Cette rentrée universitaire est marquée, pour le réseau Animafac, par l’élection d’une nouvelle présidente à la tête du conseil d’administration, Bérénice Jond, ainsi que par la nomination d’une nouvelle déléguée générale, Coline Vanneroy. Rencontre avec ces deux jeunes femmes. 

 

Pouvez-vous nous présenter l’une et l’autre votre parcours ?

 

Coline Vanneroy : J’ai fait une licence de droit à Lille. J’y ai découvert le monde associatif étudiant en étant présidente du ciné-club de la fac et bénévole sur un festival littéraire organisé par l’association Les flamands roses. Je suis ensuite venue à Paris pour faire un master de science politique à la Sorbonne. C’est à ce moment là que remonte ma première rencontre avec l’équipe d’Animafac. J’ai en effet rédigé la 2e édition du guide du porteur de projet édité par le réseau et dans ce cadre, assisté aux rencontres nationales des chantiers à Paris. Quelques mois après, je suis devenue directrice, poste que j’ai occupé pendant trois ans avant d’être nommé dimanche 2 septembre déléguée générale.

 

Bérénice Jond : Après deux années de khâgne BL à Lyon,  j’ai découvert le monde associatif étudiant en année de licence à l’université Paris Dauphine où j’étudiais la sociologie. D’abord membre active de l’Oreille de Dauphine, puis trésorière, ma rencontre avec Animafac s’est faite grâce à Florian Prussak (président d’Animafac de 2008 à 2011) qui m’a présenté les outils du réseau. Un an plus tard, motivée par le projet politique d’Animafac, je me présentais au conseil d’administration au nom de l’Oreille de Dauphine, puis au bureau en tant que vice-présidente. En parallèle, une année de césure m’a permis de faire un Service Civique au sein du groupe SOS, puis de partir deux mois en Tunisie découvrir le tissu associatif local. Je rentre prochainement en master 2 à l’IEDES (Paris 1) afin de me spécialiser dans la coopération internationale.

 

Présidente et déléguée générale… En quoi consistent vos deux rôles et quelles sont vos missions ?

 

BJ : Le CA définit les grandes orientations du réseau, décide des projets initiés et les évalue une fois mis en œuvre. Le bureau est plus impliqué : il anime l’équipe politique avec la déléguée générale, tranche des points politiques urgents et assure un rôle prépondérant dans la représentation interne et externe du réseau. En tant que présidente, j’assure en plus le rôle d’animateur des discussions du conseil d’administration et j’entretiens un lien régulier avec Coline pour être informée de la mise en œuvre des projets.

 

CV : Le délégué général est quant à lui en charge de la mise en œuvre des décisions statutaires. Il est l’exécutif, le chef d’orchestre, chargé de mettre en musique la partition écrite avec le CA. Dans cette mission, je m’appuie sur une équipe permanente d’une dizaine de personnes et des relais locaux présents sur l’ensemble du territoire. Enfin, je représente également Animafac dans différents mandats et suis en lien avec les partenaires et les administrations pour assurer la solidité de la structure, notamment financière.

 

De quelle manière définiriez-vous le projet politique d’Animafac ?

 

CV : Animafac s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire, qui consiste à contribuer à la formation de citoyens éclairés. Nous visons à une réappropriation du champ politique, notamment par les jeunes, afin qu’ils se reconnaissent eux-mêmes et soient reconnus comme des acteurs politiques à part entière. L’un de nos paris est que les étudiants qui montent des projets associatifs développent une culture de la participation à la vie publique, qui se poursuivra bien au-delà de leurs engagements associatifs.
 

BJ : Le préalable pour cela est de leur donner les moyens de réaliser leurs projets, les accompagner. C’est le sens de tout ce qui est mis en place par le centre de ressources en termes d’outils d’accompagnement, de formations et de rencontres, avec en toile de fond, l’objectif de leur faire prendre conscience du sens politique qui sous-tend chacune de leurs initiatives. Ce dernier point est l’objet de nombreux échanges et de débats que nous organisons régulièrement, qui permettent de mettre en perspective les différentes initiatives, de faire voir que derrière celles-ci il y a une vision de ce que doit être la société.

 
CV : Le projet passe également par la facilitation de l’engagement des étudiants, pour faire en sorte que de plus en plus de jeunes s’impliquent. Ce n’est pas si simple car il nous faut faire la démonstration permanente de ce qu’apportent les initiatives étudiantes, aussi bien aux territoires dans lesquels elles s’inscrivent qu’à ceux qui les mènent. Cela passe notamment par un travail de portage de nos propositions auprès des différents acteurs de la jeunesse et de l’enseignement supérieur, pour avoir des politiques de développement de la vie étudiante et d’incitation à l’engagement plus efficaces.

 

Quels projets le réseau va-t-il entreprendre pour l’année 2012-2013 ?

 

BJ : Le CA a défini les chantiers prioritaires de travail pour l’année à venir. Le premier porte sur les questions de citoyenneté, notamment dans la perspective de l’année 2013, qui mettra la citoyenneté européenne à l’honneur. Plus largement, nous souhaiterions réaliser un certain nombre de missions exploratoires dans d’autres pays afin de mieux connaître ce qui se fait ailleurs en matière de citoyenneté des jeunes. Un autre axe important portera sur la diffusion des savoirs, dans la continuité du programme « 2012 et la société de la connaissance » que nous avons initié en 2011. Les savoirs scientifiques, mais également la connaissance de la démarche scientifique sont un enjeu crucial pour l’existence d’une gouvernance démocratique. Et, à ce titre, le dynamisme associatif étudiant peut se révéler un excellent médiateur dans la diffusion des savoirs.

 

CV : Nous allons également développer un programme autour de l’économie sociale et solidaire. Nous constatons quotidiennement que beaucoup d’associations du réseau ont choisi le modèle associatif pour développer de l’activité dans de nombreux domaines alors même que d’autres formes de l’ESS seraient plus appropriées. L’idée est donc de développer l’entreprenariat des jeunes en s’appuyant sur l’esprit d’initiative et la créativité des responsables associatifs étudiants. Enfin, nous venons de lancer une étude qui a pour objectif de dresser un état des lieux sur la question du rapport des femmes au pouvoir dans les associations étudiantes, en donnant des éléments de mesure précis, et en examinant à la fois la représentation qu’ont les jeunes femmes de la prise de responsabilité, la façon dont elles perçoivent et construisent leur parcours d’engagement et l’existence d’éventuels mécanismes d’exclusion.

Soyons sociaux
Réagir c'est agir