Rédaction :)
Mais peut etre pourrez vous répondre à une autre question. Je cherche égalepment à me procurer les programmes des UP de France et d'Europe. Une piste? -
Envoyé par La rédaction, 10/11/2010 5:07pm (il y a 2 années )
Bonjour Bill21,
On en dénombre près d'une dizaine. Les plus célèbres sont bien évidemment l'Université Populaire de Bordeaux (animée avec talent par Hugo Fourcade et son équipe) et celle de Caen (présidée par le philosophe Michel Onfray). Mais il en existe d'autres. A l'image de celle des Hauts de Seine, celle du Rhin (à Mulhouse) et bien d'autres.
Cordialement. -
Envoyé par Bill21, 10/11/2010 3:24pm (il y a 2 années )
Un bon papier. Je connais un peu l'UP de Bordeaux. C'est vrai que les modules médias sont sympas et plutôt bien vus. Savez-vous s'il y a beaucoup d'autres universités pops en France?
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